Freud — Corpus & Glossaire

Quantité (Qή)

La quantité (Qή) est une mesure de l'excitation qui traverse les neurones, pouvant être modifiée en fonction de la source d'excitation et de la résistance des barrières de contact. Elle peut également représenter l'énergie psychique circulant dans le système nerveux selon les lois de la conduction électrique, influençant ainsi le charge quantitative entre les neurones.

Sources de référence

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 4 · confiance 0.95

La quantité est la force ou l'énergie qui traverse un neurone au cours du processus d'excitation. Elle constitue le facteur actif dans le système neuronique et peut être remplacée par la quantité plus le frayage qui en résulte.

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Mais de quoi donc dépendent les frayages dans ces neurones ? L’expérience psychologique montre que la mémoire (c’est-à-dire la force persistante d’un certain incident) dépend d’un facteur qui est l’intensité de l’impression reçue et aussi de la répétition plus ou moins fréquente de cette dernière. Ou encore, pour employer notre façon de voir, le frayage dépend de la quantité (Qή) qui traverse un neurone au cours du processus d’excitation et aussi du nombre de répétitions de ce processus. Nous voyons ainsi que la quantité (Qή) constitue le facteur actif mais qu’elle peut être remplacée par la quantité plus le frayage qui en résulte (p. 1 ). Nous pensons, presque malgré nous, à l’effort primaire du système neuronique, persistant à travers toutes les modifications, pour éviter une surcharge de quantité (Qή) ou pour diminuer celle-ci dans toute la mesure du possible. Sous la pression des exigences de la vie, le système neuronique se voit contraint de constituer des réserves de quantité (Qή) (p. 1 ). Pour ce faire, il doit augmenter le nombre des neurones et il faut que ceux-ci soient imperméables. Mais le système neuronique évite, dans une certaine mesure tout au moins, d’être rempli par la quantité (Qή), c’est-à-dire d’être investi. Il établit donc des frayages. Ainsi, nous le voyons, les frayages servent à la fonction primaire. La nécessité de réserver une place à la mémoire dans la théorie des barrières de contact entraîne autre chose encore. Il y a généralement lieu de présumer que chaque neurone dispose de plusieurs voies de communications avec d’autres neurones, c’est-à-dire de plusieurs barrières de contact. C’est de cela que dépend la possibilité pour l’excitation de choisir une voie, ce qui est déterminé par le frayage. Il est clair que l’état de frayage de chaque barrière de contact doit être indépendant de celui de toutes les autres dans un même neurone ψ, sans quoi aucun choix de la voie à emprunter, donc aucun motif, ne serait possible. Nous en tirons une conclusion négative par rapport à la nature de l’état de « frayage ». Si nous imaginons un neurone rempli d’une quantité (Qή), c’est-à-dire chargé, nous ne pouvons nous représenter cette quantité (Q) autrement qu’uniformément répartie dans toutes les régions du neurone, y compris celles de ses barrières de contact. D’autre part, nous n’avons aucune peine à supposer que, dans le cas d’une quantité (Qή) qui s’écoule, elle n’empruntera qu’une seule voie particulière à travers le neurone ; de cette façon, cette quantité (Qή) ne va agir que sur une seule des barrières de contact laquelle, ensuite, conserve le frayage ainsi réalisé. Il s’ensuit qu’aucun frayage ne peut s’établir sur un investissement en rétention puisque cela ne produirait aucune différence de frayage dans les barrières de contact d’un même neurone. Reste à savoir, à part cela, en quoi consiste le frayage. Nous pouvons tout d’abord penser qu’il s’agit d’une absorption de quantité (Qή) par les barrières de contact. Peut-être éluciderons-nous plus tard cette question. La quantité (Qή) qui a laissé derrière elle un frayage subit sans aucun doute une décharge, à cause précisément de ce frayage qui augmente la perméabilité. Rien d’ailleurs ne permet de supposer que le frayage demeurant après le passage de la quantité (Qή) soit nécessairement aussi grand qu’il l’a été pendant ce passage (p. 1 ). Peut-être n’en demeure-t-il qu’une fraction sous la forme d’un frayage permanent. Nous ne saurions préciser non plus si l’effet produit par le passage en une fois d’une quantité (Qή) donnée est équivalent à celui du passage en trois fois de cette même quantité 10 . Les applications de la théorie aux faits psychiques nous permettront d’élucider ces questions. IV. Le point de vue biologique Nous admettons ainsi l’existence de deux systèmes de neurones φ et dont le premier est fait d’éléments perméables et le second d’éléments imperméables. De cette façon une particularité du système neuronique – sa capacité de retenir tout en demeurant réceptif – semble s’expliquer.

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 6 · confiance 0.95

La quantité (Qή) est une mesure de l'excitation qui traverse les neurones. Selon ce passage, elle peut varier en fonction de la source d'excitation et de la résistance des barrières de contact.

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On voit aussi combien il est utile que ψ soit constitué par des neurones imperméables puisque, sans cela, il serait incapable de répondre aux exigences d’une action spécifique. Mais de quelle manière ψ a-t-il pu acquérir cette imperméabilité ? Après tout φ a, lui aussi, des barrières de contact, mais si elles ne servent à rien, pourquoi celles de ψ fonctionnent-elles ? Admettre qu’il existe une différence originelle entre la valeur des barrières de contact de φ et de ψ, c’est à nouveau adopter arbitrairement une opinion douteuse, encore que l’on puisse maintenant s’appuyer sur les idées de Darwin relatives à la nécessité et, par-là, à la survivance de neurones imperméables. Un autre biais nous semble plus avantageux et moins prétentieux. Rappelons que les barrières de contact – et même celles des neurones ψ – finissent par être soumises au frayage et que ce qui le leur permet est la quantité (Qή) (p. 1 ). Plus est importante la quantité (Qή) en jeu lors du passage d’une excitation, plus grand sera le frayage, mais aussi plus proches les particularités des neurones φ. Il s’ensuit que la différence ne saurait être attribuée aux neurones mais bien aux quantités auxquelles ils ont affaire. Nous soupçonnons alors que la résistance émanée des barrières de contact et qui s’oppose aux quantités traversant les neurones φ est négligeable. Au contraire, les neurones ψ ne sont atteints que par des quantités appartenant au même ordre de grandeur que cette résistance. Si tel est bien le cas, un neurone φ deviendrait imperméable et un neurone ψ perméable au cas où nous arriverions à échanger leurs localisations et leurs connexions ; mais ils conservent leurs caractéristiques, parce qu’ils sont liés les uns, les neurones φ, à la périphérie seulement ; les autres, les neurones ψ, uniquement à l’intérieur du corps. La différence de nature est ainsi remplacée par une distinction du milieu auquel ils ont été destinés. Voyons maintenant si nous avons raison de prétendre que les quantités d’excitation venues de la périphérie du corps et atteignant les neurones sont d’un ordre plus élevé que celles venues de la périphérie interne. Certains faits semblent le confirmer. Tout d’abord, il est indéniable que le monde extérieur est la source des plus grandes quantités d’énergie, la physique nous enseignant, en effet, qu’il est constitué par des masses puissamment mouvantes et qui transmettent leur mouvement. Le système φ qui est tourné vers l’extérieur doit avoir pour tâche de décharger aussi rapidement que possible les quantités (Qή) assaillant les neurones ; mais quoi qu’il arrive ce système reste soumis à l’influence de quantités (Q) considérables. Le système ψ pour autant que nous sachions, reste sans contact avec le monde extérieur. Il ne reçoit de quantités (Q) que des neurones φ, d’une part, et, d’autre part, des éléments cellulaires de l’intérieur du corps. Il reste maintenant à démontrer que ces quantités d’excitation sont vraisemblablement peu élevées. Peut-être nous paraîtra-t-il déconcertant, au premier abord, de nous voir obligés d’attribuer aux neurones ψ deux sources de stimuli aussi différentes que φ et les cellules de l’intérieur du corps ; mais c’est ici que l’histologie récente du système neuronique nous apporte justement une aide décisive en nous montrant que les terminaisons et les connexions neuroniques ont une structure de même type et que les neurones se terminent l’un dans l’autre de la même façon que dans les éléments somatiques (p. 1 ) ; il s’ensuit que, dans les deux cas, le processus doit probablement être du même type. Nous pouvons donc nous attendre à ce que les quantités soient semblables dans les terminaisons nerveuses et dans les conduits intercellulaires. Il est probable aussi que les excitations endogènes appartiennent à un ordre de grandeur intercellulaire. Une seconde occasion de mettre à l’épreuve notre théorie s’offre à nous ici (p. 1 ). V. Le problème de la quantité J’ignore tout de la grandeur absolue des stimuli intercellulaires, mais je me permets de penser qu’elle est relativement faible et du même ordre que celle de la résistance des barrières de contact. S’il en est ainsi, tout s’éclaire.

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 9 · confiance 0.95

Une grandeur extérieure qui est transformée en qualité par le système neuronique.

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Dans la perception les systèmes φ et ψ agissent de concert, mais un seul phénomène psychique se produit et cela exclusivement sans aucun doute en ψ – reproduction ou remémoration – et ce processus est, de façon générale, dépourvu de qualité. La remémoration n’apporte généralement rien de ce qui caractérise particulièrement une qualité perçue. C’est pourquoi nous devons avoir le courage d’admettre qu’il existe un troisième système de neurones auxquels on pourrait donner le nom de « neurones perceptifs » qui, excités comme les autres durant la perception, ne le sont plus durant la reproduction et dont les états d’excitation fournissent les diverses qualités – c’est-à-dire constituent les sensations conscientes 14 . En soutenant que notre conscient ne livre que des qualités alors que les sciences naturelles ne reconnaissent que des quantités, nous découvrons, comme par une règle de trois, un caractère distinctif des neurones de perception. Tandis, en effet, que la science s’est donné pour tâche de rapporter toutes les qualités de nos sensations à des quantités extérieures, la structure du système neuronique nous permet de soupçonner que la tâche de ce système consiste à transformer une quantité extérieure en qualité. Là encore, la tendance originelle à se débarrasser des quantités parait triompher. Les terminaisons nerveuses formaient un écran ne laissant agir sur φ qu’une fraction des quantités (Qή) d’un neurone sur l’autre, tandis qu’en même temps φ assure grosso modo la décharge de la quantité. Le système ψ se trouvait déjà prémuni contre des quantités supérieures et n’avait affaire qu’à des grandeurs intercellulaires. Nous pouvons supposer que, par la suite, le système W 15 est mis en branle par des quantités encore plus faibles. Peut-être alors le caractère distinctif de la qualité (c’est-à-dire la sensation consciente) n’apparaît-il que là où les quantités ont été aussi réduites que possible. Elles ne peuvent être totalement supprimées car il faut se représenter ces neurones perceptifs comme investis, eux aussi, de quantités (Qή) dont ils cherchent à se débarrasser. Mais ici nous nous heurtons à une difficulté en apparence formidable. La perméabilité, nous l’avons vu, dépend de l’action des quantités (Qή), alors que les neurones ψ sont déjà imperméables. Étant donné que la quantité (Qή) en question est plus faible, les neurones perceptifs doivent être plus impénétrables encore. Nous ne pouvons cependant attribuer pareil caractère aux véhicules de la conscience. La mutabilité de leurs contenus, la fugacité de l’état conscient, la combinaison aisée des qualités simultanément perçues, tout cela ne peut résulter que d’une perméabilité complète des neurones de perception, alliée à une totale restitutio in integrum [un retour à l’état antérieur]. Les neurones perceptifs se comportent comme des organes de perception et nous ne saurions y situer la mémoire. Ici donc la perméabilité, le frayage complet n’émanent pas des quantités. Mais alors d’où proviennent-ils ? Je n’aperçois qu’une échappatoire pour nous permettre de réviser nos hypothèses fondamentales relatives au passage d’une quantité (Qή). Jusqu’à présent, je n’avais considéré cet écoulement que comme un transfert de quantité (Qή) d’un neurone à un autre. Mais il doit être pourvu d’un autre caractère encore, d’un caractère temporel. La mécanique des physiciens a attribué ce caractère temporel lui-même au mouvement des masses dans le monde extérieur et c’est lui que j’appellerai brièvement « période ». J’admets donc que la résistance des barrières de contact ne joue que pour le transfert de quantité (Q) mais que la période du mouvement neuronique se propage partout, sans rencontrer d’obstacles, à la manière d’un phénomène d’induction. Il reste beaucoup de points à éclaircir au point de vue de la physique car ici, comme ailleurs, les lois générales du mouvement doivent sans contredit, s’appliquer. Cependant, mon hypothèse va plus loin. D’après elle, les neurones perceptifs, incapables de recevoir des quantités (Qή) assimilent, en revanche, la période d’une excitation.

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 14 · confiance 0.95

Élément psychique qui passe de l'un à l'autre des neurones, influençant ainsi leur charge quantitative. (p. 1)

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XI. L’épreuve de la satisfaction Le remplissage des neurones nucléaires en ψ a pour conséquence un besoin de décharge, une poussée, qui va se réaliser par le moyen de la motricité. L’expérience montre que la première voie à suivre est celle menant à une modification interne (manifestations émotives, cris, innervations musculaires). Mais, nous l’avons déjà dit, aucune décharge de ce genre ne fait baisser la tension puisque de nouvelles excitations endogènes continuent, malgré tout, à affluer et que la tension ψ se trouve rétablie. L’excitation ne peut se trouver supprimée que par une intervention capable d’arrêter momentanément la libération des quantités (Qή) à l’intérieur du corps. Cette sorte d’intervention exige que se produise une certaine modification à l’extérieur (par exemple apport de nourriture, proximité de l’objet sexuel), une modification qui, en tant qu’ « action spécifique ne peut s’effectuer que par des moyens déterminés. L’organisme humain, à ses stades précoces, est incapable de provoquer cette action spécifique qui ne peut être réalisée qu’avec une aide extérieure et au moment où l’attention d’une personne bien au courant se porte sur l’état de l’enfant. Ce dernier l’a alertée, du fait d’une décharge se produisant sur la voie des changements internes (par les cris de l’enfant, par exemple). La voie de décharge acquiert ainsi une fonction secondaire d’une extrême importance : celle de la compréhension mutuelle. L’impuissance originelle de l’être humain devient ainsi la source première de tous les motifs moraux (p. 1 ) 21 . Quand la personne secourable a exécuté pour l’être impuissant l’action spécifique nécessaire, celui-ci se trouve alors en mesure, grâce à ses possibilités réflexes, de réaliser immédiatement, à l’intérieur de son corps, ce qu’exige la suppression de stimulus endogène. L’ensemble de ce processus constitue un « fait de satisfaction » qui a, dans le développement fonctionnel de l’individu, les conséquences les plus importantes. Trois phénomènes, en effet, se produisent dans le système ψ : 1° Une décharge durable s’effectue, ce qui entraîne la suppression de la tension ayant suscité en W du déplaisir ; 2° L’investissement correspondant à la perception d’un objet se produit dans un ou plusieurs neurones du pallium (p. 1 ) ; 3° D’autres points du pallium reçoivent l’annonce de la décharge provoquée par le déclenchement du mouvement réflexe qui a suivi l’action spécifique. Un frayage s’établit entre ces investissements [(2) et (3)] et les neurones nucléaires [qui ont été chargés à partir des sources endogènes durant le stade d’urgence]. (L’annonce du réflexe de décharge se produit grâce au fait que chaque mouvement, par suite de conséquences secondaires, donne lieu à de nouvelles excitations sensorielles – de la peau et des muscles – excitations qui produisent en W une image motrice [ou kinesthésique].) La façon dont se produit le frayage permet de mieux comprendre le développement de ψ. Nous avons appris déjà que les neurones ψ subissaient l’action des neurones φ, au travers des voies endogènes de conduction, tandis que les divers neurones ψ sont séparés les uns des autres par des barrières de contact nanties de fortes résistances. Or, il existe une loi fondamentale d’ association par simultanéité et cette loi joue au cours de l’activité ψ pure (durant la reproduction par le souvenir) et donne le fondement de toutes les connexions entre neurones ψ. Nous trouvons que le conscient (c’est-à-dire la charge quantitative) passe d’un neurone α à un autre β, lorsque α et β ont simultanément reçu une charge venue de φ (ou d’ailleurs). Ainsi la charge simultanée α-β a entraîné le frayage d’une barrière de contact. Il s’ensuit, pour employer les termes mêmes de notre théorie, qu’une quantité (Qή) passe plus aisément d’un certain neurone à un neurone chargé qu’à un neurone non chargé. Ainsi la charge du second neurone va augmenter celle du premier et en ce cas encore la charge s’avère équivalente au frayage, par rapport au passage de la quantité (Qή). Nous voyons apparaître ici un second facteur important qui règle le cours d’une quantité (Qή).

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 15 · confiance 0.95

Énergie psychique qui circule dans le système nerveux selon les lois de la conduction électrique. Elle peut être augmentée par l'investissement des souvenirs ou provoquer du déplaisir.

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Ainsi la charge du second neurone va augmenter celle du premier et en ce cas encore la charge s’avère équivalente au frayage, par rapport au passage de la quantité (Qή). Nous voyons apparaître ici un second facteur important qui règle le cours d’une quantité (Qή). Cette quantité Qή) dans le neurone α ne prendra pas seulement la direction de la barrière la mieux frayée, mais aussi de celle qui est investie du côté opposé. Les deux facteurs peuvent soit se seconder soit, en certains cas, se contrecarrer. Ainsi la satisfaction aboutit à un frayage entre les deux images mnémoniques [celle de l’objet désiré et celle du mouvement réflexe] et les neurones nucléaires qui ont été investis pendant l’état de tension. Il est certain que, durant la décharge amenée par la satisfaction, la quantité (Qή) s’écoule également hors de l’image mnémonique. Dès la réapparition de l’état de tension ou de désir, la charge se transmet aussi aux deux souvenirs et les réactive. Il est fort probable que c’est l’image mnémonique de l’objet qui est, la première, atteinte par la réactivation. Cette réaction, j’en suis persuadé, fournit tout d’abord quelque chose d’analogue à une perception – c’est-à-dire une hallucination. Si quelque incitation à l’acte réflexe se produit alors, une déception s’ensuit inévitablement. XII. L’épreuve de la souffrance Normalement ψ se trouve exposé à la quantité (Q) à partir des conductions endogènes. Anormalement (mais non encore pathologiquement), dans les cas où des quantités excessives (Q) font une brèche dans le dispositif de protection pour pénétrer dans φ – c’est-à-dire dans les cas de souffrance, [p. 1 ]. Celle-ci produit en ψ : 1° Une importante élévation du niveau [de la quantité] qui provoque en W du déplaisir [p. 1 ] ; 2° Une tendance à la décharge qui peut être diversement modifiée ; 3° Un frayage entre cette tendance à la décharge et l’image mnémonique de l’objet qui a causé la douleur. Il est d’ailleurs certain que la souffrance possède une qualité spéciale ressentie en même temps que le déplaisir. Si l’image mnémonique de l’objet (hostile) [c’est-à-dire générateur de souffrance] se trouve à nouveau fraîchement chargée (du fait de nouvelles perceptions), les conditions sont modifiées, il n’y a pas souffrance mais quelque chose de semblable à la souffrance, quelque chose qui comporte du déplaisir et un besoin de décharge correspondant au fait douloureux. Étant donné que le déplaisir implique un niveau accru [de quantité], demandons-nous d’où celle-ci (Qή) émane. Au cours de l’incident réel qui a suscité de la douleur, ce fut une quantité jaillissant du dehors (Q) qui provoqua en une élévation du niveau. Dans sa reproduction – dans l’affect – la seule quantité (Qή) qui surgisse est la quantité (Q) qui investit le souvenir. Ce fait est évidemment de la même nature que toute autre perception et ne peut fournir une augmentation générale de quantité (Qή). Nous sommes ainsi amenés à penser que l’investissement des souvenirs provoque un déplaisir émanant de l’intérieur du corps, un déplaisir nouvellement ressurgi. Le mécanisme de cette libération de déplaisir ne peut se représenter que de la façon suivante : il existe des neurones moteurs qui, lorsque leur charge atteint un certain degré, amènent les quantités (Qή) dans les muscles pour ainsi les décharger. De même, il doit y avoir des neurones sécréteurs qui, après avoir reçu une excitation, engendrent à l’intérieur du corps quelque chose qui agit à la façon d’un stimulus sur les voies endogènes de conduction aboutissant à ψ. Ces neurones de sécrétion doivent influer sur la production des quantités endogènes (Qή). De ce fait, loin de provoquer une décharge de ces dernières, ils les ajoutent , par certains détours. Nous qualifierons ces neurones sécréteurs 22 de « neurones-clés ». Ils ne sont évidemment excités que lorsqu’un certain niveau est atteint en ψ. L’expérience de la douleur fournit un excellent frayage entre l’image mnémonique de l’objet hostile et ces neurones-clés. Grâce à ce frayage, l’affect désagréable se trouve libéré. Cette surprenante mais indispensable hypothèse se trouve étayée par la façon dont se réalise la production de sensation sexuelle.

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 20 · confiance 0.95

La quantité d'énergie psychique investie par le moi, sous-jacente au trajet le long des neurones frayés.

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Toutefois, nous possédons le moyen de changer la similarité en identité complète. En comparant le complexe W à d’autres complexes W, nous sommes capables de le diviser en deux fractions : un neurone a qui demeure généralement semblable à lui-même et un autre neurone b, qui, la plupart du temps, est variable. C’est à ce processus d’analyse que le langage va plus tard donner le nom de « jugement ». Il découvrira aussi la ressemblance existant entre le noyau du moi et l’élément constant du complexe perceptuel d’une part et, d’autre part, entre les investissements changeants dans le pallium et l’élément inconstant du complexe perceptif (p. 1 ) ; le langage décrit le neurone a comme une « chose » et le neurone b comme l’activité ou la propriété de cette chose, bref comme son « attribut » (pp. 1 et 1 ). Le jugement constitue donc un processus ψ que seule une inhibition venue du moi rend possible. Il est provoqué par une dissemblance entre l’investissement du souvenir empreint de désir et un investissement perceptuel qui lui ressemble. Il s’ensuit que lorsque ces deux investissements coïncident, il y a un signal biologique enjoignant de mettre fin à l’activité de la pensée et de déclencher la décharge. Quand les deux investissements ne coïncident pas, il se produit une poussée vers l’activité de la pensée qui cesse dès qu’il y a coïncidence. L’analyse de ce processus peut être poussée plus loin encore : lorsque le neurone a est présent dans les deux investissements, l’appétitif et le perceptif, mais que le neurone c est perçu au lieu du neurone b, les efforts du moi suivent les connexions de ce neurone c et, au moyen d’un afflux de quantité (Qή) le long de ces connexions, entraîne l’émergence de nouveaux investissements jusqu’à ce que le neurone manquant b soit enfin atteint. En règle générale, c’est une image motrice qui s’intercale entre les neurones c et b. Une fois que cette image s’est trouvée ravivée par l’exécution d’un mouvement réel, le neurone b est perçu et l’identité souhaitée est établie. Supposons, par exemple, en prenant le cas du bébé, que l’image mnémonique désirée soit celle du sein maternel et de ses mamelons vus de face. Supposons encore que ce petit enfant commence à percevoir le même objet, mais de côté , sans le mamelon. Il a gardé, dans sa mémoire, le souvenir d’une expérience vécue fortuitement au cours de sa tétée, celui d’un mouvement de tête particulier qui a transformé l’aspect de face en aspect de côté. L’image de côté qu’il regarde maintenant l’incite à remuer la tête puisqu’il a appris, par expérience, qu’il doit faire le mouvement inverse pour obtenir une vue de face. Dans cet exemple le jugement ne joue qu’un faible rôle, mais il montre la possibilité d’arriver, en reproduisant des investissements, à exécuter un acte qui n’est qu’un mode accidentel d’action spécifique. C’est sans aucun doute la quantité (Qή) provenant du moi investi qui est sous-jacente à ce trajet le long des neurones frayés. Ce parcours n’est pas commandé par les frayages, mais par un but à atteindre. Mais ce but, quel est-il ? Comment y parvenir ? Eh bien, il s’agit de revenir au neurone b manquant et de libérer la sensation d’identité, c’est-à-dire le moment où seul le neurone b est investi et où l’investissement mobile débouche dans le neurone b. C’est ce qui advient quand les quantités Qή se trouvent expérimentalement déplacées dans toutes les directions. Dans ce but, une dépense en charge latérale tantôt plus, tantôt moins considérable devient nécessaire suivant les possibilités d’utilisation des frayages existants ou le besoin de mener une lutte contre eux. Cette lutte entre les frayages fixes et les investissements changeants caractérise le processus secondaire de la pensée reproductive, ce qui contraste avec la succession primaire des associations. Par quoi le choix du trajet est-il dicté ? Par le fait que le souvenir de l’idée appétitive reste investi tant que la chaîne des associations est suivie à partir du neurone c. Nous savons que l’investissement du neurone b favorise le frayage et facilite l’accès de toutes les connexions de celui-ci.