Freud — Corpus & Glossaire

Obsession intellectuelle

Présence excessive et persistante d'une idée ou d'un comportement dans la pensée, selon Freud.

Sources de référence

Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)

I. · bloc 9 · confiance 0.90

Présence excessive et persistante d'une idée ou d'un comportement dans la pensée, selon Freud.

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L’investigation intellectuelle devient ici activité sexuelle, souvent même exclusive ; la sensation de la pensée qui s’accomplit et se résout remplace la satisfaction sexuelle ; mais le caractère de l’investigation infantile, qui était de rester sans conclusion, se reproduit encore en ceci que les spéculations ne connaissent pas de fin, et que la sensation intellectuelle de la résolution qu’on recherche s’éloigne à mesure qu’on s’en rapproche. Le troisième type, le plus rare et le plus parfait, échappe, grâce à des dispositions particulières, aussi bien à l’inhibition qu’à l’obsession intellectuelles. Le refoulement sexuel a bien aussi lieu, mais il ne réussit pas à entraîner dans l’inconscient une partie de l’instinct et du désir sexuels. Au contraire, la libido se soustrait au refoulement, elle se sublime dès l’origine en curiosité intellectuelle et vient renforcer l’instinct d’investigation déjà par lui-même puissant. La recherche devient, ici encore, dans une certaine mesure, obsession, et « ersatz » de l’activité sexuelle, mais en raison de la différence radicale des processus psychiques fondamentaux (sublimation au lieu d’irruption du fond de l’inconscient) les caractères de la névrose manquent, l’assujettissement aux complexes primitifs de l’investigation sexuelle infantile fait défaut, et l’instinct peut librement se consacrer au service actif des intérêts intellectuels. Mais le refoulement sexuel qui, par l’apport de libido sublimée les avait faits si forts, les marque encore de son empreinte, en leur faisant éviter les sujets sexuels. Chez Léonard, nous rencontrons ensemble et une curiosité intellectuelle dominatrice et un étiolement marqué de la vie sexuelle, qui se limite à l’homosexualité dite platonique. Nous serons donc enclins à le prendre pour modèle de notre troisième type. Léonard serait parvenu, après une période infantile d’activité intellectuelle au service d’intérêts sexuels, à sublimer la plus grande partie de sa libido en instinct d’investigation. Tels seraient l’essence et le secret de son être. Mais la preuve de ce que nous avançons là n’est pas facile à fournir. Il nous faudrait connaître l’évolution psychique de ses premières années, or il semble insensé d’espérer trouver des documents à cet effet, les données sur la vie de Léonard étant si rares et si incertaines ; de plus il s’agit d’une période de la vie dont les circonstances, même chez les personnes de notre génération, échappent à l’attention des observateurs. Nous savons peu de chose sur la jeunesse de Léonard. Il naquit en 1452, dans le petit bourg de Vinci, entre Florence et Empoli. Il était enfant naturel, ce qui, à cette époque, ne déconsidérait pas ; son père était Ser Piero da Vinci, notaire, et descendant d’une famille de notaires et d’agriculteurs, qui tiraient leur nom de la localité de Vinci ; sa mère se nommait Caterina et était sans doute une paysanne, plus tard remariée avec un autre habitant de Vinci. Cette mère ne reparaît plus dans la vie de Léonard ; seul le romancier Merejkovski croit pouvoir retrouver sa trace. Le seul renseignement certain sur la jeunesse de Léonard est fourni par un document officiel de l’an 1457 : un registre des impôts, sur lequel Léonard est porté, parmi les autres membres de la famille Vinci, comme fils illégitime, âgé de cinq ans, de Ser Piero 30 . De son mariage avec Donna Albiera, Ser Piero n’eut pas d’enfants, c’est pourquoi le petit Léonard put être élevé chez son père. Il ne quitta la maison paternelle que pour entrer — on ne sait à quel âge — comme apprenti dans l’atelier d’Andréa del Verrocchio. En 1472, le nom de Léonard se trouve déjà sur la nomenclature des membres de la « Compagnia dei pittori ». C’est tout. 1 D’après Jacob Burckhardt, cité par Alexandra Konstantinova, Die Entwicklung des Madonnentypus bei Leonardo da Vinci, Strasbourg, 1907. (Zur Kunstgeschichte des Auslandes, heft 54.)