Freud — Corpus & Glossaire

Indice de réalité

Un indice cumulatif fourni par les neurones perceptifs, qui permet au système psychique d'effectuer une distinction entre une perception extérieure et une représentation imaginaire, en informant du niveau de réalité d'une certaine quantité d'investissement.

Sources de référence

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 18 · confiance 0.95

Un indice fourni par les neurones perceptifs qui permet à l'esprit de distinguer une perception extérieure d'une représentation imaginaire.

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XV. Les processus primaire et secondaire en ψ Tout ce qui précède nous permet de conclure qu’il existe deux situations où le moi en ψ (que nous pouvons, à cause de ses connexions, considérer comme l’ensemble du système nerveux), le moi, dis-je, risque de tomber dans une impuissance dangereuse. La première de ces situations est celle où le moi, en proie à quelque désir , investit à nouveau le souvenir de l’objet puis déclenche le processus de décharge alors que, l’objet n’étant pas réellement présent et n’existant que dans l’imagination, toute satisfaction est impossible. À un stade précoce ψ n’est pas en mesure d’établir cette distinction puisqu’il ne peut travailler qu’en s’appuyant sur une série d’états analogues entre ses neurones, [c’est-à-dire grâce à des expériences antérieures ayant montré que l’investissement objectai avait été suivi de satisfaction]. C’est donc un autre critère qui doit servir à distinguer la perception de la représentation 28 . D’autre part, ψ a besoin d’un indice qui attire son attention sur le réinvestissement d’une image mnémonique hostile et qui lui permette d’éviter, au moyen d’un investissement latéral, la production consécutive de déplaisir. Quand ψ est capable de réaliser à temps cette inhibition, la production de déplaisir et la défense contre ce dernier seront légères ; dans le cas contraire, le déplaisir sera immense et la défense primaire excessive. L’intensité du désir comme la production de déplaisir peuvent, toutes deux, avoir des effets biologiquement nuisibles lorsque se renouvelle l’investissement du souvenir. C’est ce qui se produit dès que la force du désir dépasse certaines limites en favorisant ainsi une décharge. C’est ce qui se passe toujours aussi dans une production de déplaisir quand l’investissement de l’image mnémonique hostile émane de ψ lui-même (par association) et non de l’extérieur. Dans ce dernier cas, c’est encore un indice qui doit permettre de distinguer une perception d’un souvenir (ou d’une représentation). Ce sont très probablement les neurones perceptifs qui fournissent cet indice : un « indice de réalité ». Toute perception extérieure produit toujours en W une certaine excitation qualitative qui n’a par elle-même aucune action sur ψ. Il faut donc ajouter que l’excitation perceptive aboutit à une décharge perceptive et que l’annonce de cette dernière (comme de toutes les autres sortes de décharge) atteint ψ. C’est cette annonce de décharge provenant de W (ω), qui constitue pour ψ un indice de qualité ou de réalité. Si l’objet désiré est pleinement investi, de façon à prendre une forme hallucinatoire, le même indice de décharge ou de réalité que dans le cas d’une perception extérieure apparaît. En pareil cas le critère fait défaut. Mais si la charge en désir se trouve soumise à une inhibition – ce qui devient possible lorsque le moi est investi – une réaction d’ordre quantitatif peut survenir, au cours de laquelle la charge en désir ne suffit pas à donner un indice de qualité, comme il arriverait pour une perception extérieure. Dans ce cas, le critère conserve sa valeur. La distinction entre les deux instances tient au fait que les indices de qualité provenant du dehors apparaissent quelle que soit l’intensité de l’investissement, tandis que ceux émanant de ψ ne se présentent que si la charge est forte. Par conséquent, c’est une inhibition due au moi qui rend possible la formation d’un critère permettant d’établir une distinction entre une perception et un souvenir. L’expérience biologique enseigne ensuite que la décharge ne doit pas être amorcée avant la survenance d’un indice de réalité et que, pour cette raison, l’investissement des souvenirs souhaités ne doit pas dépasser un certain degré. D’autre part, l’excitation des neurones perceptifs peut servir de protection au système ψ dans le second cas, c’est-à-dire en attirant l’attention de ψ sur le fait de la présence ou de l’absence d’une perception.

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 19 · confiance 0.95

Signal biologique qui informe le système psychique (ψ) que une certaine quantité d'investissement doit être envoyée dans la même direction.

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L’expérience biologique enseigne ensuite que la décharge ne doit pas être amorcée avant la survenance d’un indice de réalité et que, pour cette raison, l’investissement des souvenirs souhaités ne doit pas dépasser un certain degré. D’autre part, l’excitation des neurones perceptifs peut servir de protection au système ψ dans le second cas, c’est-à-dire en attirant l’attention de ψ sur le fait de la présence ou de l’absence d’une perception. Nous admettrons alors que les neurones de perception (ωN) ont été, à l’origine, anatomiquement reliés aux voies de conduction venant des divers organes sensoriels et que la décharge s’est trouvée dirigée à nouveau vers l’appareil moteur appartenant aux mêmes organes sensoriels. Ensuite, l’annonce de cette dernière décharge (je veux dire l’annonce de l’attention réflexe) agit comme un signal biologique informant ψ qu’une certaine quantité d’investissement doit être envoyée dans la même direction. En résumé, lorsque l’inhibition est pratiquée par un moi investi, les indices de décharge ω servent généralement d’indices de réalité dont ψ apprend, par expérience biologique, à faire usage. Si ce moi est en proie à quelque tension de désir au moment où surgit l’indice de réalité, ce fait permettra à la décharge de s’effectuer grâce à l’action spécifique. Quand une augmentation de déplaisir coïncide avec l’indice de réalité, institue au point indiqué une défense d’intensité normale au moyen d’un grand investissement latéral approprié. Si rien de tout cela ne se produit [c’est-à-dire s’il n’y a ni état de désir, ni augmentation de déplaisir au moment où l’indice de réalité est perçu], l’investissement se produit sans obstacle, suivant les conditions de frayage établies. Une charge en désir allant jusqu’à l’hallucination, jusqu’à la production totale de déplaisir et impliquant l’intervention de toute la défense peut être qualifiée de « processus psychique primaire ». Nous appelons « processus secondaires », au contraire, ceux que rendent possibles un bon investissement du moi et une modération du processus primaire. Nous voyons que ce dernier ne peut se réaliser que par une utilisation correcte des indices de réalité, utilisation que seule rend possible une inhibition venue du moi 29 . XVI. La pensée cognitive et reproductive D’après nos hypothèses, l’inhibition venue du moi tend, au moment du désir, à atténuer l’investissement de l’objet, ce qui permet de reconnaître l’irréalité de celui-ci. Nous allons maintenant pousser plus loin l’analyse de ce processus. Plusieurs cas peuvent se présenter. Dans un premier cas, la charge en désir de l’image mnémonique peut s’accompagner d’une perception simultanée de celle-ci [c’est-à-dire d’une perception de l’objet dont on se souvient]. Les deux investissements vont alors coïncider (situation dont aucun profit biologique ne peut découler). En outre, W envoie un indice de réalité qui, nous l’avons vu, est suivi d’une décharge réussie. Ce cas est aisément concevable 30 . Dans un second cas, la charge en désir présente peut être accompagnée d’une perception qui ne corresponde que partiellement et non totalement avec elle. Le moment est venu de rappeler que les investissements perceptuels ne sont jamais des investissements de neurones isolés, mais toujours de complexes de neurones. Nous avons jusqu’ici négligé ce caractère, il est temps d’en tenir compte. Supposons que l’investissement par le désir soit, d’une façon générale, lié à un neurone a + un neurone b, tandis que l’investissement perceptif est attaché à un neurone a + un neurone c, c’est là le cas le plus ordinaire, plus fréquent que celui d’une identité, et il mérite d’être soigneusement étudié. Là encore, l’expérience biologique enseigne qu’il est hasardeux de déclencher une décharge lorsque les indices fournis par la réalité ne confirment qu’une partie seulement du complexe et non sa totalité. Toutefois, nous possédons le moyen de changer la similarité en identité complète. En comparant le complexe W à d’autres complexes W, nous sommes capables de le diviser en deux fractions : un neurone a qui demeure généralement semblable à lui-même et un autre neurone b, qui, la plupart du temps, est variable.

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Troisième partie. E ssai d’exposé de processus ψ normaux · bloc 8 · confiance 0.90

Un indice qui permet une différenciation entre les investissements de perceptions réelles et celles des désirs.

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C’est là, je le confesse, une question à laquelle je ne saurais répondre. Désormais je ne chercherai plus à trouver une explication mécanique de ces lois biologiques et me déclarerai satisfait si j’arrive à donner de ce développement une description claire et fidèle. Il existe, sans aucun doute, une seconde loi biologique, dérivée du processus d’expectation, et suivant laquelle l’attention se porte sur les indices de qualité (parce qu’ils appartiennent à des perceptions capables de susciter quelque satisfaction) et l’individu passe de ces indices de qualité à la perception surgie. En bref, le mécanisme de l’attention doit son origine à une loi biologique de ce genre qui règle le déplacement des investissements du moi 63 . Peut-être nous objectera-t-on qu’un mécanisme comme celui-là, opérant grâce aux indices de qualité, est bien inutile. Le moi, dira-t-on, peut bien avoir biologiquement appris de lui-même, pendant ses états d’expectation, à investir le domaine perceptif au lieu de n’y être amené que par l’intermédiaire des indices de qualité. Mais deux raisons peuvent justifier le mécanisme de l’attention : 1° La sphère des indices de décharge venant du système W (ω) est, de toute évidence, plus petite et comprend moins de neurones que la sphère des perceptions, c’est-à-dire de l’ensemble du pallium de ψ lié aux organes sensoriels. En conséquence, le moi fait une énorme économie en investissant non la perception mais bien la décharge ; 2° Les indices de décharge ou de qualité constituent avant tout des indices de réalité, permettant une différenciation entre les investissements de perceptions réelles et celles des désirs. Nous voyons ainsi l’impossibilité de se passer du mécanisme de l’attention, grâce auquel, dans chaque cas, le moi investit les neurones dans lesquels un investissement est déjà apparu. Nous pouvons ainsi énoncer, de la façon suivante, par rapport au moi, la loi biologique de l’attention : Quand surgit un indice de réalité, l’investissement perceptif alors présent doit être surinvesti. Telle est la seconde loi biologique, la première étant celle de la défense primaire. II. Ce que nous venons de dire nous fournit quelques indications générales pour une présentation mécanique, du genre de cette première indication selon laquelle les quantités extérieures ne peuvent être figurées par Qή (quantités psychiques). La description du moi et de ses variations, telle que nous l’avons donnée, nous montre que le niveau [de l’investissement] n’a, lui non plus, aucun rapport avec le monde extérieur et que s’il venait à être relevé ou abaissé, ce fait ne saurait normalement rien changer à l’image du monde extérieur. Étant donné que cette représentation s’est établie d’après les frayages, il faut en conclure que les variations générales du niveau n’ont aucune action sur ces derniers. Nous avons déjà fait mention d’un second principe [p. 1 ], à savoir que les petites quantités sont plus aisément déplaçables quand le niveau est élevé que lorsqu’il est bas. Ce sont là quelques points à retenir si nous voulons tenter de décrire les mouvements neuroniques caractéristiques dont nous n’avons encore qu’une faible idée. Revenons à la description des processus mentaux d’observation ou de cognition. Ils diffèrent des processus d’expectation en ce qu’ici les perceptions n’intéressent pas les investissements de désir. Ici l’attention du moi se trouve attirée par les premiers indices de réalité vers la sphère de perception à investir. Le courant d’associations de la quantité (Q) apportée [par les perceptions] passe à travers des neurones préinvestis et Qφ (c’est-à-dire la quantité appartenant aux neurones φ et qui se déplace [le long de ces neurones] est chaque fois remise en liberté. C’est pendant ce trajet des associations que les indices de qualité (du langage) sont créés. Le courant d’associations devient ainsi conscient et capable de se reproduire. Une fois de plus nous pourrons nous interroger sur le profit à tirer des indices de qualité. Leur seul effet, dira-t-on, est d’inciter le moi à envoyer un investissement à l’endroit où surgit un autre investissement au cours des associations.