Sources de référence
L’interprétation des rêves (1899)
Préface · bloc 2 · confiance 1.00
Titre provocateur choisi par Freud pour son livre sur l'interprétation des rêves, évoquant l'interprétation populaire des rêves par les diseuses de bonne aventure.
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Son amitié, vieille de dix ans, avec un oto-rhino-laryngologue berlinois, Wilhelm Fliess, se détériorait ; il souffrait toujours d’un grand isolement professionnel et scientifique. Au début de l’année suivante, il annonça à Fliess son intention d’écrire un livre sur les rêves. Il en nourrissait le désir depuis prés de quatre ans, quand il avait appris à interpréter les rêves des malades, et une fois achevée la lecture de l’ouvrage de Griesinger, paru en 1871, sur la pathologie et la thérapie, qui décrivait les rêves et les psychoses comme des réalisations d’un désir. « Je suis destiné, confia-t-il à son futur biographe, Ernest Jones, à ne découvrir que ce qui est évident : que les enfants ont une sexualité – ce que toute nurse sait ; que nos rêves nocturnes sont, de la même façon que nos rêves diurnes, des réalisations de désir. ». En cette fin de siècle, la littérature sur le rêve était abondante, Freud ne manqua pas de rendre hommage, dans le premier chapitre de son livre, à ses prédécesseurs, dont deux Français, Alfred Maury (le Sommeil et les rêves, 1861) et le marquis Hervey de Saint-Denys (les Rêves et les moyens de les diriger, 1867). Il se référait aussi à Édouard von Hartmann qui, dans la Philosophie de l’inconscient (1869), se présentait comme le fils spirituel de Schopenhauer. Son chemin croisait ainsi une nouvelle fois celui de Nietzsche, qui aimait à entendre Hartmann fustiger cette « folie du vouloir » qui nous anime. Homme de science, Freud éprouvait cependant un grand attachement pour les récits de la Bible, les interprétations symboliques et les ouvrages de croyance populaire, ces Clefs des songes, où rêver d’une bassinoire signifiait « amour partagé ». Les théories scientifiques, Freud le regrettait, ne laissaient nulle place au problème de l’interprétation. Il choisit pour son livre ce titre provocateur : la Traumdeutung qui, en allemand, évoquait l’interprétation populaire des rêves par les diseuses de bonne aventure. Voulait-il, de cette manière, payer sa dette envers la vieille paysanne qui, à sa naissance, avait prédit à sa mère qu’il serait un grand homme ? « Une découverte comme celle-ci, il ne vous est donné de la faire qu’une fois dans toute une vie », écrivait Freud en 1932, sept ans avant sa mort, dans la préface à la troisième édition anglaise de l’Interprétation. Cette découverte se présente comme une mythologie dont les acteurs sont le moi, l’enfant et les désirs refoulés. On rêve toujours de soi, dit Freud qui se souvient du mot d’Héraclite : « Chaque homme possède en rêve son monde à soi, mais à l’état de veille, tous ont un monde commun. » On rêve de soi, mais aussi de l’accomplissement d’un désir : « Bien des gens dans leurs rêves ont partagé la couche maternelle », dit Jocaste dans la tragédie de Sophocle pour apaiser son fils devenu son époux, mais en vain : « Où découvrirons-nous cette piste difficile d’un crime ancien ? » s’écrie Œdipe. C’est ainsi que fait irruption sur la scène du rêve le second acteur : l’enfant. Car, dans la vie onirique, l’enfant que chacun porte en soi poursuit son existence. Les désirs refoulés tirent leur origine de la vie infantile. Ils sont, « comme les Titans de la légende, écrasés depuis l’aube des temps sous les lourdes masses de montagnes que les dieux vainqueurs roulèrent sur eux : les tressaillements de leurs membres ébranlent encore aujourd’hui parfois ces montagnes ». Le rêve se révèle donc comme l’accomplissement (déguisé) d’un désir (réprimé, refoulé). La censure veille aux portes de la conscience et exige que les désirs se travestissent avant de leur accorder un laissez-passer. Le déguisement est souvent si parfait que le rêveur ne comprend pas le sens de son rêve, il n’y voit qu’absurdités et bagatelles.
L’interprétation des rêves (1899)
Préface de la cinquième édition · bloc 1 · confiance 1.00
Livre de Freud publié en 1900, consacré à l'analyse des rêves et considéré comme le fondement de la psychanalyse.
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Préface de la cinquième édition L ’ intérêt pour Die Traumdeutung n’a pas faibli, même au cours de la guerre mondiale, et, lors que la guerre n’est même pas terminée, il faut une nouvelle édition. Nous n’avons cependant pas pu examiner toute la littérature depuis 1914 ; ni le Dr Rank ni moi n ’avons eu connaissance depuis cette date des publications en langue étrangère. Une traduction hongroise, due aux soins des Dr Hollós et Ferenczi, va sortir sous peu. En 1916-1917, Hugo Heller a publié à Vienne mes Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse . Les onze leçons consacrées au rêve qui sont la partie centrale de ces Vorlesungen s’efforcent de présenter les choses d’une façon plus élémentaire et plus étroitement liée à la théorie des névroses. C’est une sorte d’abrégé de la Traumdeutung, bien qu’il soit, en certains points, plus détaillé. Je n’ai pu me résoudre à réviser radicalement cet ouvrage, car l’élever au niveau de nos conceptions psychanalytiques actuelles c’est renoncer à son caractère de document historique. Je pense, pourtant, qu’après près de vingt années d’existence il a rempli sa tâche. Budapest-Steinbruch, juillet 1918.
L’interprétation des rêves (1899)
Préface de la huitième édition · bloc 1 · confiance 0.95
Livre de Freud publié pour la première fois en 1899, dans lequel il présente sa théorie sur l'interprétation des rêves.
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Préface de la huitième édition Dans l’intervalle qui a séparé la publication de la dernière (la septième) édition de cet ouvrage, en 1922, de l’édition présente, l’Internationaler psychoanalytischer Verlag , à Vienne, a publié mes Gesammelte Schriften . Le second volume de cette collection reprend exactement la première édition de la Traumdeutung ; tous les additifs ultérieurs sont publiés dans le troisième volume de la collection. Toutes les traductions de mon livre parues dans ce même laps de temps correspondent à l’édition en un seul volume de l’ouvrage ; I. Meyerson a publié sous le titre de La Science des Rêves , dans la « Bibliothèque de Philosophie contemporaine », une traduction en français, en 1926. John Landquist en a publié une en suédois, Drômtydning, en 1927. Luis Lopez Ballesteras y de Torres publie une traduction en espagnol qui forme les volumes VI et VII des Obras complétas. La traduction en langue hongroise que, dès 1918, je croyais sur le point d’être publiée n’a pas encore paru jusqu’à ce jour. J’ai continué, même dans l’édition que je présente aujourd’hui, à traiter cet ouvrage comme un document historique ; je n’y ai apporté que les modifications auxquelles j’ai été conduit par la volonté de clarifier et d’approfondir mes opinions. Ainsi, finalement, j’ai été amené à y inclure une liste d’ouvrages sur les problèmes du rêve publiés depuis la première édition de mon livre et à ne plus tenir compte des chapitres correspondants des éditions précédentes. Les deux contributions d’Otto Rank aux éditions précédentes : « Rêve et poésie », « Rêve et pensée créatrice », ont été également omises. Vienne, décembre 1929.
L’interprétation des rêves (1899)
Chapitre I. La littérature scientifique concernant les problèmes du rêve · bloc 47 · confiance 0.95
Le livre de Freud sur l'interprétation des rêves, publié en 1900. Le passage indique que ce livre a apporté une série de problèmes nouveaux et d'affirmations nouvelles dans le domaine.
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Ces neuf ans en effet n’ont apporté ni éléments d’information, ni points de vue qui fussent neufs ou importants en la matière. Mon travail n’a été ni évoqué, ni pris en considération dans les ouvrages parus depuis ; naturellement les spécialistes surtout l’ont ignoré ; ils ont ainsi donné un exemple éclatant de l’aversion des hommes de science pour les connaissances nouvelles. « Les savants ne sont pas curieux », dit Anatole France. Si on a droit à la revanche en matière scientifique, je crois être fondé à négliger à mon tour tout ce qui a paru depuis mon livre. Les quelques comptes rendus qui ont paru dans les journaux scientifiques sont si pleins d’incompréhension et de malentendus que je ne saurais répondre aux critiques autrement qu’en les priant de relire ce livre. Peut-être devrais-je simplement dire : de le lire. Les travaux des médecins qui ont adopté le traitement psychanalytique contiennent un grand nombre de rêves qui ont été interprétés d’après mes directions. Les conclusions de ces travaux, dans la mesure où elles ne sont pas pure confirmation des miens, figurent dans l’exposé général de ma conception. J’ai ajouté à la fin du livre une seconde liste bibliographique qui contient les publications les plus importantes parues depuis la première édition. L’ouvrage très riche de Santé de Sanctis sur les rêves, qui, peu après son apparition, a été traduit en allemand, a été publié presque en même temps que ma Traumdeutung , de telle sorte que je n’ai pu en prendre connaissance, non plus que son auteur du mien. Depuis, j’ai pu constater que ce patient travail est tellement dépourvu d’idées qu’il ne suggère même pas au lecteur l’existence des problèmes que je traite. Je ne mentionnerai que deux publications proches de mes recherches. Un jeune philosophe, H. Swoboda, a entrepris d’étendre aux phénomènes psychiques la découverte de la périodicité biologique (séries de 23 et 28 jours) due à Wilhelm Fliess. Il a essayé, dans un travail plein d’imagination, d’appliquer cette théorie au rêve 25 . Disons tout de suite que la signification des rêves n’y trouvera pas son compte. Le contenu des rêves serait dû au retour des souvenirs qui pour la première ou la n ième fois ont terminé dans la nuit correspondante une période biologique. J’ai cru comprendre après une communication personnelle de l’auteur qu’il ne prenait plus sa théorie au sérieux. Il semble que je me sois trompé. J’indiquerai plus loin quelques observations en rapport avec la construction de Swoboda ; elles ne m’ont pas apporté de résultat décisif. J’ai été beaucoup plus heureux de rencontrer par hasard, dans un domaine où je ne la cherchais certes pas, une conception du rêve qui concorde entièrement avec la mienne. Les conditions de date excluent l’hypothèse d’une influence venue de mon livre. Je suis d’autant plus heureux de pouvoir saluer le penseur qui, indépendamment de moi, est arrivé à des conclusions voisines. Il s’agit d’un livre de Lynkeus : Phantasien eines Realisten, dont la 2e édition a paru en 1900 26 . Post-scriptum (1914) Les pages précédentes ont été écrites en 1909. Depuis, la situation s’est modifiée. Ma contribution à l’interprétation des rêves n’est plus négligée. Mais cette situation nouvelle rend la continuation de l’exposé bibliographique encore plus difficile. La Traumdeutung a apporté une série de problèmes nouveaux et d’affirmations nouvelles que différents auteurs ont envisagés de diverses manières. Je ne puis indiquer ces travaux sans dire en même temps mes propres vues auxquelles ils se rapportent. J’ai introduit les plus importantes de ces recherches dans l’exposé qui suit. 2 Nous suivrons, dans cet exposé historique, l’excellent travail de BUCHSENSCHÛTZ (Traum und Traumdeutung im Altertum, Belin, 1861). 3 Un chapitre du célèbre ouvrage d’HIPPOCRATE traite aussi du rapport du rêve et de la maladie. 4 Voir, pour l’histoire de l’interprétation des rêves au Moyen Age, entre autres, l’ouvrage de DIEPGEN et les recherches spéciales de M. FÖRSTER, GOTTHARD, etc. ; pour les Juifs, ALMOLI, LÖWINGER, et le travail récent de LAUER qui tient compte du point de vue psychanalytique ; pour les Arabes, DREXL, F.