Freud — Corpus & Glossaire

paralysie motrice

La paralysie motrice est une caractéristique du sommeil qui empêche les incidents ψ de laisser derrière eux aucune trace de décharge.

Sources de référence

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 26 · confiance 0.95

La paralysie motrice est une caractéristique du sommeil qui empêche les incidents ψ de laisser derrière eux aucune trace de décharge.

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Si le moi se déchargeait complètement, le sommeil serait alors dépourvu de rêves. 3) Dans les rêves, les représentations ont un caractère hallucinatoire, elles éveillent l’état conscient et suscitent la créance. Il faut y voir la particularité la plus importante du sommeil. Elle devient immédiatement évidente lorsqu’il y a alternance de sommeil et de réveils. On ferme les yeux et les hallucinations se produisent. On les rouvre et l’on traduit ses pensées en paroles 41 . On explique de diverses façons le caractère hallucinatoire des investissements oniriques. On peut d’abord supposer que le courant allant de φ à la motilité [à l’état de veille] agit à la façon d’un obstacle se dressant contre tout investissement rétrograde des neurones φ, à partir de ψ. Mais rien n’empêche de penser non plus que, lors de l’interruption du courant, φ se trouve rétrogressivement investi et qu’alors existeraient toutes les conditions requises pour une production de qualité 42 . Une seule objection pourrait être soulevée à l’encontre de cette thèse : le fait que les neurones φ devraient, par suite de leur non-investissement, être protégés (tout à fait comme dans le cas de la motilité) (p. 1 ) contre n’importe quel investissement venant de ψ. Une particularité du sommeil est son pouvoir de renverser toute la situation : il arrête la décharge motrice de ψ, et rend possible une décharge rétrograde vers φ. On serait tenté d’attribuer ici un rôle déterminant, pendant l’état de veille, au grand courant de décharge allant de φ à la motilité. En second lieu, nous pourrions examiner la nature du processus primaire en soulignant que le souvenir primaire d’une perception est toujours une hallucination et que seule l’inhibition venue du moi nous enseigne à ne jamais investir W de façon à lui permettre de transmettre rétrogressivement cet investissement à φ. Cette hypothèse nous paraîtra plus plausible si nous considérons que la conduction de φ à ψ est, en tout cas, plus facile que celle de ψ à φ. Il s’ensuit que l’investissement ψ d’un neurone, même s’il est beaucoup plus intense que son investissement perceptif, n’implique pas forcément une conduction rétrograde. Cette explication se trouve encore confirmée par le fait que, dans les rêves, la vivacité de l’hallucination est directement proportionnelle à l’importance (c’est-à-dire à l’investissement quantitatif) de la représentation en question. Nous voyons ainsi que c’est la quantité (Q) qui conditionne l’hallucination. Quand, à l’état de veille, une perception émane de φ, l’investissement ψ (son intérêt) la rend plus distincte mais non pas plus vive ; son caractère quantitatif ne s’en trouve pas modifié. 4) Le but et la signification des rêves (tout au moins de ceux qui sont normaux) peuvent être déterminés avec certitude. Les rêves sont des réalisations de désir 43 , c’est-à-dire des processus primaires succédant à certains faits vécus agréables. Si le rêveur ne les reconnaît pas pour tels, c’est surtout à cause de la faiblesse de leur production en plaisir (de la reproduction des décharges agréables). Ils sont, en effet, généralement dénués d’affect (sans réactions motrices). Mais il est facile de démontrer que telle est leur nature propre et cette même raison m’incite à croire que les investissements par désirs primaires ont, eux aussi, un caractère hallucinatoire. 5) Il faut noter également la déficience de la mémoire dans les rêves ainsi que les minimes dommages que ceux-ci causent, comparativement aux autres processus primaires. L’explication en est simple. Les rêves suivent généralement des frayages anciens et ne provoquent ainsi aucune modification. Les incidents ψ ne les affectent pas et, par suite de la paralysie motrice, ils ne laissent derrière eux aucune trace de décharge. 6) Un fait encore mérite d’être souligné : la conscience renseigne sur la qualité aussi facilement dans le rêve qu’à l’état de veille, ce qui montre que l’état conscient n’est pas limité au moi mais peut s’attacher à n’importe quel processus ψ. Nous sommes ainsi mis en garde contre le risque d’identifier les processus primaires aux processus inconscients.