Freud — Corpus & Glossaire

Système W

Le système W est décrit comme rempli par ψ et servant à la perception des sensations de plaisir et de déplaisir. La charge augmente dans W quand le niveau s’élève en ψ et diminue quand ce niveau baisse.

Sources de référence

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 11 · confiance 0.95

Le système W est décrit comme rempli par ψ et servant à la perception des sensations de plaisir et de déplaisir. La charge augmente dans W quand le niveau s’élève en ψ et diminue quand ce niveau baisse.

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Il est impossible de donner une idée de ce qu’a pu être la valeur biologique originelle des neurones de perception. Mais nous n’avons donné jusqu’à présent qu’une description incomplète du contenu du conscient ; en dehors de la série des qualités sensorielles, il comprend une autre série, fort différente, celle des sensations de plaisir et de déplaisir qu’il convient maintenant d’expliquer. Nous savons qu’il existe dans le psychisme une certaine tendance à éviter le déplaisir, nous sommes donc tentés de confondre cette tendance avec celle, primaire, à l’inertie. En ce cas, le déplaisir coïnciderait avec une élévation du niveau de la quantité (Qή) ou avec une augmentation de tension ; une sensation serait perçue quand la quantité (Qή) augmenterait dans Le plaisir naîtrait d’une sensation de décharge. Or, comme le système W est, nous le présumons, rempli par ψ , il s’ensuit que la charge augmente dans W quand le niveau s’élève en ψ et diminue quand ce niveau baisse. Le plaisir et le déplaisir seraient les sensations dues à la propre charge, au propre niveau de W, alors que W et ψ fonctionneraient à peu près comme des tuyaux communicants. C’est de cette manière que les processus quantitatifs en ψ parviendraient au conscient sous une forme qualitative (p. 1 et suivante). La faculté de percevoir les qualités sensorielles qui gisent, pour ainsi dire, dans la zone d’indifférence – entre le plaisir et le déplaisir – disparaît en même temps 17 . Nous expliquons ainsi ce fait : dans les neurones de perception (ωN) existe un point optimum de réceptivité à l’égard de la période du mouvement neuronique quand ils sont nantis d’une certaine charge. Quand la charge augmente il y a déplaisir, quand elle diminue, c’est le plaisir qui se produit – jusqu’au moment où il n’y a plus du tout de charge. La forme du mouvement en question devrait être construite d’après ces données. IX. Le fonctionnement de l’appareil Nous voilà maintenant en mesure de nous représenter le fonctionnement de l’appareil constitué par φ, ψ et ω. Les sommes d’excitation venues du dehors abordent les terminaisons nerveuses du système φ. Se heurtant d’abord à ces dernières, elles se trouvent réduites en fractions d’un ordre vraisemblablement supérieur à celui des excitations intercellulaires (ou bien peut-être du même ordre qu’elles). Ici se trouve un premier seuil ; au-dessous d’une certaine quantité aucune fraction active n’est créée, de telle sorte que le pouvoir d’action des stimuli se limite plus ou moins à des quantités moyennes. En outre, les gaines nerveuses agissent à la façon d’un tamis, de manière à rendre inopérantes, aux diverses terminaisons nerveuses, certaines espèces de stimuli. Les excitations qui atteignent réellement les neurones φ ont un caractère à la fois quantitatif et qualitatif 18 . Il y a formation, dans le monde extérieur, d’une série possédant la même qualité [que le stimuli] et [un degré de] quantité croissant du seuil à la limite de la douleur. Tandis qu’à l’extérieur les processus forment un continuum à deux points de vue – suivant la quantité et la période (la qualité) – les excitations correspondantes sont, en ce qui concerne la quantité, d’abord réduites et ensuite limitées par coupure. En ce qui concerne la qualité, elles sont discontinues , de telle sorte que certaines périodes n’agissent nullement comme des stimuli (fig. 12, p. 1 ). La qualité, ce caractère distinctif des excitations, passe sans entraves par φ au travers de ψ , pour aboutir à ω où elle crée une sensation ; elle est représentée par une période particulière du mouvement neuronique, qui n’est certainement pas la même que celle du stimulus, tout en conservant quelques rapports avec lui, suivant une formule de réduction que nous ignorons. Cette période ne persiste pas longtemps et disparaît en empruntant la voie motrice. Ce passage lui reste ouvert, mais elle n’abandonne derrière elle aucune trace mnémonique. La quantité du stimulus φ renforce, dans le système nerveux, une tendance à la décharge et se mue en excitation motrice proportionnelle.