Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)
Processus mental automatique par lequel le moi suit les investissements en suivant le courant de quantité (Q) des associations.
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Une fois de plus nous pourrons nous interroger sur le profit à tirer des indices de qualité. Leur seul effet, dira-t-on, est d’inciter le moi à envoyer un investissement à l’endroit où surgit un autre investissement au cours des associations. Mais ce n’est pas eux qui fournissent ces quantités investissantes (Qή), tout au plus y apportent-ils leur contribution. Et s’il en est bien ainsi, le moi est en mesure de faire voyager, sans leur concours, son investissement le long du courant de quantité (Q). C’est là, sans aucun doute, ce qui se produit, seulement il n’en reste pas moins utile de tenir compte des indices de qualité. Il convient de souligner que la loi biologique de l’attention (citée p. 1 ) découle de la perception et ne s’applique d’abord qu’aux indices de réalité. Les indices de décharge par la voie verbale sont, eux aussi, dans un certain sens, des indices de réalité , de réalité de pensée et non de réalité extérieure 64 , mais aucune loi biologique de cette espèce n’a été établie dans le cas de ces indices de réalité cogitative, étant donné que nul déplaisir ne menace, de façon certaine, les infractions éventuelles. Le déplaisir que peut provoquer un défaut de cognition n’est pas aussi intense que celui qui découle d’une ignorance du monde extérieur, bien que les deux cas soient au fond semblables. Il existe réellement une sorte de processus mental d’observation au cours duquel les indices de qualité font défaut ou ne surgissent que d’une façon sporadique. Le processus de la pensée devient possible du fait que le moi suit automatiquement, avec ses investissements, le courant des associations. Ce genre de processus, nullement anormal, est de loin le plus fréquent et constitue notre mode de penser habituel, inconscient mais avec, parfois, une irruption d’idées dans le conscient, c’est ce qu’on peut qualifier de pensée consciente nantie de chaînons intermédiaires inconscients mais capables de devenir conscients 65 . Quoi qu’il en soit les indices de qualité ont pour la pensée une indiscutable valeur. En premier lieu, ils renforcent les indices de qualité perçus, les investissements dans la chaîne des associations et assurent le fonctionnement de l’attention automatique qui – nous ne savons comment – se trouve évidemment lié à l’apparition de ces investissements. En outre – et ce point semble plus important encore – l’attention qui se porte sur les indices de qualité garantit l’impartialité au cours des associations. C’est pour le moi une tâche ardue, en effet, que de se maintenir entièrement dans la « recherche pure ». Le moi reste presque toujours pourvu d’investissements en désirs et en buts, dont la présence durant les « recherches » ne laisse pas que d’influer, comme nous le verrons plus loin (pp. 1 et suiv.), sur le cours des associations et fausse la connaissance des perceptions. Or, la protection la plus efficace contre ces erreurs de pensée se trouve mise en œuvre quand le moi dirige une quantité (Qή), normalement mobile, vers une région incapable de produire (c’est-à-dire de provoquer) pareille déviation du cours des associations. Un seul moyen efficace existe : l’attention doit se diriger vers les indications de qualité, celles-ci ne constituant pas des représentations de but. Bien au contraire, leur investissement confère une grande importance au cours des associations en s’ajoutant à la quantité investissante. Donc la pensée comportant un investissement d’indications de la réalité cogitative ou d’indications verbales est la forme la plus haute et la plus sûre du processus mental de cognition. Nous savons que la production d’indications de la pensée a une incontestable valeur. Il nous est donc permis d’espérer découvrir quelque moyen de l’assurer. Les indications de la pensée, en effet, contrairement à celles de la réalité, n’apparaissent pas spontanément, sans la participation de ψ. L’observation montre que ces moyens n’ont pas dans tous les processus cogitatifs, une efficacité égale à celle dont ils témoignent dans les processus de recherches.