Freud — Corpus & Glossaire

Loi biologique de l'attention

Règle le déplacement des investissements du moi vers les indices de qualité, qui sont des indices de réalité permettant une différenciation entre les investissements de perceptions réelles et celles des désirs. L'investissement perceptif alors présent doit être surinvesti.

Sources de référence

Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)

Troisième partie. E ssai d’exposé de processus ψ normaux · bloc 8 · confiance 0.95

Règle le déplacement des investissements du moi vers les indices de qualité, qui sont des indices de réalité permettant une différenciation entre les investissements de perceptions réelles et celles des désirs. L'investissement perceptif alors présent doit être surinvesti.

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C’est là, je le confesse, une question à laquelle je ne saurais répondre. Désormais je ne chercherai plus à trouver une explication mécanique de ces lois biologiques et me déclarerai satisfait si j’arrive à donner de ce développement une description claire et fidèle. Il existe, sans aucun doute, une seconde loi biologique, dérivée du processus d’expectation, et suivant laquelle l’attention se porte sur les indices de qualité (parce qu’ils appartiennent à des perceptions capables de susciter quelque satisfaction) et l’individu passe de ces indices de qualité à la perception surgie. En bref, le mécanisme de l’attention doit son origine à une loi biologique de ce genre qui règle le déplacement des investissements du moi 63 . Peut-être nous objectera-t-on qu’un mécanisme comme celui-là, opérant grâce aux indices de qualité, est bien inutile. Le moi, dira-t-on, peut bien avoir biologiquement appris de lui-même, pendant ses états d’expectation, à investir le domaine perceptif au lieu de n’y être amené que par l’intermédiaire des indices de qualité. Mais deux raisons peuvent justifier le mécanisme de l’attention : 1° La sphère des indices de décharge venant du système W (ω) est, de toute évidence, plus petite et comprend moins de neurones que la sphère des perceptions, c’est-à-dire de l’ensemble du pallium de ψ lié aux organes sensoriels. En conséquence, le moi fait une énorme économie en investissant non la perception mais bien la décharge ; 2° Les indices de décharge ou de qualité constituent avant tout des indices de réalité, permettant une différenciation entre les investissements de perceptions réelles et celles des désirs. Nous voyons ainsi l’impossibilité de se passer du mécanisme de l’attention, grâce auquel, dans chaque cas, le moi investit les neurones dans lesquels un investissement est déjà apparu. Nous pouvons ainsi énoncer, de la façon suivante, par rapport au moi, la loi biologique de l’attention : Quand surgit un indice de réalité, l’investissement perceptif alors présent doit être surinvesti. Telle est la seconde loi biologique, la première étant celle de la défense primaire. II. Ce que nous venons de dire nous fournit quelques indications générales pour une présentation mécanique, du genre de cette première indication selon laquelle les quantités extérieures ne peuvent être figurées par Qή (quantités psychiques). La description du moi et de ses variations, telle que nous l’avons donnée, nous montre que le niveau [de l’investissement] n’a, lui non plus, aucun rapport avec le monde extérieur et que s’il venait à être relevé ou abaissé, ce fait ne saurait normalement rien changer à l’image du monde extérieur. Étant donné que cette représentation s’est établie d’après les frayages, il faut en conclure que les variations générales du niveau n’ont aucune action sur ces derniers. Nous avons déjà fait mention d’un second principe [p. 1 ], à savoir que les petites quantités sont plus aisément déplaçables quand le niveau est élevé que lorsqu’il est bas. Ce sont là quelques points à retenir si nous voulons tenter de décrire les mouvements neuroniques caractéristiques dont nous n’avons encore qu’une faible idée. Revenons à la description des processus mentaux d’observation ou de cognition. Ils diffèrent des processus d’expectation en ce qu’ici les perceptions n’intéressent pas les investissements de désir. Ici l’attention du moi se trouve attirée par les premiers indices de réalité vers la sphère de perception à investir. Le courant d’associations de la quantité (Q) apportée [par les perceptions] passe à travers des neurones préinvestis et Qφ (c’est-à-dire la quantité appartenant aux neurones φ et qui se déplace [le long de ces neurones] est chaque fois remise en liberté. C’est pendant ce trajet des associations que les indices de qualité (du langage) sont créés. Le courant d’associations devient ainsi conscient et capable de se reproduire. Une fois de plus nous pourrons nous interroger sur le profit à tirer des indices de qualité. Leur seul effet, dira-t-on, est d’inciter le moi à envoyer un investissement à l’endroit où surgit un autre investissement au cours des associations.