Freud — Corpus & Glossaire

Quantité extérieure (Q)

La quantité extérieure (Q) est une quantité générale qui peut inclure des quantités se trouvant dans le monde extérieur. Elle diffère de la quantité psychique (Qή).

Sources de référence

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Première partie · bloc 28 · confiance 0.90

La quantité extérieure (Q) est une quantité générale qui peut inclure des quantités se trouvant dans le monde extérieur. Elle diffère de la quantité psychique (Qή).

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C’est pourquoi, dans les rêves, le cours psychique de l’excitation se produit suivant la quantité Q, mais ce n’est pas de celle-ci que dépend la prise de conscience. Le processus onirique nous permet de penser que l’état conscient se réalise durant le passage d’une quantité (Qή), donc qu’il n’est pas dû à un investissement constant. Nous sommes ensuite amenés à soupçonner qu’un courant intense de quantité (Qή) ne favorise pas la prise de conscience, puisque cette dernière se trouve liée à l’aboutissement de ce courant, c’est-à-dire, dans une certaine mesure, à la relativement tranquille persistance de l’investissement. Il est difficile de s’orienter à travers ces conditions contradictoires pour arriver jusqu’aux déterminantes réelles de l’état conscient et nous sommes obligés de tenir compte des circonstances au milieu desquelles se réalise, au cours du processus secondaire, la prise de conscience. Cette dernière particularité de la conscience dans le rêve peut peut-être s’expliquer en supposant que le courant rétrograde de quantité (Qή) allant vers φ est incompatible avec le courant relativement énergétique qui se dirige vers les voies ψ d’association. D’autres conditions semblent s’appliquer aux processus conscients φ. 3 Dans son manuscrit, Freud a utilisé de nombreuses abréviations dont la plupart ont été expliquées dans la version imprimée. À côté d’abréviations courantes ou faciles à deviner, Freud s’est servi d’un grand nombre de signes fixes. Ainsi N désigne les « neurones » et φ, ψ et ω indiquent les trois systèmes de neurones (φ étant souvent employé adjectivement). Freud parle aussi souvent du système des neurones ω comme étant celui des « neurones perceptifs » [ou « neurones W », voir note p. 1 ]. En pareils cas, nous avons mis les abréviations entre parenthèses arrondies. Pour désigner la quantité, Freud emploie Q et Qή. Vers la fin de l’Esquisse (p. 1 ), il explique la distinction : Q représente la quantité « extérieure » et Qή la quantité « psychique ». Cette différenciation n’a pas toujours été rigoureusement respectée dans le manuscrit et, dans la lettre du 1-1-1896, on n’en trouve nulle trace. Dans le présent texte, Q et Qή ont été remplacés par le mot « quantité » et les abréviations ont été mises entre guillemets. Quand il n’y a aucun signe abréviatif après le mot « quantité », c’est que Freud a écrit le mot en entier. [MM. Mosbacher et James Strachey, les traducteurs anglais de ce volume, inclinent à croire, toutefois, que l’emploi par Freud des abréviations Q et Qή) devrait être plus exactement précisé. Q paraît signifier la quantité d’une façon très générale – y compris les quantités se trouvant dans le monde extérieur, sans indication plus précise. Qή semble indiquer les quantités se trouvant dans les neurones ; ainsi Qή appartient au système φ de neurones et au système ω aussi bien qu’au système ψ. Le traducteur tente également d’expliquer le mystérieux signe Qή. Comme on le verra plus loin (note p. 1 ), Freud a utilisé par plaisanterie, la lettre ω pour W ou Wahrnehmung (perception). Peut-être a-t-il de la même façon employé le ή grec qui n’est qu’un n à long appendice. Si tel est bien le cas, Qή serait le symbole convenant à la « quantité neuronique ».] 4 Nous ne pouvons préciser de manière certaine à quels essais Freud fait allusion ici. En ce qui concerne les conceptions de la physiologie du cerveau, voir les œuvres de E. Fleischl von Marxow (1893), accompagnées d’une esquisse biographique due au Pr Sigmund Exner (1893) ; pour les rapports entre la physiologie et la psychologie, consulter les travaux d’Exner lui-même et en particulier son Esquisse d’une explication physiologique des phénomènes psychiques, 1894, où il écrit (p. 225) : « Tous les phénomènes de quantité et de qualité des sensations, perceptions et représentations conscientes peuvent se ramener à des stimuli quantitativement variables des diverses parties de cet ensemble de voies. » Pour la question de la mémoire, voir les auteurs français et aussi la conférence de A. Forel sur La mémoire et ses anomalies , Zurich, 1885, travaux que Freud lut attentivement et dont il put tirer des suggestions.