Freud — Corpus & Glossaire

Période d'investigation sexuelle infantile

Stade atteint par beaucoup d'enfants, peut-être la plupart, à partir de la troisième année. Cette période est caractérisée par une forte curiosité et une soif d'apprendre qui serait liée à des impressions sexuelles de la vie infantile.

Sources de référence

Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)

I. · bloc 7 · confiance 0.95

Stade atteint par beaucoup d'enfants, peut-être la plupart, à partir de la troisième année. Cette période est caractérisée par une forte curiosité et une soif d'apprendre qui serait liée à des impressions sexuelles de la vie infantile.

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Essayait-il de revenir de l’investigation à l’exercice de son art, là d’où il était parti, alors il se ressentait du trouble apporté par la nouvelle orientation de ses intérêts et la modification de son travail psychique. Le tableau lui apparaissait surtout comme un problème à résoudre, et derrière ce problème d’autres problèmes innombrables surgissaient, ainsi qu’il advient dans l’investigation sans fin ni conclusion de la Nature. Il ne pouvait plus se résoudre à limiter ses exigences, à isoler l’œuvre d’art, à l’arracher au grand Tout dont il la sentait dépendre. Après les plus épuisants efforts pour exprimer par l’œuvre tout ce qui, dans sa pensée, s’y devait rattacher, il lui fallait l’abandonner ou la déclarer inachevée. L’artiste avait d’abord pris le chercheur à son service, mais le serviteur était devenu le plus fort et opprimait son maître. Quand nous trouvons, dans un caractère, une seule tendance développée à l’excès, comme chez Léonard la soif de savoir, nous cherchons à l’expliquer par quelque disposition spéciale, dont les conditions, probablement organiques, nous échapperaient encore en règle générale. Mais nos études psychanalytiques des névroses nous ont inclinés à deux hypothèses, que nous espérons voir chaque cas confirmer. Toute tendance dominante nous semble s’être manifestée dès la plus tendre enfance, et sa prédominance s’être établie grâce à des impressions de la vie infantile. De plus, nous pensons que cette tendance s’incorpore, afin de se renforcer, des forces instinctives primitivement sexuelles, de sorte que plus tard elle en peut venir à représenter toute une portion de la vie sexuelle. Un homme, par exemple, se consacrerait à l’investigation avec le même emportement passionné qu’un autre à ses amours, et la recherche se serait substituée chez lui à l’amour. Et ce n’est pas qu’à l’instinct d’investigation, mais encore à la plupart des autres tendances humaines, dès qu’elles sont très intensifiées, que nous attribuerions un renforcement sexuel. L’observation de la vie quotidienne nous montre que la plupart des hommes réussissent à dériver des parties très considérables de leurs forces instinctives sexuelles au service de leur activité professionnelle. L’instinct sexuel est tout particulièrement approprié à de pareils apports, étant doué de la faculté de sublimation, c’est-à-dire capable d’abandonner son but immédiat en faveur d’autres buts non sexuels et éventuellement plus élevés dans l’estimation des hommes. Nous tenons ce processus pour démontré, quand l’histoire infantile de quelqu’un, c’est-à-dire l’histoire même de son développement psychique, nous apprend qu’au temps de l’enfance la tendance prépondérante se trouvait au service d’intérêts d’ordre sexuel. Et nous en avons une confirmation ultérieure quand, dans la vie sexuelle de l’adulte, un étiolement frappant s’est produit, comme si une partie de l’activité sexuelle était remplacée par l’activité de la tendance dominatrice. L’application de ces notions aux cas où la tendance prépondérante est celle de l’investigation semble devoir rencontrer des difficultés particulières : on n’attribue d’ordinaire à l’enfant ni cette tendance grave de l’esprit, ni un grand intérêt pour les choses sexuelles. Cependant ces difficultés sont aisées à lever. La soif de savoir du petit enfant se manifeste par ses inlassables questions, qui semblent énigmatiques à l’adulte tant qu’il n’a pas compris que toutes ces questions ne sont que des détours, et que, si elles ne connaissent pas de fin, c’est que l’enfant s’en sert pour remplacer une seule question, qu’il n’ose pourtant pas poser. L’enfant a-t-il grandi et s’est-il instruit davantage, souvent sa curiosité semble tout à coup s’éteindre. L’examen psychanalytique rend pleinement compte de ces faits, quand il nous apprend que beaucoup d’enfants, peut-être la plupart, en tout cas les plus doués, traversent, à partir environ de la troisième année, un stade que l’on peut qualifier de période d’investigation sexuelle infantile.