Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)
Une charge accentuée qui s’élève au-dessus du niveau du moi, liée à un investissement de but.
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De plus, rien ne nous permet de démontrer, en nous fondant sur la biologie, que ces indications soient indispensables dans le processus en question. Et pourtant, elles apparaissent : 1° Quand l’écoulement réalisé sans heurts se termine ou se heurte à quelque obstacle ; et 2° Quand il éveille une représentation qui, pour d’autres raisons, suscite des indications de qualité, c’est-à-dire un état conscient. Mais j’interromps ici cet exposé. III. Évidemment d’autres sortes de processus cogitatifs tendent non pas vers un but désintéressé de cognition, mais vers un but pratique. L’état d’expectation, d’où naît généralement la pensée, nous fournit un exemple de ce deuxième mode de penser. C’est ici sur un désir que se fixe fermement l’intérêt, tandis qu’un second investissement, d’ordre perceptif, surgit et attire l’attention. Mais le but n’est pas de découvrir où il aboutit d’une manière générale, mais bien d’arriver à savoir par quelles voies il conduit à l’activation de l’investissement de désir lequel est, entre-temps, resté lié. Ce genre de processus cogitatif qui est, au point de vue biologique, le plus précoce, peut aisément être représenté suivant nos hypothèses. Supposons que + V figure le désir tout spécialement investi, W la perception à poursuivre, l’effet de la fixation d’attention sera d’abord de faire passer la quantité Qφ (v. p. 1 ) dans le neurone le mieux frayé a ; de là, elle passerait une fois de plus par la meilleure voie, n’était la présence d’investissements latéraux perturbants (p. 1 ). Imaginons trois voies partant de a…, rangées d’après leur degré de frayage, suivant b, c, d. Si d se trouve dans le voisinage de l’investissement de désir + V, il peut en résulter que, malgré les frayages, Qφ ne s’écoulera pas vers c et b, mais vers d et de là vers + V. Ce sera donc la voie W…a…d… + V qui s’avérera celle qu’on recherche. Un principe qui nous est connu de longue date règle ici le jeu [pp. 1 Et suiv.] : l’investissement détourne le frayage, contrariant par là ce dernier. En conséquence, l’investissement latéral peut modifier le courant de la quantité (Qή). Étant donné que les investissements sont modifiables, le moi reste libre de modifier le trajet partant de W pour le diriger vers n’importe quel but investi. En parlant de fixation de but, nous ne pensons pas à quelque fixation uniforme, comme celle qui affecte tout un domaine dans le cas de l’attention. Nous pensons à une charge accentuée s’élevant au-dessus du niveau du moi. Probablement devons-nous aussi admettre que, dans ce mode de pensée avec investissement de but, une quantité (Qή) part aussi en même temps de + V, de telle sorte que tout le cours des associations de W peut être influencé non seulement par + V lui-même, mais encore par les autres points atteints. En pareil cas, cependant, la voie partant de + V est connue et fixée, tandis que celle venant de W… a… reste encore à découvrir. Or comme en réalité, notre moi maintient des investissements de but – et souvent plusieurs à la fois – nous comprenons combien difficiles s’avèrent la poursuite d’une pensée, d’une idée purement cognitive et aussi la possibilité, dans les cas de pensée pratique, de voir celle-ci s’engager dans des voies diverses, à divers moments, en diverses circonstances et chez divers individus. Nous pouvons aussi concevoir les difficultés qui s’opposent à la pensée quand il s’agit de la réflexion pratique ; notre expérience journalière nous les fait connaître. Reprenons notre premier exemple, celui dans lequel le courant Qφ s’écoule naturellement vers b et c, tandis que d se distingue par son lien étroit avec un investissement de but ou les idées qui en découlent. Il peut alors arriver que l’action du frayage en faveur de b … c soit si poussée qu’elle l’emporte de beaucoup sur l’attraction exercée par d… + V.