Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)
II. · bloc 7 · confiance 0.90
Idee selon laquelle le vivant peut être androgyne, c'est-à-dire posséder des caractères masculins et féminins simultanément. Ce passage mentionne une étude sur cette idée.
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T.). 36 Horapollo, Hieroglyphica, I, II : Μητέϱα δε γϱάφοντεϛ... γῡπα Ϛωγϱαφονσιν. 37 Roscher, Ausf. Lexikon der griechischen und römischen Mythologie. Article « Mut », vol. II, 1894-1897. Lanzone, Dizionario di mitologia egizia, Turin, 1882. 38 H. Hartleben, Champollion. Sein Leben und sein Werk, 1906. 39 « Τνπα δὲ ᾰϱϱενα ον φασιγένεσθαί ποτε, άλλά θηλείαϛ άπάσαϛ ». Voir v. Römer, Ueber die androgynische Idee des Lebens. Jahrbuch für sexuelle Zwischenstufen, V. 1903, p. 732. 40 Plutarque : Veluti scarabaeos mares tantum esse putarunt Aegyptii sic inter vultures mares non inveniri statuerunt. 41 Horapollinis Niloi Hieroglyphica, edidit Conradus Leemanns Amstelodami, 1835. Ainsi il s’exprime sur le sexe des vautours : μητέϱα μὲν ἐπειδή ᾰϱϱεν έν τοντψ τψ γένει τῶν Ϛώων ονϰ νπάϱϰει. 42 E. Müntz, Léonard de Vinci, Paris, 1899, p. 282. 43 Müntz, op. Cit.
Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)
IV. · bloc 5 · confiance 0.95
La caractérisation des figures créées par Léonard comme possédant des formes efféminées, selon Freud.
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L’amour de la mère pour le nourrisson qu’elle nourrit et soigne est quelque chose d’autrement profond que son affection ultérieure pour l’enfant qui a commencé de croître. C’est une relation d’amour comportant la satisfaction plénière, et qui comble non pas seulement tous les désirs psychiques, mais assouvit aussi tous les besoins physiques. Et si elle représente une des formes du bonheur accessible aux humains, cela tient en grande partie à la possibilité qu’offre la relation entre mère et enfant de satisfaire en même temps, sans reproches, des désirs anciens, refoulés, et qu’on devrait qualifier de pervers 80 . Dans les jeunes ménages les plus heureux, le père sent que l’enfant, surtout le fils, est devenu son rival, et une hostilité profondément enracinée dans l’inconscient prend dès lors naissance contre le préféré. Quand Léonard, parvenu à l’apogée de sa vie, rencontra à nouveau ce sourire de béatitude extatique, semblable à celui qui se jouait sur les lèvres de sa mère tandis qu’elle le caressait, lui-même était depuis longtemps la proie d’une inhibition qui lui interdisait de jamais plus demander de telles tendresses à des lèvres de femme. Mais il était devenu peintre et s’efforça de recréer avec son pinceau ce sourire, et il en dota tous ses tableaux, qu’il les exécutât lui-même ou les fît exécuter sous sa direction, par ses élèves : la Léda, le Saint Jean, le Bacchus. Ces deux derniers ne sont que variantes du même type. Muther dit : « Du mangeur de sauterelles de la Bible, Léonard a fait un Bacchus, un petit Apollon qui nous contemple d’un regard sensuel et troublant, ses tendres jambes mollement croisées, un sourire énigmatique sur les lèvres. » Ces tableaux respirent une mystique dont on n’ose pas pénétrer le secret ; on peut tout au plus tenter d’en rechercher le lien avec les créations antérieures de Léonard. Ces figures sont de nouveau androgynes, mais non plus dans le sens où l’était le fantasme au vautour. Ce sont de beaux jeunes gens d’une délicatesse féminine, aux formes efféminées ; ils ne baissent pas les yeux, mais nous regardent d’un regard mystérieusement vainqueur, comme s’ils connaissaient un grand triomphe de bonheur que l’on doit taire ; le sourire ensorceleur que nous connaissons laisse deviner qu’il s’agit d’un secret d’amour. Peut-être Léonard a-t-il désavoué et surmonté, par la force de l’art, le malheur de sa vie d’amour en ces figures qu’il créa et où une telle fusion bienheureuse de l’être mâle avec l’être féminin figure la réalisation des désirs de l’enfant autrefois fasciné par la mère. 62 Les connaisseurs d’art penseront ici à l’étrange sourire figé des sculptures grecques archaïques, par exemple des Æginetes, peut-être aussi aux figures de Verrocchio, maître de Léonard, ce qui les empêchera de suivre sans hésitation les déductions qui vont suivre. 63 En français dans le texte ( N . d. T.). Gruyer nach Seidlitz, L. da V., vol. II, p. 280. 64 Geschichte der Malerei, I, p. 314. 65 Op. cit., p. 417. 66 En français dans le texte ( N. d. T.). 67 A. Conti, « Leonardo pittore », Conferenze florentine, op. cit., p. 93. 68 Vasari, La Vita di L. da V., Ed. Poggi, 1919, p. 35 (N. d. T.). 69 Op. cit., p. 45. 70 W. Pater, The Renaissance. 71 M. Herzfeld, L. de V., p. LXXXVIII. 72 Scognamiglio, Op. cit., p. 32. 73 « ... facendo nella sua giovanezza di terra alcune teste di femine che ridono, che vanno formate per l’arte di gesso, e parimente teste di putti che parevano usciti di mano d’un maestro. » Vasari, op. cit., p. 4. Freud a cité ce passage d’après L. Schorn, vol. III, 1843, p. 6 (N. d. T.). 74 Merejkovski admet cette supposition, bien qu’ayant imaginé pour Léonard une enfance s’écartant, dans les points essentiels, de celle déduite par nous du fantasme au vautour. Cependant, si Léonard lui-même avait possédé ce sourire, la tradition n’aurait sans doute pas manqué de nous faire connaître une aussi remarquable coïncidence. 75 Op. cit., p. 309. 76 En allemand : « Heilige Anna selbdritt » (N. d. T.). 77 A.