Freud — Corpus & Glossaire

Quantité (Qη)

La quantité qui sert de source aux facteurs quantitatifs permettant au processus primaire ψ de se dérouler. Elle peut provenir de l'extérieur, être libérée par le frayage ou transférée du moi au neurone c.

Sources de référence

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 24 · confiance 0.95

La quantité qui sert de source aux facteurs quantitatifs permettant au processus primaire ψ de se dérouler. Elle peut provenir de l'extérieur, être libérée par le frayage ou transférée du moi au neurone c.

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Une seconde réflexion nous coûte, en effet, bien moins d’efforts que la première. Pour que la réalité ne se trouve pas faussée, il faut qu’il en reste des traces particulières (indices de processus cogitatifs). Elles constituent une « mémoire cogitative », quelque chose qu’il n’a pas encore été possible de formuler. Nous allons voir par quel moyen nous distinguerons les traces des processus cogitatifs de celles de la réalité 33 . XIX. Processus primaires. Sommeil et rêves Demandons-nous maintenant de quelle source dérivent les facteurs quantitatifs qui permettent au processus primaire ψ de se dérouler. Dans le cas d’une expérience douloureuse , cette source est évidemment la quantité (Q) qui est issue de l’extérieur ; dans le cas des affects, c’est la quantité libérée par le frayage ; s’il s’agit du processus secondaire de la pensée reproductive, une quantité plus ou moins grande peut se trouver transférée du moi au neurone c (p. 1 ) 34 , c’est ce que l’on peut appeler « intérêt cogitatif ». Il est proportionnel à « l’intérêt affectif » là où celui-ci peut se développer. Il s’agit simplement de savoir s’il existe des processus ψ de caractère primaire pour lesquels la quantité (Qή) fournie par φ soit suffisante ou si à l’investissement φ d’une perception s’ajoute automatiquement l’appoint de ψ (c’est-à-dire de l’attention). C’est cet appoint seul qui rendrait possible le processus ψ. La question n’est pas résolue, mais peut-être le sera-t-elle si nous nous référons à certains faits psychologiques particuliers. Examinons l’un de ces faits importants : parmi les processus primaires ψ ceux qui ont été progressivement éliminés par les nécessités biologiques, au cours de l’évolution de ψ se représentent quotidiennement à nous pendant nos rêves. Un second fait, d’importance égale, est que les mécanismes pathologiques révélés par une analyse très minutieuse des psychonévroses ont avec les processus oniriques la plus grande ressemblance. Nous pouvons tirer de ce parallélisme des conclusions d’une importance capitale. Nous en reparlerons (voir p. 1 ) 35 . Mais il convient d’intégrer d’abord dans notre théorie la question du sommeil. Ce qui détermine essentiellement le sommeil apparaît chez les enfants avec évidence. Les enfants continuent à dormir tant que les besoins physiques ou des stimuli externes ne les tourmentent pas (par exemple la faim, les sensations de froid quand ils ont mouillé leur couche). Une fois satisfaits (au sein), ils s’endorment. De même l’adulte s’endort facilement post coenam et coitum. Il s’ensuit que ce qui conditionne le sommeil est une diminution de la charge endogène dans le noyau ψ, diminution qui rend inutile la fonction secondaire. Pendant qu’il dort, le sujet se trouve dans un état idéal d’inertie alors que son stock de quantité (Qή) est déchargé. À l’état de veille, c’est dans le « moi » que ce stock s’accumule et nous sommes en droit d’admettre que ce qui conditionne nécessairement et ce qui caractérise le sommeil, est justement cette décharge du moi. Nous nous rendons immédiatement compte qu’il s’agit là d’une condition nécessaire à la production du processus psychique primaire. Nous n’oserions affirmer que, chez les adultes endormis, le moi se trouve totalement débarrassé de sa charge. En tout cas, il retire un grand nombre de ses investissements qui, toutefois, se rétablissent immédiatement et sans peine au réveil. Ce fait ne contredit aucune de nos hypothèses mais nous amène à supposer que certains courants, agissant sur l’ensemble du niveau [des investissements], doivent s’écouler entre les neurones étroitement liés, comme dans des canaux communicants – et pourtant la hauteur du niveau dans les divers neurones n’est pas nécessairement uniforme mais seulement proportionnelle [p. 1 ]. Les particularités du rêve révèlent certaines choses impossibles à deviner. Le sommeil se caractérise par une paralysie motrice , une paralysie de la volonté [voir plus loin, p. 1 ]. La volonté consiste en une décharge de la quantité ψ totale (Qή). Dans le sommeil, le tonus spinal est partiellement relâché (il semble probable que la décharge motrice φ se manifeste dans le tonus).