Freud — Corpus & Glossaire

Système neuronique φ

Système de neurones constitué d'éléments perméables, reçoit les stimuli exogènes dans la théorie freudienne.

Sources de référence

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 5 · confiance 0.95

Système de neurones constitué d'éléments perméables, reçoit les stimuli exogènes dans la théorie freudienne.

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Nous admettons ainsi l’existence de deux systèmes de neurones φ et dont le premier est fait d’éléments perméables et le second d’éléments imperméables. De cette façon une particularité du système neuronique – sa capacité de retenir tout en demeurant réceptif – semble s’expliquer. Tout gain psychique consisterait donc en une organisation du système ψ par le moyen d’une levée partielle et localement déterminée de la résistance dans les barrières de contact qui différencie ψ de φ. À mesure que cette organisation s’effectue, la réceptivité du système neuronique atteindrait, en fait, sa limite. Toute personne qu’intéressent les hypothèses scientifiques ne les prend au sérieux que si elles concordent de plusieurs façons avec ce que nous savons déjà et quand le caractère arbitraire d’une construction ad hoc peut ainsi être atténué. Notre hypothèse des barrières de contact, objectera-t-on, nous fait admettre deux catégories de neurones dont les fonctionnements diffèrent totalement l’un de l’autre. Or, rien ne permet, pour le moment, de justifier cette distinction. Au point de vue morphologique (c’est-à-dire histologique) tout au moins, une pareille supposition ne repose sur rien. Sur quoi alors fonder cette division en deux catégories ? Eh bien, si possible sur le développement biologique du système des neurones qui, comme tous les autres – les naturalistes nous l’apprennent – s’effectue progressivement. Nous voudrions savoir si les deux classes de neurones ont pu avoir une signification biologique différente et, dans ce cas, quels mécanismes ont provoqué l’apparition de caractères aussi opposés que ceux de perméabilité et d’imperméabilité. La solution la plus satisfaisante serait naturellement de voir le mécanisme recherché surgir de lui-même du rôle biologique primitif joué [par les deux catégories de neurones]. Une seule réponse suffirait aux deux questions. Rappelons-nous que, dès le début, deux fonctions incombaient au système neuronique : recevoir les stimuli de l’extérieur et assurer la décharge des excitations endogènes. C’est de cette dernière tâche, nous le savons (p. 1 ) que naquit, sous la pression des nécessités vitales, un besoin de poursuivre le développement biologique. On est ainsi amené à supposer que nos systèmes φ et ψ ont bien pu assumer chacun l’une de ces obligations primaires. Le système φ serait constitué par le groupe de neurones qui reçoivent les stimuli exogènes, tandis que le système ψ contiendrait les neurones qui perçoivent les excitations endogènes. S’il en était ainsi, nous n’aurions pas inventé , mais seulement découvert φ et ψ. Il ne resterait plus qu’à les identifier aux faits déjà connus. D’ailleurs, l’anatomie nous apprend qu’il existe un système de neurones (substance grise de la moelle) qui se trouve seule en contact avec le monde extérieur et un système situé au-dessus, la matière grise du cerveau, qui n’a aucun contact périphérique direct mais dont dépendent le développement du système neuronique et les fonctions psychiques. Le cerveau primaire s’accorde assez bien à notre façon d’envisager les particularités que nous attribuons au système ψ, à condition de pouvoir admettre que certaines voies indépendantes de φ conduisent directement du cerveau à l’intérieur du corps. Les anatomistes ignorent l’origine et l’importance biologique originelle du cerveau primaire ; d’après notre théorie, ce ne serait ni plus ni moins qu’un ganglion du sympathique. C’est ici que les matériaux réels vont nous permettre de vérifier la valeur de nos vues 11 . Contentons-nous, pour le moment, de penser que le système ψ s’identifie à la substance grise du cerveau. Mes précédentes remarques biologiques [p. 1 ] permettent de comprendre que c’est justement ψ qui se trouve soumis à un développement ultérieur, grâce à une multiplication de ses neurones et à une accumulation de quantité. On voit aussi combien il est utile que ψ soit constitué par des neurones imperméables puisque, sans cela, il serait incapable de répondre aux exigences d’une action spécifique. Mais de quelle manière ψ a-t-il pu acquérir cette imperméabilité ?