Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)
Réserves de quantités qu’exige la fonction secondaire dans le moi, qui constituent à tout moment la totalité des investissements.
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On le décrit facilement en faisant ressortir que la réception, constamment répétée, de quantités endogènes (Qή) dans certains neurones (du noyau) et le frayage que cette répétition provoque, ne manquent pas de produire un groupe de neurones chargés de façon permanente (p. 1 ) et devenant ainsi le véhicule des réserves de quantités qu’exige la fonction secondaire 26 . Nous décrirons donc le moi en disant qu’il constitue à tout moment la totalité des investissements Dans ceux-ci nous distinguons une fraction permanente et une fraction variable (p. 1 ). Il est facile de voir que les frayages entre neurones ψ font partie du domaine du moi puisqu’ils représentent une possibilité de déterminer à n’importe quel moment l’extension du moi mouvant. Tandis que le moi s’efforce de se débarrasser de ses charges au moyen d’une satisfaction, il est inévitablement amené à agir sur la répétition des expériences douloureuses et dés affects et il doit le faire de la façon suivante généralement qualifiée d’« inhibition ». Une quantité (Qή), venue d’un endroit quelconque et pénétrant dans un neurone, poursuit sa route en franchissant les barrières de contact les mieux frayées et suscite un courant dans cette direction ou, plus exactement, le courant de la quantité (Qή) se divise, suivant un mode inversement proportionnel à la résistance des barrières de contact qu’il rencontre. Quand ensuite une fraction de quantité se heurte à une barrière de contact dont la résistance est plus forte qu’elle, rien n’en peut pratiquement passer. Cette situation peut être différente en ce qui concerne les quantités (Qή) dans le neurone, car certaines fractions qui dépassent le seuil d’autres barrières de contact peuvent y apparaître. Ainsi le processus dépend des quantités (Qή) et de la force relative des frayages. Mais nous avons appris à connaître un troisième et important facteur (p. 1 ). Quand un neurone contigu se trouve simultanément chargé, ce fait agit à la manière d’un frayage temporaire des barrières de contact entre les deux neurones et modifie le trajet du courant qui, sans cela, aurait emprunté la direction de la seule barrière de contact frayée. Un investissement « latéral » agit donc en s’opposant au passage de la quantité (Qή). Imaginons le moi comme un réseau de neurones investis dont les relations mutuelles sont faciles (voir fig. 14 p. 1 ). Supposons ensuite qu’une quantité (Qή), venant de l’extérieur (φ) pénètre dans le neurone a. Si rien n’avait agi sur elle, elle se serait dirigée vers le neurone b. Mais en réalité, elle subit à tel point l’influence de la charge latérale du neurone a qu’elle ne livre qu’une fraction d’elle-même à b ou même ne l’atteint pas du tout. Si donc un moi existe, il doit entraver les processus psychiques primaires. Néanmoins, une inhibition de ce genre donne à ψ un grand avantage. Supposons que a représente un mauvais souvenir et b un neurone clé [p. 1 ]. Si a surgit, il y aura d’abord une libération de déplaisir, peut-être superflue, tout au moins si elle est totale. Toutefois, par suite de l’action inhibante de a, la production de déplaisir est minime et le système neuronique, sans avoir subi d’autres dommages, se voit épargner le développement et la décharge de quantité. Nous voyons aisément comment, à l’aide du mécanisme qui attire l’ attention 27 du moi sur un investissement nouveau de l’image pénible, le moi arrive quelquefois à arrêter le passage d’une quantité émanant de cette image et menant à une production de déplaisir. Il y parvient, grâce à un investissement latéral considérable, susceptible d’augmenter quand les circonstances l’exigent. Admettons que la production désagréable initiale de quantités (Qή) atteigne le moi, celui-ci doit alors trouver en lui-même la source de quantité dont l’utilisation reste nécessaire à la réalisation d’un investissement latéral inhibant. Ainsi plus le déplaisir sera grand, plus forte sera la défense primaire. XV. Les processus primaire et secondaire en ψ