Freud — Corpus & Glossaire

Principe d'inertie des neurones

Le principe qui explique que les neurones tendent à se débarrasser des quantités (Q) et qui permet de comprendre la structure, le développement et les fonctions des neurones.

Sources de référence

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 1 · confiance 0.95

Le principe qui explique que les neurones tendent à se débarrasser des quantités (Q) et qui permet de comprendre la structure, le développement et les fonctions des neurones.

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Première partie Introduction Dans cette Esquisse, nous avons cherché à faire entrer la psychologie dans le cadre des Sciences naturelles, c’est-à-dire à représenter les processus psychiques comme des états quantitativement déterminés de particules matérielles distinguables, ceci afin de les rendre évidents et incontestables. Ce projet comporte deux idées principales : 1) Ce qui distingue l’activité du repos est d’ordre quantitatif. La quantité (Q) se trouve soumise aux lois générales du mouvement. 2) Les particules matérielles en question sont les neurones. N et Qή [neurones et quantité] 3 . Les expériences de ce genre sont maintenant fréquentes 4 . I. Première notion fondamentale Le concept de quantité Ce concept découle directement des observations cliniques de pathologie, surtout dans les cas de « représentations hyperintenses » (comme dans l’hystérie et dans la névrose obsessionnelle où, nous le verrons, le caractère quantitatif est plus marqué que chez les normaux) (voir IIe Partie, pp. 1 et suiv.). Des processus tels que ceux de l’excitation, de la substitution, de la conversion et de la décharge, qui se rattachent à ces troubles, nous font concevoir que les excitations neuroniques sont des quantités mouvantes 5 . Il nous a semblé permis de généraliser les faits ainsi reconnus. En partant de là, nous avons pu poser un principe fondamental, relatif à l’activité des neurones, par rapport à la quantité (Q), principe qui, nous l’espérions, éclairerait bien la question puisqu’il semblait embrasser l’ensemble de la fonction [neuronique] et que nous appelons principe de l’inertie des neurones ; d’après cela, les neurones tendent à se débarrasser des quantités (Q) et, en l’admettant, il devient possible de comprendre la structure et le développement des neurones aussi bien que leurs fonctions. Le principe d’inertie fait d’abord comprendre la division des neurones en deux classes : les moteurs et les sensibles, division qui contrecarre la réception des quantités (Qή) en s’en débarrassant. Le mouvement réflexe s’explique ainsi : c’est un moyen de décharge de ces quantités et le principe d’inertie nous en donne le motif. En regardant un peu en arrière, nous pouvons relier le système neuronique (héritier de l’excitabilité protoplasmique générale) à la surface extérieure irritable du protoplasme, cette surface étant interrompue par de larges bandes [de substance] non irritable 6 . Un système neuronique primaire ayant ainsi acquis une certaine quantité (Qή) va pouvoir, par la voie menant au mécanisme musculaire, se décharger et se maintenir par là en état de non-excitation. Le processus de décharge constitue la fonction primaire du système neuronique. Ici va pouvoir se développer une fonction secondaire. En effet, parmi les diverses méthodes de décharge, certaines sont préférées et maintenues parce qu’elles impliquent une cessation des excitations, la fuite, par exemple. Il s’établit ici un équilibre entre la quantité d’excitation et l’effort qu’exige la fuite devant cette dernière ; il s’ensuit que le principe d’inertie ne se trouve pas perturbé en pareil cas. Mais en tout premier lieu, le principe d’inertie se trouve bouleversé par d’autres circonstances. À mesure que s’accroît la complexité interne de l’organisme, le système neuronique reçoit des stimuli provenant des éléments somatiques eux-mêmes, des stimuli endogènes qui tendent aussi à se décharger. Ils prennent naissance dans les cellules du corps et provoquent les grands besoins : la faim, la respiration, la sexualité. L’organisme ne peut leur échapper comme il le fait pour les stimuli extérieurs ; il n’est pas en mesure d’employer leur quantité (Q) pour les fuir. Les excitations ne cessent que si des conditions bien déterminées se trouvent réalisées dans le monde extérieur (par exemple dans le cas du besoin de nourriture). Pour exécuter l’acte [capable de fournir ces conditions] et pouvant être qualifié de spécifique, il faut un effort indépendant des quantités endogènes (Qή) et généralement plus grand qu’elles, puisque l’individu est soumis à certaines conditions que l’on peut appeler urgence de la vie.