Sources de référence
Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)
Première partie · bloc 16 · confiance 0.95
Processus de défense primaire par lequel une image mnémonique hostile perd son investissement rapidement.
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Grâce à ce frayage, l’affect désagréable se trouve libéré. Cette surprenante mais indispensable hypothèse se trouve étayée par la façon dont se réalise la production de sensation sexuelle. Nous sommes, en même temps, obligés de soupçonner que, dans ces deux exemples, les stimuli endogènes consistent en produits chimiques dont le nombre peut être fort élevé. Étant donné que la production de déplaisir est parfois extrêmement considérable alors que le souvenir pénible est fort peu investi, nous en concluons que la souffrance laisse derrière elle des frayages particulièrement abondants. Nous pouvons alors soupçonner que le frayage dépend entièrement de la quantité (Qή) atteinte, de telle manière que l’effet de facilitation de 3 Qή est quelquefois plus considérable que celui de Qή 3 fois répété (voir p. 1 ). XIII. Affects et états de désir Les traces laissées par les deux sortes d’expériences vécues dont nous avons parlé [celles engendrant une satisfaction et celles provoquant du déplaisir] sont les affects et les états de désir. Ils ont en commun le fait que tous deux impliquent une augmentation de tension quantitative en ψ. Dans le cas des affects, il y a libération soudaine ; dans le cas des désirs, accumulation. Par rapport au passage de la quantité en ψ, ces deux états ont la plus grande importance, puisqu’ils laissent derrière eux des forces motivantes qui affectent compulsionnellement ce passage. Tout état de désir crée une attraction vers l’objet désiré et aussi vers l’image mnémonique de ce dernier ; tout événement pénible engendre une répulsion, une tendance qui s’oppose à l’investissement de l’image mnémonique hostile. Nous avons ici une attraction et une défense primaires 23 . Il est facile d’expliquer l’attirance due au désir en supposant que l’investissement, dans l’état de désir, d’un souvenir agréable est bien plus considérable en quantité (Qή) que ne l’est une simple perception ; dans le premier cas, le frayage entre le noyau ψ et les neurones correspondantes du pallium, est particulièrement bien réussi. La défense primaire ou « refoulement » est bien plus difficilement explicable, je veux dire le fait qu’une image mnémonique hostile perde aussi vite que possible son investissement 24 . Peut-être cependant faut-il se dire qu’un réflexe de défense a mis fin à l’expérience primaire douloureuse. L’apparition d’un objet, venu remplacer l’objet ennemi, a pu servir à signaler que l’expérience pénible était terminée, et le système ψ instruit par l’expérience biologique cherche à reproduire en ψ l’état qui a marqué la fin de la situation pénible. L’expression « instruit par l’expérience biologique » nous permet de jeter de nouveaux fondements d’une explication ayant sa valeur propre, tout en n’excluant nullement (au contraire) un recours aux principes mécaniques, c’est-à-dire aux facteurs quantitatifs 25 . Dans le cas présent, il se peut que l’augmentation de la quantité (Qή), inévitable quand des souvenirs pénibles se trouvent investis, intensifie l’activité de décharge et provoque par là, en même temps, un écoulement de quantité hors des souvenirs. XIV. Premières notions du « moi » En admettant l’idée d’une « attirance provoquée par le désir » et d’une tendance au refoulement, nous avons abordé une question nouvelle, celle d’un certain état de ψ. Les deux processus nous montrent, en effet, que s’est formée en ψ une instance dont la présence entrave le passage [de quantités] lorsque ledit passage s’est effectué pour la première fois d’une manière particulière [c’est-à-dire lorsqu’il s’accompagnait de satisfaction ou de souffrance]. Cette instance s’appelle le « Moi ». On le décrit facilement en faisant ressortir que la réception, constamment répétée, de quantités endogènes (Qή) dans certains neurones (du noyau) et le frayage que cette répétition provoque, ne manquent pas de produire un groupe de neurones chargés de façon permanente (p. 1 ) et devenant ainsi le véhicule des réserves de quantités qu’exige la fonction secondaire 26 . Nous décrirons donc le moi en disant qu’il constitue à tout moment la totalité des investissements Dans ceux-ci nous distinguons une fraction permanente et une fraction variable (p. 1 ).
Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)
Première partie · bloc 30 · confiance 0.90
Séparation de la réaction à la douleur du refoulement par Freud, selon le texte.
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11 Voir p. 1 12 Voir p. 1 et note 8. 13 Pour plus de détails, voir chapitre XII : L’expérience de la douleur. 14 Le rôle des neurones perceptifs et de leurs relations avec les neurones φ et φ est formulé d’une nouvelle façon dans la lettre 39 du 1-1-1896. Freud s’y exprime ainsi : « J’intercale maintenant entre les neurones φ et ψ les neurones de perception, de telle sorte que φ transmet sa qualité à ω et que ω ne transmet ni qualité, ni quantité à ψ et ne fait que l’exciter, c’est-à-dire qu’il indique la voie que l’énergie psychique libre doit suivre. 15 W signifie Wahrnehmung , « perception ». 16 Voir plus loin p. 1 et suivante. 17 [Cette idée a été reprise dans le Premier Chapitre de Au-delà du principe de plaisir (1920 g) où Freud l’attribue à Fechner.] 18 [Pour plus de clarté indiquons que ni les « processus » dans le monde extérieur, ni les « stimuli » qui traversent « l’appareil des terminaisons nerveuses » en φ, ni les investissements en φ ou ψ ne possèdent de qualité. Ils n’ont qu’une « période » caractéristique qui, à l’arrivée en ω, devient qualité.] 19 [Explication du rapport existant entre les modifications d’intensité et les changements que celles-ci entraînent dans la sensation correspondante. Freud semble suggérer que la loi de Fechner s’applique à ce point particulier dans le système neuronique.] 20 [Les histologistes du siècle dernier avaient distingué deux strates principales de cellules nerveuses dans le cortex cérébral et ont donné le nom de « pallium » à la couche extérieur. La neuro-anatomie a révélé la présence d’une stratification bien plus compliquée.] 21 Presque jamais Freud, dans ses écrits ultérieurs, n’a été plus loin dans la formulation de ces idées. Le rôle que jouent les relations objectales dans le passage du principe de plaisir au principe de réalité s’y trouve indiqué. 22 Dans le manuscrit, Freud a ici employé le mot « moteur », ce qui est évidemment un lapsus. 23 [Cette question sera encore traitée dans la IIIe Partie.] 24 Freud a, dans ce même travail, établi une distinction entre la défense primaire et le refoulement. Plus tard, il a séparé la réaction à la douleur du refoulement. Voir Le Refoulement (1915 d). 25 Le fait d’être « instruit par l’expérience » a fait l’objet d’autres mentions dans la IIIe Partie. 26 Un investissement constant d’énergie, la fonction d’inhiber ou de retarder certaines décharges et un connexion avec le processus secondaire, tout cela fait partie des propriétés de « l’instance du Moi », dit Freud dans son ouvrage théorique Le Moi et le Ça (1923 b ), et dans ses écrits ultérieurs. 27 Le rôle de l’attention sera discuté par la suite p. 1 et suiv. 28 On trouve, dans les pages suivantes, la première formulation d’une notion dont Freud a parfois donné des versions différentes pour aboutir finalement à l’idée que l’épreuve de la réalité constituait une fonction du moi. On trouvera d’autres et plus anciennes conceptions dans L’Interprétation des rêves et dans Les deux Principes du fonctionnement mental (1911 b). 29 Pour permettre au lecteur de comparer ces théories aux conceptions exposées dans L’Interprétation des rives, citons le passage suivant : « Nous avons appelé désir ce courant de l’appareil psychique du désagréable à l’agréable… Désirer a dû être d’abord une occupation hallucinatoire par le souvenir de l’apaisement… Je m’en tiens à l’idée que l’activité du premier système ψ tend à faire écouler librement les quantités d’excitation et que le second système, par ses occupations, arrête cet écoulement et le transforme en occupation immobile, probablement en relevant le niveau. J’admets donc que l’écoulement de l’excitation se trouve dans des conditions mécaniques toutes différentes selon que c’est le second système qui domine ou le premier. Quand le second système a achevé son travail d’épreuve, il ouvre les écluses et laisse les excitations s’écouler vers la motilité » (trad. I. Meyerson, P. U. F., Paris).
Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)
Deuxième partie. Psychopathologie · bloc 2 · confiance 0.95
Un retrait de quantité d'une représentation qui éveille dans le moi des émotions pénibles, en l'absence de B.
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L’effet de B n’est pas absurde, le sujet se l’explique et peut le combattre. B a certains points de contact avec A. Un certain événement consistant en A + B s’est produit. A y représentait une circonstance accessoire, alors que B possédait tout ce qu’il faut pour produire un effet durable. Lorsque le souvenir de cet événement resurgit tout se passe comme si A avait pris la place de B. A s’est donc substitué à B, en est devenu le « symbole » 46 . De là l’impression d’absurdité puisque A s’accompagne de conséquences qui le dépassent, qui ne cadrent pas avec lui. Les symboles se forment aussi de façon normale. Le soldat se sacrifie pour un morceau d’étoffe multicolore attaché à une hampe, parce que cette étoffe est le symbole de son pays natal ; personne ne saurait considérer ce fait comme pathologique. Mais le symbole hystérique est autre. Le chevalier qui se bat pour le gant de sa Dame sait bien que ce gant doit toute sa valeur à celle-ci et le prix qu’il y attache ne l’empêche nullement de penser à la Dame et de la servir d’autres façons. L’hystérique que A fait pleurer ignore qu’il ne s’agit que d’une association entre A et B où B lui-même ne joue aucun rôle dans sa vie psychique. Le symbole s’est, en pareil cas, complètement substitué à l’objet. Cette assertion est parfaitement exacte. Il est facile de se convaincre que chaque fois qu’un stimulus venant du dehors ou une association devrait investir B , c’est A qui apparaît dans la conscience. On arrive à découvrir ce qu’est B d’après les circonstances dans lesquelles A surgit si bizarrement. Résumons cet état de choses en disant qu’ A est obsessionnel et B refoulé (tout au moins chassé hors du conscient). À notre grande surprise, l’analyse a révélé qu’à toute obsession correspond un refoulement et que l’amnésie affecte toute irruption excessive dans l’état conscient. Le terme « intensité excessive » désigne un caractère d’ordre quantitatif. Tout permet d’admettre que le refoulement dénote, au point de vue quantitatif, un retrait de quantité et que la somme des deux [c’est-à-dire l’obsession plus le refoulement] est égale à la normale. S’il en est bien ainsi, c’est la répartition de la quantité qui s’est trouvée modifiée. Quelque chose s’est ajouté à A après avoir été enlevé à B. Le phénomène pathologique est un processus de déplacement , semblable à ceux que nous ont fait connaître les rêves. Il constitue donc un processus primaire. II. Genèse de l’obsession hystérique Diverses questions importantes se posent maintenant. Dans quelles conditions y a-t-il formation pathologique d’un symbole comme celui-là (ou d’autre part) d’un refoulement ? Quelle force entre en jeu ? Quel est l’état neuronique d’une représentation exagérément intense ou refoulée ? Nous l’ignorerions tout à fait et rien n’en pourrait sortir si l’expérience clinique ne nous révélait deux faits : d’abord le refoulement affecte exclusivement des représentations qui éveillent dans le moi des émotions pénibles (déplaisir). Deuxièmement, il se rapporte toujours à la sexualité. Nous soupçonnons immédiatement que le refoulement a été causé par quelque émotion pénible. Nous avons déjà admis l’existence d’une « défense primaire » qui consiste en une rétrogradation du courant de pensées, dès que celui-ci aborde un neurone dont l’investissement provoque du déplaisir. Deux observations vont nous permettre de justifier notre hypothèse : 1° Cet investissement n’est certainement pas celui qu’on recherchait au moment où le processus cogitatif avait instauré une situation ψ satisfaisante ; 2° Quand une expérience douloureuse prend fin de façon réflexe, la perception désagréable se trouve remplacée par une autre. Mais il y a une façon plus directe de nous convaincre du rôle assumé par les affects de défense. Quand nous étudions l’état dans lequel se trouve [l’idée] refoulée B, nous découvrons qu’elle peut aisément être retrouvée et ramenée à la conscience. Voilà qui est bien fait pour nous surprendre puisque nous pouvions supposer que B avait réellement été oublié et qu’aucune trace n’en avait subsisté dans ψ. Tel n’est pas le cas.
Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)
Deuxième partie. Psychopathologie · bloc 5 · confiance 0.95
Processus par lequel une pensée ou un sentiment inconscient est repoussé dans l'inconscient pour éviter la conscience de son existence troublante, comme dans le cas de souvenirs sexuels réprimés.
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Le souvenir déclenche une libération [ d’énergie ] sexuelle (qui n’eût pas été possible au moment de l’incident) et qui se mue en angoisse. Une crainte la saisit, elle a peur que les commis ne répètent l’attentat et s’enfuit. Il est tout à fait certain que nous nous trouvons ici en présence de l’intrication de deux sortes de processus et que la remémoration de la scène II (celle du marchand) s’est produite dans un état différent de celui du premier. Le cours des événements peut se représenter de la façon suivante : Les représentations figurées par des points noirs sont les perceptions dont la patiente se souvient. Le fait qu’une décharge sexuelle ait pénétré dans le conscient est démontré par l’idée – sans cela incompréhensible – que le commis moqueur lui avait plu. La conclusion finale qu’elle tira, celle de ne pas rester seule dans la boutique par crainte d’un attentat, paraît logique, si l’on tient compte de tous les éléments du processus associatif. Mais aucun élément du processus (ci-dessus représenté) n’est devenu conscient, hormis l’élément « vêtements ». La partie de la pensée fonctionnant consciemment a établi deux connexions erronées dans les matériaux en question (commis, rires, vêtements et sensation sexuelle) : on s’était moqué d’elle à cause de son habillement et l’un des vendeurs avait provoqué chez elle une excitation sexuelle. L’ensemble de ce complexe (indiqué par les lignes brisées) est représenté dans le conscient par l’unique idée des « vêtements », c’est-à-dire par l’élément en apparence le plus innocent. C’est un refoulement accompagné d’une symbolisation qui s’est ici produit. L’aboutissement – le symptôme – possède une structure tout à fait logiquement établie et, ainsi, le symbole n’y joue aucun rôle et reste une particularité du cas. Disons qu’il n’est nullement étonnant de voir une association passer par un certain nombre de chaînons intermédiaires inconscients pour aboutir à un chaînon conscient, ainsi que cela s’est ici produit. L’élément devenu conscient est probablement celui qui a suscité le plus vif intérêt. Mais, chose remarquable, dans notre exemple ce n’est pas le fait de l’attentat qui a pénétré dans le conscient, mais un autre élément symbolisant : les vêtements. Où chercher la cause de ce processus pathologique intercalé ? Une seule réponse est possible : il résulte d’une décharge sexuelle dont le conscient avait gardé la trace et qui restait lié au souvenir de l’attentat. Mais il faut noter un fait important, à savoir que cette décharge ne fut pas reliée à l’incident au moment même où il se produisit. Nous trouvons là l’exemple d’un souvenir suscitant un affect que l’incident lui-même n’avait pas suscité. Entre-temps les changements provoqués par la puberté ont rendu possible une compréhension nouvelle des faits remémorés. Ce cas nous présente un tableau typique de refoulement hystérique. Nous ne manquons jamais de découvrir qu’un souvenir refoulé ne s’est transformé qu’après coup en traumatisme. La raison de cet état de choses se trouve dans l’époque tardive de la puberté par comparaison avec le reste de l’évolution des individus 49 . V. Les déterminantes de πρώτον ψεύδος ύοτ [Premier mensonge hystérique] Bien qu’il soit rare qu’un souvenir suscite dans le psychisme une émotion qu’aucun incident actuel ne justifie, c’est pourtant ce qui se produit tout à fait ordinairement dans les cas de représentations d’ordre sexuel – précisément à cause du retard de la puberté. Ce retard constitue un caractère général de l’organisation. Tout adolescent recèle des traces mnémoniques qui ne deviennent compréhensibles qu’après l’apparition de ses propres sensations sexuelles. Chacun devrait donc porter en soi un germe d’hystérie. Il faut évidemment que d’autres facteurs entrent en jeu puisque cette tendance générale se limite au petit nombre d’individus qui deviennent vraiment hystériques. Or l’analyse montre que c’est la décharge affective qui constitue, lors d’un traumatisme sexuel, l’élément perturbateur.
Esquisse d’une psychologie scientifique (1895)
Annexes · bloc 14 · confiance 0.95
Le mécanisme psychique par lequel des pensées, des sentiments ou des désirs inconscients sont rejetés de la conscience.
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des accidents de chemin de fer : 190, 194, 210, 253, 272 ; du cancer : 71, 87, 89 ; de la contagion : 87, 89 ; de la folie : 122, 124 ; de l’inondation : 237 ; de la mort : 71, 75, 245 ; de la prostitution : 175 ; du sang : 234 ; de sortir seule : 175 ; des tendances homicides : 117 ; de tomber par la fenêtre : 160-161. Pfenning, Rich. : 37. phase sadique anale : 165 (n. 2), 167 (n. 2). phobies (v. aussi anxiété, peur, peurs nocturnes) : 60, 81, m, 149 (n.), 160,181,210 (n. 2), 228. phosphènes : 90. phylogenèse : 202 (n.). Pickworth-Farrow, Dr (v. aussi Bibl. II) : 208 (n. 1). plaisanterie, dans le rêve : 264. Platon : 241. poésie et névrose : 184. « Pompe à plaisir » : 117. Pompéi : 160, 172. Posen : 187. possession (théorie médiévale de la) : 165-166. Prague : 162, 166, 170, 209. préconscient (système) : 154, 158, 159, 181, 185, 273 (n. 3), 374 (n. 1), 383 (n. 2), 395 (n. 1). prémonition (rêves de) : 269. Preyer, A. (voir aussi Bibl. II) : 61 (n. 3). Priape : 223. procédé de pression sur le front : 123-125. processus cogitatifs : inconscients : 370 (n. 3) ; et refoulement : 134-137, 145, 147, 156, 361-362 ; suivant théorie des neurones : 22-23, H5, 310, 345-352, 372. 374-379, 382-445 ; troublé par les affects : 367- 368. processus mentaux inconscients : 127 (n.), 147, 188, 264, 290,299 ; et théorie des neurones : 126, 327-328, 356-357, 366, 376 (n.), 384-386, 389 ; opinion de Jérusalem sur : 107 (n. 1) ; opinion de Lipp sur : 231 (n. 2), 233-processus primaire : 115,212 (n. 2), 214 (n. 1), 264 (n. 4) ; suivant la théorie des neurones : 342-345, 347, 349-353, 355-356, 361, 363, 367- 369, 390. processus secondaire : 115 ; suivant la théorie des neurones : 342-345, 347, 350-352, 358, 370. projection : 98 (n. 1), 99-100, 102-103, 135-136. prostituée (identification avec) : 160-161, 182. prostitution (peur de la) : 175. proton pseudos (ier mensonge) : 363-369. prudes (anxiété des) : 81, 83. psychologie mécanistique : 42, 330-331. psychonévroses (voir névroses), psychoses (voir aussi démence, manie, mélancolie, paranoïa, schizophrénie) : 20, 79, 101-102, 148, 163-165, 172-173, 191 ; hystérique : 101-102, 163-164. puberté : développement différent de la — chez l’homme et la femme : 206 ; incidents sexuels précoces revécus à la : 24, 112, 130, 141 (n. 3), 145-146, 157 (n. 3), 244, 350, 364-366 ; neurasthénie de la : 62, 65 ; psychose à la : 164 ; retard de la : 366, 369. Puck : 177. pudeur : 131,133-134,206,236-237. punition et honte : 185, 227-229, 246. Q qualité : et l’épreuve de la réalité : 343-344 ; problème de la : 110, 237, 315 (n. 2), 327-334 ; et les processus normaux : 370-373, 375, 381-383, 386, 387-389, 391, 394, 396 ; dans les rêves : 355-356 ; et la souffrance : 338 ; et la théorie nasale de Fliess : 128-129. quantité : 22,77,106,126-127,148, 315-396. Q et Q’n (distinction entre) : 315 (n. 1). R R…, Elisabeth von (cas de) : 12. Raymond : 76. réalité : épreuve de la : 343-345, 347, 349-352, 372 (n.) ; pas d’indice de la R. dans l’inconscient : 191 ; principe : 23, 115, 246, 336 (n.), 377 (n. 1), 382-383 ; psychique différente de la matérielle : 383. Rébecca : 193. refoulement : et bisexualité : 35, 180, 199, 207, 215, 297, 299 ; et désir de mort : 183 ; détermination sexuelle du : 115, I3I-I37, 141, 145,156-157, 161, 179, 182,205-206 ; époque du r. et choix de la névrose : 168, 207 ; et fantasmes : 185, 188 ; dans l’inconscient : 181 ; et névroses de défense : 99- ioo, 116, 130-134,141, 145- 146, 148 (n.), 156-157, 161, 173, 200, 206-207, 255 ; et oubli des noms : 232, 235 ; problème du : 112, 150, 191, 205 ; et retrait de croyance : 184 ; et rêves : 246, 254 ; suivant théorie de Fliess : 33, 35, 41 ; suivant théorie des neurones : 126, 309, 340, 361-364, 366-367. régression : 176, 204 (n. 4), 207, 270, 366 (n.). Reichenau : 55, 86, 90, 109. relations objectales : 204 (n. 4), 336 (n.). résistance : à l’analyse : 28, 41, 135, 200, 202, 334 (n. 2) ; fonction de la : 17, 143 (n. 1), 179, 362 ; caractère infantile de la : 200- 201, 202 ; neuronique (v. barrières de contact), retour d’âge : chez les femmes : 77 (n. 1), 142 (n. 1) ; chez les hommes : 77 (n. 1), 141-142. revanche : 227-228, 271. rêves innocents : 256.
L’interprétation des rêves (1899)
Chapitre I. La littérature scientifique concernant les problèmes du rêve · bloc 9 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel des impressions anciennes sont repoussées pour laisser place à des impressions plus récentes dans la construction du rêve, selon la théorie de Freud.
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Il y avait 38 ans que je n’avais plus vu le médecin et jamais à ma connaissance je n’avais pensé à lui, durant la veille, bien qu’une cicatrice au menton eût dû me rappeler une de ses interventions. Il semble que les observations de nombreux auteurs, selon lesquels la majorité des rêves peuvent être ramenés à des éléments datant des jours précédents, dussent contrebalancer le rôle excessif attribué aux impressions d’enfance dans la vie du rêve. Robert (p. 46) déclare même : « En général le rêve normal n’utilise que les impressions des derniers jours écoulés. » Nous apprendrons en effet que la théorie du rêve construite par Robert exige impérieusement ce refoulement des anciennes impressions et cette poussée en avant des plus récentes. Le fait même affirmé par Robert est exact, mes propres recherches m’en ont persuadé. Un auteur américain, Nelson, estime que le rêve met le plus souvent en valeur des impressions de la veille ou de l’avant-veille, comme si les impressions du jour n’étaient pas assez affaiblies, assez extérieures. Plusieurs auteurs, qui ne mettent pas en doute l’intime liaison entre le rêve et la veille, ont remarqué que des impressions qui avaient intensément occupé la pensée n’apparaissaient dans le rêve que lorsqu’elles avaient été en quelque sorte refoulées. Ainsi on ne rêve pas d’un mort aimé pendant les premiers temps et aussi longtemps que le chagrin préoccupe exclusivement (Delage). Toutefois, une des plus récentes observatrices, Miss Hallam, a collectionné des exemples tout opposés et déclare qu’il faut ici tenir compte de la personnalité de chacun. La troisième, la plus remarquable et la plus incompréhensible des particularités de la mémoire dans le rêve est le choix des éléments reproduits. Ce n’est plus, comme dans la veille, le plus caractéristique, mais au contraire ce qui est le plus indifférent, le plus insignifiant, qui est considéré comme le plus digne de souvenir. Je laisse ici la parole aux auteurs qui ont exprimé leur étonnement de la manière la plus forte. Hildebrandt écrit (p. 11) : « Le plus étonnant est qu’en général le rêve ne tire pas ses éléments des événements importants et considérables, des puissants intérêts qui, le jour précédent, nous ont stimulé ; mais des accessoires, des à-côtés et, pour ainsi dire, des miettes d’un passé ou récent ou très éloigné. La mort d’un de nos proches qui nous a bouleversé, sous l’impression de laquelle nous nous sommes endormi tard dans la nuit, disparaîtra de notre mémoire jusqu’à ce que le réveil l’y ramène avec une puissance funeste. En revanche, une verrue sur le front d’un ami que nous avons rencontré jouera un rôle dans notre rêve, bien qu’après l’avoir quitté nous n’y ayons pas pensé un seul instant. » Strümpell signale (p. 39) des cas où, « en fragmentant le rêve, nous en trouvons des parties qui proviennent de notre vie du ou des jours précédents, mais qui étaient si insignifiantes et si dépourvues de valeur pour la conscience de veille qu’elles étaient tombées dans l’oubli aussitôt après. Ces événements peuvent être des opinions entendues par hasard ou des actes auxquels nous avons prêté une attention superficielle, des impressions rapides d’objets ou de personnes, quelques petits passages d’une lecture, et ainsi de suite ». Havelock Ellis dit (1899, p. 727) : « The profound émotions of waking life, the questions and problems on which we spread our chief voluntary mental energy, are not those which usually present themselves at once to dream consciousness. It is so far as the immediate past is concerned, mostly the trifling, the incidental, the “forgotten” impressions of daily life wich reappear in our dreams. The psychic activities that are awake most intensely are those that sleep most profoundly. » Binz (p. 45) part précisément de ces particularités de la mémoire dans le rêve pour critiquer sa propre explication : « Et le rêve naturel pose les mêmes questions. Pourquoi, au lieu de rêver toujours des souvenirs les plus récents, plongeons-nous souvent sans aucun motif reconnaissable dans un passé lointain et presque éteint ?
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Deuxième leçon · bloc 1 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel une idée inconsciente est repoussée dans les profondeurs de l'inconscient pour éviter la conscience d'une situation angoissante, le symptôme étant un substitut de cette idée refoulée.
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Deuxième leçon Conception nouvelle de l'hystérie. Refoulement et résistance. Le conflit psychique. Le symptôme est le substitut d'une idée refoulée. La méthode psychanalytique. À peu près à l'époque où Breuer appliquait sa « talking cure », Charcot poursuivait, à la Salpêtrière, ses recherches sur l'hystérie, qui devaient aboutir à une nouvelle conception de cette névrose. La conclusion à laquelle il parvenait n'était alors pas connue à Vienne. Mais lorsque, dix ans plus tard, nous publiâmes, Breuer et moi, notre communication préliminaire sur le mécanisme psychique des phénomènes hystériques, inspirée par les résultats du traitement cathartique de la première malade de Breuer, nous étions en plein sous l'influence des travaux de Charcot. Nous fîmes alors de nos traumatismes psychiques les équivalents des traumatismes physiques dont Charcot avait établi le rôle dans le déterminisme des paralysies hystériques. Et l'hypothèse des états hypnoïdes de Breuer n'est qu'un écho des expériences du professeur français relatives à la production, sous hypnose, de paralysies en tous points semblables aux paralysies traumatiques. L'illustre clinicien, dont je fus l'élève en 1885-86, était peu enclin aux conceptions psychologiques. Ce fut son disciple Pierre Janet qui tenta d'analyser de près les processus psychiques de l'hystérie, et nous suivîmes son exemple, en faisant du dédoublement mental et de la dissociation de la personnalité le pivot de notre théorie. La théorie de Janet repose sur les doctrines admises en France relatives au rôle de l'hérédité et de la dégénérescence dans l'origine des maladies. D'après cet auteur, l'hystérie est une forme d'altération dégénérative du système nerveux, qui se manifeste par une faiblesse congénitale de la synthèse psychique. Voici ce qu'il entend par là : les hystériques seraient incapables de maintenir en un seul faisceau les multiples phénomènes psychiques, et il en résulterait la tendance à la dissociation mentale. Si vous me permettez une comparaison un peu grossière, mais claire, l'hystérique de Janet fait penser à une femme qui est sortie pour faire des emplettes et revient chargée de boites et de paquets. Mais ses deux bras et ses dix doigts ne lui suffisent pas pour embrasser convenablement tout son bagage, et voilà un paquet qui glisse à terre. Elle se baisse pour le ramasser, mais c'est un autre qui dégringole. Et ainsi de suite. Cependant, il est des faits qui ne cadrent pas très bien avec cette théorie de la faiblesse mentale. Ainsi, on constate chez les hystériques certaines capacités qui diminuent, d'autres qui augmentent, comme s'ils voulaient compenser d'un côté ce qui est réduit de l'autre. Par exemple, à l'époque où la malade de Breuer avait oublié sa langue maternelle ainsi que toutes les autres, sauf l'anglais, elle parlait celle-ci avec une telle perfection qu'elle était capable, quand on lui mettait dans les mains un livre allemand, de faire à livre ouvert une traduction excellente. Lorsque, plus tard, j'entrepris de continuer seul les recherches commencées par Breuer, je me formai bientôt une opinion différente sur l'origine de la dissociation hystérique (dédoublement de la conscience). Une telle divergence devait se produire, puisque je n'étais pas parti, comme Janet, d'expériences de laboratoire, mais de nécessités thérapeutiques. Ce qui m'importait avant tout, c'était la pratique. Le traitement cathartique, appliqué par Breuer, exigeait qu'on plongeât le malade dans une hypnose profonde puisque seuls les états hypnotiques lui permettaient de se rappeler les événements pathogènes qui lui échappaient à l'état normal. Or, je n'aimais pas l'hypnose ; c'est un procédé incertain et qui a quelque chose de mystique. Mais lorsque j'eus constaté que, malgré tous mes efforts, je ne pouvais mettre en état d'hypnose qu'une petite partie de mes malades, je décidai d'abandonner ce procédé et d'appliquer le traitement cathartique. J'essayai donc d'opérer en laissant les malades dans leur état normal. Cela semblait au premier abord une entreprise insensée et sans chance de succès. Il s'agissait d'apprendre du malade quelque chose qu'on ne savait pas et que lui-même ignorait.
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Deuxième leçon · bloc 2 · confiance 0.95
Processus par lequel les souvenirs inconscients sont repoussés hors de la conscience, en raison d'une force résistante qui maintient l'état morbide. Ce processus est considéré comme le mécanisme pathogène de l'hystérie.
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Cela semblait au premier abord une entreprise insensée et sans chance de succès. Il s'agissait d'apprendre du malade quelque chose qu'on ne savait pas et que lui-même ignorait. Comment pouvait-on espérer y parvenir ? Je me souvins alors d'une expérience étrange et instructive que j'avais vue chez Bernheim, à Nancy ; Bernheim nous avait montré que les sujets qu'il avait mis en somnambulisme hypnotique et auxquels il avait fait accomplir divers actes, n'avaient perdu qu'apparemment le souvenir de ce qu'ils avaient vu et vécu sous l'hypnose, et qu'il était possible de réveiller en eux ces souvenirs à l'état normal. Si on les interroge, une fois réveillés, sur ce qui s'est passé, ces sujets prétendent d'abord ne rien savoir ; mais si on ne cède pas, si on les presse, si on leur assure qu'ils le peuvent, alors les souvenirs oubliés reparaissent sans manquer. J'agis de même avec mes malades. Lorsqu'ils prétendaient ne plus rien savoir, je leur affirmais qu'ils savaient, qu'ils n'avaient qu'à parler et j'assurais même que le souvenir qui leur reviendrait au moment où je mettrais la main sur leur front serait le bon. De cette manière, je réussis, sans employer l'hypnose, à apprendre des malades tout ce qui était nécessaire pour établir le rapport entre les scènes pathogènes oubliées et les symptômes qui en étaient les résidus. Mais c'était un procédé pénible et épuisant à la longue, qui ne pouvait s'imposer comme une technique définitive. Je ne l'abandonnai pourtant pas sans en avoir tiré des conclusions décisives : la preuve était faite que les souvenirs oubliés ne sont pas perdus, qu'ils restent en la possession du malade, prêts à surgir, associés à ce qu'il sait encore. Mais il existe une force qui les empêche de devenir conscients. L'existence de cette force peut être considérée comme certaine, car on sent un effort quand on essaie de ramener à la conscience les souvenirs inconscients. Cette force, qui maintient l'état morbide, on l'éprouve comme une résistance opposée par le malade. C'est sur cette idée de résistance que j'ai fondé ma conception des processus psychiques dans l'hystérie. La suppression de cette résistance s'est montrée indispensable au rétablissement du malade. D'après le mécanisme de la guérison, on peut déjà se faire une idée très précise de la marche de la maladie. Les mêmes forces qui, aujourd'hui, s'opposent à la réintégration de l'oublié dans le conscient sont assurément celles qui ont, au moment du traumatisme, provoqué cet oubli et qui ont refoulé dans l'inconscient les incidents pathogènes. J'ai appelé refoulement ce processus supposé par moi et je l'ai considéré comme prouvé par l'existence indéniable de la résistance. Mais on pouvait encore se demander ce qu'étaient ces forces, et quelles étaient les conditions de ce refoulement où nous voyons aujourd'hui le mécanisme pathogène de l'hystérie. Ce que le traitement cathartique nous avait appris nous permet de répondre à cette question. Dans tous les cas observés on constate qu'un désir violent a été ressenti, qui s'est trouvé en complète opposition avec les autres désirs de l'individu, inconciliable avec les aspirations morales et esthétiques de sa personne. Un bref conflit s'en est suivi ; à l'issue de ce combat intérieur, le désir inconciliable est devenu l'objet du refoulement, il a été chassé hors de la conscience et oublié. Puisque la représentation en question est inconciliable avec « le moi » du malade, le refoulement se produit sous forme d'exigences morales ou autres de la part de l'individu. L'acceptation du désir inconciliable ou la prolongation du conflit auraient provoqué un malaise intense ; le refoulement épargne ce malaise, il apparaît ainsi comme un moyen de protéger la personne psychique. Je me limiterai à l'exposé d'un seul cas, dans lequel les conditions et l'utilité du refoulement sont clairement révélées. Néanmoins, je dois encore écourter ce cas et laisser de côté d'importantes hypothèses. — Une jeune fille avait récemment perdu un père tendrement aimé, après avoir aidé à le soigner — situation analogue à celle de la malade de Breuer.
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Deuxième leçon · bloc 3 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel un individu repousse inconsciemment des pensées, sentiments ou souvenirs inacceptables pour la conscience.
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Je me limiterai à l'exposé d'un seul cas, dans lequel les conditions et l'utilité du refoulement sont clairement révélées. Néanmoins, je dois encore écourter ce cas et laisser de côté d'importantes hypothèses. — Une jeune fille avait récemment perdu un père tendrement aimé, après avoir aidé à le soigner — situation analogue à celle de la malade de Breuer. Sa sœur aînée s'étant mariée, elle se prit d'une vive affection pour son beau-frère, affection qui passa, du reste, pour une simple intimité comme on en rencontre entre les membres d'une même famille. Mais bientôt cette sœur tomba malade et mourut pendant une absence de notre jeune fille et de sa mère. Celles-ci furent rappelées en hâte, sans être entièrement instruites du douloureux événement. Lorsque la jeune fille arriva au chevet de sa sœur morte, en elle émergea, pour une seconde, une idée qui pouvait s'exprimer à peu près ainsi: maintenant il est libre et il peut m'épouser. Il est certain que cette idée, qui trahissait à la conscience de la jeune fille l'amour intense qu'elle éprouvait sans le savoir pour son beau-frère, la révolta et fut immédiatement refoulée. La jeune fille tomba malade à son tour, présenta de graves symptômes hystériques, et lorsque je la pris en traitement, il apparut qu'elle avait radicalement oublié cette scène devant le lit mortuaire de sa sœur et le mouvement de haine et d'égoïsme qui s'était emparé d'elle. Elle s'en souvint au cours du traitement, reproduisit cet incident avec les signes de la plus violente émotion, et le traitement la guérit. J'illustrerai le processus du refoulement et sa relation nécessaire avec la résistance par une comparaison grossière. Supposez que dans la salle de conférences, dans mon auditoire calme et attentif, il se trouve pourtant un individu qui se conduise de façon à me déranger et qui me trouble par des rires inconvenants, par son bavardage ou en tapant des pieds. Je déclarerai que je ne peux continuer à professer ainsi ; sur ce, quelques auditeurs vigoureux se lèveront et, après une brève lutte, mettront le personnage à la porte. Il sera « refoulé » et je pourrai continuer ma conférence. Mais, pour que le trouble ne se reproduise plus, au cas où l'expulsé essayerait de rentrer dans la salle, les personnes qui sont venues à mon aide iront adosser leurs chaises à la porte et former ainsi comme une « résistance ». Si maintenant l'on transporte sur le plan psychique les événements de notre exemple, si l'on fait de la salle de conférences le conscient, et du vestibule l'inconscient, voilà une assez bonne image du refoulement. C'est en cela que notre conception diffère de celle de Janet. Pour nous, la dissociation psychique ne vient pas d'une inaptitude innée de l'appareil mental à la synthèse ; nous l'expliquons dynamiquement par le conflit de deux forces psychiques, nous voyons en elle le résultat d'une révolte active de ; deux constellations psychiques, le conscient et l'inconscient, l'une contre l'autre. Cette conception nouvelle soulève beaucoup de nouveaux problèmes. Ainsi le conflit psychique est certes très fréquent et le « moi » cherche à se défendre contre les souvenirs pénibles, sans provoquer pour autant une dissociation psychique. Force est donc d'admettre que d'autres conditions sont encore requises pour amener une dissociation. J'accorde volontiers que l'hypothèse du refoulement constitue non pas le terme mais bien le début d'une théorie psychologique ; mais nous ne pouvons progresser que pas à pas, et il faut nous laisser le temps d'approfondir notre idée. Qu'on se garde aussi d'essayer d'interpréter le cas de la jeune fille de Breuer à l'aide de la théorie du refoulement. L'histoire de cette malade ne s'y prête pas, car les données en ont été obtenues par l'influence hypnotique. Ce n'est qu'en écartant l'hypnose que l'on peut constater les résistances et les refoulements et se former une représentation exacte de l'évolution pathogène réelle. Dans l'hypnose, la résistance se voit mal, parce que la porte est ouverte sur l'arrière-fonds psychique ; néanmoins, l'hypnose accentue la résistance aux frontières de ce domaine, elle en fait un mur de fortification qui rend tout le reste inabordable.
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Deuxième leçon · bloc 4 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel un souvenir, une pensée ou un sentiment inconfortable est déplacé de la conscience vers l'inconscient pour éviter la douleur émotionnelle.
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Ce n'est qu'en écartant l'hypnose que l'on peut constater les résistances et les refoulements et se former une représentation exacte de l'évolution pathogène réelle. Dans l'hypnose, la résistance se voit mal, parce que la porte est ouverte sur l'arrière-fonds psychique ; néanmoins, l'hypnose accentue la résistance aux frontières de ce domaine, elle en fait un mur de fortification qui rend tout le reste inabordable. Le résultat le plus précieux auquel nous avait conduit l'observation de Breuer était la découverte de la relation des symptômes avec les événements pathogènes ou traumatismes psychiques. Comment allons-nous interpréter tout cela du point de vue de la théorie du refoulement ? Au premier abord, on ne voit vraiment pas comment. Mais au lieu de me livrer à une déduction théorique compliquée, je vais reprendre ici notre comparaison de tout à l'heure. Il est certain qu'en éloignant le mauvais sujet qui dérangeait la leçon et en plaçant des sentinelles devant la porte, tout n'est pas fini. Il peut très bien arriver que l'expulsé, amer et résolu, provoque encore du désordre. Il n'est plus dans la salle, c'est vrai ; on est débarrassé de sa présence, de son rire moqueur, de ses remarques à haute voix ; mais à certains égards, le refoulement est pourtant resté inefficace, car voilà qu'au-dehors l'expulsé fait un vacarme insupportable ; il crie, donne des coups de poings contre la porte et trouble ainsi la conférence plus que par son attitude précédente. Dans ces conditions, il serait heureux que le président de la réunion veuille bien assumer le rôle de médiateur et de pacificateur. Il parlementerait avec le personnage récalcitrant, puis il s'adresserait aux auditeurs et leur proposerait de le laisser rentrer, prenant sur lui de garantir une meilleure conduite. On déciderait de supprimer le refoulement et le calme et la paix renaîtraient. Voilà une image assez juste de la tâche qui incombe au médecin dans le traitement psychanalytique des névroses. Exprimons-nous maintenant sans images l'examen d'autres malades hystériques et d'autres névrosés nous conduit à la conviction qu'ils n'ont pas réussi à refouler l'idée à laquelle est lié leur désir insupportable. Ils l'ont bien chassée de leur conscience et de leur mémoire, et se sont épargné, apparemment, une grande somme de souffrances, mais le désir refoulé continue à subsister dans l'inconscient ; il guette une occasion de se manifester et il réapparaît bientôt à la lumière, mais sous un déguisement qui le rend méconnaissable ; en d'autres termes, l'idée refoulée est remplacée dans la conscience par une autre qui lui sert de substitut, d'ersatz, et à laquelle viennent s'attacher toutes les impressions de malaise que l'on croyait avoir écartées par le refoulement. Ce substitut de l'idée refoulée — le symptôme — est protégé contre de nouvelles attaques de la part du « moi » ; et, au lieu d'un court conflit, intervient maintenant une souffrance continuelle. À côté des signes de défiguration, le symptôme offre un reste de ressemblance avec l'idée refoulée. Les procédés de formations substitutives se trahissent pendant le traitement psychanalytique du malade, et il est nécessaire pour la guérison que le symptôme soit ramené par ces mêmes moyens à l'idée refoulée. Si l'on parvient à ramener ce qui est refoulé au plein jour — cela suppose que des résistances considérables ont été surmontées -, alors le conflit psychique né de cette réintégration, et que le malade voulait éviter, peut trouver sous la direction du médecin, une meilleure solution que celle du refoulement. Une telle méthode parvient à faire évanouir conflits et névroses.
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Deuxième leçon · bloc 5 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel les pensées, sentiments ou souvenirs indésirables sont poussés vers l'inconscient pour éviter la conscience.
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Si l'on parvient à ramener ce qui est refoulé au plein jour — cela suppose que des résistances considérables ont été surmontées -, alors le conflit psychique né de cette réintégration, et que le malade voulait éviter, peut trouver sous la direction du médecin, une meilleure solution que celle du refoulement. Une telle méthode parvient à faire évanouir conflits et névroses. Tantôt le malade convient qu'il a eu tort de refouler le désir pathogène et il accepte totalement ou partiellement ce désir ; tantôt le désir lui-même est dirigé vers un but plus élevé et, pour cette raison, moins sujet à critique (c'est ce que je nomme la sublimation du désir) ; tantôt on reconnaît qu'il était juste de rejeter le désir, niais ou remplace le mécanisme automatique, donc insuffisant, du refoulement, par un jugement de condamnation morale rendu avec l'aide des plus hautes instances spirituelles de l'homme ; c'est en pleine lumière que l'on triomphe du désir. Je m'excuse de n'avoir pas décrit de façon plus claire et plus compréhensible les principaux points de vue de la méthode de traitement appelée maintenant psychanalyse. Les difficultés ne tiennent pas seulement à la nouveauté du sujet. De quelle nature sont les désirs insupportables qui, malgré le refoulement, savent encore se faire entendre du fond de l'inconscient ? Dans quelles conditions le refoulement échoue-t-il et se forme-t-il un substitut ou symptôme ? Nous allons le voir.
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Troisième leçon · bloc 6 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel des désirs ou des pensées inconscients sont déplacés vers l'inconscient pour éviter la conscience de leur existence, selon Freud.
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D'ordinaire, on ne leur accorde aucune importance. Ce sont des oublis inexplicables (par exemple l'oubli momentané des noms propres), les lapsus linguae, les lapsus calami , les erreurs de lecture, les maladresses, la perte ou le bris d'objets, etc., toutes choses auxquelles on n'attribue ordinairement aucune cause psychologique et qu'on considère simplement comme des résultats du hasard, des produits de la distraction, de l'inattention, etc. À cela s'ajoutent encore les actes et les gestes que les hommes accomplissent sans les remarquer et, à plus forte raison, sans y attacher d'importance psychique : jouer machinalement avec des objets, fredonner des mélodies, tripoter ses doigts, ses vêtements, etc. 9 . Ces petits faits, les actes manqués, comme les actes symptomatiques et les actes de hasard, ne sont pas si dépourvus d'importance qu'on est disposé à l'admettre en vertu d'une sorte d'accord tacite. Ils ont un sens et sont, la plupart du temps, faciles à interpréter. On découvre alors qu'ils expriment, eux aussi, des pulsions et des intentions que l'on veut cacher à sa propre conscience et qu'ils ont leur source dans des désirs et des complexes refoulés, semblables à ceux des symptômes et des rêves. Considérons-les donc comme des symptômes ; leur examen attentif peut conduire à mieux connaître notre vie intérieure. C'est par eux que l'homme trahit le plus souvent ses secrets les plus intimes. S'ils sont habituels et fréquents, même chez les gens sains qui ont réussi à refouler leurs tendances inconscientes, cela tient à leur futilité et à leur peu d'apparence. Mais leur valeur théorique est grande, puisqu'ils nous prouvent l'existence du refoulement et des substituts, même chez des personnes bien portantes. Vous remarquerez déjà que le psychanalyste se distingue par sa foi dans le déterminisme de la vie psychique. Celle-ci n'a, à ses yeux, rien d'arbitraire ni de fortuit ; il imagine une cause particulière là où, d'habitude, on n'a pas l'idée d'en supposer. Bien plus : il fait souvent appel à plusieurs causes, à une multiple motivation, pour rendre compte d'un phénomène psychique, alors que d'habitude on se déclare satisfait avec une seule cause pour chaque phénomène psychologique. Rassemblez maintenant tous les moyens de découvrir ce qui est caché, oublié, refoulé dans la vie psychique : l'étude des associations qui naissent spontanément dans l'esprit du malade, celle de ses rêves, de ses maladresses, actes manqués, actes symptomatiques de toute sorte, ajoutez-y l'utilisation d'autres phénomènes qui se produisent pendant le traitement psychanalytique et sur lesquels je ferai plus tard quelques remarques quand je parlerai du transfert, vous conclurez avec moi que notre technique est déjà assez efficace pour ramener à la conscience les éléments psychiques pathogènes et pour écarter les maux produits par la formation de symptômes-substituts. Nous voyons, et nous nous en félicitons, que nos efforts thérapeutiques ont encore pour conséquence d'enrichir nos connaissances théoriques sur la vie psychique, normale et pathologique. Je ne sais si vous avez eu l'impression que la technique dont je viens de vous décrire l'arsenal est particulièrement difficile. Je crois qu'elle est tout à fait appropriée à son objet. Pourtant, cette technique n'est pas évidente d'elle-même ; elle doit être enseignée, comme la méthode histologique ou chirurgicale. Vous serez peut-être étonnés d'apprendre que nous l'avons entendu juger par une quantité de personnes qui ne savent rien de la psychanalyse, qui ne l'emploient pas et qui poussent l'ironie jusqu'à exiger que nous leur prouvions l'exactitude de nos résultats. Il y a certainement, parmi ces adversaires, des gens qui ont l'habitude de la pensée scientifique ; qui, par exemple, ne repousseraient pas les conclusions d'une recherche au microscope parce qu'on ne pourrait pas les confirmer en examinant le préparation anatomique à l'œil nu, et qui, en tout cas, ne se prononceraient pas avant d'avoir considéré eux-mêmes la chose au moyen du microscope. Mais la psychanalyse, il est vrai, est dans une situation spéciale, qui lui rend plus difficile d'obtenir l'approbation.
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Troisième leçon · bloc 7 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel des pensées, sentiments ou souvenirs sont déplacés de la conscience vers l'inconscient pour éviter leur conflit avec les normes sociales ou morales.
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Il y a certainement, parmi ces adversaires, des gens qui ont l'habitude de la pensée scientifique ; qui, par exemple, ne repousseraient pas les conclusions d'une recherche au microscope parce qu'on ne pourrait pas les confirmer en examinant le préparation anatomique à l'œil nu, et qui, en tout cas, ne se prononceraient pas avant d'avoir considéré eux-mêmes la chose au moyen du microscope. Mais la psychanalyse, il est vrai, est dans une situation spéciale, qui lui rend plus difficile d'obtenir l'approbation. Que veut le psychanalyste, en effet ? Ramener à la surface de la conscience tout ce qui en a été refoulé. Or, chacun de nous a refoulé beaucoup de choses que nous maintenons peut-être avec peine dans notre inconscient. La psychanalyse provoque donc, chez ceux qui en entendent parler, la même résistance qu'elle provoque chez les malades. C'est de là que vient sans doute l'opposition si vive, si instinctive, que notre discipline a le don d'exciter. Cette résistance prend du reste le masque de l'opposition intellectuelle et enfante des arguments analogues à ceux que nous écartons chez nos malades au moyen de la règle psychanalytique fondamentale. Tout comme chez eux, nous pouvons aussi constater chez nos adversaires que leur jugement se laisse fréquemment influencer par des motifs affectifs, d'où leur tendance à la sévérité. La vanité de la conscience, qui repousse si dédaigneusement le rêve par exemple, est un des obstacles les plus sérieux à la pénétration des complexes inconscients ; c'est pourquoi il est si difficile de persuader les hommes de la réalité de l'inconscient et de leur enseigner une nouveauté qui contredit les notions dont s'est accommodée leur conscience. 7 C.-G. Jung , Diagnostische Assoziationsstudien, 1er vol. 8 La Science des rêves. Traduc. franç. PUF. 9 Psychopathologie de la vie quotidienne. Trad. franç. Payot, Paris.
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Quatrième leçon · bloc 2 · confiance 0.95
Le refoulement est la répression des souvenirs d'enfance, notamment les manifestations érotiques, sous la pression de l'éducation.
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Nous parvenons ici aux mêmes résultats que dans l'étude des rêves, à savoir que ce sont les désirs inéluctables et refoulés de l'enfance qui ont prêté leur puissance à la formation de symptômes sans lesquels la réaction aux traumatismes ultérieurs aurait pris un cours normal. Ces puissants désirs de l'enfant, je les considère, d'une manière générale, comme sexuels. Mais je devine votre étonnement, bien naturel d'ailleurs. — Y a-t-il donc, demanderez-vous, une sexualité infantile ? L'enfance n'est-elle pas plutôt cette période de la vie où manque tout instinct de ce genre ? — À cette question je vous répondrai : Non, l'instinct sexuel ne pénètre pas dans les enfants à l'époque de la puberté (comme, dans l'Évangile, le diable pénètre dans les porcs). L'enfant présente dès son âge le plus tendre les manifestations de cet instinct ; il apporte ces tendances en venant au monde, et c'est de ces premiers germes que sort, au cours d'une évolution pleine de vicissitudes et aux étapes nombreuses, la sexualité dite normale de l'adulte. Il n'est guère difficile de le constater. Ce qui me paraît moins facile, c'est de ne pas l'apercevoir ! Il faut vraiment une certaine dose de bonne volonté pour être aveugle à ce point ! Le hasard m'a mis sous les yeux un article d'un Américain, le Dr Sanford Bell, qui vient à l'appui de mes affirmations. Son travail a paru dans l'American Journal of Psychology en 1902, c'est-à-dire trois ans avant mes Trois Essais sur la théorie de la sexualité. Il a pour titre A preliminary study of the emotion of love between the sexes, et aboutit aux mêmes conclusions que celles que je vous soumettais tout à l'heure. Écoutez plutôt : « The emotion of sexe-love does not make its appearence for first time at the period of adolescence, as has been thought 10 . » L'auteur a travaillé à la manière américaine et a rassemblé près de 2 500 observations positives au cours d'une période de 15 ans ; 800 ont été faites par lui-même. Au sujet des signes par lesquels ces tendances se manifestent, il dit : « The unprejudiced mind in observing these manifestations in hundreds of couples of children cannot escape referring them to sex origin. The most exactingmind is satisfied when to these observations are added the confessions of those who have, as children, experienced the emotion to a marked degree of intensity, and whose memories of children are relalively distinct 11 . » Ceux d'entre vous qui ne veulent pas croire à la sensualité infantile seront particulièrement étonnés que, parmi ces enfants précocement amoureux, un bon nombre sont âgés seulement de 3, 4 ou 5 ans. J'ai réussi moi-même, il y a peu de temps, grâce à l'analyse d'un garçon de cinq ans qui souffrait d'angoisse (analyse que son propre père a faite avec lui selon les règles), à obtenir une image assez complète des manifestations somatiques et des expressions psychiques de la vie amoureuse de l'enfant à l'un des premiers stades. Et mon ami le Dr, C. G. Jung a traité le cas d'une fillette encore plus jeune, qui, à la même occasion que mon malade (naissance d'une petite sœur), trahissait presque les mêmes tendances sensuelles et les mêmes formations de désirs et de complexes. Je ne doute pas que vous vous habituiez à cette idée, d'abord étrange, de la sexualité infantile et je vous cite comme exemple celui du psychiatre de Zurich, M. E. Bleuler, qui, il y a quelques années encore, disait publiquement qu' « il ne comprenait pas du tout mes théories sexuelles », et qui depuis, à la suite de ses propres observations, a confirmé dans toute son étendue l'existence de la sexualité infantile. Si la plupart des individus, médecins ou non, se refusent à l'admettre, je me l'explique sans peine. Sous la pression de l'éducation, ils ont oublié les manifestations érotiques de leur propre enfance et ne veulent pas qu'on leur rappelle ce qui a été refoulé. Leur manière de voir serait tout autre s'ils voulaient prendre la peine de retrouver, par la psychanalyse, leurs souvenirs d'enfance, les passer en revue et chercher à les interpréter. Cessez donc de douter, et voyez plutôt comment ces phénomènes se manifestent dès les premières années 12 .
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Quatrième leçon · bloc 4 · confiance 0.95
Processus par lequel certaines tendances instinctives sont rejetées dans l'inconscient pour éviter la conscience d'un sentiment de dégoût ou de honte, ce qui influence la fixation définitive de la vie sexuelle.
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Mais toutes les composantes instinctives primitives ne sont pas autorisées à prendre part à cette fixation définitive de la vie sexuelle. Avant l'époque de la puberté, sous l'influence de l'éducation, se produisent des refoulements très énergiques de certaine tendances ; et des puissances psychiques comme la honte, le dégoût, la morale, s'établissent en gardiennes pour contenir ce qui a été refoulé. Et, lorsque à la puberté surgit la grande marée des besoins sexuels, ceux-ci trouvent dans ces réactions et ces résistances des digues qui les obligent à suivre les voies dites normales et les empêchent d'animer à nouveau les tendances victimes du refoulement. Ce sont les plaisirs coprophiles de l'enfance, c'est-à-dire ceux qui ont rapport aux excréments ; c'est ensuite l'attachement aux personnes qui avaient été tout d'abord choisies comme objet aimé. Il y a, en pathologie générale, un principe qui nous rappelle que tout processus contient les germes d'une disposition pathologique, en tant qu'il peut être inhibé, retardé ou entravé dans son cours. — Il en est de même pour le développement si compliqué de la fonction sexuelle. Tous les individus ne le supportent pas sans encombre ; il laisse après lui des anomalies ou des dispositions à des maladies ultérieures par régression. Il peut arriver que les instincts partiels ne se soumettent pas tous à la domination des « zones génitales » ; un instinct qui reste indépendant forme ce que l'on appelle une perversion et substitue au but sexuel normal sa finalité particulière. Comme nous l'avons déjà signalé il arrive très souvent que l'auto-érotisme ne soit pas complètement surmonté, ce que démontrent les troubles les plus divers qu'on peut voir apparaître au cours de la vie. L'équivalence primitive des deux sexes comme objets sexuels peut persister, d'où il résultera dans la vie de l'homme adulte un penchant à l'homosexualité, qui, à l'occasion, pourra aller jusqu'à l'homosexualité exclusive. Cette série de troubles correspond à un arrêt du développement des fonctions sexuelles ; elle comprend les perversions et l'infantilisme général, assez fréquent, de la vie sexuelle. La disposition aux névroses découle d'une autre sorte de troubles de l'évolution sexuelle. Les névroses sont aux perversions ce que le négatif est au positif ; en elles se retrouvent, comme soutiens des complexes et artisans des symptômes, les mêmes composantes instinctives que dans les perversions ; mais, ici, elles agissent du fond de l'inconscient ; elles ont donc subi un refoulement, mais ont pu, malgré lui, s'affirmer dans l'inconscient. La psychanalyse nous apprend que l'extériorisation trop forte de ces instincts, à des époques très lointaines, a produit une sorte de fixation partielle qui représente maintenant un point faible dans la structure de la fonction sexuelle. Si l'accomplissement normal de la fonction à l'âge adulte rencontre des obstacles, c'est précisément à ces points où les fixations infantiles ont eu lieu que se rompra le refoulement réalisé par les diverses circonstances de l'éducation et du développement. Peut-être me fera-t-on l'objection que tout cela n'est pas de la sexualité. J'emploie le mot dans un sens beaucoup plus large que l'usage ne le réclame, soit. Mais la question est de savoir si ce n'est pas l'usage qui l'emploie dans un sens beaucoup trop étroit, en le limitant au domaine de la reproduction. On se met dans l'impossibilité de comprendre les perversions ainsi que la relation qui existe entre perversion, névrose et vie sexuelle normale ; on ne parvient pas à connaître la signification des débuts, si facilement observables, de la vie amoureuse somatique et psychique des enfants. Mais, quel que soit le sens dans lequel on se décide, le psychanalyste prend le mot de sexualité dans une acception totale, à laquelle il a été conduit par la constatation de la sexualité infantile. Revenons encore une fois à l'évolution sexuelle de l'enfant. Il nous faut réparer bien des oublis, du fait que nous avons porté notre attention sur les manifestations somatiques plutôt que sur les manifestations psychiques de la vie sexuelle.
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Quatrième leçon · bloc 6 · confiance 0.95
Le choix parmi les instincts partiels de la sexualité qui sont refoulés pendant le développement psycho-sexuel.
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À l'époque où le refoulement fait son choix parmi les instincts partiels de la sexualité, et, plus tard, quand il faut se détacher de l'influence des parents (influence qui a fait les principaux frais de ce refoulement), l'éducateur a de sérieux devoirs, qui, actuellement, ne sont pas toujours remplis avec intelligence. Ces considérations sur la vie sexuelle et le développement psycho-sexuel ne nous ont éloignés, comme il pourrait le paraître, ni de la psychanalyse, ni du traitement des névroses. Bien au contraire, on pourrait définir le traitement psychanalytique comme une éducation progressive pour surmonter chez chacun de nous les résidus de l'enfance. 10 « L'émotion sexuelle n'apparaît pas pour la première fois au cours de l'adolescence, comme on l'a enseigné jusqu'à présent. » 11 « En observant sans aucun parti pris ces manifestations chez cent enfants d'un sexe et cent enfants de l'autre sexe, on ne peut éviter de les ramener à une origine sexuelle. On pourra satisfaire l'esprit le plus critique en rapprochant ces observations de confessions d'individus ayant connu dans leur enfance ce genre d'émotion, avec une certaine intensité et dont les souvenirs sont relativement distincts. » 12 Trois Essais sur la théorie de la sexualité.
Cinq leçons de psychanalyse (1909)
Cinquième leçon · bloc 3 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel les pensées, sentiments ou souvenirs inconscients sont déplacés vers l'inconscient pour éviter la conscience de leur existence.
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J'estime qu'il y a deux principales objections d'ordre intellectuel à opposer aux théories psychanalytiques. Premièrement, on n'a pas l'habitude de déterminer d'une façon rigoureuse la vie psychique ; deuxièmement, on ignore par quels traits les processus psychiques inconscients se différencient des processus conscients qui nous sont familiers. Les critiques les plus fréquentes chez les malades comme chez les personnes en bonne santé se ramènent au second de ces facteurs. On craint de faire du mal par la psychanalyse, on a peur d'appeler à la conscience du malade les instincts sexuels refoulés, comme si cela faisait courir le risque d'une victoire de ces instincts sur les plus hautes aspirations morales. On remarque que le malade a dans l'âme des blessures à vif, mais on redoute d'y toucher, de peur d'augmenter sa souffrance. Adoptons cette analogie. Il y a, certes, plus de ménagement à ne pas toucher aux zones malades si on ne sait qu'aggraver la douleur. Mais le chirurgien ne se refuse pas d'attaquer la maladie dans son foyer même, quand il pense que son intervention apportera la guérison. Personne ne songe à reprocher au chirurgien les souffrances d'une opération, pourvu qu'elle soit couronnée de succès. Il doit en être de même pour la psychanalyse, d'autant plus que les réactions désagréables qu'elle peut momentanément provoquer sont incomparablement moins grandes que celles qui accompagnent une intervention chirurgicale. D'ailleurs, ces désagréments sont bien peu de chose comparés aux tortures de la maladie. Il va sans dire que la psychanalyse doit être exercée selon toutes les règles de l'art. Quant aux instincts qui étaient refoulés et que la psychanalyse libère, est-il à craindre qu'en réapparaissant sur la scène, ils ne portent atteinte aux tendances morales et sociales acquises par l'éducation ? En rien, car nos observations nous ont montré de façon certaine que la force psychique et physique d'un désir est bien plus grande quand il baigne dans l'inconscient que lorsqu'il s'impose à la conscience. On le comprendra si l'on songe qu'un désir inconscient est soustrait à toute influence ; les aspirations opposées n'ont pas de prise sur lui. Au contraire, un désir conscient peut être influencé par tous les autres phénomènes intérieurs qui s'opposent à lui. En corrigeant les résultats du refoulement défectueux, le traitement psychanalytique répond aux ambitions les plus élevées de la vie intellectuelle et morale. Voyons maintenant ce que deviennent les désirs inconscients libérés par la psychanalyse ? Par quels moyens peut-on les rendre inoffensifs ? Nous en connaissons trois. Il arrive, le plus souvent, que ces désirs soient simplement supprimés par la réflexion, au cours du traitement. Ici, le refoulement est remplacé par une sorte de critique ou de condamnation. Cette critique est d'autant plus aisée qu'elle porte sur les produits d'une période infantile du « moi ». Jadis l'individu, alors faible et incomplètement développé, incapable de lutter efficacement contre un penchant impossible à satisfaire, n'avait pu que le refouler. Aujourd'hui, en pleine maturité, il est capable de le maîtriser. Le second moyen, par lequel la psychanalyse ouvre une issue aux instincts qu'elle découvre, consiste à les ramener à la fonction normale qui eût été la leur, si le développement de l'individu n'avait pas été perturbé. Il n'est, en effet, nullement dans l'intérêt de celui-ci d'extirper les désirs infantiles. La névrose, par ses refoulements, l'a privé de nombreuses sources d'énergie psychique qui eussent été fort utiles à la formation de son caractère et au déploiement de son activité. Nous connaissons encore une issue, meilleure peut-être, par où les désirs infantiles peuvent manifester toutes leurs énergies et substituer au penchant irréalisable de l'individu un but supérieur situé parfois complètement en dehors de la sexualité : c'est la sublimation . Les tendances qui composent l'instinct sexuel se caractérisent précisément par cette aptitude à la sublimation : à leur fin sexuelle se substitue un objectif plus élevé et de plus grande valeur sociale.
Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)
I. · bloc 12 · confiance 0.95
Processus inconscient par lequel les pulsions inacceptables sont rejetées ou réprimées, comme dans la position singulière de l'acte sexuel représentée par Léonard.
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« La poitrine de la femme présente deux défauts : du point de vue artistique le spectacle disgracieux d’une gorge flasque et pendante ; du point de vue anatomique, elle constitue un témoignage de l’aversion de Léonard pour les choses sexuelles, qui empêcha Léonard l’investigateur d’observer, fût-ce une seule fois, le mamelon d’une femme qui allaite. L’eût-il fait, il aurait remarqué par le lait sort par plusieurs conduits séparés les uns des autres. Mais Léonard dessina un seul conduit, qui s’enfonce loin dans la cavité abdominale et probablement, d’après lui, doit tirer le lait de la citerne du chyle, peut-être même être en rapport avec les organes sexuels. Sans doute faut-il tenir compte de ce que l’étude des organes internes de l’homme était en ce temps entravée, la dissection des cadavres étant regardée comme une profanation des morts et sévèrement punie. Léonard, qui ne possédait qu’un matériel de dissection très restreint, a-t-il soupçonné l’existence d’un réservoir lymphatique dans l’abdomen ? On peut se le demander, bien que dans son dessin se trouve un espace creux qu’on pourrait interpréter dans ce sens. Léonard voulut peut-être, en faisant descendre plus bas encore le conduit du lait, jusqu’aux organes sexuels internes, représenter, par un rapport anatomique sensible, le synchronisme qui existe entre le début de la lactation et la fin de la grossesse. Mais nous aurons beau vouloir excuser les connaissances anatomiques déficientes de l’artiste par les conditions du temps, il n’en reste pas moins que Léonard a négligé de s’occuper justement des organes féminins. On peut bien reconnaître le vagin et une indication du col de l’utérus, mais l’utérus lui-même est dessiné très confusément. « Léonard a, par contre, bien plus correctement représenté l’organe mâle. Il ne s’est pas contenté, par exemple, de dessiner le testicule, mais a mis en place aussi l’épididyme. « La position dans laquelle Léonard fait accomplir le coït est des plus singulières. Il existe des tableaux, des dessins d’artistes illustres représentant le coitus a tergo, a latere, etc. Mais la représentation de l’acte sexuel debout, dans cette position solitaire, presque grotesque, implique un refoulement sexuel très énergique. Qui veut jouir a soin d’ordinaire de se mettre aussi à l’aise que possible. Ainsi des deux instincts primordiaux : la faim et l’amour. La plupart des peuples antiques prenaient couchés leurs repas, et pour le coït nous nous étendons encore aujourd’hui d’ordinaire, comme le faisaient nos aïeux. Ainsi s’exprime la volonté de demeurer longtemps dans la position souhaitée. « De plus, les traits féminins de la tête d’homme manifestent un état de défense et de mauvaise humeur. Les sourcils sont froncés, le regard se détourne avec crainte, les lèvres sont serrées et leurs coins tirés en bas. Ce visage ne laisse en vérité reconnaître ni la volupté de l’acte d’amour, ni la félicité des vœux exaucés ; il n’exprime que mauvaise humeur et dégoût. « Mais Léonard a fait la plus grande faute de dessin dans les extrémités inférieures. Le pied de l’homme devrait en effet être le droit, car Léonard ayant représenté l’acte sexuel en coupe sagittale, c’est le pied gauche de l’homme qui devrait se trouver au-dessus du plan de la figure, et inversement, pour la même raison, le pied de la femme devrait être le gauche. De fait, Léonard a confondu les pieds de l’homme et de la femme. L’homme possède un pied gauche, la femme un pied droit. On s’oriente aisément dans cette confusion quand on réfléchit que les gros orteils appartiennent au côté interne des pieds. « De ce dessin anatomique seul on eût pu conclure au refoulement presque déconcertant de la libido du grand artiste et investigateur. » On a d’ailleurs critiqué cet exposé de Reitler, reprochant à celui-ci d’avoir tiré de trop graves conclusions d’une esquisse hâtive, dont il ne serait pas même avéré que les diverses parties aillent ensemble ( N. d. A.). L. Beltrami ( I primi risultati délia pubblicazione « Anatomia di Windsor », dans Miscellanea Vinciana, Milan, décembre 1923) a attaqué vivement ces conclusions de Reitler.
Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)
III. · bloc 4 · confiance 0.95
Processus par lequel un individu repousse inconsciemment des pensées, sentiments ou souvenirs considérés comme inacceptables.
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Le fantasme d’enfance de Léonard renferme encore bien des traits obscurs. Le plus frappant est donc d’avoir transformé la succion du sein maternel en l’acte « d’être allaité », c’est-à-dire en un acte passif évoquant une situation de caractère franchement homosexuel. Si nous tenons compte de la vraisemblance historique suivant laquelle Léonard se comporta toute sa vie sentimentalement en homosexuel, la question se pose : ce fantasme n’a-t-il pas trait à quelque lien causal entre les rapports de Léonard enfant avec sa mère et son ultérieure homosexualité, manifeste bien que platonique ? Nous n’oserions pas conclure à un tel rapport rien que d’après la réminiscence déformée de Léonard, si l’examen psychanalytique de sujets homosexuels ne nous avait déjà montré qu’un tel rapport existe et qu’il est même intime et nécessaire. Les homosexuels ont entrepris de nos jours une campagne énergique contre les entraves apportées par la loi 49 à leur activité sexuelle, et aiment à se poser, par la voix de leurs théoriciens, en variété sexuelle à part dès l’origine, degré sexuel intermédiaire, « troisième sexe ». Ils seraient, disent-ils, des hommes dont les conditions organiques, déterminées dès le germe, sont telles qu’elles leur imposent la satisfaction avec l’homme et la leur interdisent avec la femme. Il sera aussi aisé, par humanité, de souscrire à leurs réclamations que malaisé d’accepter leurs théories, édifiées sans tenir aucun compte de la genèse psychique de l’homosexualité. La psychanalyse nous offre un moyen de combler cette lacune et de mettre à l’épreuve les affirmations des homosexuels. Elle n’a encore pu remplir cette mission que chez un nombre restreint de personnes, mais toutes les recherches entreprises jusqu’à présent ont donné le même surprenant résultat 50 . Chez tous nos homosexuels hommes, nous avons retrouvé, dans la toute première enfance, période oubliée ensuite par le sujet, un très intense attachement érotique à une femme, à la mère généralement, attachement provoqué ou favorisé par la tendresse excessive de la mère elle-même, ensuite renforcé par un effacement du père de la vie de l’enfant. Sadger fait ressortir que les mères de ces patients homosexuels furent souvent des femmes virilisées, d’un caractère très énergique, capables de supplanter le père dans la place lui revenant au sein de la famille. J’ai observé parfois la même chose, mais ai été frappé davantage par les cas où le père manqua dès l’origine ou disparut précocement de la vie de l’enfant, de sorte que celui-ci se trouva abandonné à l’influence féminine. Il semblerait presque que la présence d’un père énergique assurât au fils le juste choix de l’objet pour le sexe opposé 51 . Après ce premier stade se produit un changement, dont le mécanisme nous est connu, bien que nous ignorions encore les forces qui le produisent. L’amour pour la mère ne peut pas suivre le cours du développement conscient ultérieur et tombe sous le coup du refoulement. Le petit garçon refoule son amour pour sa mère, en se mettant lui-même à sa place, en s’identifiant à elle, et il prend alors sa propre personne comme l’idéal à la ressemblance duquel il choisit ses nouveaux objets d’amour. Il est ainsi devenu homosexuel, mieux, il est retourné à l’autoérotisme, les garçons, que le garçon grandissant aime désormais, n’étant que des personnes substituées et des éditions nouvelles de sa propre personne enfantine. Et il les aime à la façon dont sa mère l’aima enfant. Nous disons alors qu’il choisit les objets de ses amours suivant le mode du narcissisme, d’après la légende grecque du jeune Narcisse à qui rien ne plaisait autant que sa propre image reflétée dans l’eau, et qui fut métamorphosé en la belle fleur du même nom. Des considérations psychologiques plus profondes justifient l’assertion que l’homosexuel, devenu tel par ce mécanisme, reste fixé, dans son inconscient, à l’image-souvenir de sa mère. Par le refoulement même de son amour pour elle, il conserve intact cet amour dans son inconscient et lui demeure dès lors fidèle. Quand il semble poursuivre en amant de jeunes garçons, il fuit en réalité les autres femmes, qui pourraient le rendre infidèle.
Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)
III. · bloc 5 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel un individu repousse inconsciemment des pensées, sentiments ou souvenirs inacceptables pour lui, conservant ainsi intact l'amour dans son inconscient.
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Par le refoulement même de son amour pour elle, il conserve intact cet amour dans son inconscient et lui demeure dès lors fidèle. Quand il semble poursuivre en amant de jeunes garçons, il fuit en réalité les autres femmes, qui pourraient le rendre infidèle. Nos observations particulières nous ont aussi permis de le démontrer : ceux qui semblent sensibles au charme mâle seul sont soumis en réalité à l’attirance émanant de la femme tout comme les hommes normaux ; mais ils se hâtent chaque fois de transférer à un sujet mâle l’excitation née de la femme, et reproduisent ainsi toujours à nouveau le mécanisme par lequel ils ont acquis leur homosexualité. Loin de nous la pensée d’exagérer l’importance de ces explications sur la genèse psychique de l’homosexualité. Elles contredisent de façon manifeste et absolue les théories officielles professées par les homosexuels, mais nous les savons insuffisamment amples pour permettre une solution définitive de tout le problème. Ce que nous dénommons, pour raison de commodité, en bloc, homosexualité, résulte peut-être de processus divers d’inhibition psychosexuelle et le processus que nous avons mis à jour n’est peut-être qu’un entre plusieurs, et en rapport avec un type donné « d’homosexualité ». Nous devons aussi le reconnaître : le nombre des cas où l’on peut déceler les conditions requises par nous pour ce type homosexuel dépasse de beaucoup celui où apparaît réellement l’effet dérivé d’elles, de sorte que nous ne pouvons écarter l’action concomitante de facteurs constitutionnels inconnus, ceux dont on a d’ordinaire coutume de faire dériver toute l’homosexualité. Nous n’aurions d’ailleurs pas eu à nous appesantir sur la genèse psychique de cette forme d’homosexualité, si nous n’avions fortement soupçonné justement Léonard, dont le fantasme au vautour fut notre point de départ, d’appartenir à ce type d’homosexuels. Quelque peu connue que soit la vie sexuelle du grand artiste et investigateur, ses contemporains ne semblent pas s’être trompés, en gros, dans ce qu’ils en disent. À la lumière de la tradition, il nous apparaît comme un homme dont les besoins et l’activité sexuels furent extraordinairement réduits : on eût dit que des aspirations plus hautes l’avaient élevé au-dessus des vulgaires nécessités animales propres aux autres hommes. La question peut demeurer sans réponse : Léonard a-t-il jamais, et de quelle manière, recherché la satisfaction sexuelle directe, ou bien sut-il s’en passer totalement ? Nous n’en avons pas moins le droit de rechercher en lui ces courants sensitifs qui poussent impérieusement les autres hommes à l’acte sexuel. Car nous ne pouvons croire qu’il existe une seule vie psychique humaine à la structure de laquelle le désir sexuel au plus large sens du mot, la libido, n’ait pas eu sa part, quelque loin du but initial de celui-ci ou de toute réalisation pratique que se soit écoulée cette vie. On ne peut s’attendre à rencontrer, chez Léonard, en matière d’inclination sexuelle non transformée, autre chose que des traces. Mais celles-ci marquent toutes la même direction et permettent de compter Léonard au nombre des homosexuels. On a de tout temps remarqué qu’il prit comme élèves rien que des garçons et des jeunes gens d’une beauté frappante. Il était bon et indulgent envers eux, s’occupait d’eux, les soignait lui-même, quand ils tombaient malades, comme une mère soigne ses enfants, et comme sa propre mère dut le choyer lui-même. Les ayant choisis pour leur beauté, non pour leur talent, aucun d’eux (Cesare da Sesto, G. Boltraffio, Andréa Salaino, Francesco Melzi, etc.) ne devint un peintre notable. Le plus souvent ils n’arrivèrent même pas à se rendre indépendants du Maître ; ils disparurent, après sa mort, sans laisser dans l’histoire de l’art une physionomie distincte. Ceux qui, d’après leur œuvre, étaient en droit de s’intituler ses élèves, tels Luini et Bassi, dit Le Sodoma, il ne les a sans doute pas personnellement connus. On nous objectera, nous le savons, que l’attitude de Léonard envers ses élèves n’a absolument rien à faire avec des mobiles d’ordre sexuel et n’autorise aucune conclusion sur les caractères particuliers de sa sexualité.
Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)
III. · bloc 8 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel des sentiments intenses sont déplacés de la conscience vers l'inconscient, ce qui les rend inaccessibles à la conscience mais peut les faire réapparaître sous une forme altérée ou obsessionnelle.
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Ce compte des frais d’enterrement nous met en face de la manifestation, déformée jusqu’à être méconnaissable, de la douleur qui le frappa quand mourut sa mère. On peut s’étonner qu’une telle déformation puisse avoir lieu, et nous ne pouvons d’ailleurs pas la concevoir du point de vue des processus psychiques normaux. Mais nous connaissons des façons d’être semblables propres aux états anormaux des névroses, en particulier de la névrose obsessionnelle. Là aussi nous voyons l’extériorisation de sentiments intenses, mais devenus inconscients de par le refoulement, transposée à des actes insignifiants, voire ineptes. Les forces adversaires de ces sentiments refoulés sont parvenues à tellement en dégrader l’expression que l’on pourrait attribuer à ces sentiments une intensité très faible, mais dans l’impérieuse compulsion avec laquelle s’imposent les petites actions symptomatiques se trahit la véritable puissance des émois enracinés dans l’inconscient, que la conscience voudrait désavouer. Seule une telle analogie avec la névrose obsessionnelle peut expliquer les comptes tenus par Léonard des frais d’enterrement de sa mère. Dans l’inconscient, il lui était resté attaché comme au temps de l’enfance par une inclination de nuance érotique : l’énergie contraire du refoulement, plus tard survenu, ne permettait pas que lui fût érigé, à cet amour infantile, dans le journal de Léonard, un plus digne monument commémoratif ; mais le compromis, résultat transactionnel de ce conflit, devait être réalisé, et ainsi fut inscrit ce compte passé à la postérité sous forme d’énigme. On peut sans trop de hardiesse se risquer maintenant à interpréter, par la même clef, et le compte des funérailles maternelles et ceux relatifs aux dépenses pour les élèves. Là encore nous devons nous trouver en présence d’un cas où les rares vestiges des émois érotiques de Léonard furent contraints de s’exprimer sur un mode altéré et obsessionnel. La mère et les élèves, images idéales de sa propre beauté enfantine, auraient été les objets de l’amour sexuel de Léonard, si tant est que le refoulement sexuel déterminant sa personnalité permette une telle désignation, et la compulsion qui forçait Léonard à noter, avec une minutie pénible, les dépenses faites pour ses élèves serait l’aveu déconcertant de ces conflits rudimentaires. Ainsi la vie sentimentale de Léonard appartiendrait vraiment à ce type d’homosexualité, dont nous avons mis à jour le développement psychique, et la forme homosexuelle de son fantasme au vautour nous deviendrait compréhensible. Car il ne signifierait rien autre que ce que nous avons déjà avancé par rapport à ce type. Telle en serait la traduction : Par cette relation érotique à ma mère, je suis devenu un homosexuel 61 . 44 Voir les reproductions dans l’ouvrage de Lanzone, op. cit., t. CXXXVI-VIII. 45 Voir Römer, op. cit. 46 Cf. les observations reproduites dans Jahrbuch für psychoanalytische und psychopathologische Forschungen, dans Internationale Zeitschrift für ärztliche Psychoanalyse et dans Imago. 47 Nous entrevoyons ici une des raisons de l’antisémitisme des peuples occidentaux, aussi spontané chez ces peuples qu’irrationnel dans ses manifestations. La circoncision est considérée par l’inconscient des hommes comme un équivalent de la castration. Appliquant nos hypothèses aux temps primitifs de l’humanité, nous sommes amenés à supposer que la circoncision fut à l'origine une atténuation, une rançon de la castration. 48 Cf. Richard Payne Knight, Le Culte du priape, traduit de l’anglais, Bruxelles, 1883. 49 Dans certains pays (N. d. T.). 50 Principalement celles de I. Sadger, que mon expérience personnelle a confirmées. Je sais d’autre part que W. Stekel, à Vienne, et S. Ferenczi, à Budapest, sont arrivés aux mêmes résultats. 51 La recherche psychanalytique a apporté à la compréhension de l’homosexualité deux faits indubitables, sans croire pour cela avoir épuisé l’étiologie de cette aberration sexuelle.
Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)
VI. · bloc 2 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel les pulsions inconscientes sont déplacées vers l'inconscient pour éviter la conscience, ce qui permet à Léonard de vivre dans la continence et faire l'impression d'un homme asexué.
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Il nous est donc permis de résumer ici ce que nous avons pu deviner concernant le cours de son développement psychique. Nous ne savons rien de ses antécédents héréditaires, par contre nous avons reconnu quelle profonde et troublante action exercèrent sur lui les circonstances accidentelles de son enfance. Sa naissance illégitime le soustrayait jusqu’à la cinquième année peut-être à l’influence de son père, et en fit la proie de la tendre séduction d’une mère dont il était l’unique consolation. Trop tôt mûri sexuellement par ses baisers passionnés, il dut entrer dans une phase d’activité sexuelle infantile, dont nous n’avons de témoignages sûrs que sur un seul point : l’intensité de son investigation sexuelle infantile. L’instinct de voir et l’instinct de savoir sont élevés par ses premières impressions à la plus haute puissance ; la zone érogène buccale reçoit une empreinte qui ne s’efface plus. L’attitude ultérieure de Léonard, telle sa pitié excessive envers les animaux, permet de conclure, par contraste, à l’existence de puissantes tendances sadiques dans sa première enfance. Une énergique poussée de refoulement met fin à ces excès de l’instinct dans l’enfance et détermine les dispositions qui se manifesteront à la puberté. L’aversion pour toute activité sensuelle réelle sera le résultat le plus évident de cette métamorphose ; Léonard pourra vivre dans la continence et faire l’impression d’un homme asexué. Quand les orages de la puberté surviendront, ils ne rendront cependant pas l’adolescent malade, le contraignant, comme ils feraient chez d’autres refoulés, à des formations substitutives coûteuses et préjudiciables ; la plus grande partie des besoins érotiques pourra, grâce à la précoce prédominance de la curiosité sexuelle, se sublimer en soif universelle de savoir, et ainsi échapper au refoulement. Une bien plus faible part de la libido restera orientée vers des fins sexuelles et représentera la vie sexuelle atrophiée de l’adulte. Le refoulement de l’amour infantile de Léonard pour sa mère contraindra cette faible part de la libido à prendre la forme homosexuelle et à s’extérioriser en amour platonique pour les garçons. La fixation à la mère et aux souvenirs délicieux du commerce avec elle est conservée dans l’inconscient, mais y demeure momentanément inactive. Ainsi le refoulement, la fixation et la sublimation se partagent les apports faits par l’instinct sexuel à la vie psychique de Léonard. Léonard émerge pour nous, hors la pénombre lointaine de ses premières années, déjà artiste, peintre et sculpteur, grâce à un don inné, que le précoce éveil en lui, dès la première enfance, des tendances visuelles, dut venir renforcer. Nous aimerions pouvoir dire comment l’activité artistique se laisse ramener aux instincts psychiques primitifs, si justement ici les moyens ne venaient à nous manquer. Nous nous contenterons de constater ce fait désormais indubitable : le travail créateur d’un artiste est en même temps une dérivation de ses désirs sexuels. Et nous nous rappellerons ce que dit Vasari des premiers essais d’art de Léonard : têtes de femmes souriantes et beaux petits garçons, c’est-à-dire représentations des premiers objets auxquels se fixa sa sexualité. Dans le premier éclat de la jeunesse, Léonard semble d’abord travailler sans entraves. En ce temps où, dans sa vie extérieure, il prend pour modèle son père, à Milan où la faveur du destin lui fait rencontrer en Ludovic le More une image du père, Léonard connaît une époque de virile force créatrice et de productivité artistique. Mais bientôt se vérifie en lui le fait d’expérience qu’une répression presque totale de la vie sexuelle réelle ne crée pas les conditions les plus favorables à l’exercice des tendances sexuelles sublimées. La vie sexuelle réelle se manifeste une fois de plus comme le modèle de toutes les autres fonctions, l’activité et l’esprit de décision commencent à être frappés de paralysie, la tendance au ressassement et à l’indécision se fait déjà sentir dans la Cène, et scelle, par son influence désastreuse sur la technique, le destin de l’œuvre grandiose.
Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910)
VI. · bloc 4 · confiance 0.95
Processus psychique par lequel un individu repousse inconsciemment des pensées, sentiments ou souvenirs indésirables vers l'inconscient.
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Nous devons tracer les frontières générales qui s’imposent à la psychanalyse dans le domaine de la biographie, et ceci, afin que tout ce qui échappa ici à l’explication ne nous soit pas imputé à insuccès. La recherche psychanalytique dispose comme matériel des données biographiques suivantes : d’une part, hasard des événements et influence du milieu ; de l’autre, réactions connues d’un individu donné. S’appuyant sur sa connaissance des mécanismes psychiques, elle cherche à fonder dynamiquement la personnalité de l’individu d’après ses réactions, à dévoiler aussi bien ses forces psychiques primitives que leurs transformations et développements ultérieurs. Cela lui réussit-il, alors l’attitude, dans la vie, d’une personnalité donnée s’explique par le concours de la constitution et du destin, des forces internes et des puissances externes. Et lorsqu’une telle tentative, comme c’est peut-être le cas pour Léonard, ne donne pas de résultats certains, la faute n’en est pas à la méthode de la psychanalyse, à ses défauts, à ses insuffisances, mais à l’incertitude et aux lacunes des documents que nous possédons sur cette personnalité. Seul est alors responsable de l’insuccès l’auteur qui voulut contraindre la psychanalyse à émettre un jugement sur des pièces aussi insuffisantes. Mais même en possession de la plus ample documentation historique et du maniement certain de tous les mécanismes psychiques, l’investigation psychanalytique en deux points importants resterait impuissante à rendre compte de la nécessité qui commanda à un être de devenir ce qu’il fut et de ne devenir rien d’autre. Nous avons dû admettre que, chez Léonard, le hasard de sa naissance illégitime et l’excessive tendresse de sa mère exercèrent l’influence la plus décisive sur la formation de son caractère et sur sa destinée, le refoulement survenu après cette phase d’enfance ayant conditionné et la sublimation de la libido en soif de savoir et l’inactivité sexuelle de toute sa vie. Mais ce refoulement après les premières satisfactions érotiques de l’enfance aurait pu ne pas avoir lieu ; il n’aurait peut-être pas eu lieu chez un autre individu ou eût pu avoir bien moins d’amplitude. Il nous faut reconnaître ici une marge de liberté que la psychanalyse reste impuissante à réduire. De même, le résultat de cette poussée de refoulement ne peut être considéré comme le seul possible. Une autre personne n’aurait sans doute pas réussi à soustraire la plus grande partie de sa libido au refoulement, par la sublimation en soif de savoir. Soumise aux mêmes influences que Léonard, elle aurait subi soit un durable préjudice au travail de la pensée, soit une prédisposition indomptable à la névrose obsessionnelle. La psychanalyse reste donc impuissante à expliquer ces deux particularités de Léonard : sa tendance extrême au refoulement des instincts et son extraordinaire capacité à la sublimation des instincts primitifs. Les instincts et leurs métamorphoses sont la chose dernière que la psychanalyse puisse connaître. À partir de cette frontière, elle doit céder le terrain à l’investigation biologique. La tendance au refoulement et la capacité de sublimation doivent être rapportées aux bases organiques du caractère, bases sur lesquelles ensuite s’élève l’édifice psychique. Le don artistique et la capacité de travail étant intimement liés à la sublimation, nous devons avouer que l’essence de la fonction artistique nous reste aussi, psychanalytiquement, inaccessible. L’investigation biologique contemporaine tend à expliquer les traits essentiels de la constitution organique humaine par le mélange de dispositions mâles et femelles, au sens matériel ; la beauté physique de Léonard et le fait qu’il fut gaucher donneraient à cette thèse des points d’appui. Mais ne quittons pas le terrain purement psychologique. Notre but est de démontrer le rapport existant entre les événements extérieurs et les réactions individuelles par la voie de l’activité instinctive. Si la psychanalyse ne nous explique pas pourquoi Léonard fut un artiste, elle nous fait du moins comprendre les manifestations et les limitations de son art.