Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)
La façon dont la libido refoulée se manifeste chez Léonard de Vinci. Freud y voit des traits de caractère dérivés de l'érotique anale.
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À Caterina et à ses funérailles, Luca Beltrami a consacré une étude La Madré di Leonardo, publiée dans la revue romaine Nuova Antologia du 16 février 1921. L. Beltrami a publié une seconde étude sur le même sujet dans les Miscellanea Vinciana (Milan, juillet 1923, p. 32). Il y polémise avec Antonio Favaro, qui avait soutenu une thèse opposée à la sienne, Favaro, La Madré di Leonardo dans Atti del Reale Istituto veneto di scienze, lettere ed arti, LXXIX, II, 1920. Favaro est opposé à la thèse d’après laquelle la « Caterina » des notes eût été la mère de Léonard, Beltrami y est favorable, et appuie, dans le dernier article cité, son opinion sur une comparaison des dépenses des funérailles de Caterina (6 lires environ) avec les dépenses funéraires de divers personnages notoires, comparaison d’où il ressortirait que les funérailles de « Caterina » durent être, d’après le coût des funérailles à l’époque, d’une « certaine importance ». Merejkovski fut le premier qui, dans son roman sur Léonard de Vinci, assimila la Caterina du compte des funérailles à la mère de Léonard. Il prit la liberté de transformer les soldi di lira du compte original en florins. Quand Freud publia (1910) son étude sur Léonard, il ne connaissait le compte des funérailles de Caterina que d’après Merejkovski et Solmi. Je citerai pour terminer la note dont Freud accompagna la citation de ce compte : « Comme triste preuve de l’incertitude des renseignements, déjà si clairsemés, que nous possédions sur la vie intime de Léonard, je mentionnerai que le même compte est reproduit par Solmi (Traduction allemande, p. 104) avec de notables variantes. Ce qui fait le plus réfléchir, c’est que les florins y sont remplacés par des soldi. On peut supposer que, dans ce compte, les florins ne sont pas les anciens « florins d’or », mais les unités monétaires postérieurement usitées, qui valaient 1,66 lire ou 33,33 soldi. Solmi fait de Caterina une servante, qui aurait pendant quelque temps tenu la maison de Léonard. La source d’où émanent les deux versions de ce compte ne m’a pas été accessible. » 60 « Caterina venne a di 16 di luglio 1493. » Codex South Kensington Muséum, III, 1 b., Richter, op. cit., II, p. 423, n. 1384. « Giovannina, viso fantastico, sta a Santa Caterina all’ ospedale », Codex S. K. M., II, r., 78 f., Richter, op. cit., p. 425, n. 1404. C’est-à-dire : « Caterina est arrivée le 16 juillet 1493 » et « Giovannina, un visage fantastique, est à Santa Caterina à l’hôpital. » Il ne semble pas que la seconde de ces annotations se rapporte en rien à la mère de Léonard. Comme suite possible à la première, je pense qu’on pourrait citer cette autre annotation de Léonard, du 29 janvier 1494. À Caterina, s. 10 (Richter, op. cit., II, p. 455, n. 1517). Et encore cette autre : Piscina... all’ ospedale : ducati 2, fave — melica bianca — melica rossa — penico — miglio — fagiuoli — fave — pisegli. (Richter, op. cit., II, p. 456, n. 1521.) Cette dernière note de Léonard pourrait avoir rapport au séjour possible de Caterina à l’hôpital. Et si, comme le croit Richter (note du n. 1520, p. 456, V. II), le manuscrit dans lequel se trouve le compte des funérailles doit être rapporté à 1495, le séjour de la mère de Léonard à Milan aurait ainsi duré près de deux ans (N. d. T.). 61 La forme sous laquelle la libido refoulée se manifeste chez Léonard : formalisme et économie, se rattache aux traits de caractère dérivés de l'érotique anale. (Cf. Charakter und Analerotik , 1908, Gesammelte Schriften , vol. V.)