Freud — Corpus & Glossaire

Illusion des rêves

Les impressions sensorielle reçues pendant le sommeil peuvent provoquer des illusions dans les rêves, car elles réveillent un plus ou moins grand nombre d'images mnésiques dont elles ont reçu leur valeur psychique. La sphère de souvenirs émanant des images réveillées et la relation d'association utilisée dépendent de l'arbitraire de la vie de l'esprit.

Sources de référence

L’interprétation des rêves (1899)

Chapitre I. La littérature scientifique concernant les problèmes du rêve · bloc 15 · confiance 0.95

Les impressions sensorielle reçues pendant le sommeil peuvent provoquer des illusions dans les rêves, car elles réveillent un plus ou moins grand nombre d'images mnésiques dont elles ont reçu leur valeur psychique. La sphère de souvenirs émanant des images réveillées et la relation d'association utilisée dépendent de l'arbitraire de la vie de l'esprit.

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Strümpell et aussi Wundt l’expliquent en disant que les stimuli qui nous arrivent pendant le sommeil présentent des caractères analogues à ceux qui, durant la veille même, aboutissent à l’illusion. Nous ne reconnaissons et n’interprétons correctement une impression sensorielle, nous ne la plaçons dans le groupe de souvenirs auquel elle appartient d’après nos précédentes expériences, que lorsque l’impression est claire, forte, assez durable, et que nous disposons d’un temps suffisant pour tout cela. Si ces conditions ne sont pas remplies, nous méconnaissons l’objet d’où l’impression vient et nous formons, sur sa nature, une illusion. « Quand quelqu’un va se promener à travers champs et perçoit indistinctement un objet éloigné, il peut le prendre pour un cheval. » À y regarder de plus près, il croira voir une vache qui se repose, et enfin cette représentation peut se préciser en celle d’un groupe d’hommes assis. Les impressions que notre esprit reçoit pendant le sommeil des stimuli externes sont de même sorte. Nous forgeons sur leur point de départ objectif des illusions, parce que l’impression a réveillé un plus ou moins grand nombre d’images mnésiques dont elle a reçu sa valeur psychique. Il est, d’après Strümpell, impossible de préciser de quelle sphère de souvenirs émanent les images réveillées et laquelle des nombreuses relations d’association possibles a été mise en œuvre. Tout cela dépend de l’arbitraire de la vie de l’esprit. Il faut ici, que nous choisissions. Nous pouvons convenir qu’il n’y a pas de régularité dans la formation des rêves, et renoncer dès lors à nous demander si la signification des illusions provoquées par les impressions sensorielles n’est pas liée encore à d’autres conditions. Nous pouvons aussi supposer que la stimulation sensorielle objective ne joue dans la genèse des rêves qu’un rôle accessoire ; d’autres facteurs détermineraient le choix des images rappelées à la mémoire. En réalité, si l’on examine les rêves provoqués expérimentalement par Maury, on est tenté de dire que l’expérience n’explique qu’un des éléments du rêve ; le reste paraît trop indépendant, trop bien organisé dans ses détails, pour qu’on puisse l’expliquer en supposant simplement que tout cela devrait s’accorder avec le facteur expérimental. On est même tenté de douter de la théorie de l’illusion et du pouvoir de provoquer les rêves qu’auraient les impressions objectives, quand on s’aperçoit que ces impressions peuvent prendre à l’occasion les significations les plus bizarres et les plus différentes. Max Simon, par exemple, raconte un rêve dans lequel il voyait des individus géants assis autour d’une table et entendait le claquement formidable de leurs mâchoires. En se réveillant, il entendit le bruit des sabots d’un cheval qui galopait devant sa fenêtre. Pour que ce bruit ait réveillé précisément des représentations provenant des voyages de Gulliver et de son séjour chez les géants de Brodbingnag – si je peux hasarder une interprétation sans l’aide du rêveur –, ne faut-il pas que d’autres motifs aient facilité l’évocation d’un cercle de représentations si peu habituel 8 ? 2. Les excitations sensorielles internes (subjectives) En dépit de toutes les objections, on devra convenir que les excitations sensorielles objectives jouent un rôle durant le sommeil et provoquent des rêves. Mais il semble, si on songe à la nature et à la quantité de ces stimuli, qu’ils ne puissent suffire à expliquer toutes les images de rêve. On est ainsi amené à chercher d’autres sources, mais qui agissent d’une manière analogue. Je ne sais où est d’abord apparue l’idée de considérer, outre les stimulations extérieures, l’excitation interne (subjective) des appareils sensoriels ; il est de fait que tous les travaux modernes sur l’étiologie du rêve le font plus ou moins expressément. Wundt (p. 363) déclare : « Les impressions subjectives visuelles ou auditives, qui, pendant la veille, apparaissent comme un chaos lumineux dans notre champ visuel obscur ou comme des tintements ou des sifflements dans les oreilles, les excitations subjectives de la rétine surtout, me paraissent encore jouer un rôle essentiel dans les illusions du rêve.