Freud — Corpus & Glossaire

Décharge de quantité ψ totale (Qή)

La volonté consiste en une décharge de la quantité ψ totale, qui est envoyée dans les neurones du pallium auxquels φ fait parvenir les perceptions.

Sources de référence

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 25 · confiance 0.95

La volonté consiste en une décharge de la quantité ψ totale, qui est envoyée dans les neurones du pallium auxquels φ fait parvenir les perceptions.

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La volonté consiste en une décharge de la quantité ψ totale (Qή). Dans le sommeil, le tonus spinal est partiellement relâché (il semble probable que la décharge motrice φ se manifeste dans le tonus). D’autres innervations persistent, ainsi que leurs sources d’excitation. Fait extrêmement intéressant, l’état de sommeil débute et se trouve provoqué par la fermeture de ceux des organes sensoriels qui peuvent être fermés. Pendant le sommeil, toute perception doit être exclue. Or, rien ne trouble autant le sommeil que les impressions sensorielles, les investissements venant de φ et pénétrant dans ψ. Voilà qui semble indiquer que, pendant la journée, une charge constante, bien que mobile (l’attention) 36 est envoyée dans les neurones du pallium auxquels φ fait parvenir les perceptions ; il est donc tout à fait possible que les processus ψ primaires s’effectuent à cause de cette contribution de ψ (p. 1 ). (Nous ignorons encore si ce sont les neurones du pallium eux-mêmes ou les neurones nucléaires contigus qui se trouvent déjà préinvestis. Si ψ vient à retirer ces investissements du pallium, les perceptions atteignent alors des neurones non investis, demeurent faibles et sont peut-être incapables de fournir un indice de qualité 37 . Comme nous venons de l’indiquer, en même temps que se produit l’évacuation des neurones de perception (ωN), une innervation de décharge qui accroît l’attention atteint son point d’arrêt. Peut-être abordons-nous ici l’énigmatique question de l’hypnose. L’apparente insensibilité, dans cet état, des organes sensoriels semble reposer sur le retrait de l’investissement en attention. Ainsi, un mécanisme automatique inverse de celui de l’attention, ψ exclut les impressions φ tant qu’il n’est pas lui-même investi. Mais le plus extraordinaire est que, durant le sommeil, des processus ψ se déroulent : les rêves, dont bien des particularités restent incompréhensibles. XX. L’analyse des rêves 38 Bien que l’on découvre dans les rêves tous les degrés de transition vers les états de veille et toutes sortes de combinaisons avec les processus ψ normaux, leurs caractères essentiels peuvent aisément être dégagés. 1) Les rêves sont dépourvus de décharge motrice et la plupart du temps d’éléments moteurs. Nous y sommes paralysés. L’explication la plus simple de ce fait s’appuie sur l’absence de préinvestissement spinal par suite d’une suppression de décharge φ. Les neurones n’étant pas investis, l’excitation motrice ne peut franchir les barrières. Dans d’autres états voisins du rêve, il peut y avoir mouvement. Ce n’est donc pas là qu’il convient de chercher un caractère fondamental du rêve. 2) Dans le rêve, les connexions sont en partie incohérentes, en partie faiblement motivées, parfois même étrangement absurdes. Cette dernière particularité est due au fait que la compulsion à associer prévaut dans les rêves, comme d’ailleurs, sans aucun doute, primairement dans toute la vie psychique. Deux investissements simultanément présents doivent, semble-t-il, entrer en connexion 39 . J’ai rassemblé plusieurs exemples amusants de prédominance, à l’état de veille, de ce besoin (par exemple en France, quelques provinciaux, ayant assisté à la séance de la Chambre où une bombe fut jetée, en avaient conclu que chaque fois qu’un député avait prononcé un éloquent discours, un coup de feu était tiré en signe d’approbation) 40 . Les deux autres particularités, d’ailleurs identiques, montrent qu’une partie des expériences psychiques du rêveur ont sombré dans l’oubli. De fait, le sujet a oublié toutes les expériences biologiques qui entravent généralement le processus primaire, ce qui est dû à un investissement insuffisant du moi. Le caractère absurde et illogique des rêves est vraisemblablement attribuable au même fait. Tout porte à croire que les investissements ψ qui n’ont pas été éliminés trouvent leur équilibre en partie dans les frayages les plus proches et, en partie, dans les investissements voisins. Si le moi se déchargeait complètement, le sommeil serait alors dépourvu de rêves. 3) Dans les rêves, les représentations ont un caractère hallucinatoire, elles éveillent l’état conscient et suscitent la créance.