Sigmund Freud Esquisse d’une psychologie scientifique 1 1 Freud n’avait donné aucun titre à cet essai. Dans ses lettres, il parle de « notes » ou de « psychologie ». [Il fait aussi mention de « psychologie à l’usage des neurologues » et de « φψω ».]
Esquisse d’une psychologie scientifique
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Table des matières Avant-propos de l’éditeur Première partie Introduction I. Première notion fondamentale II. Seconde notion fondamentale III. Les barrières de contact IV. Le point de vue biologique V. Le problème de la quantité VI. La douleur VII. Le problème de la qualité VIII. L’état conscient IX. Le fonctionnement de l’appareil X. Les voies de conduction ψ XI. L’épreuve de la satisfaction XII. L’épreuve de la souffrance XIII. Affects et états de désir XIV. Premières notions du « moi » XV. Les processus primaire et secondaire en ψ XVI. La pensée cognitive et reproductive XVII. Mémoire et jugement XVIII. Pensée et réalité XIX. Processus primaires. Sommeil et rêves XX. L’analyse des rêves 38 XXI. La conscience dans le rêve Deuxième partie. Psychopathologie Psychopathologie de l’hystérie I. L’obsession hystérique II. Genèse de l’obsession hystérique III. La défense pathologique IV. Le πρώτον ψεύδος hystérique [Premier mensonge] V. Les déterminantes de πρώτον ψεύδος ύοτ [Premier mensonge hystérique] VI. Troubles de la pensée provoqués par des affects Troisième partie. Essai d’exposé de processus ψ normaux I. II. III. IV. Annexes I. Bibliographie des œuvres de Freud citées dans cet ouvrage II. Index bibliographique des œuvres citées autres que celles de freud III. Index général
Avant-propos de l’éditeur Le manuscrit qui suit a été écrit durant l’automne de 1895. La Première et la Deuxième Partie (pp. 1 et 1 ) ont été commencées par Freud, dans le train, au retour d’une rencontre avec Fliess (lettre du 23-9-95). Une partie du manuscrit a été écrite au crayon depuis la fin du chapitre II de la Première Partie. Ces deux chapitres ont été achevés le 25 septembre (voir la date au début du chapitre III). La Troisième Partie a été commencée le 5 octobre 1895. C’est le 8 octobre que les trois parties furent envoyées à Fliess. Dans une IVe Partie, Freud se proposait d’étudier la psychologie du refoulement qu’il considérait comme le « fond même de l’énigme », mais ce chapitre ne fut évidemment jamais terminé. En étudiant cette question, Freud vit se renforcer ses doutes relatifs à la valeur des vues énoncées dans l’Esquisse. Ces hésitations le saisirent peu après qu’il eût achevé le travail entrepris avec tant d’enthousiasme. Dès le 29 novembre 1895 (lettre 36), Freud se montre sceptique : « L’état d’esprit dans lequel j’ai conçu la psychologie m’est devenu étranger », écrit-il. Dans sa lettre du 1er janvier 1896, il tente une révision de ses hypothèses relatives aux rapports réciproques des trois sortes de neurones et explique, en particulier, le rôle des « neurones de perception ». Un peu plus d’un an après la rédaction de l’Esquisse, ses conceptions s’étaient à tel point développées qu’il put donner de l’appareil psychique une description à peu près semblable à celle que l’on trouve dans L’Interprétation des rêves (chap. VII) (lettre 52 du 6 décembre 1896). Dès lors, Freud cessa de s’intéresser aux tentatives faites pour représenter l’appareil psychique en langage de neuro-physiologie. Quelques années plus tard, il fit allusion, dans les termes suivants, à l’échec de ses efforts dans ce sens : « Toutes les recherches ont irréfutablement prouvé que l’activité psychique est liée au fonctionnement du cerveau plus qu’à celui de n’importe quel autre organe. » Et un peu plus loin, il ajoute : « On ignore jusqu’où peut nous entraîner la découverte de l’inégale importance des diverses parties du cerveau et de leurs relations particulières avec certaines zones du corps et certaines activités intellectuelles. Toutes les tentatives que l’on a faites pour déduire de ces faits une localisation des processus mentaux, tous les efforts tendant à représenter les idées comme emmagasinées dans les cellules nerveuses et cheminant le long des fibres nerveuses, ont totalement échoué » (Freud, Métapsychologie, 1915 e). Les recherches récentes relatives à la physiologie du cerveau ont, dans l’ensemble, abouti aux mêmes conclusions. (Voir à ce sujet le beau travail de E. D. Adrian sur « Les origines mentales et physiques du comportement » (1946).) Mais en ce qui concerne la physiologie du cerveau, l’Esquisse est fort riche en hypothèses psychologiques concrètes, en idées théoriques générales et en suggestions diverses. Un grand nombre de ces idées, après avoir subi les modifications nécessitées par l’abandon de la tentative physiologique, se retrouvent dans les écrits ultérieurs de Freud et quelques-unes d’entre elles se rangent parmi les éléments permanents des hypothèses psychanalytiques. D’autres parties de l’Esquisse (comme, par exemple, la façon de concevoir la psychologie des phénomènes intellectuels, pp. 1 et suiv.) ont été plus négligées dans les autres publications de Freud, encore que certaines idées qui se trouvent ici développées puissent sans difficulté être intégrées dans le système des hypothèses psychanalytiques. Parmi les œuvres de Freud, c’est dans L’Interprétation des rêves que l’on découvre la suite immédiate de l’Esquisse. Mais la description de la nature de l’appareil psychique donnée dans le Septième Chapitre de cet ouvrage n’atteint pas, tout au moins en un point, les idées exprimées dans l’Esquisse, Freud n’étant pas arrivé à expliquer entièrement, dans L’Interprétation des rêves, la position occupée par la fonction perceptive.
Parmi les œuvres de Freud, c’est dans L’Interprétation des rêves que l’on découvre la suite immédiate de l’Esquisse. Mais la description de la nature de l’appareil psychique donnée dans le Septième Chapitre de cet ouvrage n’atteint pas, tout au moins en un point, les idées exprimées dans l’Esquisse, Freud n’étant pas arrivé à expliquer entièrement, dans L’Interprétation des rêves, la position occupée par la fonction perceptive. (Voir à ce sujet le Complément métapsychologique à la Science des rêves, 1917 d.) Seule l’hypothèse relative à la structure psychique, telle qu’elle a été formulée dans Le Moi et le Ça (1923 b ) a, depuis, permis de résoudre ce problème. Mais on voit déjà se dessiner cette évolution dans l’Esquisse et cela grâce à la conception justifiée de l’hypothèse sur l’organisation du moi « perpétuellement investi », hypothèse que Freud reprit après un intervalle de trente ans. À l’époque où Freud écrivit son Esquisse, il s’intéressait surtout aux questions de neurophysiologie. Après l’échec des hypothèses relatives à ces problèmes, il abandonna aussi temporairement l’étude d’autres sujets, particulièrement en ce qui concernait le moi dont il a dit, dans l’Esquisse, qu’il se rattachait à un groupe de neurones bien déterminé. Immédiatement après l’Esquisse, Freud fut amené à s’intéresser à d’autres questions. Revenu aux travaux cliniques, il va mettre au premier plan l’étude des névroses et la découverte décisive qu’il fait en automne 1895 se rapporte aux distinctions à établir dans la névrose obsessionnelle et l’hystérie, entre les facteurs génétiques (lettre 34, etc.) Afin de faciliter au lecteur la compréhension des idées extrêmement condensées exposées dans ce travail, nous le faisons précéder d’une table des matières. Lorsque l’exposé d’un sujet donné reste inachevé, nous indiquons quelle suite lui a plus tard été donnée 2 . 2 Nous avons jugé utile d’insérer également les notes que le traducteur anglais a ajoutées au travail. Ces notes se trouvent entre parenthèses, à angles droits. (N. d. la T.)
Première partie Introduction Dans cette Esquisse, nous avons cherché à faire entrer la psychologie dans le cadre des Sciences naturelles, c’est-à-dire à représenter les processus psychiques comme des états quantitativement déterminés de particules matérielles distinguables, ceci afin de les rendre évidents et incontestables. Ce projet comporte deux idées principales : 1) Ce qui distingue l’activité du repos est d’ordre quantitatif. La quantité (Q) se trouve soumise aux lois générales du mouvement. 2) Les particules matérielles en question sont les neurones. N et Qή [neurones et quantité] 3 . Les expériences de ce genre sont maintenant fréquentes 4 . I. Première notion fondamentale Le concept de quantité Ce concept découle directement des observations cliniques de pathologie, surtout dans les cas de « représentations hyperintenses » (comme dans l’hystérie et dans la névrose obsessionnelle où, nous le verrons, le caractère quantitatif est plus marqué que chez les normaux) (voir IIe Partie, pp. 1 et suiv.). Des processus tels que ceux de l’excitation, de la substitution, de la conversion et de la décharge, qui se rattachent à ces troubles, nous font concevoir que les excitations neuroniques sont des quantités mouvantes 5 . Il nous a semblé permis de généraliser les faits ainsi reconnus. En partant de là, nous avons pu poser un principe fondamental, relatif à l’activité des neurones, par rapport à la quantité (Q), principe qui, nous l’espérions, éclairerait bien la question puisqu’il semblait embrasser l’ensemble de la fonction [neuronique] et que nous appelons principe de l’inertie des neurones ; d’après cela, les neurones tendent à se débarrasser des quantités (Q) et, en l’admettant, il devient possible de comprendre la structure et le développement des neurones aussi bien que leurs fonctions. Le principe d’inertie fait d’abord comprendre la division des neurones en deux classes : les moteurs et les sensibles, division qui contrecarre la réception des quantités (Qή) en s’en débarrassant. Le mouvement réflexe s’explique ainsi : c’est un moyen de décharge de ces quantités et le principe d’inertie nous en donne le motif. En regardant un peu en arrière, nous pouvons relier le système neuronique (héritier de l’excitabilité protoplasmique générale) à la surface extérieure irritable du protoplasme, cette surface étant interrompue par de larges bandes [de substance] non irritable 6 . Un système neuronique primaire ayant ainsi acquis une certaine quantité (Qή) va pouvoir, par la voie menant au mécanisme musculaire, se décharger et se maintenir par là en état de non-excitation. Le processus de décharge constitue la fonction primaire du système neuronique. Ici va pouvoir se développer une fonction secondaire. En effet, parmi les diverses méthodes de décharge, certaines sont préférées et maintenues parce qu’elles impliquent une cessation des excitations, la fuite, par exemple. Il s’établit ici un équilibre entre la quantité d’excitation et l’effort qu’exige la fuite devant cette dernière ; il s’ensuit que le principe d’inertie ne se trouve pas perturbé en pareil cas. Mais en tout premier lieu, le principe d’inertie se trouve bouleversé par d’autres circonstances. À mesure que s’accroît la complexité interne de l’organisme, le système neuronique reçoit des stimuli provenant des éléments somatiques eux-mêmes, des stimuli endogènes qui tendent aussi à se décharger. Ils prennent naissance dans les cellules du corps et provoquent les grands besoins : la faim, la respiration, la sexualité. L’organisme ne peut leur échapper comme il le fait pour les stimuli extérieurs ; il n’est pas en mesure d’employer leur quantité (Q) pour les fuir. Les excitations ne cessent que si des conditions bien déterminées se trouvent réalisées dans le monde extérieur (par exemple dans le cas du besoin de nourriture). Pour exécuter l’acte [capable de fournir ces conditions] et pouvant être qualifié de spécifique, il faut un effort indépendant des quantités endogènes (Qή) et généralement plus grand qu’elles, puisque l’individu est soumis à certaines conditions que l’on peut appeler urgence de la vie.
Les excitations ne cessent que si des conditions bien déterminées se trouvent réalisées dans le monde extérieur (par exemple dans le cas du besoin de nourriture). Pour exécuter l’acte [capable de fournir ces conditions] et pouvant être qualifié de spécifique, il faut un effort indépendant des quantités endogènes (Qή) et généralement plus grand qu’elles, puisque l’individu est soumis à certaines conditions que l’on peut appeler urgence de la vie. En conséquence, le système neuronique se voit obligé de renoncer à sa tendance originelle à l’inertie, c’est-à-dire à sa tendance au niveau = 0. Il doit apprendre à supporter une quantité emmagasinée (Qή) qui suffise à satisfaire les exigences d’un acte spécifique. Suivant la façon dont il le fait, cependant, la même tendance persiste sous la forme modifiée d’un effort pour maintenir la quantité à un niveau aussi bas que possible et éviter toute élévation, c’est-à-dire pour conserver constant ce niveau. Toutes les réalisations du système neuronique doivent être envisagées soit sous l’angle de la fonction primaire soit sous celui de la fonction secondaire imposée par les exigences de la vie 7 . II. Seconde notion fondamentale La théorie des neurones L’idée de combiner cette « théorie de la quantité (Qή) » avec la connaissance des neurones, telle que la présente actuellement l’histologie, fournit à notre théorie un second point d’appui. Dans ces récentes découvertes, le point essentiel est que le système neuronique consiste en neurones distincts mais de structure analogue, qui ne sont en contact que par l’intermédiaire d’une substance étrangère et se terminent les uns à côté des autres comme sur des morceaux de tissu étranger. Certaines conductions s’y trouveraient préfigurées du fait qu’elles reçoivent les excitations au moyen de dentrites et les déchargent par des cylindres-axes [ou axones] ; en outre, il existe de nombreuses ramifications de diamètres très différents. En combinant cette manière de concevoir les neurones avec la « théorie de la quantité (Qή), on en vient à se représenter un neurone « investi » (N) rempli d’une certaine quantité (Qή ), mais pouvant, à d’autres moments, être vide. Le principe d’inertie (p. 1 ) trouve son expression dans l’hypothèse d’un courant venant des appendices cellulaires ou dentrites et se dirigeant vers les cylindres-axes. Chaque neurone isolé est ainsi le prototype du système neuronique dans son ensemble avec sa division en deux classes de neurones, le cylindre-axe étant l’organe de décharge. Mais la fonction secondaire qui exige un emmagasinement de quantité (Qή) devient possible si l’on suppose l’intervention de résistances qui s’opposent à la décharge ; la structure des neurones permet de penser que ces résistances se produisent aux points de contact [entre les neurones] qui jouent ainsi le rôle de barrières. L’hypothèse des « barrières de contact » s’avère fructueuse dans bien des domaines. III. Les barrières de contact La première justification de cette hypothèse découle du fait qu’ici la transmission se fait au travers d’un protoplasme indifférencié et non pas, comme ordinairement au-dedans des neurones, par un protoplasme différencié, sans doute mieux adapté à la conduction. Nous sommes ainsi amenés à supposer qu’il existe un certain rapport entre la différenciation et la capacité de conduction. Peut-être alors trouverons-nous que le processus de conduction lui-même crée une différenciation dans le protoplasme et par là ensuite une possibilité de meilleure conduction. La théorie des barrières de contact présente d’autres avantages encore. Une des propriétés principales du tissu nerveux est celle de la « mémoire », c’est-à-dire, en somme, la faculté de subir, du fait de quelque processus unique, isolé, une modification permanente. Il y a là un contraste frappant avec la manière de réagir d’une matière qui se laisse traverser par des ondes mouvantes pour ensuite revenir à son état antérieur. Toute théorie psychologique digne d’intérêt se doit de fournir une explication de la mémoire.
Il y a là un contraste frappant avec la manière de réagir d’une matière qui se laisse traverser par des ondes mouvantes pour ensuite revenir à son état antérieur. Toute théorie psychologique digne d’intérêt se doit de fournir une explication de la mémoire. Mais chacune de ces explications se heurte à une difficulté : d’une part, en effet, nous devons affirmer qu’après l’excitation les neurones restent à tout jamais différents de ce qu’ils étaient auparavant, tandis que, d’autre part, nous ne saurions le nier d’une façon générale, les nouvelles excitations se trouvent dans les mêmes conditions de réception que leurs devancières. Les neurones sembleraient donc à la fois influencés et inchangés, « neutres ». À première vue, il nous semble impossible d’imaginer un appareil à fonctionnement aussi compliqué. Pour nous tirer d’embarras, nous sommes obligés d’assigner la capacité d’être durablement modifié par une excitation à une certaine catégorie de neurones et l’inaltérabilité – la faculté d’être toujours prêt à recevoir de nouvelles excitations – à une autre catégorie. C’est de là qu’est venue la distinction établie et courante entre « cellules de perception » et « cellules de souvenir », distinction qui ne repose pourtant sur rien et ne s’adapte nulle part. La théorie des barrières de contact peut se tirer de cette difficulté de la façon suivante : il y a deux catégories de neurones, ceux d’abord qui se laissent traverser par les quantités (Qή) comme si les barrières de contact n’existaient pas et qui, après le passage de l’excitation, reviennent à leur état antérieur ; ensuite ceux dont les barrières de contact ont une action en ne permettant à la quantité (Qή) qu’un passage partiel ou difficile. Cette seconde catégorie de neurones peut avoir subi une modification, ce qui donne ainsi une possibilité de se représenter la mémoire 8 . Il existe donc des neurones perméables servant à la perception (qui n’opposent aucune résistance et ne retiennent rien) et des neurones imperméables (résistants et rétenteurs de quantité (Qή) ; de ces derniers dépendent la mémoire et probablement aussi les processus psychiques en général. J’appellerai donc désormais neurones φ ceux du premier groupe et neurones ψ ceux du second 9 . Pour faire comprendre les caractères les plus généraux de la mémoire il semble maintenant indiqué d’exposer ce que nous devons savoir concernant les neurones ψ. L’argument est le suivant. Le cours d’une excitation modifie de façon permanente ces neurones. En adoptant la théorie des barrières de contact, nous dirons que ces barrières ont subi un changement durable. Or, comme l’expérience psychologique enseigne qu’il existe un apprentissage progressif basé sur la remémoration, nous en concluons que le changement produit consiste en une meilleure conduction par les barrières de contact, celles-ci devenant moins imperméables et plus semblables à celles du système φ. Ces états des barrières de contact est ce que nous appellerons leur degré de « frayage ». Nous dirons alors que la mémoire est représentée par les frayages se trouvant entre les neurones ψ. Supposons que les barrières de contact offrent toutes d’excellents frayages ou encore, ce qui revient au même, qu’elles opposent toutes une égale résistance, les particularités de la mémoire n’en seraient guère mieux mises en lumière. La mémoire, en effet, est évidemment l’une des forces déterminantes, dirigeantes, par rapport à la voie que suit l’excitation et si les frayages étaient partout les mêmes, il deviendrait impossible d’expliquer la préférence accordée à telle ou telle voie. Il est donc plus exact de dire que la mémoire est représentée par les différences de frayages existant entre les neurones ψ. Mais de quoi donc dépendent les frayages dans ces neurones ? L’expérience psychologique montre que la mémoire (c’est-à-dire la force persistante d’un certain incident) dépend d’un facteur qui est l’intensité de l’impression reçue et aussi de la répétition plus ou moins fréquente de cette dernière.
Mais de quoi donc dépendent les frayages dans ces neurones ? L’expérience psychologique montre que la mémoire (c’est-à-dire la force persistante d’un certain incident) dépend d’un facteur qui est l’intensité de l’impression reçue et aussi de la répétition plus ou moins fréquente de cette dernière. Ou encore, pour employer notre façon de voir, le frayage dépend de la quantité (Qή) qui traverse un neurone au cours du processus d’excitation et aussi du nombre de répétitions de ce processus. Nous voyons ainsi que la quantité (Qή) constitue le facteur actif mais qu’elle peut être remplacée par la quantité plus le frayage qui en résulte (p. 1 ). Nous pensons, presque malgré nous, à l’effort primaire du système neuronique, persistant à travers toutes les modifications, pour éviter une surcharge de quantité (Qή) ou pour diminuer celle-ci dans toute la mesure du possible. Sous la pression des exigences de la vie, le système neuronique se voit contraint de constituer des réserves de quantité (Qή) (p. 1 ). Pour ce faire, il doit augmenter le nombre des neurones et il faut que ceux-ci soient imperméables. Mais le système neuronique évite, dans une certaine mesure tout au moins, d’être rempli par la quantité (Qή), c’est-à-dire d’être investi. Il établit donc des frayages. Ainsi, nous le voyons, les frayages servent à la fonction primaire. La nécessité de réserver une place à la mémoire dans la théorie des barrières de contact entraîne autre chose encore. Il y a généralement lieu de présumer que chaque neurone dispose de plusieurs voies de communications avec d’autres neurones, c’est-à-dire de plusieurs barrières de contact. C’est de cela que dépend la possibilité pour l’excitation de choisir une voie, ce qui est déterminé par le frayage. Il est clair que l’état de frayage de chaque barrière de contact doit être indépendant de celui de toutes les autres dans un même neurone ψ, sans quoi aucun choix de la voie à emprunter, donc aucun motif, ne serait possible. Nous en tirons une conclusion négative par rapport à la nature de l’état de « frayage ». Si nous imaginons un neurone rempli d’une quantité (Qή), c’est-à-dire chargé, nous ne pouvons nous représenter cette quantité (Q) autrement qu’uniformément répartie dans toutes les régions du neurone, y compris celles de ses barrières de contact. D’autre part, nous n’avons aucune peine à supposer que, dans le cas d’une quantité (Qή) qui s’écoule, elle n’empruntera qu’une seule voie particulière à travers le neurone ; de cette façon, cette quantité (Qή) ne va agir que sur une seule des barrières de contact laquelle, ensuite, conserve le frayage ainsi réalisé. Il s’ensuit qu’aucun frayage ne peut s’établir sur un investissement en rétention puisque cela ne produirait aucune différence de frayage dans les barrières de contact d’un même neurone. Reste à savoir, à part cela, en quoi consiste le frayage. Nous pouvons tout d’abord penser qu’il s’agit d’une absorption de quantité (Qή) par les barrières de contact. Peut-être éluciderons-nous plus tard cette question. La quantité (Qή) qui a laissé derrière elle un frayage subit sans aucun doute une décharge, à cause précisément de ce frayage qui augmente la perméabilité. Rien d’ailleurs ne permet de supposer que le frayage demeurant après le passage de la quantité (Qή) soit nécessairement aussi grand qu’il l’a été pendant ce passage (p. 1 ). Peut-être n’en demeure-t-il qu’une fraction sous la forme d’un frayage permanent. Nous ne saurions préciser non plus si l’effet produit par le passage en une fois d’une quantité (Qή) donnée est équivalent à celui du passage en trois fois de cette même quantité 10 . Les applications de la théorie aux faits psychiques nous permettront d’élucider ces questions. IV. Le point de vue biologique Nous admettons ainsi l’existence de deux systèmes de neurones φ et dont le premier est fait d’éléments perméables et le second d’éléments imperméables. De cette façon une particularité du système neuronique – sa capacité de retenir tout en demeurant réceptif – semble s’expliquer.
Nous admettons ainsi l’existence de deux systèmes de neurones φ et dont le premier est fait d’éléments perméables et le second d’éléments imperméables. De cette façon une particularité du système neuronique – sa capacité de retenir tout en demeurant réceptif – semble s’expliquer. Tout gain psychique consisterait donc en une organisation du système ψ par le moyen d’une levée partielle et localement déterminée de la résistance dans les barrières de contact qui différencie ψ de φ. À mesure que cette organisation s’effectue, la réceptivité du système neuronique atteindrait, en fait, sa limite. Toute personne qu’intéressent les hypothèses scientifiques ne les prend au sérieux que si elles concordent de plusieurs façons avec ce que nous savons déjà et quand le caractère arbitraire d’une construction ad hoc peut ainsi être atténué. Notre hypothèse des barrières de contact, objectera-t-on, nous fait admettre deux catégories de neurones dont les fonctionnements diffèrent totalement l’un de l’autre. Or, rien ne permet, pour le moment, de justifier cette distinction. Au point de vue morphologique (c’est-à-dire histologique) tout au moins, une pareille supposition ne repose sur rien. Sur quoi alors fonder cette division en deux catégories ? Eh bien, si possible sur le développement biologique du système des neurones qui, comme tous les autres – les naturalistes nous l’apprennent – s’effectue progressivement. Nous voudrions savoir si les deux classes de neurones ont pu avoir une signification biologique différente et, dans ce cas, quels mécanismes ont provoqué l’apparition de caractères aussi opposés que ceux de perméabilité et d’imperméabilité. La solution la plus satisfaisante serait naturellement de voir le mécanisme recherché surgir de lui-même du rôle biologique primitif joué [par les deux catégories de neurones]. Une seule réponse suffirait aux deux questions. Rappelons-nous que, dès le début, deux fonctions incombaient au système neuronique : recevoir les stimuli de l’extérieur et assurer la décharge des excitations endogènes. C’est de cette dernière tâche, nous le savons (p. 1 ) que naquit, sous la pression des nécessités vitales, un besoin de poursuivre le développement biologique. On est ainsi amené à supposer que nos systèmes φ et ψ ont bien pu assumer chacun l’une de ces obligations primaires. Le système φ serait constitué par le groupe de neurones qui reçoivent les stimuli exogènes, tandis que le système ψ contiendrait les neurones qui perçoivent les excitations endogènes. S’il en était ainsi, nous n’aurions pas inventé , mais seulement découvert φ et ψ. Il ne resterait plus qu’à les identifier aux faits déjà connus. D’ailleurs, l’anatomie nous apprend qu’il existe un système de neurones (substance grise de la moelle) qui se trouve seule en contact avec le monde extérieur et un système situé au-dessus, la matière grise du cerveau, qui n’a aucun contact périphérique direct mais dont dépendent le développement du système neuronique et les fonctions psychiques. Le cerveau primaire s’accorde assez bien à notre façon d’envisager les particularités que nous attribuons au système ψ, à condition de pouvoir admettre que certaines voies indépendantes de φ conduisent directement du cerveau à l’intérieur du corps. Les anatomistes ignorent l’origine et l’importance biologique originelle du cerveau primaire ; d’après notre théorie, ce ne serait ni plus ni moins qu’un ganglion du sympathique. C’est ici que les matériaux réels vont nous permettre de vérifier la valeur de nos vues 11 . Contentons-nous, pour le moment, de penser que le système ψ s’identifie à la substance grise du cerveau. Mes précédentes remarques biologiques [p. 1 ] permettent de comprendre que c’est justement ψ qui se trouve soumis à un développement ultérieur, grâce à une multiplication de ses neurones et à une accumulation de quantité. On voit aussi combien il est utile que ψ soit constitué par des neurones imperméables puisque, sans cela, il serait incapable de répondre aux exigences d’une action spécifique. Mais de quelle manière ψ a-t-il pu acquérir cette imperméabilité ?
On voit aussi combien il est utile que ψ soit constitué par des neurones imperméables puisque, sans cela, il serait incapable de répondre aux exigences d’une action spécifique. Mais de quelle manière ψ a-t-il pu acquérir cette imperméabilité ? Après tout φ a, lui aussi, des barrières de contact, mais si elles ne servent à rien, pourquoi celles de ψ fonctionnent-elles ? Admettre qu’il existe une différence originelle entre la valeur des barrières de contact de φ et de ψ, c’est à nouveau adopter arbitrairement une opinion douteuse, encore que l’on puisse maintenant s’appuyer sur les idées de Darwin relatives à la nécessité et, par-là, à la survivance de neurones imperméables. Un autre biais nous semble plus avantageux et moins prétentieux. Rappelons que les barrières de contact – et même celles des neurones ψ – finissent par être soumises au frayage et que ce qui le leur permet est la quantité (Qή) (p. 1 ). Plus est importante la quantité (Qή) en jeu lors du passage d’une excitation, plus grand sera le frayage, mais aussi plus proches les particularités des neurones φ. Il s’ensuit que la différence ne saurait être attribuée aux neurones mais bien aux quantités auxquelles ils ont affaire. Nous soupçonnons alors que la résistance émanée des barrières de contact et qui s’oppose aux quantités traversant les neurones φ est négligeable. Au contraire, les neurones ψ ne sont atteints que par des quantités appartenant au même ordre de grandeur que cette résistance. Si tel est bien le cas, un neurone φ deviendrait imperméable et un neurone ψ perméable au cas où nous arriverions à échanger leurs localisations et leurs connexions ; mais ils conservent leurs caractéristiques, parce qu’ils sont liés les uns, les neurones φ, à la périphérie seulement ; les autres, les neurones ψ, uniquement à l’intérieur du corps. La différence de nature est ainsi remplacée par une distinction du milieu auquel ils ont été destinés. Voyons maintenant si nous avons raison de prétendre que les quantités d’excitation venues de la périphérie du corps et atteignant les neurones sont d’un ordre plus élevé que celles venues de la périphérie interne. Certains faits semblent le confirmer. Tout d’abord, il est indéniable que le monde extérieur est la source des plus grandes quantités d’énergie, la physique nous enseignant, en effet, qu’il est constitué par des masses puissamment mouvantes et qui transmettent leur mouvement. Le système φ qui est tourné vers l’extérieur doit avoir pour tâche de décharger aussi rapidement que possible les quantités (Qή) assaillant les neurones ; mais quoi qu’il arrive ce système reste soumis à l’influence de quantités (Q) considérables. Le système ψ pour autant que nous sachions, reste sans contact avec le monde extérieur. Il ne reçoit de quantités (Q) que des neurones φ, d’une part, et, d’autre part, des éléments cellulaires de l’intérieur du corps. Il reste maintenant à démontrer que ces quantités d’excitation sont vraisemblablement peu élevées. Peut-être nous paraîtra-t-il déconcertant, au premier abord, de nous voir obligés d’attribuer aux neurones ψ deux sources de stimuli aussi différentes que φ et les cellules de l’intérieur du corps ; mais c’est ici que l’histologie récente du système neuronique nous apporte justement une aide décisive en nous montrant que les terminaisons et les connexions neuroniques ont une structure de même type et que les neurones se terminent l’un dans l’autre de la même façon que dans les éléments somatiques (p. 1 ) ; il s’ensuit que, dans les deux cas, le processus doit probablement être du même type. Nous pouvons donc nous attendre à ce que les quantités soient semblables dans les terminaisons nerveuses et dans les conduits intercellulaires. Il est probable aussi que les excitations endogènes appartiennent à un ordre de grandeur intercellulaire. Une seconde occasion de mettre à l’épreuve notre théorie s’offre à nous ici (p. 1 ). V. Le problème de la quantité J’ignore tout de la grandeur absolue des stimuli intercellulaires, mais je me permets de penser qu’elle est relativement faible et du même ordre que celle de la résistance des barrières de contact. S’il en est ainsi, tout s’éclaire.
J’ignore tout de la grandeur absolue des stimuli intercellulaires, mais je me permets de penser qu’elle est relativement faible et du même ordre que celle de la résistance des barrières de contact. S’il en est ainsi, tout s’éclaire. L’hypothèse que j’expose confirme la similitude essentielle des neurones φ et ψ, tout en faisant biologiquement comprendre leur différence par rapport à la perméabilité. En l’absence de preuves, il devient d’autant plus intéressant d’envisager, en partant de cette hypothèse, certains points de vue, certaines possibilités. Commençons par nous demander si, une fois acquise une idée exacte de l’importance des quantités (Q) dans le monde extérieur, la tendance originelle du système neuronique à maintenir la quantité (Qή) à zéro (puisqu’il cherche toujours une prompte décharge) ne jouerait pas déjà, dans le processus de réception des stimuli 12 . Nous voyons, en fait, que les neurones φ ne se terminent pas librement à la périphérie mais sous les structures cellulaires. Ce sont ces dernières et non les neurones φ qui reçoivent les stimuli exogènes. Un « ensemble de terminaisons nerveuses » (pour employer ce terme dans son sens le plus général) pourrait bien servir à empêcher les quantités exogènes (Q) d’agir sur φ dans la plénitude de leur force, jouant ainsi le rôle d’écrans à l’égard de certaines quantités (Q) et ne laissant passer que des fractions de quantités exogènes (Q). Tout ceci concorderait avec le fait que l’autre sorte de terminaison nerveuse – l’espèce libre, dépourvue de tout organe terminal – est de loin la plus commune, à la périphérie interne du corps. Nul écran s’opposant aux quantités Q n’est ici nécessaire, probablement parce que les quantités à recevoir (Qή) n’exigent pas d’être ramenées au niveau intercellulaire, étant donné qu’elles sont déjà, de prime abord, à ce niveau. Puisque nous pouvons calculer les quantités (Q) reçues par les terminaisons des neurones φ, nous aurons peut-être aussi la possibilité de nous faire une idée des grandeurs qui s’écoulent entre les neurones ψ et qui doivent donc être du même ordre que les résistances des barrières de contact. Nous soupçonnons ici, en outre, l’existence d’une tendance déterminant peut-être le fait que le système neuronique se compose de plusieurs systèmes : une tendance toujours croissante à retenir loin des neurones une quantité (Qή). Ainsi la structure du système neuronique servirait à retenir, hors des neurones, une quantité (Qή), tandis que sa fonction serait de les décharger. VI. La douleur Toute organisation d’ordre biologique connaît des limitations de son action, au-delà desquelles elle cesse de fonctionner. C’est ce qui se manifeste par des phénomènes frisant la pathologie et fournissant ce qu’on peut appeler les prototypes normaux de faits pathologiques. Nous avons affaire à un système neuronique établi de telle façon que les quantités externes (Q) sont maintenues hors de φ et même, plus encore, hors de ψ. Cet état de choses se trouve favorisé par les écrans des terminaisons nerveuses et par le fait que ψ n’est qu’indirectement en rapport avec le monde extérieur. Existe-t-il un phénomène capable de coïncider avec l’échec de cette organisation ? À mon avis oui, la douleur. Tout ce que nous savons de la douleur confirme cette thèse. Le système neuronique tend, de la façon la plus marquée, à fuir la douleur et nous voyons dans cette réaction une manifestation de sa tendance primaire à éviter tout accroissement de tension quantitative (Qή). Nous en concluons que la douleur consiste en une irruption de grandes quantités (Q) dans ψ. Les deux tendances n’en constituent donc qu’une seule et unique. La douleur met en branle le système φ et le système ψ ; sa transmission ne se heurte à aucun obstacle. Nous y voyons le plus impérieux de tous les processus. Les neurones ψ semblent lui être perméables. Il s’ensuit que des quantités d’un ordre relativement élevé doivent agir en ce cas. La douleur résulte, d’une part, d’une augmentation de quantité ; toutes les excitations sensorielles (même celles qui atteignent les organes sensoriels les plus élevés) tendent à se transformer en douleur quand les stimuli s’intensifient.
Il s’ensuit que des quantités d’un ordre relativement élevé doivent agir en ce cas. La douleur résulte, d’une part, d’une augmentation de quantité ; toutes les excitations sensorielles (même celles qui atteignent les organes sensoriels les plus élevés) tendent à se transformer en douleur quand les stimuli s’intensifient. De toute évidence, il s’agit incontestablement en ce cas d’un échec. D’autre part, une douleur peut survenir là même où les stimuli extérieurs sont faibles. S’il en est ainsi, c’est qu’elle se trouve régulièrement associée à une solution de continuité. Je veux dire qu’une douleur se produit quand une certaine quantité (Q) externe vient agir directement sur les extrémités des neurones φ et non en traversant l’« appareil des terminaisons nerveuses ». La douleur se caractérise donc par une irruption de quantités excessives (Q) dans φ et ψ – de quantités (Q), dis-je d’un ordre plus élevé que les stimuli φ. On conçoit aisément pour quelle raison la douleur passe par toutes les voies de frayage. Suivant notre théorie, la quantité (Q) produit un frayage (p. 1 ) et il est certain que la douleur laisse derrière elle des frayages permanents en ψ – à la manière d’un coup de foudre. Il peut arriver que ces facilitations suppriment tout à fait la résistance des barrières de contact et établissent une voie de conduction semblable à celle de φ 13 . VII. Le problème de la qualité Jusqu’ici nous n’avons fait aucune mention du fait que toute théorie psychologique doit, non seulement obéir aux exigences des sciences naturelles, mais encore se plier à une autre obligation majeure. Elle doit nous expliquer tout ce que, d’une façon si mystérieuse, nous apprend notre « conscient ». Or, comme ce conscient ignore tout de ce que nous avons admis jusqu’à présent – les quantités comme les neurones – il convient que notre théorie puisse expliquer jusqu’à cette ignorance elle-même. Une hypothèse qui nous a jusqu’ici guidés va maintenant devenir claire. Nous avons traité les processus psychiques comme quelque chose que le conscient pouvait se dispenser de connaître, une chose indépendante de lui. Nous nous attendons à trouver que certains de nos postulats ne sont pas confirmés par le conscient. Toutefois, ce fait ne doit pas nous décourager, parce que nous admettons que le conscient nous fournit sur les processus neuroniques des renseignements qui ne sauraient être ni complets ni certains ; l’ensemble de ces processus doit tout d’abord être considéré comme inconscient et il faut les inférer d’autres phénomènes naturels. Mais nous voilà alors obligés de ranger le contenu de la conscience parmi les processus quantitatifs ψ. L’état conscient nous fournit ce que nous appelons des « qualités » – des sensations, très variées, de « différences » et ces dernières dépendent des relations avec l’extérieur. Parmi elles se trouvent des séries, des similitudes, etc., mais on n’y découvre rien de quantitatif. Demandons-nous où et comment se produisent ces qualités. Ce sont là des questions qui devraient être très soigneusement étudiées mais dont nous ne pouvons donner ici qu’un exposé approximatif. Où se créent les qualités ? Pas dans le monde extérieur puisque, d’après les données scientifiques, auxquelles la psychologie doit, elle aussi, se soumettre, il ne s’y trouve que des masses mouvantes et rien d’autre. Serait-ce dans le système φ ? Cela concorderait avec le fait que les qualités sont liées à la perception, mais les arguments que l’on présente, à juste titre, pour situer le conscient au niveau supérieur du système neuronique, viennent contredire cette supposition. Dans le système ψ ? Mais une objection sérieuse s’y oppose. Dans la perception les systèmes φ et ψ agissent de concert, mais un seul phénomène psychique se produit et cela exclusivement sans aucun doute en ψ – reproduction ou remémoration – et ce processus est, de façon générale, dépourvu de qualité. La remémoration n’apporte généralement rien de ce qui caractérise particulièrement une qualité perçue.
Dans la perception les systèmes φ et ψ agissent de concert, mais un seul phénomène psychique se produit et cela exclusivement sans aucun doute en ψ – reproduction ou remémoration – et ce processus est, de façon générale, dépourvu de qualité. La remémoration n’apporte généralement rien de ce qui caractérise particulièrement une qualité perçue. C’est pourquoi nous devons avoir le courage d’admettre qu’il existe un troisième système de neurones auxquels on pourrait donner le nom de « neurones perceptifs » qui, excités comme les autres durant la perception, ne le sont plus durant la reproduction et dont les états d’excitation fournissent les diverses qualités – c’est-à-dire constituent les sensations conscientes 14 . En soutenant que notre conscient ne livre que des qualités alors que les sciences naturelles ne reconnaissent que des quantités, nous découvrons, comme par une règle de trois, un caractère distinctif des neurones de perception. Tandis, en effet, que la science s’est donné pour tâche de rapporter toutes les qualités de nos sensations à des quantités extérieures, la structure du système neuronique nous permet de soupçonner que la tâche de ce système consiste à transformer une quantité extérieure en qualité. Là encore, la tendance originelle à se débarrasser des quantités parait triompher. Les terminaisons nerveuses formaient un écran ne laissant agir sur φ qu’une fraction des quantités (Qή) d’un neurone sur l’autre, tandis qu’en même temps φ assure grosso modo la décharge de la quantité. Le système ψ se trouvait déjà prémuni contre des quantités supérieures et n’avait affaire qu’à des grandeurs intercellulaires. Nous pouvons supposer que, par la suite, le système W 15 est mis en branle par des quantités encore plus faibles. Peut-être alors le caractère distinctif de la qualité (c’est-à-dire la sensation consciente) n’apparaît-il que là où les quantités ont été aussi réduites que possible. Elles ne peuvent être totalement supprimées car il faut se représenter ces neurones perceptifs comme investis, eux aussi, de quantités (Qή) dont ils cherchent à se débarrasser. Mais ici nous nous heurtons à une difficulté en apparence formidable. La perméabilité, nous l’avons vu, dépend de l’action des quantités (Qή), alors que les neurones ψ sont déjà imperméables. Étant donné que la quantité (Qή) en question est plus faible, les neurones perceptifs doivent être plus impénétrables encore. Nous ne pouvons cependant attribuer pareil caractère aux véhicules de la conscience. La mutabilité de leurs contenus, la fugacité de l’état conscient, la combinaison aisée des qualités simultanément perçues, tout cela ne peut résulter que d’une perméabilité complète des neurones de perception, alliée à une totale restitutio in integrum [un retour à l’état antérieur]. Les neurones perceptifs se comportent comme des organes de perception et nous ne saurions y situer la mémoire. Ici donc la perméabilité, le frayage complet n’émanent pas des quantités. Mais alors d’où proviennent-ils ? Je n’aperçois qu’une échappatoire pour nous permettre de réviser nos hypothèses fondamentales relatives au passage d’une quantité (Qή). Jusqu’à présent, je n’avais considéré cet écoulement que comme un transfert de quantité (Qή) d’un neurone à un autre. Mais il doit être pourvu d’un autre caractère encore, d’un caractère temporel. La mécanique des physiciens a attribué ce caractère temporel lui-même au mouvement des masses dans le monde extérieur et c’est lui que j’appellerai brièvement « période ». J’admets donc que la résistance des barrières de contact ne joue que pour le transfert de quantité (Q) mais que la période du mouvement neuronique se propage partout, sans rencontrer d’obstacles, à la manière d’un phénomène d’induction. Il reste beaucoup de points à éclaircir au point de vue de la physique car ici, comme ailleurs, les lois générales du mouvement doivent sans contredit, s’appliquer. Cependant, mon hypothèse va plus loin. D’après elle, les neurones perceptifs, incapables de recevoir des quantités (Qή) assimilent, en revanche, la période d’une excitation.
Cependant, mon hypothèse va plus loin. D’après elle, les neurones perceptifs, incapables de recevoir des quantités (Qή) assimilent, en revanche, la période d’une excitation. Le fait, pour eux, d’être impressionnés par une période tout en n’étant remplis que d’un minimum de quantité (Qή) constitue le fondement même de l’état conscient. Les neurones ψ ont évidemment aussi leur période mais dépourvue de qualité ou plus précisément monotone. Tout écart de cette période psychique spécifique surgit, sous forme de qualités, dans le conscient. D’où cette diversité dans les périodes provient-elle ? Tout indique qu’elle est due aux organes sensoriels dont les qualités doivent être représentées par différentes périodes du mouvement neuronique. Les organes sensoriels n’agissent pas seulement comme des écrans réglant la quantité (Q) – comme toutes les terminaisons nerveuses – mais aussi comme des tamis , ne laissant passer, parmi les stimuli, que ceux de certains processus à périodes déterminées. Sans doute reportent-ils ces différences sur φ, en transmettant aux périodes des mouvements neuroniques nantis de différences rappelant, de quelque manière [celles des processus se déroulant dans le monde extérieur] – l’énergie spécifique. Ce sont ces modifications venant de φ, passant par ψ pour aboutir à W qui, dès lors, presque entièrement privées de quantité, créent des sensations conscientes de qualité 16 . Cette transmission de qualité n’est pas durable, ne laisse aucune trace, et ne peut se reproduire. VIII. L’état conscient Ce n’est qu’à l’aide de ces hypothèses compliquées et vraiment peu évidentes en soi que j’ai jusqu’ici réussi à intégrer les phénomènes de la conscience dans la structure de la psychologie quantitative. Nous ne chercherons naturellement pas à expliquer la raison pour laquelle les processus d’excitation qui se déroulent dans les neurones perceptifs (ωN) impliquent un état conscient. Notre tâche se borne seulement à découvrir les divers processus qui se réalisent dans les neurones de perception et qui sont parallèles aux particularités de la conscience déjà connues de nous. C’est là, somme toute, un travail assez facile. Mais commençons par comparer à d’autres cette théorie de l’état conscient. Suivant une théorie mécaniste moderne, l’état conscient ne serait qu’un simple adjuvant aux processus psycho-physiologiques, adjuvant dont l’absence ne modifierait en rien le cours des faits psychiques. Suivant une autre thèse, l’état de conscience formerait le côté subjectif de tout fait psychique et serait ainsi inséparable des processus physiologico-mentaux. C’est entre ces deux théories que se situe la nôtre. D’après elle, le conscient représente ici le côté subjectif d’une partie des processus physiques qui se déroulent au sein du système neuronique, c’est-à-dire des processus perceptifs (processus ω) ; l’absence de la conscience ne serait pas sans influencer les faits psychiques mais impliquerait la non-présence d’un élément émané du système W (ω). Si nous représentons l’état conscient par les neurones perceptifs (ωN), plusieurs conséquences s’ensuivent. Ces neurones ont besoin d’une décharge si petite soit-elle et il existe certainement un moyen quelconque de remplir les neurones perceptifs de la faible quantité (Qή) nécessaire. Comme partout ailleurs la décharge se produit par la motilité. Il faut faire observer à cet égard que, lors du changement en mouvement, tout ce qui caractérise les qualités, toute particularité périodique, disparaissent. Il est évident que les neurones perceptifs ne se remplissent que d’une quantité venant de ψ car nous désirerions exclure toute connexion directe entre ce troisième système et φ. Il est impossible de donner une idée de ce qu’a pu être la valeur biologique originelle des neurones de perception. Mais nous n’avons donné jusqu’à présent qu’une description incomplète du contenu du conscient ; en dehors de la série des qualités sensorielles, il comprend une autre série, fort différente, celle des sensations de plaisir et de déplaisir qu’il convient maintenant d’expliquer.
Il est impossible de donner une idée de ce qu’a pu être la valeur biologique originelle des neurones de perception. Mais nous n’avons donné jusqu’à présent qu’une description incomplète du contenu du conscient ; en dehors de la série des qualités sensorielles, il comprend une autre série, fort différente, celle des sensations de plaisir et de déplaisir qu’il convient maintenant d’expliquer. Nous savons qu’il existe dans le psychisme une certaine tendance à éviter le déplaisir, nous sommes donc tentés de confondre cette tendance avec celle, primaire, à l’inertie. En ce cas, le déplaisir coïnciderait avec une élévation du niveau de la quantité (Qή) ou avec une augmentation de tension ; une sensation serait perçue quand la quantité (Qή) augmenterait dans Le plaisir naîtrait d’une sensation de décharge. Or, comme le système W est, nous le présumons, rempli par ψ , il s’ensuit que la charge augmente dans W quand le niveau s’élève en ψ et diminue quand ce niveau baisse. Le plaisir et le déplaisir seraient les sensations dues à la propre charge, au propre niveau de W, alors que W et ψ fonctionneraient à peu près comme des tuyaux communicants. C’est de cette manière que les processus quantitatifs en ψ parviendraient au conscient sous une forme qualitative (p. 1 et suivante). La faculté de percevoir les qualités sensorielles qui gisent, pour ainsi dire, dans la zone d’indifférence – entre le plaisir et le déplaisir – disparaît en même temps 17 . Nous expliquons ainsi ce fait : dans les neurones de perception (ωN) existe un point optimum de réceptivité à l’égard de la période du mouvement neuronique quand ils sont nantis d’une certaine charge. Quand la charge augmente il y a déplaisir, quand elle diminue, c’est le plaisir qui se produit – jusqu’au moment où il n’y a plus du tout de charge. La forme du mouvement en question devrait être construite d’après ces données. IX. Le fonctionnement de l’appareil Nous voilà maintenant en mesure de nous représenter le fonctionnement de l’appareil constitué par φ, ψ et ω. Les sommes d’excitation venues du dehors abordent les terminaisons nerveuses du système φ. Se heurtant d’abord à ces dernières, elles se trouvent réduites en fractions d’un ordre vraisemblablement supérieur à celui des excitations intercellulaires (ou bien peut-être du même ordre qu’elles). Ici se trouve un premier seuil ; au-dessous d’une certaine quantité aucune fraction active n’est créée, de telle sorte que le pouvoir d’action des stimuli se limite plus ou moins à des quantités moyennes. En outre, les gaines nerveuses agissent à la façon d’un tamis, de manière à rendre inopérantes, aux diverses terminaisons nerveuses, certaines espèces de stimuli. Les excitations qui atteignent réellement les neurones φ ont un caractère à la fois quantitatif et qualitatif 18 . Il y a formation, dans le monde extérieur, d’une série possédant la même qualité [que le stimuli] et [un degré de] quantité croissant du seuil à la limite de la douleur. Tandis qu’à l’extérieur les processus forment un continuum à deux points de vue – suivant la quantité et la période (la qualité) – les excitations correspondantes sont, en ce qui concerne la quantité, d’abord réduites et ensuite limitées par coupure. En ce qui concerne la qualité, elles sont discontinues , de telle sorte que certaines périodes n’agissent nullement comme des stimuli (fig. 12, p. 1 ). La qualité, ce caractère distinctif des excitations, passe sans entraves par φ au travers de ψ , pour aboutir à ω où elle crée une sensation ; elle est représentée par une période particulière du mouvement neuronique, qui n’est certainement pas la même que celle du stimulus, tout en conservant quelques rapports avec lui, suivant une formule de réduction que nous ignorons. Cette période ne persiste pas longtemps et disparaît en empruntant la voie motrice. Ce passage lui reste ouvert, mais elle n’abandonne derrière elle aucune trace mnémonique. La quantité du stimulus φ renforce, dans le système nerveux, une tendance à la décharge et se mue en excitation motrice proportionnelle.
Ce passage lui reste ouvert, mais elle n’abandonne derrière elle aucune trace mnémonique. La quantité du stimulus φ renforce, dans le système nerveux, une tendance à la décharge et se mue en excitation motrice proportionnelle. (L’appareil moteur est directement relié à φ.) Les quantités ainsi converties produisent un effet qui les dépasse quantitativement de beaucoup ; elles pénètrent, en effet, dans les muscles, les glandes, etc. et y agissent par libération [de quantités] alors qu’entre les neurones c’est uniquement une transmission [de quantité] qui se produit. En outre, c’est dans les neurones φ que se terminent les neurones ψ auxquels une partie de la quantité (Qή) se trouve transmise, mais seulement peut-être une simple fraction correspondant à l’importance des stimuli intercellulaires. Demandons-nous maintenant si la quantité (Qή) transmise à ψ ne s’accroîtrait pas proportionnellement à la quantité Q du courant en φ, de telle sorte qu’un stimulus plus grand puisse produire un effet psychique plus considérable. Un aménagement particulier semble ici exister de façon à maintenir la quantité (Q) loin de ψ. Les voies de conduction sensorielles en φ ont une structure particulière : elles se ramifient sans cesse et offrent des voies plus épaisses ou plus ténues qui ont de nombreuses terminaisons. La figure ci-dessus (fig. 13, p. 1 ) va probablement permettre de le comprendre. Une excitation forte emprunte d’autres voies qu’une excitation plus faible. Par exemple, Qή 1 ne passe que par la voie I et transmet une fraction en ψ à un point terminal α. Qή 2 [c’est-à-dire une quantité deux fois plus forte que Qή 1] ne va pas transférer une fraction double à α, mais sera capable de parcourir la voie II, plus étroite que I, et d’y ouvrir une deuxième terminaison ψ (en β). Qή 3 ouvrira la voie la plus étroite et opérera la transmission à travers la terminaison γ (voir la figure). Ainsi, chaque voie φ sera débarrassée de sa charge et la quantité plus grande en φ se manifestera par le fait que plusieurs neurones, au lieu d’un seul, se trouveront investis en ψ. Tous les investissements des divers neurones ψ peuvent en pareil cas être à peu près de même importance. Lorsque Qή en φ produit une charge en ψ alors Qή 3 se traduit par une charge en ψ 1 + ψ 2 + ψ 3. Ainsi la quantité en φ se manifeste par une complication en ψ. C’est de cette façon que la quantité (Q) est retenue loin de ψ, tout au moins dans une certaine limite. Tout cela rappelle la loi de Fechner 19 qui pourrait ainsi se trouver localisée. C’est de cette façon qu’à partir de φ, ψ se trouve chargé de quantités (Q) qui sont normalement faibles. La quantité d’excitation φ se manifeste en ψ par une complication et la qualité par la topographie puisque, d’après les rapports anatomiques, les différents organes sensoriels ne communiquent que par des neurones ψ bien déterminés. Toutefois, ψ reçoit aussi des investissements provenant de l’intérieur du corps et il semble raisonnable de diviser les neurones ψ en deux groupes : les neurones du pallium 20 qui reçoivent leurs investissements de φ et les neurones nucléaires qui les reçoivent des voies de conductions endogènes. X. Les voies de conduction ψ La partie nucléaire de ψ est reliée aux voies par lesquelles montent les quantités endogènes d’excitation (Q). Sans nier la possibilité de connexions entre ces voies et φ, nous sommes obligés de nous en tenir à notre opinion originelle, suivant laquelle une voie directe mène de l’intérieur du corps aux neurones ψ (p. 1 ). Mais il s’ensuit alors que se trouve exposé sans protection aux quantités (Q) venant de là et c’est dans ce fait (nous le verrons, p. 1 ) que réside la force motrice des mécanismes psychiques. Ce que nous savons des excitations endogènes nous permet de dire qu’elles sont de nature intercellulaire, qu’elles se produisent de façon continue pour ne se transformer que périodiquement en excitations psychiques. L’idée d’une accumulation ne saurait être rejetée et l’intermittence de leur action psychique nous amène à penser que ces stimuli, lors de leur acheminement vers ψ, se heurtent à des résistances qui ne peuvent être surmontées que si la quantité d’excitation augmente.
Ce que nous savons des excitations endogènes nous permet de dire qu’elles sont de nature intercellulaire, qu’elles se produisent de façon continue pour ne se transformer que périodiquement en excitations psychiques. L’idée d’une accumulation ne saurait être rejetée et l’intermittence de leur action psychique nous amène à penser que ces stimuli, lors de leur acheminement vers ψ, se heurtent à des résistances qui ne peuvent être surmontées que si la quantité d’excitation augmente. Il s’agit donc de voies de conduction aménagées en séries, pourvues de plusieurs barrières de contact aboutissant au noyau ψ. Toutefois, au-dessus d’une certaine quantité (Q), les stimuli endogènes ont une action continue et toute augmentation de la quantité (Q) sera perçue comme une augmentation du stimulus ψ. Il existe donc un état où les voies de conduction sont devenues franchissables. L’expérience montre, en outre, qu’après décharge de l’excitation ψ, la voie de conduction récupère une fois de plus sa résistance. On donne à ce genre de processus le nom de « sommation ». Du fait de celle-ci, les voies de conduction ψ se remplissent jusqu’au moment où elles deviennent perméables. C’est évidemment la faiblesse des divers stimuli qui permet à cette sommation de se produire. On a aussi démontré l’existence d’une sommation dans les voies de conduction φ – par exemple dans le cas d’un passage de la douleur – mais seulement pour de petites quantités. Le moindre rôle de la sommation du côté de φ suggère qu’il s’agit en ce cas de quantités (Q) plus considérables. Les très faibles quantités semblent être retenues par l’action de l’appareil des terminaisons nerveuses servant de seuil, tandis que du côté de ψ où cet appareil est inexistant, seules les quantités faibles (Qή) agissent. Notons que les neurones des conductions peuvent avoir à la fois des caractères de perméabilité et d’imperméabilité car, malgré le passage d’une quantité (Qή), ils récupèrent presque totalement leur résistance. Ce fait contredit tout à fait l’opinion que nous avons formulée touchant la qualité des neurones ψ qui seraient constamment traversés par un courant de quantité (Qή) (p. 1 ). Comment expliquer cette contradiction ? Eh bien en admettant que le rétablissement de la résistance, après le passage du courant, constitue une propriété générale des barrières de contact. Cette façon de voir s’accorde par ailleurs sans difficulté avec le fait que les neurones ψ sont influencés [par le passage de la quantité] en ce qui concerne le frayage. Après cela nous admettrons que le frayage persistant après le passage de la quantité (Q) consiste, non pas en une suppression de toute résistance, mais en un affaiblissement de cette dernière jusqu’au minimum nécessaire. Durant le passage de la quantité (Q), la résistance est supprimée pour se trouver ensuite rétablie – mais seulement jusqu’à un certain niveau proportionnel à la quantité (Q) qui a passé, de telle sorte que la fois suivante une quantité plus petite puisse traverser et ainsi de suite. Une fois qu’un frayage total s’est établi, une certaine résistance persiste, égale à toutes les barrières de contact ; il faudra que les quantités (Q) augmentent jusqu’à un certain seuil pour devenir capables de les traverser. Cette résistance serait une constante. Ainsi, le fait que des quantités endogènes (Qή) agissent par sommation signifie qu’elles sont composées de très faibles excitations, d’excitations moindres que la constante. Il y a frayage total dans les voies endogènes de conduction. Il s’ensuit cependant que les barrières de contact ψ sont généralement plus élevées que les voies de conduction [endogènes], de telle sorte qu’une nouvelle accumulation de quantité (Qή) peut se réaliser dans les neurones nucléaires (voir p. 1 ). Une fois la voie de conduction remplie, cette accumulation ne connaîtra plus de limites. ψ est à la merci de la quantité (Q) et c’est ainsi que naît, à l’intérieur du système, l’impulsion qui entretient toute activité psychique. Nous savons que cette force est « la volonté », dérivée des « instincts » (p. 1 ). XI. L’épreuve de la satisfaction
XI. L’épreuve de la satisfaction Le remplissage des neurones nucléaires en ψ a pour conséquence un besoin de décharge, une poussée, qui va se réaliser par le moyen de la motricité. L’expérience montre que la première voie à suivre est celle menant à une modification interne (manifestations émotives, cris, innervations musculaires). Mais, nous l’avons déjà dit, aucune décharge de ce genre ne fait baisser la tension puisque de nouvelles excitations endogènes continuent, malgré tout, à affluer et que la tension ψ se trouve rétablie. L’excitation ne peut se trouver supprimée que par une intervention capable d’arrêter momentanément la libération des quantités (Qή) à l’intérieur du corps. Cette sorte d’intervention exige que se produise une certaine modification à l’extérieur (par exemple apport de nourriture, proximité de l’objet sexuel), une modification qui, en tant qu’ « action spécifique ne peut s’effectuer que par des moyens déterminés. L’organisme humain, à ses stades précoces, est incapable de provoquer cette action spécifique qui ne peut être réalisée qu’avec une aide extérieure et au moment où l’attention d’une personne bien au courant se porte sur l’état de l’enfant. Ce dernier l’a alertée, du fait d’une décharge se produisant sur la voie des changements internes (par les cris de l’enfant, par exemple). La voie de décharge acquiert ainsi une fonction secondaire d’une extrême importance : celle de la compréhension mutuelle. L’impuissance originelle de l’être humain devient ainsi la source première de tous les motifs moraux (p. 1 ) 21 . Quand la personne secourable a exécuté pour l’être impuissant l’action spécifique nécessaire, celui-ci se trouve alors en mesure, grâce à ses possibilités réflexes, de réaliser immédiatement, à l’intérieur de son corps, ce qu’exige la suppression de stimulus endogène. L’ensemble de ce processus constitue un « fait de satisfaction » qui a, dans le développement fonctionnel de l’individu, les conséquences les plus importantes. Trois phénomènes, en effet, se produisent dans le système ψ : 1° Une décharge durable s’effectue, ce qui entraîne la suppression de la tension ayant suscité en W du déplaisir ; 2° L’investissement correspondant à la perception d’un objet se produit dans un ou plusieurs neurones du pallium (p. 1 ) ; 3° D’autres points du pallium reçoivent l’annonce de la décharge provoquée par le déclenchement du mouvement réflexe qui a suivi l’action spécifique. Un frayage s’établit entre ces investissements [(2) et (3)] et les neurones nucléaires [qui ont été chargés à partir des sources endogènes durant le stade d’urgence]. (L’annonce du réflexe de décharge se produit grâce au fait que chaque mouvement, par suite de conséquences secondaires, donne lieu à de nouvelles excitations sensorielles – de la peau et des muscles – excitations qui produisent en W une image motrice [ou kinesthésique].) La façon dont se produit le frayage permet de mieux comprendre le développement de ψ. Nous avons appris déjà que les neurones ψ subissaient l’action des neurones φ, au travers des voies endogènes de conduction, tandis que les divers neurones ψ sont séparés les uns des autres par des barrières de contact nanties de fortes résistances. Or, il existe une loi fondamentale d’ association par simultanéité et cette loi joue au cours de l’activité ψ pure (durant la reproduction par le souvenir) et donne le fondement de toutes les connexions entre neurones ψ. Nous trouvons que le conscient (c’est-à-dire la charge quantitative) passe d’un neurone α à un autre β, lorsque α et β ont simultanément reçu une charge venue de φ (ou d’ailleurs). Ainsi la charge simultanée α-β a entraîné le frayage d’une barrière de contact. Il s’ensuit, pour employer les termes mêmes de notre théorie, qu’une quantité (Qή) passe plus aisément d’un certain neurone à un neurone chargé qu’à un neurone non chargé. Ainsi la charge du second neurone va augmenter celle du premier et en ce cas encore la charge s’avère équivalente au frayage, par rapport au passage de la quantité (Qή). Nous voyons apparaître ici un second facteur important qui règle le cours d’une quantité (Qή).
Ainsi la charge du second neurone va augmenter celle du premier et en ce cas encore la charge s’avère équivalente au frayage, par rapport au passage de la quantité (Qή). Nous voyons apparaître ici un second facteur important qui règle le cours d’une quantité (Qή). Cette quantité Qή) dans le neurone α ne prendra pas seulement la direction de la barrière la mieux frayée, mais aussi de celle qui est investie du côté opposé. Les deux facteurs peuvent soit se seconder soit, en certains cas, se contrecarrer. Ainsi la satisfaction aboutit à un frayage entre les deux images mnémoniques [celle de l’objet désiré et celle du mouvement réflexe] et les neurones nucléaires qui ont été investis pendant l’état de tension. Il est certain que, durant la décharge amenée par la satisfaction, la quantité (Qή) s’écoule également hors de l’image mnémonique. Dès la réapparition de l’état de tension ou de désir, la charge se transmet aussi aux deux souvenirs et les réactive. Il est fort probable que c’est l’image mnémonique de l’objet qui est, la première, atteinte par la réactivation. Cette réaction, j’en suis persuadé, fournit tout d’abord quelque chose d’analogue à une perception – c’est-à-dire une hallucination. Si quelque incitation à l’acte réflexe se produit alors, une déception s’ensuit inévitablement. XII. L’épreuve de la souffrance Normalement ψ se trouve exposé à la quantité (Q) à partir des conductions endogènes. Anormalement (mais non encore pathologiquement), dans les cas où des quantités excessives (Q) font une brèche dans le dispositif de protection pour pénétrer dans φ – c’est-à-dire dans les cas de souffrance, [p. 1 ]. Celle-ci produit en ψ : 1° Une importante élévation du niveau [de la quantité] qui provoque en W du déplaisir [p. 1 ] ; 2° Une tendance à la décharge qui peut être diversement modifiée ; 3° Un frayage entre cette tendance à la décharge et l’image mnémonique de l’objet qui a causé la douleur. Il est d’ailleurs certain que la souffrance possède une qualité spéciale ressentie en même temps que le déplaisir. Si l’image mnémonique de l’objet (hostile) [c’est-à-dire générateur de souffrance] se trouve à nouveau fraîchement chargée (du fait de nouvelles perceptions), les conditions sont modifiées, il n’y a pas souffrance mais quelque chose de semblable à la souffrance, quelque chose qui comporte du déplaisir et un besoin de décharge correspondant au fait douloureux. Étant donné que le déplaisir implique un niveau accru [de quantité], demandons-nous d’où celle-ci (Qή) émane. Au cours de l’incident réel qui a suscité de la douleur, ce fut une quantité jaillissant du dehors (Q) qui provoqua en une élévation du niveau. Dans sa reproduction – dans l’affect – la seule quantité (Qή) qui surgisse est la quantité (Q) qui investit le souvenir. Ce fait est évidemment de la même nature que toute autre perception et ne peut fournir une augmentation générale de quantité (Qή). Nous sommes ainsi amenés à penser que l’investissement des souvenirs provoque un déplaisir émanant de l’intérieur du corps, un déplaisir nouvellement ressurgi. Le mécanisme de cette libération de déplaisir ne peut se représenter que de la façon suivante : il existe des neurones moteurs qui, lorsque leur charge atteint un certain degré, amènent les quantités (Qή) dans les muscles pour ainsi les décharger. De même, il doit y avoir des neurones sécréteurs qui, après avoir reçu une excitation, engendrent à l’intérieur du corps quelque chose qui agit à la façon d’un stimulus sur les voies endogènes de conduction aboutissant à ψ. Ces neurones de sécrétion doivent influer sur la production des quantités endogènes (Qή). De ce fait, loin de provoquer une décharge de ces dernières, ils les ajoutent , par certains détours. Nous qualifierons ces neurones sécréteurs 22 de « neurones-clés ». Ils ne sont évidemment excités que lorsqu’un certain niveau est atteint en ψ. L’expérience de la douleur fournit un excellent frayage entre l’image mnémonique de l’objet hostile et ces neurones-clés. Grâce à ce frayage, l’affect désagréable se trouve libéré. Cette surprenante mais indispensable hypothèse se trouve étayée par la façon dont se réalise la production de sensation sexuelle.
Grâce à ce frayage, l’affect désagréable se trouve libéré. Cette surprenante mais indispensable hypothèse se trouve étayée par la façon dont se réalise la production de sensation sexuelle. Nous sommes, en même temps, obligés de soupçonner que, dans ces deux exemples, les stimuli endogènes consistent en produits chimiques dont le nombre peut être fort élevé. Étant donné que la production de déplaisir est parfois extrêmement considérable alors que le souvenir pénible est fort peu investi, nous en concluons que la souffrance laisse derrière elle des frayages particulièrement abondants. Nous pouvons alors soupçonner que le frayage dépend entièrement de la quantité (Qή) atteinte, de telle manière que l’effet de facilitation de 3 Qή est quelquefois plus considérable que celui de Qή 3 fois répété (voir p. 1 ). XIII. Affects et états de désir Les traces laissées par les deux sortes d’expériences vécues dont nous avons parlé [celles engendrant une satisfaction et celles provoquant du déplaisir] sont les affects et les états de désir. Ils ont en commun le fait que tous deux impliquent une augmentation de tension quantitative en ψ. Dans le cas des affects, il y a libération soudaine ; dans le cas des désirs, accumulation. Par rapport au passage de la quantité en ψ, ces deux états ont la plus grande importance, puisqu’ils laissent derrière eux des forces motivantes qui affectent compulsionnellement ce passage. Tout état de désir crée une attraction vers l’objet désiré et aussi vers l’image mnémonique de ce dernier ; tout événement pénible engendre une répulsion, une tendance qui s’oppose à l’investissement de l’image mnémonique hostile. Nous avons ici une attraction et une défense primaires 23 . Il est facile d’expliquer l’attirance due au désir en supposant que l’investissement, dans l’état de désir, d’un souvenir agréable est bien plus considérable en quantité (Qή) que ne l’est une simple perception ; dans le premier cas, le frayage entre le noyau ψ et les neurones correspondantes du pallium, est particulièrement bien réussi. La défense primaire ou « refoulement » est bien plus difficilement explicable, je veux dire le fait qu’une image mnémonique hostile perde aussi vite que possible son investissement 24 . Peut-être cependant faut-il se dire qu’un réflexe de défense a mis fin à l’expérience primaire douloureuse. L’apparition d’un objet, venu remplacer l’objet ennemi, a pu servir à signaler que l’expérience pénible était terminée, et le système ψ instruit par l’expérience biologique cherche à reproduire en ψ l’état qui a marqué la fin de la situation pénible. L’expression « instruit par l’expérience biologique » nous permet de jeter de nouveaux fondements d’une explication ayant sa valeur propre, tout en n’excluant nullement (au contraire) un recours aux principes mécaniques, c’est-à-dire aux facteurs quantitatifs 25 . Dans le cas présent, il se peut que l’augmentation de la quantité (Qή), inévitable quand des souvenirs pénibles se trouvent investis, intensifie l’activité de décharge et provoque par là, en même temps, un écoulement de quantité hors des souvenirs. XIV. Premières notions du « moi » En admettant l’idée d’une « attirance provoquée par le désir » et d’une tendance au refoulement, nous avons abordé une question nouvelle, celle d’un certain état de ψ. Les deux processus nous montrent, en effet, que s’est formée en ψ une instance dont la présence entrave le passage [de quantités] lorsque ledit passage s’est effectué pour la première fois d’une manière particulière [c’est-à-dire lorsqu’il s’accompagnait de satisfaction ou de souffrance]. Cette instance s’appelle le « Moi ». On le décrit facilement en faisant ressortir que la réception, constamment répétée, de quantités endogènes (Qή) dans certains neurones (du noyau) et le frayage que cette répétition provoque, ne manquent pas de produire un groupe de neurones chargés de façon permanente (p. 1 ) et devenant ainsi le véhicule des réserves de quantités qu’exige la fonction secondaire 26 . Nous décrirons donc le moi en disant qu’il constitue à tout moment la totalité des investissements Dans ceux-ci nous distinguons une fraction permanente et une fraction variable (p. 1 ).
On le décrit facilement en faisant ressortir que la réception, constamment répétée, de quantités endogènes (Qή) dans certains neurones (du noyau) et le frayage que cette répétition provoque, ne manquent pas de produire un groupe de neurones chargés de façon permanente (p. 1 ) et devenant ainsi le véhicule des réserves de quantités qu’exige la fonction secondaire 26 . Nous décrirons donc le moi en disant qu’il constitue à tout moment la totalité des investissements Dans ceux-ci nous distinguons une fraction permanente et une fraction variable (p. 1 ). Il est facile de voir que les frayages entre neurones ψ font partie du domaine du moi puisqu’ils représentent une possibilité de déterminer à n’importe quel moment l’extension du moi mouvant. Tandis que le moi s’efforce de se débarrasser de ses charges au moyen d’une satisfaction, il est inévitablement amené à agir sur la répétition des expériences douloureuses et dés affects et il doit le faire de la façon suivante généralement qualifiée d’« inhibition ». Une quantité (Qή), venue d’un endroit quelconque et pénétrant dans un neurone, poursuit sa route en franchissant les barrières de contact les mieux frayées et suscite un courant dans cette direction ou, plus exactement, le courant de la quantité (Qή) se divise, suivant un mode inversement proportionnel à la résistance des barrières de contact qu’il rencontre. Quand ensuite une fraction de quantité se heurte à une barrière de contact dont la résistance est plus forte qu’elle, rien n’en peut pratiquement passer. Cette situation peut être différente en ce qui concerne les quantités (Qή) dans le neurone, car certaines fractions qui dépassent le seuil d’autres barrières de contact peuvent y apparaître. Ainsi le processus dépend des quantités (Qή) et de la force relative des frayages. Mais nous avons appris à connaître un troisième et important facteur (p. 1 ). Quand un neurone contigu se trouve simultanément chargé, ce fait agit à la manière d’un frayage temporaire des barrières de contact entre les deux neurones et modifie le trajet du courant qui, sans cela, aurait emprunté la direction de la seule barrière de contact frayée. Un investissement « latéral » agit donc en s’opposant au passage de la quantité (Qή). Imaginons le moi comme un réseau de neurones investis dont les relations mutuelles sont faciles (voir fig. 14 p. 1 ). Supposons ensuite qu’une quantité (Qή), venant de l’extérieur (φ) pénètre dans le neurone a. Si rien n’avait agi sur elle, elle se serait dirigée vers le neurone b. Mais en réalité, elle subit à tel point l’influence de la charge latérale du neurone a qu’elle ne livre qu’une fraction d’elle-même à b ou même ne l’atteint pas du tout. Si donc un moi existe, il doit entraver les processus psychiques primaires. Néanmoins, une inhibition de ce genre donne à ψ un grand avantage. Supposons que a représente un mauvais souvenir et b un neurone clé [p. 1 ]. Si a surgit, il y aura d’abord une libération de déplaisir, peut-être superflue, tout au moins si elle est totale. Toutefois, par suite de l’action inhibante de a, la production de déplaisir est minime et le système neuronique, sans avoir subi d’autres dommages, se voit épargner le développement et la décharge de quantité. Nous voyons aisément comment, à l’aide du mécanisme qui attire l’ attention 27 du moi sur un investissement nouveau de l’image pénible, le moi arrive quelquefois à arrêter le passage d’une quantité émanant de cette image et menant à une production de déplaisir. Il y parvient, grâce à un investissement latéral considérable, susceptible d’augmenter quand les circonstances l’exigent. Admettons que la production désagréable initiale de quantités (Qή) atteigne le moi, celui-ci doit alors trouver en lui-même la source de quantité dont l’utilisation reste nécessaire à la réalisation d’un investissement latéral inhibant. Ainsi plus le déplaisir sera grand, plus forte sera la défense primaire. XV. Les processus primaire et secondaire en ψ
XV. Les processus primaire et secondaire en ψ Tout ce qui précède nous permet de conclure qu’il existe deux situations où le moi en ψ (que nous pouvons, à cause de ses connexions, considérer comme l’ensemble du système nerveux), le moi, dis-je, risque de tomber dans une impuissance dangereuse. La première de ces situations est celle où le moi, en proie à quelque désir , investit à nouveau le souvenir de l’objet puis déclenche le processus de décharge alors que, l’objet n’étant pas réellement présent et n’existant que dans l’imagination, toute satisfaction est impossible. À un stade précoce ψ n’est pas en mesure d’établir cette distinction puisqu’il ne peut travailler qu’en s’appuyant sur une série d’états analogues entre ses neurones, [c’est-à-dire grâce à des expériences antérieures ayant montré que l’investissement objectai avait été suivi de satisfaction]. C’est donc un autre critère qui doit servir à distinguer la perception de la représentation 28 . D’autre part, ψ a besoin d’un indice qui attire son attention sur le réinvestissement d’une image mnémonique hostile et qui lui permette d’éviter, au moyen d’un investissement latéral, la production consécutive de déplaisir. Quand ψ est capable de réaliser à temps cette inhibition, la production de déplaisir et la défense contre ce dernier seront légères ; dans le cas contraire, le déplaisir sera immense et la défense primaire excessive. L’intensité du désir comme la production de déplaisir peuvent, toutes deux, avoir des effets biologiquement nuisibles lorsque se renouvelle l’investissement du souvenir. C’est ce qui se produit dès que la force du désir dépasse certaines limites en favorisant ainsi une décharge. C’est ce qui se passe toujours aussi dans une production de déplaisir quand l’investissement de l’image mnémonique hostile émane de ψ lui-même (par association) et non de l’extérieur. Dans ce dernier cas, c’est encore un indice qui doit permettre de distinguer une perception d’un souvenir (ou d’une représentation). Ce sont très probablement les neurones perceptifs qui fournissent cet indice : un « indice de réalité ». Toute perception extérieure produit toujours en W une certaine excitation qualitative qui n’a par elle-même aucune action sur ψ. Il faut donc ajouter que l’excitation perceptive aboutit à une décharge perceptive et que l’annonce de cette dernière (comme de toutes les autres sortes de décharge) atteint ψ. C’est cette annonce de décharge provenant de W (ω), qui constitue pour ψ un indice de qualité ou de réalité. Si l’objet désiré est pleinement investi, de façon à prendre une forme hallucinatoire, le même indice de décharge ou de réalité que dans le cas d’une perception extérieure apparaît. En pareil cas le critère fait défaut. Mais si la charge en désir se trouve soumise à une inhibition – ce qui devient possible lorsque le moi est investi – une réaction d’ordre quantitatif peut survenir, au cours de laquelle la charge en désir ne suffit pas à donner un indice de qualité, comme il arriverait pour une perception extérieure. Dans ce cas, le critère conserve sa valeur. La distinction entre les deux instances tient au fait que les indices de qualité provenant du dehors apparaissent quelle que soit l’intensité de l’investissement, tandis que ceux émanant de ψ ne se présentent que si la charge est forte. Par conséquent, c’est une inhibition due au moi qui rend possible la formation d’un critère permettant d’établir une distinction entre une perception et un souvenir. L’expérience biologique enseigne ensuite que la décharge ne doit pas être amorcée avant la survenance d’un indice de réalité et que, pour cette raison, l’investissement des souvenirs souhaités ne doit pas dépasser un certain degré. D’autre part, l’excitation des neurones perceptifs peut servir de protection au système ψ dans le second cas, c’est-à-dire en attirant l’attention de ψ sur le fait de la présence ou de l’absence d’une perception.
L’expérience biologique enseigne ensuite que la décharge ne doit pas être amorcée avant la survenance d’un indice de réalité et que, pour cette raison, l’investissement des souvenirs souhaités ne doit pas dépasser un certain degré. D’autre part, l’excitation des neurones perceptifs peut servir de protection au système ψ dans le second cas, c’est-à-dire en attirant l’attention de ψ sur le fait de la présence ou de l’absence d’une perception. Nous admettrons alors que les neurones de perception (ωN) ont été, à l’origine, anatomiquement reliés aux voies de conduction venant des divers organes sensoriels et que la décharge s’est trouvée dirigée à nouveau vers l’appareil moteur appartenant aux mêmes organes sensoriels. Ensuite, l’annonce de cette dernière décharge (je veux dire l’annonce de l’attention réflexe) agit comme un signal biologique informant ψ qu’une certaine quantité d’investissement doit être envoyée dans la même direction. En résumé, lorsque l’inhibition est pratiquée par un moi investi, les indices de décharge ω servent généralement d’indices de réalité dont ψ apprend, par expérience biologique, à faire usage. Si ce moi est en proie à quelque tension de désir au moment où surgit l’indice de réalité, ce fait permettra à la décharge de s’effectuer grâce à l’action spécifique. Quand une augmentation de déplaisir coïncide avec l’indice de réalité, institue au point indiqué une défense d’intensité normale au moyen d’un grand investissement latéral approprié. Si rien de tout cela ne se produit [c’est-à-dire s’il n’y a ni état de désir, ni augmentation de déplaisir au moment où l’indice de réalité est perçu], l’investissement se produit sans obstacle, suivant les conditions de frayage établies. Une charge en désir allant jusqu’à l’hallucination, jusqu’à la production totale de déplaisir et impliquant l’intervention de toute la défense peut être qualifiée de « processus psychique primaire ». Nous appelons « processus secondaires », au contraire, ceux que rendent possibles un bon investissement du moi et une modération du processus primaire. Nous voyons que ce dernier ne peut se réaliser que par une utilisation correcte des indices de réalité, utilisation que seule rend possible une inhibition venue du moi 29 . XVI. La pensée cognitive et reproductive D’après nos hypothèses, l’inhibition venue du moi tend, au moment du désir, à atténuer l’investissement de l’objet, ce qui permet de reconnaître l’irréalité de celui-ci. Nous allons maintenant pousser plus loin l’analyse de ce processus. Plusieurs cas peuvent se présenter. Dans un premier cas, la charge en désir de l’image mnémonique peut s’accompagner d’une perception simultanée de celle-ci [c’est-à-dire d’une perception de l’objet dont on se souvient]. Les deux investissements vont alors coïncider (situation dont aucun profit biologique ne peut découler). En outre, W envoie un indice de réalité qui, nous l’avons vu, est suivi d’une décharge réussie. Ce cas est aisément concevable 30 . Dans un second cas, la charge en désir présente peut être accompagnée d’une perception qui ne corresponde que partiellement et non totalement avec elle. Le moment est venu de rappeler que les investissements perceptuels ne sont jamais des investissements de neurones isolés, mais toujours de complexes de neurones. Nous avons jusqu’ici négligé ce caractère, il est temps d’en tenir compte. Supposons que l’investissement par le désir soit, d’une façon générale, lié à un neurone a + un neurone b, tandis que l’investissement perceptif est attaché à un neurone a + un neurone c, c’est là le cas le plus ordinaire, plus fréquent que celui d’une identité, et il mérite d’être soigneusement étudié. Là encore, l’expérience biologique enseigne qu’il est hasardeux de déclencher une décharge lorsque les indices fournis par la réalité ne confirment qu’une partie seulement du complexe et non sa totalité. Toutefois, nous possédons le moyen de changer la similarité en identité complète. En comparant le complexe W à d’autres complexes W, nous sommes capables de le diviser en deux fractions : un neurone a qui demeure généralement semblable à lui-même et un autre neurone b, qui, la plupart du temps, est variable.
Toutefois, nous possédons le moyen de changer la similarité en identité complète. En comparant le complexe W à d’autres complexes W, nous sommes capables de le diviser en deux fractions : un neurone a qui demeure généralement semblable à lui-même et un autre neurone b, qui, la plupart du temps, est variable. C’est à ce processus d’analyse que le langage va plus tard donner le nom de « jugement ». Il découvrira aussi la ressemblance existant entre le noyau du moi et l’élément constant du complexe perceptuel d’une part et, d’autre part, entre les investissements changeants dans le pallium et l’élément inconstant du complexe perceptif (p. 1 ) ; le langage décrit le neurone a comme une « chose » et le neurone b comme l’activité ou la propriété de cette chose, bref comme son « attribut » (pp. 1 et 1 ). Le jugement constitue donc un processus ψ que seule une inhibition venue du moi rend possible. Il est provoqué par une dissemblance entre l’investissement du souvenir empreint de désir et un investissement perceptuel qui lui ressemble. Il s’ensuit que lorsque ces deux investissements coïncident, il y a un signal biologique enjoignant de mettre fin à l’activité de la pensée et de déclencher la décharge. Quand les deux investissements ne coïncident pas, il se produit une poussée vers l’activité de la pensée qui cesse dès qu’il y a coïncidence. L’analyse de ce processus peut être poussée plus loin encore : lorsque le neurone a est présent dans les deux investissements, l’appétitif et le perceptif, mais que le neurone c est perçu au lieu du neurone b, les efforts du moi suivent les connexions de ce neurone c et, au moyen d’un afflux de quantité (Qή) le long de ces connexions, entraîne l’émergence de nouveaux investissements jusqu’à ce que le neurone manquant b soit enfin atteint. En règle générale, c’est une image motrice qui s’intercale entre les neurones c et b. Une fois que cette image s’est trouvée ravivée par l’exécution d’un mouvement réel, le neurone b est perçu et l’identité souhaitée est établie. Supposons, par exemple, en prenant le cas du bébé, que l’image mnémonique désirée soit celle du sein maternel et de ses mamelons vus de face. Supposons encore que ce petit enfant commence à percevoir le même objet, mais de côté , sans le mamelon. Il a gardé, dans sa mémoire, le souvenir d’une expérience vécue fortuitement au cours de sa tétée, celui d’un mouvement de tête particulier qui a transformé l’aspect de face en aspect de côté. L’image de côté qu’il regarde maintenant l’incite à remuer la tête puisqu’il a appris, par expérience, qu’il doit faire le mouvement inverse pour obtenir une vue de face. Dans cet exemple le jugement ne joue qu’un faible rôle, mais il montre la possibilité d’arriver, en reproduisant des investissements, à exécuter un acte qui n’est qu’un mode accidentel d’action spécifique. C’est sans aucun doute la quantité (Qή) provenant du moi investi qui est sous-jacente à ce trajet le long des neurones frayés. Ce parcours n’est pas commandé par les frayages, mais par un but à atteindre. Mais ce but, quel est-il ? Comment y parvenir ? Eh bien, il s’agit de revenir au neurone b manquant et de libérer la sensation d’identité, c’est-à-dire le moment où seul le neurone b est investi et où l’investissement mobile débouche dans le neurone b. C’est ce qui advient quand les quantités Qή se trouvent expérimentalement déplacées dans toutes les directions. Dans ce but, une dépense en charge latérale tantôt plus, tantôt moins considérable devient nécessaire suivant les possibilités d’utilisation des frayages existants ou le besoin de mener une lutte contre eux. Cette lutte entre les frayages fixes et les investissements changeants caractérise le processus secondaire de la pensée reproductive, ce qui contraste avec la succession primaire des associations. Par quoi le choix du trajet est-il dicté ? Par le fait que le souvenir de l’idée appétitive reste investi tant que la chaîne des associations est suivie à partir du neurone c. Nous savons que l’investissement du neurone b favorise le frayage et facilite l’accès de toutes les connexions de celui-ci.
Par le fait que le souvenir de l’idée appétitive reste investi tant que la chaîne des associations est suivie à partir du neurone c. Nous savons que l’investissement du neurone b favorise le frayage et facilite l’accès de toutes les connexions de celui-ci. Au cours de ce trajet, il arrive parfois que la quantité (Qή) se heurte à quelque souvenir lié à une expérience douloureuse ; il en résulte une production de déplaisir. Comme il y a là une preuve du fait que le neurone b ne peut être atteint par cette voie, il se produit instantanément une dérivation du courant qui l’éloignera de l’investissement en question. Les voies douloureuses conservent toutefois leur grande importance parce qu’elles règlent le courant de la reproduction. XVII. Mémoire et jugement Ainsi la pensée reproductive répond à un dessein pratique et à un but biologiquement déterminé : elle tend à éloigner une quantité (Qή) mobile de la perception désagréable pour la ramener à l’investissement neuronique manquant. Identité et droit à la décharge sont donc simultanément acquis, à condition que le neurone b donne bien l’indice de la réalité. Mais le processus peut négliger le second de ces buts [c’est-à-dire la décharge] et ne rechercher que la seule identité. Ce que nous trouvons, en ce cas, devant nous n’est qu’un simple acte mental qui, néanmoins, peut avoir, par la suite, son utilité pratique. De plus, le moi investi se comporte, en pareils cas, exactement de la même façon. Envisageons maintenant une troisième possibilité susceptible de se réaliser lors d’un état d’appétition. [En ce qui concerne les deux premières possibilités, voir plus haut, p. 1 .] Lorsqu’il y a charge de désir, il peut arriver que surgisse une perception ne s’accordant d’aucune manière avec l’image mnémonique désirée (image que nous appellerons Souv. +). Il deviendra alors intéressant de connaître cette image perceptive afin d’arriver, malgré tout, à découvrir une voie menant d’elle au Souv. +. C’est dans ce but que la perception [entière] se trouve probablement surinvestie à partir du moi, exactement comme dans le cas précédent, par l’élément de perception que constitue le neurone c [p. 1 ]. Si la perception n’est pas absolument nouvelle, elle suscite le rappel, la reviviscence du souvenir de quelque autre perception ayant avec elle au moins un point commun. Et alors le processus cogitatif que j’ai déjà écrit se répétera à propos de cette image mnémonique mais, dans une certaine mesure, sans le but que fournit l’idée appétitive investie. Dans la mesure où les investissements coïncident, ils ne fournissent pas à la pensée d’occasion de s’exercer. Mais les différentes parties de l’investissement « éveillent l’intérêt » et donnent parfois à deux sortes d’activités cogitatives une occasion de se manifester. Le courant peut alors se diriger vers les souvenirs ressurgis et déclencher une activité mnémonique sans but (motivée par des dissemblances et non par des ressemblances). Ou bien, il va se concentrer sur les éléments perceptifs nouvellement apparus et mettre en branle une activité de jugement également privée de but. Supposons que l’objet perçu soit semblable [au sujet qui perçoit], c’est-à-dire à un être humain. L’intérêt théorique qu’il suscite s’explique encore par le fait que c’est un objet du même ordre qui a apporté au sujet sa première satisfaction (et aussi son premier déplaisir) et qui fut pour lui la première puissance. L’éveil de la connaissance est donc dû à la perception d’autrui. Les complexes perceptifs qui en émanent sont, en partie, nouveaux et non comparables à autre chose – par exemple les traits de la personne en question (dans la sphère visuelle) ; mais d’autres perceptions visuelles (par exemple les mouvements de la main) rappelleront au sujet les impressions visuelles que lui ont causé les mouvements de sa propre main, impressions auxquelles seront associés les souvenirs d’autres mouvements encore. Il en sera de même pour d’autres perceptions de l’objet. Ainsi, lorsque celui-ci crie, le sujet se souvient de ses propres cris et revit ses propres expériences douloureuses.
Il en sera de même pour d’autres perceptions de l’objet. Ainsi, lorsque celui-ci crie, le sujet se souvient de ses propres cris et revit ses propres expériences douloureuses. Le complexe d’autrui se divise donc en deux parties, l’une donnant une impression de structure permanente et restant un tout cohérent, tandis que l’autre peut être comprise grâce à une activité mnémonique, c’est-à-dire attribuée à une annonce que le propre corps du sujet lui fait parvenir 31 . Cette analyse d’un complexe perceptif a été qualifiée de reconnaissance, implique un jugement et s’achève avec ce dernier. Nous voyons que le jugement ne constitue pas un processus primaire et présuppose un investissement de la partie disparate (non comparable) du complexe, investissement émanant du moi. Le fait de juger n’implique tout d’abord aucun but pratique et il semble que, lors du jugement, l’investissement des éléments disparates se trouve probablement déchargé, ce qui expliquerait pourquoi les activités, les « prédicats » ne communiquent avec l’élément « subjectif » que par une voie mal déterminée [v. pp. 1 et 1 ]. Tout ceci pourrait nous permettre d’analyser plus à fond le fait de juger, mais nous éloignerait trop de notre thème. Contentons-nous de retenir que l’intérêt originel (du sujet) à établir une situation agréable produit tantôt une réflexion reproductive, tantôt un jugement, moyens de passer d’une situation réelle perçue à la situation désirée. Pour ce faire, il faut absolument que les processus ψ soient gênés et qu’ils restent soumis à l’action du moi. La signification éminemment pratique de toute activité mentale se trouvera ainsi démontrée. XVIII. Pensée et réalité Le but, la fin, de tous les processus cogitatifs est donc l’instauration d’un état d’identité, la transmission d’une quantité investissante (Qή) venue de l’extérieur, à un neurone investi par le moi. Pensée cognitive ou jugement cherchent à s’identifier à un investissement somatique ; la pensée reproductive tend à s’identifier à un investissement psychique (expérience vécue par le sujet). La pensée jugeante précède la reproductive en lui assurant, pour d’autres trajets des associations, des frayages tout préparés. Quand, après la fin de l’acte cogitatif, l’indice de réalité vient à atteindre la perception, alors une appréciation de la réalité , la croyance, ont pu se réaliser et le but de toute cette activité est atteint. Il y a plus à dire sur le jugement qui se fonde évidemment sur des expériences somatiques, des sensations et des images motrices propres au sujet. Tant que manquent ces dernières, la fraction variable 32 du complexe perceptif ne saurait se concevoir ; on pourrait, à vrai dire, le reproduire mais sans qu’il puisse donner de nouvelles directives pour d’autres cheminements de la pensée. Par exemple – et c’est un fait dont on verra plus tard l’importance – tant que le sujet n’éprouve aucune sensation sexuelle, c’est-à-dire, en général, jusqu’au début de la puberté, aucune expérience sexuelle n’aura d’effet. Le jugement primaire semble impliquer un moindre degré d’action du moi investi que la pensée reproductive. Bien qu’il puisse arriver qu’une association se poursuive du fait d’une coïncidence partielle [entre les investissements de désir et perceptifs] et que le besoin de modification ne se fasse pas sentir, il est cependant des cas où toute la quantité se trouve utilisée dans le processus associatif de jugement. On peut dire que la perception correspond à un objet nucléaire plus une image motrice. Tout en percevant W, on imite soi-même les mouvements, c’est-à-dire que l’on innerve sa propre image motrice (qui coïncide avec la perception) au point de reproduire réellement le mouvement. C’est pourquoi il est permis de parler de la « valeur imitative » d’une perception (voir p. 1 ). Il arrive encore que la perception suscite l’image mnémonique d’une sensation douloureuse ayant été ressentie par le sujet, de telle sorte qu’il éprouve le déplaisir correspondant et réitère les mouvements défensifs appropriés. C’est là ce qu’on appelle « valeur sympathique » d’une perception.
Il arrive encore que la perception suscite l’image mnémonique d’une sensation douloureuse ayant été ressentie par le sujet, de telle sorte qu’il éprouve le déplaisir correspondant et réitère les mouvements défensifs appropriés. C’est là ce qu’on appelle « valeur sympathique » d’une perception. Ces deux cas nous montrent indubitablement le processus primaire qui se déroule lors du jugement et nous admettons que tous les jugements secondaires s’effectuent grâce à l’atténuation de ces processus purement associatifs. Donc, le fait de juger (qui devient plus tard le moyen de reconnaître un objet pouvant avoir quelque importance pratique) ce fait, dis-je, constitue à l’origine un processus d’association entre certains investissements venus du dehors et d’autres émanés du corps du sujet, une identification entre des renseignements ou des investissements venant de φ et de l’intérieur. Nous sommes peut-être en droit de supposer que le jugement permet aussi de voir comment les quantités venues de φ peuvent être transmises et déchargées. Ce que nous qualifions d’« objets » est fait de reliquats échappant au jugement. L’exemple du jugement nous porte à croire qu’il existe une différence quantitative entre la pensée et le processus primaire. Il paraît raisonnable de supposer que, dans l’acte de penser, un petit courant d’innervation motrice émane de ψ mais seulement, bien entendu, si, durant cet acte, un neurone moteur ou un neurone-clé (c’est-à-dire sécréteur [v. p. 1 ]) se trouve innervé. Toutefois, on aurait tort de confondre cette décharge avec le processus cogitatif lui-même dont elle n’est qu’un résultat non prévu et accessoire. Le processus cogitatif consiste en un investissement des neurones ψ accompagné d’une modification apportée aux frayages obligatoires, cela du fait d’un investissement latéral dû au moi. Au point de vue mécanique, on comprend que, dans ce processus, une partie seulement de la quantité (Qή) se trouve capable de suivre les voies frayées et que l’importance de cette partie soit constamment réglée par les investissements. Mais on voit clairement aussi que, de cette façon, il y a, en même temps, une économie de quantité (Qή) suffisante pour rendre profitable une reproduction. S’il en était autrement toute la quantité (Qή) nécessaire à la décharge finale, serait dépensée, pendant son parcours, aux points d’issue motrice. Le processus secondaire est donc une répétition du phénomène originel d’excitation en ψ, mais à un niveau moins élevé et avec de moindres quantités. Mais alors, va-t-on se demander, qu’advient-il de quantités plus faibles encore que celles qui traversent normalement les neurones ψ ? Comment ces quantités (Qή) si faibles parviennent-elles à passer par des voies où ne s’écoulent que des quantités dépassant celles que ψ reçoit habituellement ? Une seule réponse est admissible : cette possibilité doit être la conséquence mécanique des investissements latéraux. Nous en concluons que lorsqu’il existe un investissement latéral, de petites quantités (Qή) passent au travers de frayages que seules de plus considérables auraient normalement pu franchir. L’investissement latéral « lie », pour ainsi dire, une certaine fraction de quantité (Qή) traversant le neurone. La pensée est encore soumise à une autre condition. Elle ne doit déterminer aucune modification essentielle dans les frayages qu’a déjà établis le processus primaire, sans quoi les traces laissées par la réalité s’en trouveraient faussées. Il suffira de dire à ce propos que le frayage résulte probablement de l’unique passage d’une quantité importante et que l’investissement, bien que très puissant, sur le moment, ne laisse pas derrière lui d’effets aussi durables. Les petites quantités (Q) qui passent durant le processus cogitatif ne prévalent généralement pas sur les frayages. Il reste, malgré tout, indéniable que les processus cogitatifs abandonnent des traces permanentes. Une seconde réflexion nous coûte, en effet, bien moins d’efforts que la première. Pour que la réalité ne se trouve pas faussée, il faut qu’il en reste des traces particulières (indices de processus cogitatifs).
Une seconde réflexion nous coûte, en effet, bien moins d’efforts que la première. Pour que la réalité ne se trouve pas faussée, il faut qu’il en reste des traces particulières (indices de processus cogitatifs). Elles constituent une « mémoire cogitative », quelque chose qu’il n’a pas encore été possible de formuler. Nous allons voir par quel moyen nous distinguerons les traces des processus cogitatifs de celles de la réalité 33 . XIX. Processus primaires. Sommeil et rêves Demandons-nous maintenant de quelle source dérivent les facteurs quantitatifs qui permettent au processus primaire ψ de se dérouler. Dans le cas d’une expérience douloureuse , cette source est évidemment la quantité (Q) qui est issue de l’extérieur ; dans le cas des affects, c’est la quantité libérée par le frayage ; s’il s’agit du processus secondaire de la pensée reproductive, une quantité plus ou moins grande peut se trouver transférée du moi au neurone c (p. 1 ) 34 , c’est ce que l’on peut appeler « intérêt cogitatif ». Il est proportionnel à « l’intérêt affectif » là où celui-ci peut se développer. Il s’agit simplement de savoir s’il existe des processus ψ de caractère primaire pour lesquels la quantité (Qή) fournie par φ soit suffisante ou si à l’investissement φ d’une perception s’ajoute automatiquement l’appoint de ψ (c’est-à-dire de l’attention). C’est cet appoint seul qui rendrait possible le processus ψ. La question n’est pas résolue, mais peut-être le sera-t-elle si nous nous référons à certains faits psychologiques particuliers. Examinons l’un de ces faits importants : parmi les processus primaires ψ ceux qui ont été progressivement éliminés par les nécessités biologiques, au cours de l’évolution de ψ se représentent quotidiennement à nous pendant nos rêves. Un second fait, d’importance égale, est que les mécanismes pathologiques révélés par une analyse très minutieuse des psychonévroses ont avec les processus oniriques la plus grande ressemblance. Nous pouvons tirer de ce parallélisme des conclusions d’une importance capitale. Nous en reparlerons (voir p. 1 ) 35 . Mais il convient d’intégrer d’abord dans notre théorie la question du sommeil. Ce qui détermine essentiellement le sommeil apparaît chez les enfants avec évidence. Les enfants continuent à dormir tant que les besoins physiques ou des stimuli externes ne les tourmentent pas (par exemple la faim, les sensations de froid quand ils ont mouillé leur couche). Une fois satisfaits (au sein), ils s’endorment. De même l’adulte s’endort facilement post coenam et coitum. Il s’ensuit que ce qui conditionne le sommeil est une diminution de la charge endogène dans le noyau ψ, diminution qui rend inutile la fonction secondaire. Pendant qu’il dort, le sujet se trouve dans un état idéal d’inertie alors que son stock de quantité (Qή) est déchargé. À l’état de veille, c’est dans le « moi » que ce stock s’accumule et nous sommes en droit d’admettre que ce qui conditionne nécessairement et ce qui caractérise le sommeil, est justement cette décharge du moi. Nous nous rendons immédiatement compte qu’il s’agit là d’une condition nécessaire à la production du processus psychique primaire. Nous n’oserions affirmer que, chez les adultes endormis, le moi se trouve totalement débarrassé de sa charge. En tout cas, il retire un grand nombre de ses investissements qui, toutefois, se rétablissent immédiatement et sans peine au réveil. Ce fait ne contredit aucune de nos hypothèses mais nous amène à supposer que certains courants, agissant sur l’ensemble du niveau [des investissements], doivent s’écouler entre les neurones étroitement liés, comme dans des canaux communicants – et pourtant la hauteur du niveau dans les divers neurones n’est pas nécessairement uniforme mais seulement proportionnelle [p. 1 ]. Les particularités du rêve révèlent certaines choses impossibles à deviner. Le sommeil se caractérise par une paralysie motrice , une paralysie de la volonté [voir plus loin, p. 1 ]. La volonté consiste en une décharge de la quantité ψ totale (Qή). Dans le sommeil, le tonus spinal est partiellement relâché (il semble probable que la décharge motrice φ se manifeste dans le tonus).
La volonté consiste en une décharge de la quantité ψ totale (Qή). Dans le sommeil, le tonus spinal est partiellement relâché (il semble probable que la décharge motrice φ se manifeste dans le tonus). D’autres innervations persistent, ainsi que leurs sources d’excitation. Fait extrêmement intéressant, l’état de sommeil débute et se trouve provoqué par la fermeture de ceux des organes sensoriels qui peuvent être fermés. Pendant le sommeil, toute perception doit être exclue. Or, rien ne trouble autant le sommeil que les impressions sensorielles, les investissements venant de φ et pénétrant dans ψ. Voilà qui semble indiquer que, pendant la journée, une charge constante, bien que mobile (l’attention) 36 est envoyée dans les neurones du pallium auxquels φ fait parvenir les perceptions ; il est donc tout à fait possible que les processus ψ primaires s’effectuent à cause de cette contribution de ψ (p. 1 ). (Nous ignorons encore si ce sont les neurones du pallium eux-mêmes ou les neurones nucléaires contigus qui se trouvent déjà préinvestis. Si ψ vient à retirer ces investissements du pallium, les perceptions atteignent alors des neurones non investis, demeurent faibles et sont peut-être incapables de fournir un indice de qualité 37 . Comme nous venons de l’indiquer, en même temps que se produit l’évacuation des neurones de perception (ωN), une innervation de décharge qui accroît l’attention atteint son point d’arrêt. Peut-être abordons-nous ici l’énigmatique question de l’hypnose. L’apparente insensibilité, dans cet état, des organes sensoriels semble reposer sur le retrait de l’investissement en attention. Ainsi, un mécanisme automatique inverse de celui de l’attention, ψ exclut les impressions φ tant qu’il n’est pas lui-même investi. Mais le plus extraordinaire est que, durant le sommeil, des processus ψ se déroulent : les rêves, dont bien des particularités restent incompréhensibles. XX. L’analyse des rêves 38 Bien que l’on découvre dans les rêves tous les degrés de transition vers les états de veille et toutes sortes de combinaisons avec les processus ψ normaux, leurs caractères essentiels peuvent aisément être dégagés. 1) Les rêves sont dépourvus de décharge motrice et la plupart du temps d’éléments moteurs. Nous y sommes paralysés. L’explication la plus simple de ce fait s’appuie sur l’absence de préinvestissement spinal par suite d’une suppression de décharge φ. Les neurones n’étant pas investis, l’excitation motrice ne peut franchir les barrières. Dans d’autres états voisins du rêve, il peut y avoir mouvement. Ce n’est donc pas là qu’il convient de chercher un caractère fondamental du rêve. 2) Dans le rêve, les connexions sont en partie incohérentes, en partie faiblement motivées, parfois même étrangement absurdes. Cette dernière particularité est due au fait que la compulsion à associer prévaut dans les rêves, comme d’ailleurs, sans aucun doute, primairement dans toute la vie psychique. Deux investissements simultanément présents doivent, semble-t-il, entrer en connexion 39 . J’ai rassemblé plusieurs exemples amusants de prédominance, à l’état de veille, de ce besoin (par exemple en France, quelques provinciaux, ayant assisté à la séance de la Chambre où une bombe fut jetée, en avaient conclu que chaque fois qu’un député avait prononcé un éloquent discours, un coup de feu était tiré en signe d’approbation) 40 . Les deux autres particularités, d’ailleurs identiques, montrent qu’une partie des expériences psychiques du rêveur ont sombré dans l’oubli. De fait, le sujet a oublié toutes les expériences biologiques qui entravent généralement le processus primaire, ce qui est dû à un investissement insuffisant du moi. Le caractère absurde et illogique des rêves est vraisemblablement attribuable au même fait. Tout porte à croire que les investissements ψ qui n’ont pas été éliminés trouvent leur équilibre en partie dans les frayages les plus proches et, en partie, dans les investissements voisins. Si le moi se déchargeait complètement, le sommeil serait alors dépourvu de rêves. 3) Dans les rêves, les représentations ont un caractère hallucinatoire, elles éveillent l’état conscient et suscitent la créance.
Si le moi se déchargeait complètement, le sommeil serait alors dépourvu de rêves. 3) Dans les rêves, les représentations ont un caractère hallucinatoire, elles éveillent l’état conscient et suscitent la créance. Il faut y voir la particularité la plus importante du sommeil. Elle devient immédiatement évidente lorsqu’il y a alternance de sommeil et de réveils. On ferme les yeux et les hallucinations se produisent. On les rouvre et l’on traduit ses pensées en paroles 41 . On explique de diverses façons le caractère hallucinatoire des investissements oniriques. On peut d’abord supposer que le courant allant de φ à la motilité [à l’état de veille] agit à la façon d’un obstacle se dressant contre tout investissement rétrograde des neurones φ, à partir de ψ. Mais rien n’empêche de penser non plus que, lors de l’interruption du courant, φ se trouve rétrogressivement investi et qu’alors existeraient toutes les conditions requises pour une production de qualité 42 . Une seule objection pourrait être soulevée à l’encontre de cette thèse : le fait que les neurones φ devraient, par suite de leur non-investissement, être protégés (tout à fait comme dans le cas de la motilité) (p. 1 ) contre n’importe quel investissement venant de ψ. Une particularité du sommeil est son pouvoir de renverser toute la situation : il arrête la décharge motrice de ψ, et rend possible une décharge rétrograde vers φ. On serait tenté d’attribuer ici un rôle déterminant, pendant l’état de veille, au grand courant de décharge allant de φ à la motilité. En second lieu, nous pourrions examiner la nature du processus primaire en soulignant que le souvenir primaire d’une perception est toujours une hallucination et que seule l’inhibition venue du moi nous enseigne à ne jamais investir W de façon à lui permettre de transmettre rétrogressivement cet investissement à φ. Cette hypothèse nous paraîtra plus plausible si nous considérons que la conduction de φ à ψ est, en tout cas, plus facile que celle de ψ à φ. Il s’ensuit que l’investissement ψ d’un neurone, même s’il est beaucoup plus intense que son investissement perceptif, n’implique pas forcément une conduction rétrograde. Cette explication se trouve encore confirmée par le fait que, dans les rêves, la vivacité de l’hallucination est directement proportionnelle à l’importance (c’est-à-dire à l’investissement quantitatif) de la représentation en question. Nous voyons ainsi que c’est la quantité (Q) qui conditionne l’hallucination. Quand, à l’état de veille, une perception émane de φ, l’investissement ψ (son intérêt) la rend plus distincte mais non pas plus vive ; son caractère quantitatif ne s’en trouve pas modifié. 4) Le but et la signification des rêves (tout au moins de ceux qui sont normaux) peuvent être déterminés avec certitude. Les rêves sont des réalisations de désir 43 , c’est-à-dire des processus primaires succédant à certains faits vécus agréables. Si le rêveur ne les reconnaît pas pour tels, c’est surtout à cause de la faiblesse de leur production en plaisir (de la reproduction des décharges agréables). Ils sont, en effet, généralement dénués d’affect (sans réactions motrices). Mais il est facile de démontrer que telle est leur nature propre et cette même raison m’incite à croire que les investissements par désirs primaires ont, eux aussi, un caractère hallucinatoire. 5) Il faut noter également la déficience de la mémoire dans les rêves ainsi que les minimes dommages que ceux-ci causent, comparativement aux autres processus primaires. L’explication en est simple. Les rêves suivent généralement des frayages anciens et ne provoquent ainsi aucune modification. Les incidents ψ ne les affectent pas et, par suite de la paralysie motrice, ils ne laissent derrière eux aucune trace de décharge. 6) Un fait encore mérite d’être souligné : la conscience renseigne sur la qualité aussi facilement dans le rêve qu’à l’état de veille, ce qui montre que l’état conscient n’est pas limité au moi mais peut s’attacher à n’importe quel processus ψ. Nous sommes ainsi mis en garde contre le risque d’identifier les processus primaires aux processus inconscients.
6) Un fait encore mérite d’être souligné : la conscience renseigne sur la qualité aussi facilement dans le rêve qu’à l’état de veille, ce qui montre que l’état conscient n’est pas limité au moi mais peut s’attacher à n’importe quel processus ψ. Nous sommes ainsi mis en garde contre le risque d’identifier les processus primaires aux processus inconscients. Nous trouvons là deux inappréciables indications pour ce qui va suivre. Lorsqu’il y a souvenir d’un rêve et que nous faisons appel au conscient pour en connaître le contenu, nous découvrons que la signification des songes en tant que réalisations de désir est masquée par un certain nombre de processus ψ , tous présents dans les névroses et qui montrent la nature pathologique de ces troubles 44 . XXI. La conscience dans le rêve La conscience des représentations oniriques est avant tout discontinue. Ce n’est pas la chaîne tout entière des associations qui devient consciente, mais seulement certains éléments disjoints de celle-ci. Entre eux se trouvent des chaînons intermédiaires inconscients que nous découvrons aisément à l’état de veille. Quand nous cherchons à expliquer ces discontinuités, voici ce que nous trouvons : supposons (fig. 15, p. 1 ) que A figure une représentation onirique devenue consciente et qui mène vers B. Mais voilà qu’au lieu de B, c’est C qui apparaît dans le conscient, parce qu’il se trouve sur le chemin entre B et un autre investissement D présent au même moment. La diversion qui se produit alors est due à un investissement simultané différent qui, d’ailleurs, n’est pas conscient. C a pris la place de B bien que B concorde mieux avec la chaîne de pensées, c’est-à-dire avec la réalisation de désir. Examinons un rêve, par exemple celui où O… fait à Irma une injection de propyle [A] 45 . Je vois ensuite très nettement devant moi la formule de la « triméthylamine » [C]. Au même instant, je pense que la maladie d’Irma est de nature sexuelle [D], Entre cette idée et celle du propyle se trouve une idée [B] associée, celle d’une conversation avec W. Fl… [Wilhelm Fliess] sur la chimie sexuelle, conversation où il fut particulièrement question de la triméthylamine. Cette dernière idée devient consciente grâce à une poussée venant des deux côtés. Fait surprenant, ni le chaînon intermédiaire (la chimie sexuelle) [B], ni l’idée déviée (le caractère sexuel de la maladie) [D] ne sont conscients. Ce fait a besoin d’être expliqué. On peut supposer que l’investissement de B ou de D n’aurait pas été assez intense pour provoquer une hallucination rétrograde, mais que C, investi des deux côtés, est capable de la produire. Toutefois, dans mon exemple, D (le caractère sexuel de la maladie) était certainement aussi intense que A (l’injection de propyle) et le dérivé des deux (la formule chimique [C]) s’avérait plein de vivacité. Le problème des chaînons intermédiaires inconscients se pose également pour la pensée en état de veille où de semblables faits se réalisent journellement. Mais ce qui caractérise le rêve reste le déplacement aisé de la quantité (Qή) qui s’y réalise et la façon dont B est remplacé par un C qui lui est quantitativement supérieur. Et, d’une façon générale, il en va de même dans la réalisation onirique des désirs. Il n’arrive pas qu’un désir conscient ait ensuite sa réalisation hallucinatoire. C’est cette dernière seule qui sera consciente et le chaînon intermédiaire [le désir] doit être inféré. Ce désir s’est certainement produit mais sans avoir pu prendre une forme qualitative. Un fait est évident : l’investissement de la représentation de désir ne peut, en aucun cas, être plus fort que le motif qui l’a suscitée. C’est pourquoi, dans les rêves, le cours psychique de l’excitation se produit suivant la quantité Q, mais ce n’est pas de celle-ci que dépend la prise de conscience. Le processus onirique nous permet de penser que l’état conscient se réalise durant le passage d’une quantité (Qή), donc qu’il n’est pas dû à un investissement constant.
C’est pourquoi, dans les rêves, le cours psychique de l’excitation se produit suivant la quantité Q, mais ce n’est pas de celle-ci que dépend la prise de conscience. Le processus onirique nous permet de penser que l’état conscient se réalise durant le passage d’une quantité (Qή), donc qu’il n’est pas dû à un investissement constant. Nous sommes ensuite amenés à soupçonner qu’un courant intense de quantité (Qή) ne favorise pas la prise de conscience, puisque cette dernière se trouve liée à l’aboutissement de ce courant, c’est-à-dire, dans une certaine mesure, à la relativement tranquille persistance de l’investissement. Il est difficile de s’orienter à travers ces conditions contradictoires pour arriver jusqu’aux déterminantes réelles de l’état conscient et nous sommes obligés de tenir compte des circonstances au milieu desquelles se réalise, au cours du processus secondaire, la prise de conscience. Cette dernière particularité de la conscience dans le rêve peut peut-être s’expliquer en supposant que le courant rétrograde de quantité (Qή) allant vers φ est incompatible avec le courant relativement énergétique qui se dirige vers les voies ψ d’association. D’autres conditions semblent s’appliquer aux processus conscients φ. 3 Dans son manuscrit, Freud a utilisé de nombreuses abréviations dont la plupart ont été expliquées dans la version imprimée. À côté d’abréviations courantes ou faciles à deviner, Freud s’est servi d’un grand nombre de signes fixes. Ainsi N désigne les « neurones » et φ, ψ et ω indiquent les trois systèmes de neurones (φ étant souvent employé adjectivement). Freud parle aussi souvent du système des neurones ω comme étant celui des « neurones perceptifs » [ou « neurones W », voir note p. 1 ]. En pareils cas, nous avons mis les abréviations entre parenthèses arrondies. Pour désigner la quantité, Freud emploie Q et Qή. Vers la fin de l’Esquisse (p. 1 ), il explique la distinction : Q représente la quantité « extérieure » et Qή la quantité « psychique ». Cette différenciation n’a pas toujours été rigoureusement respectée dans le manuscrit et, dans la lettre du 1-1-1896, on n’en trouve nulle trace. Dans le présent texte, Q et Qή ont été remplacés par le mot « quantité » et les abréviations ont été mises entre guillemets. Quand il n’y a aucun signe abréviatif après le mot « quantité », c’est que Freud a écrit le mot en entier. [MM. Mosbacher et James Strachey, les traducteurs anglais de ce volume, inclinent à croire, toutefois, que l’emploi par Freud des abréviations Q et Qή) devrait être plus exactement précisé. Q paraît signifier la quantité d’une façon très générale – y compris les quantités se trouvant dans le monde extérieur, sans indication plus précise. Qή semble indiquer les quantités se trouvant dans les neurones ; ainsi Qή appartient au système φ de neurones et au système ω aussi bien qu’au système ψ. Le traducteur tente également d’expliquer le mystérieux signe Qή. Comme on le verra plus loin (note p. 1 ), Freud a utilisé par plaisanterie, la lettre ω pour W ou Wahrnehmung (perception). Peut-être a-t-il de la même façon employé le ή grec qui n’est qu’un n à long appendice. Si tel est bien le cas, Qή serait le symbole convenant à la « quantité neuronique ».] 4 Nous ne pouvons préciser de manière certaine à quels essais Freud fait allusion ici. En ce qui concerne les conceptions de la physiologie du cerveau, voir les œuvres de E. Fleischl von Marxow (1893), accompagnées d’une esquisse biographique due au Pr Sigmund Exner (1893) ; pour les rapports entre la physiologie et la psychologie, consulter les travaux d’Exner lui-même et en particulier son Esquisse d’une explication physiologique des phénomènes psychiques, 1894, où il écrit (p. 225) : « Tous les phénomènes de quantité et de qualité des sensations, perceptions et représentations conscientes peuvent se ramener à des stimuli quantitativement variables des diverses parties de cet ensemble de voies. » Pour la question de la mémoire, voir les auteurs français et aussi la conférence de A. Forel sur La mémoire et ses anomalies , Zurich, 1885, travaux que Freud lut attentivement et dont il put tirer des suggestions.
Fleischl von Marxow (1893), accompagnées d’une esquisse biographique due au Pr Sigmund Exner (1893) ; pour les rapports entre la physiologie et la psychologie, consulter les travaux d’Exner lui-même et en particulier son Esquisse d’une explication physiologique des phénomènes psychiques, 1894, où il écrit (p. 225) : « Tous les phénomènes de quantité et de qualité des sensations, perceptions et représentations conscientes peuvent se ramener à des stimuli quantitativement variables des diverses parties de cet ensemble de voies. » Pour la question de la mémoire, voir les auteurs français et aussi la conférence de A. Forel sur La mémoire et ses anomalies , Zurich, 1885, travaux que Freud lut attentivement et dont il put tirer des suggestions. 5 En écrivant que l’application réussie des concepts dynamiques aux problèmes de l’hystérie lui a suggéré les présentes recherches, Freud nous remet en mémoire que les Études sur l’Hystérie n’avaient paru que peu de temps avant la rédaction de ce travail. Tout nous permet de supposer que Freud a tenté dans l’Esquisse de résoudre les difficultés contre lesquelles Breuer avait buté dans la partie théorique des Études. Freud est ici en complet désaccord avec Breuer qui écrit : « Dans ces pages nous parlerons peu du cerveau et pas du tout des molécules. Les processus psychiques doivent être décrits dans la langue de la psychologie ; il ne peut en être autrement. » 6 Le mot substance manque dans le manuscrit. 7 Les idées ici exposées ont été reprises par Freud dans les Zwei prinzipien des psyschischen Geschehen (Les deux principes du fonctionnement mental), 1911 b. On les trouve également dans le VIIe Chapitre de L’Interprétation des rêves, 1900. Il est question de la distinction à établir entre la tendance à réduire la tension à zéro et la modification de cette tendance qui veut alors maintenir aussi bas que possible le niveau de la tension, c’est-à-dire entre le « principe de Nirvana » et « le principe de plaisir ». Voir Au-delà du principe de plaisir, 1920 g . 8 Freud s’est servi de quelques-unes de ces idées dans Au-delà du principe de plaisir. Il y déclare « avoir adopté à propos de la localisation, la manière de voir de l’anatomie cérébrale ». D’après l’analyse qu’a donnée Dorer (1932) de l’attitude de Freud à l’égard des théories de Meynert, il est incontestable que Freud, en écrivant cette phrase, pensait à Meynert. L’influence de celui-ci semble se faire sentir en plusieurs endroits de l’Esquisse, bien qu’il ne soit guère possible de la distinguer de prime abord des opinions neurologiques généralement admises à la fin du XIXe siècle. 9 De ce qui va suivre, nous pourrons déduire les caractères des deux groupes de neurones, qui sont les suivants : les neurones φ sont « perméables », c’est-à-dire qu’ ils n’offrent pas de résistance ; ils servent à atténuer les stimuli venant du monde extérieur et s’identifient à la substance grise de la moelle. Les neurones ψ sont rétenteurs, réduisent les stimuli internes et s’identifient à la substance grise supérieure du cerveau. 10 On trouve, p. 1 , une réponse à cette question. Certaines des questions traitées dans ce chapitre se retrouvent sous une forme modifiée dans les hypothèses de Freud relatives à la mémoire et à l’état conscient. Voir à ce sujet L’Interprétation des rêves, p. 485 de la trad. franç., et la théorie suivant laquelle « mémoire et qualité qui caractérisent l’état conscient s’excluent » l’une l’autre dans les systèmes ψ. Freud a plus tard exprimé, d’une façon plus radicale encore, l’hypothèse d’après laquelle « le conscient surgit en lieu et place de la trace mnémonique ( Au-delà du principe de plaisir, 1920 g ), où ces idées sont attribuées à Breuer. Lire également Notice sur le bloc magique (1925 a) et la lettre 52 du 6 décembre 1896. Breuer a soutenu une opinion semblable dans son chapitre théorique des Études sur l’hystérie, 1895, p. 164. « Cet appareil perceptif incluant les sphères sensorielles du cortex doit être distinct de l’organe qui emmagasine et produit les impressions sensorielles sous la forme d’images mnémoniques… » 11 Voir p. 1 12 Voir p. 1 et note 8.
11 Voir p. 1 12 Voir p. 1 et note 8. 13 Pour plus de détails, voir chapitre XII : L’expérience de la douleur. 14 Le rôle des neurones perceptifs et de leurs relations avec les neurones φ et φ est formulé d’une nouvelle façon dans la lettre 39 du 1-1-1896. Freud s’y exprime ainsi : « J’intercale maintenant entre les neurones φ et ψ les neurones de perception, de telle sorte que φ transmet sa qualité à ω et que ω ne transmet ni qualité, ni quantité à ψ et ne fait que l’exciter, c’est-à-dire qu’il indique la voie que l’énergie psychique libre doit suivre. 15 W signifie Wahrnehmung , « perception ». 16 Voir plus loin p. 1 et suivante. 17 [Cette idée a été reprise dans le Premier Chapitre de Au-delà du principe de plaisir (1920 g) où Freud l’attribue à Fechner.] 18 [Pour plus de clarté indiquons que ni les « processus » dans le monde extérieur, ni les « stimuli » qui traversent « l’appareil des terminaisons nerveuses » en φ, ni les investissements en φ ou ψ ne possèdent de qualité. Ils n’ont qu’une « période » caractéristique qui, à l’arrivée en ω, devient qualité.] 19 [Explication du rapport existant entre les modifications d’intensité et les changements que celles-ci entraînent dans la sensation correspondante. Freud semble suggérer que la loi de Fechner s’applique à ce point particulier dans le système neuronique.] 20 [Les histologistes du siècle dernier avaient distingué deux strates principales de cellules nerveuses dans le cortex cérébral et ont donné le nom de « pallium » à la couche extérieur. La neuro-anatomie a révélé la présence d’une stratification bien plus compliquée.] 21 Presque jamais Freud, dans ses écrits ultérieurs, n’a été plus loin dans la formulation de ces idées. Le rôle que jouent les relations objectales dans le passage du principe de plaisir au principe de réalité s’y trouve indiqué. 22 Dans le manuscrit, Freud a ici employé le mot « moteur », ce qui est évidemment un lapsus. 23 [Cette question sera encore traitée dans la IIIe Partie.] 24 Freud a, dans ce même travail, établi une distinction entre la défense primaire et le refoulement. Plus tard, il a séparé la réaction à la douleur du refoulement. Voir Le Refoulement (1915 d). 25 Le fait d’être « instruit par l’expérience » a fait l’objet d’autres mentions dans la IIIe Partie. 26 Un investissement constant d’énergie, la fonction d’inhiber ou de retarder certaines décharges et un connexion avec le processus secondaire, tout cela fait partie des propriétés de « l’instance du Moi », dit Freud dans son ouvrage théorique Le Moi et le Ça (1923 b ), et dans ses écrits ultérieurs. 27 Le rôle de l’attention sera discuté par la suite p. 1 et suiv. 28 On trouve, dans les pages suivantes, la première formulation d’une notion dont Freud a parfois donné des versions différentes pour aboutir finalement à l’idée que l’épreuve de la réalité constituait une fonction du moi. On trouvera d’autres et plus anciennes conceptions dans L’Interprétation des rêves et dans Les deux Principes du fonctionnement mental (1911 b). 29 Pour permettre au lecteur de comparer ces théories aux conceptions exposées dans L’Interprétation des rives, citons le passage suivant : « Nous avons appelé désir ce courant de l’appareil psychique du désagréable à l’agréable… Désirer a dû être d’abord une occupation hallucinatoire par le souvenir de l’apaisement… Je m’en tiens à l’idée que l’activité du premier système ψ tend à faire écouler librement les quantités d’excitation et que le second système, par ses occupations, arrête cet écoulement et le transforme en occupation immobile, probablement en relevant le niveau. J’admets donc que l’écoulement de l’excitation se trouve dans des conditions mécaniques toutes différentes selon que c’est le second système qui domine ou le premier. Quand le second système a achevé son travail d’épreuve, il ouvre les écluses et laisse les excitations s’écouler vers la motilité » (trad. I. Meyerson, P. U. F., Paris).
U. F., Paris). 30 Freud a, par la suite, donné de ces processus et de ceux qui sont exposés plus loin, une version différente : « Ainsi le premier but et le plus immédiat de l’épreuve de la réalité n’est pas de découvrir un objet de perception réelle correspondant à ce qui a été imaginé, mais de redécouvrir cet objet, de se convaincre qu’il est toujours là. La distinction entre ce qui est subjectif et ce qui est objectif dépend d’une autre faculté de la pensée. La reproduction d’une perception en tant qu’image n’est pas toujours fidèle et peut être modifiée par des omissions ou par fusion de quelques-uns de ses éléments. C’est par l’épreuve de la réalité que doit être mesurée l’étendue de ces déformations. Mais, de toute évidence, une condition nécessaire de l’épreuve de la réalité est que les objets ayant jadis procuré quelque satisfaction réelle aient été perdus » (La Dénégation, 1925). Dans l’Esquisse, le rapport auquel il est fait allusion dans cette dernière phrase, n’est qu’implicitement contenu. Mais l’exemple que Freud donne dans le passage où il traite de la reconnaissance d’une identité entre la représentation et ce qui est représenté est celui de l’image que se fait l’enfant du sein maternel (pp. 1 et 1 ). 31 Ces réflexions relatives aux fondements de la compréhension des actes expressifs d’autrui ne se retrouvent plus formulés de la même façon dans les œuvres postérieures de Freud. Dans un chapitre de son livre sur Le Mot d’esprit et ses rapport avec l’inconscient , Freud expose une hypothèse suivant laquelle le souvenir de sa propre dépense en énergie est ce qui permettrait à un individu de comprendre la mimique et les gestes d’autrui. Des recherches récentes sur le « schéma corporel » ont permis d’éclairer d’un jour nouveau ces données de Freud. Voir Paul Schilder, 1942. Pour les relations entre les contacts corporels et les plus précoces et l’identification, consulter Kris, 1952. 32 [Le mot verarbeitende se trouve par erreur dans l’édition allemande de 1950.] 33 Voir IIIe Partie. 34 Ce que Freud appelle « intérêt cogitatif » semble se confondre avec ce qu’il nomme « attention » un peu plus loin et dans la IIIe Partie de ce travail où il étudie plus à fond ce sujet. 35 Voir L’Interprétation des rêves. Il semble que Freud ait perdu de vue la découverte dont il fait ici mention, celle d’une « ressemblance » entre le processus onirique et les mécanismes psycho-névrotiques, pour ne les redécouvrir qu’au début (lettre 105). Voir aussi p. 1 36 [Voir la note 35.] 37 [Dans l’édition allemande, le mot « quantité » a, par erreur, été imprimé au lieu de « qualité »]. 38 Cette première tentative d’explication des rêves est si fragmentaire qu’il semble à peine utile de la comparer aux hypothèses développées dans L’Interprétation des rêves . Nous voyons Freud arriver à cette étude par deux voies différentes ; ses effort pour établir la nature de l’appareil psychique lui permettent de comprendre les mécanismes généraux de l’élaboration onirique, mais seule l’analyse de ses propres rêves et l’expérience concrète de son auto-analyse, lui permettent de s’engager sur la voie qui la le mener des vues exposées dans cette Esquisse à l’interprétation des rêves. 39 [Freud a souligné ce fait dans une longue note ajoutée à l’histoire d’Emmy von N…, à la date du 14 mai, dans ses Études sur l’hystérie (1895). Il y est revenu dans le chapitre V de L’Interprétation des rêves (1900)]. 40 Freud s’est servi de ces exemples dans L’Interprétation des rêves, p. 426 de la trad. franç. et les a décrits comme « étant des efforts tentés pour porter au plan intelligible les impressions sensorielles que nous percevons ». 41 L’Interprétation des rêves, chap. Ier. 42 [Cette explication de la régression dans les rêves est reprise et critiquée dans le chap. VII de L’Interprétation des rêves (1900 a).] 43 C’est après avoir interprété son rêve de « l’infection d’Irma » que Freud était arrivé à cette conclusion (juillet 1895) (v. lettre 137). II semble que l’analyse de ce rêve n’ait pas encore été reliée à son auto-analyse. L’analyse du rêve se fondait sur la dynamique mais non sur la génétique. 44 Voir p. 1 et note du bas de cette page.
L’analyse du rêve se fondait sur la dynamique mais non sur la génétique. 44 Voir p. 1 et note du bas de cette page. Voir aussi pp. 1 et 1 . 45 Voir la discussion relative au rêve de l’Infection d’Irma dans L’Interprétation des rêves, p. 101 de la trad. franç.
Deuxième partie. Psychopathologie 25 septembre 1895 Dans la première partie de ce travail, j’ai exposé tout ce que l’on peut, a priori et dans une certaine mesure, tirer de notre hypothèse fondamentale, une fois celle-ci modelée et corrigée suivant quelques données expérimentales. Dans cette seconde partie, je m’efforcerai de déterminer, par l’analyse des processus pathologiques, d’autres particularités du système établi sur notre hypothèse fondamentale. Dans une Troisième Partie, basée sur les deux précédentes, je tenterai de mettre en évidence tout ce qui caractérise le cours des phénomènes psychologiques normaux. Psychopathologie de l’hystérie I. L’obsession hystérique Je commencerai par des faits observables dans l’hystérie, mais qui ne lui sont pas nécessairement particuliers. Tout observateur des hystériques constate sans peine que ces malades obéissent à une compulsion émanant de représentations hyper-intenses. Une idée émerge très fréquemment dans la conscience sans que les événements en justifient l’apparition – ou bien le réveil de ce neurone s’accompagne de conséquences psychiques inintelligibles. La survenue d’une représentation excessivement intense produit des effets qu’il n’est possible ni de supprimer, ni de comprendre : décharges d’affect, innervations motrices, inhibitions. Le sujet lui-même se rend compte de la bizarrerie de sa situation. Des représentations hyperintenses peuvent aussi surgir de façon normale. Ce sont elles qui confèrent au moi son caractère particulier. Elles ne nous surprennent pas quand nous connaissons leur développement génétique (éducation, faits vécus) et leurs motifs. Nous avons l’habitude de regarder ces idées trop intenses comme des effets de causes puissantes et raisonnables. Chez les hystériques, au contraire, les représentations excessives nous frappent par leur bizarrerie. Ces mêmes idées resteraient sans effets chez d’autres sujets et nous n’en pouvons saisir l’importance. Elles nous apparaissent comme des intruses, des usurpatrices, nous les jugeons ridicules. Donc l’obsession hystérique semble : 1° Incompréhensible ; 2° Impossible à réduire par quelque travail cogitatif que ce soit ; et 3° Incongruente dans sa structure. Il existe une obsession névrotique simple opposable à l’obsession hystérique. Prenons un exemple : un homme a couru un grand danger en tombant de voiture. Par la suite il lui devient impossible d’utiliser ce moyen de transport. Cette obsession nous paraît : 1. Compréhensible puisque nous en connaissons l’origine ; et 2. Congruente, puisque l’association avec l’idée du danger justifie la peur liée aux trajets en voiture. Toutefois, aucun travail mental n’est capable de réduire cette appréhension, ce qui ne saurait être considéré comme entièrement pathologique. Nos pensées normales trop intenses ne sont-elles pas, elles aussi, souvent impossibles à réduire ? Nous serions enclins à nier tout caractère pathologique aux obsessions névrotiques si l’expérience ne nous montrait que, chez le normal, une pareille obsession ne persiste que peu de temps après l’événement déterminant, pour ensuite diminuer peu à peu. Ainsi la persistance d’une obsession trahit la présence d’une névrose simple. Or, nos analyses ont montré qu’une obsession hystérique est réduite dès qu’on l’ explique, c’est-à-dire dès qu’on la rend compréhensible. Ces deux particularités n’en constituent en réalité qu’une seule. L’analyse nous enseigne également d’où provient l’aspect absurde et incongruent de ce processus. En règle générale, voici comment se présente le résultat d’une analyse : Avant l’analyse. – A est une représentation d’intensité excessive qui surgit trop souvent dans le conscient en provoquant chaque fois des larmes. Le sujet ignore pourquoi A l’oblige à pleurer et considère cette réaction comme absurde, sans toutefois pouvoir l’empêcher. Après l’analyse. – On a découvert l’existence d’une certaine idée B qui, à juste titre, a provoqué des larmes. Elle survient souvent, jusqu’au moment où le sujet réussit, par un travail psychique compliqué, à l’éliminer. L’effet de B n’est pas absurde, le sujet se l’explique et peut le combattre. B a certains points de contact avec A.
L’effet de B n’est pas absurde, le sujet se l’explique et peut le combattre. B a certains points de contact avec A. Un certain événement consistant en A + B s’est produit. A y représentait une circonstance accessoire, alors que B possédait tout ce qu’il faut pour produire un effet durable. Lorsque le souvenir de cet événement resurgit tout se passe comme si A avait pris la place de B. A s’est donc substitué à B, en est devenu le « symbole » 46 . De là l’impression d’absurdité puisque A s’accompagne de conséquences qui le dépassent, qui ne cadrent pas avec lui. Les symboles se forment aussi de façon normale. Le soldat se sacrifie pour un morceau d’étoffe multicolore attaché à une hampe, parce que cette étoffe est le symbole de son pays natal ; personne ne saurait considérer ce fait comme pathologique. Mais le symbole hystérique est autre. Le chevalier qui se bat pour le gant de sa Dame sait bien que ce gant doit toute sa valeur à celle-ci et le prix qu’il y attache ne l’empêche nullement de penser à la Dame et de la servir d’autres façons. L’hystérique que A fait pleurer ignore qu’il ne s’agit que d’une association entre A et B où B lui-même ne joue aucun rôle dans sa vie psychique. Le symbole s’est, en pareil cas, complètement substitué à l’objet. Cette assertion est parfaitement exacte. Il est facile de se convaincre que chaque fois qu’un stimulus venant du dehors ou une association devrait investir B , c’est A qui apparaît dans la conscience. On arrive à découvrir ce qu’est B d’après les circonstances dans lesquelles A surgit si bizarrement. Résumons cet état de choses en disant qu’ A est obsessionnel et B refoulé (tout au moins chassé hors du conscient). À notre grande surprise, l’analyse a révélé qu’à toute obsession correspond un refoulement et que l’amnésie affecte toute irruption excessive dans l’état conscient. Le terme « intensité excessive » désigne un caractère d’ordre quantitatif. Tout permet d’admettre que le refoulement dénote, au point de vue quantitatif, un retrait de quantité et que la somme des deux [c’est-à-dire l’obsession plus le refoulement] est égale à la normale. S’il en est bien ainsi, c’est la répartition de la quantité qui s’est trouvée modifiée. Quelque chose s’est ajouté à A après avoir été enlevé à B. Le phénomène pathologique est un processus de déplacement , semblable à ceux que nous ont fait connaître les rêves. Il constitue donc un processus primaire. II. Genèse de l’obsession hystérique Diverses questions importantes se posent maintenant. Dans quelles conditions y a-t-il formation pathologique d’un symbole comme celui-là (ou d’autre part) d’un refoulement ? Quelle force entre en jeu ? Quel est l’état neuronique d’une représentation exagérément intense ou refoulée ? Nous l’ignorerions tout à fait et rien n’en pourrait sortir si l’expérience clinique ne nous révélait deux faits : d’abord le refoulement affecte exclusivement des représentations qui éveillent dans le moi des émotions pénibles (déplaisir). Deuxièmement, il se rapporte toujours à la sexualité. Nous soupçonnons immédiatement que le refoulement a été causé par quelque émotion pénible. Nous avons déjà admis l’existence d’une « défense primaire » qui consiste en une rétrogradation du courant de pensées, dès que celui-ci aborde un neurone dont l’investissement provoque du déplaisir. Deux observations vont nous permettre de justifier notre hypothèse : 1° Cet investissement n’est certainement pas celui qu’on recherchait au moment où le processus cogitatif avait instauré une situation ψ satisfaisante ; 2° Quand une expérience douloureuse prend fin de façon réflexe, la perception désagréable se trouve remplacée par une autre. Mais il y a une façon plus directe de nous convaincre du rôle assumé par les affects de défense. Quand nous étudions l’état dans lequel se trouve [l’idée] refoulée B, nous découvrons qu’elle peut aisément être retrouvée et ramenée à la conscience. Voilà qui est bien fait pour nous surprendre puisque nous pouvions supposer que B avait réellement été oublié et qu’aucune trace n’en avait subsisté dans ψ. Tel n’est pas le cas.
Voilà qui est bien fait pour nous surprendre puisque nous pouvions supposer que B avait réellement été oublié et qu’aucune trace n’en avait subsisté dans ψ. Tel n’est pas le cas. B est une image mnémonique pareille à toutes les autres, une image non effacée ; mais lorsque, comme d’habitude, B est un complexe d’investissements, une résistance d’une rare puissance, difficile à vaincre, s’oppose à toute activité mentale se rapportant à B. Cette opposition à B, nous le voyons immédiatement, donne la mesure de la poussée exercée par A et nous en concluons que la force qui a originellement refoulé B agit une fois de plus dans la résistance. Nous apprenons, en même temps, autre chose encore. Nous savions seulement jusqu’ici que B ne pouvait devenir conscient , nous ignorions tout de son comportement par rapport à l’investissement de la pensée. Nous apprenons maintenant qu’une résistance s’oppose à toute opération mentale intéressant B , même s’il y a déjà prise de conscience partielle. Il ne convient pas de dire qu’il s’est produit un « rejet hors du conscient », mais seulement un « maintien hors du processus mental ». C’est donc un processus de défense venant du moi investi qui donne lieu au refoulement hystérique et, par là même, à l’obsession hystérique. Jusqu’à ce point le processus semble se différencier du processus primaire. III. La défense pathologique Quoi qu’il en soit, la solution du problème semble encore lointaine. Le résultat du refoulement hystérique, nous l’avons vu, est fort différent de celui bien connu d’une défense normale. Nous évitons, c’est évident, de penser aux choses qui ne peuvent être que désagréables et y parvenons en dirigeant notre pensée vers d’autres sujets. Toutefois, même quand nous réussissons à rendre plus rare l’émergence dans la conscience d’une représentation intolérable B, en la maintenant aussi isolée que possible, nous n’arrivons jamais à l’oublier au point qu’aucune perception nouvelle ne puisse la faire resurgir. Et le retour d’une idée semblable ne peut être évité non plus dans l’hystérie. La seule différence réside dans le fait que ce qui devient conscient dans cette maladie (c’est-à-dire ce qui se trouve investi) est toujours A au lieu de B. C’est à une symbolisation immuable qu’est dû l’excès considérable de défense normale. Une première explication évidente nous vient à l’esprit : ce fonctionnement excessif serait attribuable à une plus grande intensité de l’affect défensif. Mais l’expérience montre que les souvenirs les plus pénibles, ceux qui doivent nécessairement susciter le plus de déplaisir (souvenirs de remords provoqués par de mauvaises actions) ne peuvent être ni refoulés ni remplacés par des symboles. L’existence [p. 1 ] d’une seconde condition nécessaire de toute défense pathologique – la sexualité – indique qu’il faut chercher ailleurs une explication. Il n’est pas possible de supposer que les émotions sexuelles désagréables puissent dépasser à tel point en intensité tous les autres affects pénibles. Les représentations sexuelles doivent certainement présenter quelque autre particularité permettant de comprendre pourquoi seules les idées d’ordre sexuel sont soumises au refoulement. Une autre remarque s’impose ici : le refoulement hystérique se réalise évidemment grâce à la symbolisation, aux déplacements vers d’autres neurones. Il est permis de penser que l’énigme gît dans le mécanisme de ce déplacement et que le refoulement lui-même ne pose aucun problème. Mais, en analysant les obsédés, par exemple, nous constaterons qu’il existe chez eux des refoulements sans symbolisation et même que le refoulement et la substitution ne s’effectuent pas simultanément. C’est donc dans le refoulement que réside la clef du problème. IV. Le πρώτον ψεύδος hystérique [Premier mensonge ] L’obsession hystérique, nous l’avons vu, émane d’une sorte particulière de mouvement quantitatif (la symbolisation), qui constitue vraisemblablement un processus primaire, puisqu’on peut le voir à l’œuvre dans les rêves 47 . En pareil cas, la force motrice résulte d’une défense opposée par le moi, force qui pourtant ne dépasse pas ici les limites d’une fonction normale.
Le πρώτον ψεύδος hystérique [Premier mensonge ] L’obsession hystérique, nous l’avons vu, émane d’une sorte particulière de mouvement quantitatif (la symbolisation), qui constitue vraisemblablement un processus primaire, puisqu’on peut le voir à l’œuvre dans les rêves 47 . En pareil cas, la force motrice résulte d’une défense opposée par le moi, force qui pourtant ne dépasse pas ici les limites d’une fonction normale. Ce qu’il faut expliquer, c’est pourquoi une action du moi s’accompagne d’effets que nous ne sommes habitués à observer que dans les processus primaires. Il faut donc nous attendre à découvrir certaines conditions psychiques spéciales. La clinique nous enseigne que tout ceci appartient au seul domaine sexuel. Peut-être parviendrons-nous alors à expliquer les conditions psychiques spéciales par les traits caractéristiques naturels de la sexualité. Or, nous trouvons dans le domaine sexuel une certaine constellation psychique peut-être capable de nous éclairer. C’est empiriquement que nous en avons pris connaissance et un exemple servira à la mettre en lumière 48 . Emma est actuellement hantée par l’idée qu’elle ne doit pas entrer seule dans une boutique. Elle en rend responsable un souvenir remontant à sa 13e année (peu après la puberté). Ayant pénétré dans une boutique pour y acheter quelque chose, elle aperçut les deux vendeurs (elle se souvient de l’un d’eux) qui s’esclaffaient. Prise de panique, elle sortit précipitamment. De là l’idée que les deux hommes s’étaient moqués de sa toilette et que l’un d’eux avait exercé sur elle une attraction sexuelle. Le lien qui unit ces fragments d’histoire, aussi bien que les effets de l’incident, restent incompréhensibles. Si les vendeurs, en se moquant de sa toilette l’avaient désagréablement impressionnée, cette impression aurait dû depuis longtemps s’effacer – depuis qu’elle s’habillait comme une dame. Le fait d’aller seule ou accompagnée dans les magasins ne peut en rien modifier son habillement. Il ne s’agit pas simplement d’une question de protection (comme dans les cas d’agoraphobie), puisque la compagnie d’un jeune enfant suffit à lui donner un sentiment de sécurité. Mais un élément tout à fait isolé demeure : l’un des deux hommes lui a plu. Mais là encore, le fait d’être accompagnée ne pouvait rien changer. Ainsi le souvenir resurgi n’explique ni l’obsession ni la détermination du symptôme. L’analyse met ensuite en lumière un autre souvenir qui, dit-elle, n’était nullement présent à son esprit au moment de la scène I, présence, du reste, que rien ne vient confirmer. À l’âge de 8 ans, elle était entrée deux fois dans la boutique d’un épicier pour y acheter des friandises et le marchand avait porté la main, à travers l’étoffe de sa robe, sur ses organes génitaux. Malgré ce premier incident, elle était retournée dans la boutique, puis cessa d’y aller. Par la suite, elle se reprocha d’être revenue chez ce marchand, comme si elle avait voulu provoquer un nouvel attentat. Et de fait, la « mauvaise conscience » qui la tourmentait pouvait bien dériver de cet incident. Nous comprenons maintenant la scène I (celle des commis) si nous la rapprochons de la scène II (celle de l’épicier). Il ne nous reste plus qu’à découvrir entre les deux un lien associatif. La patiente me fit elle-même observer que ce lien était fourni par le rire. Celui des deux commis lui avait rappelé le sourire grimaçant dont le marchand avait accompagné son geste. Reconstituons maintenant tout le processus. Les deux vendeurs rient dans la boutique et ce rire rappelle (inconsciemment) le souvenir du marchand. La seconde situation a avec la première un autre point commun : la petite n’était pas accompagnée. Elle se souvenait de l’attouchement pratiqué par le marchand. Mais depuis, elle avait atteint la puberté. Le souvenir déclenche une libération [ d’énergie ] sexuelle (qui n’eût pas été possible au moment de l’incident) et qui se mue en angoisse. Une crainte la saisit, elle a peur que les commis ne répètent l’attentat et s’enfuit.
Le souvenir déclenche une libération [ d’énergie ] sexuelle (qui n’eût pas été possible au moment de l’incident) et qui se mue en angoisse. Une crainte la saisit, elle a peur que les commis ne répètent l’attentat et s’enfuit. Il est tout à fait certain que nous nous trouvons ici en présence de l’intrication de deux sortes de processus et que la remémoration de la scène II (celle du marchand) s’est produite dans un état différent de celui du premier. Le cours des événements peut se représenter de la façon suivante : Les représentations figurées par des points noirs sont les perceptions dont la patiente se souvient. Le fait qu’une décharge sexuelle ait pénétré dans le conscient est démontré par l’idée – sans cela incompréhensible – que le commis moqueur lui avait plu. La conclusion finale qu’elle tira, celle de ne pas rester seule dans la boutique par crainte d’un attentat, paraît logique, si l’on tient compte de tous les éléments du processus associatif. Mais aucun élément du processus (ci-dessus représenté) n’est devenu conscient, hormis l’élément « vêtements ». La partie de la pensée fonctionnant consciemment a établi deux connexions erronées dans les matériaux en question (commis, rires, vêtements et sensation sexuelle) : on s’était moqué d’elle à cause de son habillement et l’un des vendeurs avait provoqué chez elle une excitation sexuelle. L’ensemble de ce complexe (indiqué par les lignes brisées) est représenté dans le conscient par l’unique idée des « vêtements », c’est-à-dire par l’élément en apparence le plus innocent. C’est un refoulement accompagné d’une symbolisation qui s’est ici produit. L’aboutissement – le symptôme – possède une structure tout à fait logiquement établie et, ainsi, le symbole n’y joue aucun rôle et reste une particularité du cas. Disons qu’il n’est nullement étonnant de voir une association passer par un certain nombre de chaînons intermédiaires inconscients pour aboutir à un chaînon conscient, ainsi que cela s’est ici produit. L’élément devenu conscient est probablement celui qui a suscité le plus vif intérêt. Mais, chose remarquable, dans notre exemple ce n’est pas le fait de l’attentat qui a pénétré dans le conscient, mais un autre élément symbolisant : les vêtements. Où chercher la cause de ce processus pathologique intercalé ? Une seule réponse est possible : il résulte d’une décharge sexuelle dont le conscient avait gardé la trace et qui restait lié au souvenir de l’attentat. Mais il faut noter un fait important, à savoir que cette décharge ne fut pas reliée à l’incident au moment même où il se produisit. Nous trouvons là l’exemple d’un souvenir suscitant un affect que l’incident lui-même n’avait pas suscité. Entre-temps les changements provoqués par la puberté ont rendu possible une compréhension nouvelle des faits remémorés. Ce cas nous présente un tableau typique de refoulement hystérique. Nous ne manquons jamais de découvrir qu’un souvenir refoulé ne s’est transformé qu’après coup en traumatisme. La raison de cet état de choses se trouve dans l’époque tardive de la puberté par comparaison avec le reste de l’évolution des individus 49 . V. Les déterminantes de πρώτον ψεύδος ύοτ [Premier mensonge hystérique] Bien qu’il soit rare qu’un souvenir suscite dans le psychisme une émotion qu’aucun incident actuel ne justifie, c’est pourtant ce qui se produit tout à fait ordinairement dans les cas de représentations d’ordre sexuel – précisément à cause du retard de la puberté. Ce retard constitue un caractère général de l’organisation. Tout adolescent recèle des traces mnémoniques qui ne deviennent compréhensibles qu’après l’apparition de ses propres sensations sexuelles. Chacun devrait donc porter en soi un germe d’hystérie. Il faut évidemment que d’autres facteurs entrent en jeu puisque cette tendance générale se limite au petit nombre d’individus qui deviennent vraiment hystériques. Or l’analyse montre que c’est la décharge affective qui constitue, lors d’un traumatisme sexuel, l’élément perturbateur.
Il faut évidemment que d’autres facteurs entrent en jeu puisque cette tendance générale se limite au petit nombre d’individus qui deviennent vraiment hystériques. Or l’analyse montre que c’est la décharge affective qui constitue, lors d’un traumatisme sexuel, l’élément perturbateur. En outre, l’expérience nous enseigne, en partie, que les hystériques sont des gens à sexualité trop précocement éveillée, du fait de stimulations mécaniques et émotionnelles (masturbation) et dont nous disons parfois qu’ils sont prédisposés aux décharges sexuelles précoces. Un début précoce de décharge sexuelle ou une décharge précocement trop intense ont évidemment un rôle équivalent. Ce facteur est d’ordre quantitatif. Quelle signification faut-il attribuer à cette précocité de la décharge sexuelle ? Il convient de lui attribuer la plus grande importance car l’on ne saurait soutenir que toute décharge sexuelle soit suivie de refoulement, sans quoi celui-ci devrait être considéré comme un processus de fréquence normale. VI. Troubles de la pensée provoqués par des affects Nous sommes ainsi forcés de conclure que le trouble affectant le processus psychique normal dépend de deux conditions : 1° D’une décharge sexuelle liée non point à un incident réel mais à un souvenir ; 2° D’une décharge sexuelle trop précoce. Lorsque ces deux conditions sont présentes, une perturbation devrait en résulter. Elle dépasse la mesure ordinaire, mais on en trouve aussi des traces chez les personnes normales. L’expérience quotidienne nous apprend que toute production d’affect gêne le cours normal de la pensée et cela de diverses façons. En premier lieu, bien des associations sont soumises à l’oubli, sans quoi le sujet en tiendrait compte – un peu comme dans les rêves [p. 1 ]. Au milieu du trouble que me causait une grave inquiétude, il m’est arrivé, par exemple, d’oublier de me servir du téléphone récemment installé dans ma maison. La voie nouvellement tracée s’était effacée du fait de l’état affectif. Le frayage, c’est-à-dire la voie ancienne, reprend la première place. De semblables oublis impliquent une perte de pouvoir de sélection, d’efficacité et de logique, tout à fait comme dans les rêves. En second lieu, s’il n’y avait pas oubli, des voies que l’on aurait sans cela évitées, seraient suivies, en particulier celles qui aboutissent à une décharge comme, par exemple, les actes accomplis sous l’empire de quelque émotion. Bref, la réaction affective rappelle un processus primaire non entravé. Nous pouvons en tirer certaines conclusions. D’abord, une fois que la décharge d’affect s’est réalisée, la représentation qui l’a suscitée s’intensifie. Ensuite, le moi investi a pour fonction essentielle d’éviter de nouveaux processus impliquant des affects et de réduire les anciens frayages affectifs. Cette situation ne peut se décrire que de la façon suivante : originellement un investissement perceptif a été suivi d’une expérience douloureuse génératrice de déplaisir ; l’investissement se trouve augmenté de la quantité (Qή) qui a été mise en liberté et cherche à se décharger en suivant des voies déjà partiellement tracées. Après l’instauration d’un moi investi, « l’attention » s’attache aux investissements perceptifs nouveaux, créés de la façon que nous savons [p. 1 ] et va suivre, nantie d’investissements latéraux, la même voie que la quantité venant de W 50 . Le déclenchement de déplaisir se trouve ainsi réduit en quantité et va agir à la façon d’un signal avertissant le moi d’assurer sa défense normale. La production de nouveaux incidents pénibles, avec leurs frayages, est rendue plus malaisée. Plus est intense le déclenchement de déplaisir, plus est dure la tâche du moi. Le moi, en effet, ne peut fournir de contrepoids aux quantités (Qή) en question que dans certaines limites seulement – et cela grâce à ses investissements latéraux. Il ne saurait, par conséquent, empêcher entièrement la survenue d’un processus primaire. En outre, plus la quantité qui tend à s’écouler est considérable, plus le moi a de peine à se livrer à une activité mentale qui, tout l’indique, consiste en un déplacement expérimental de petites quantités (Qή) [pp. 1 et suiv.].
Il ne saurait, par conséquent, empêcher entièrement la survenue d’un processus primaire. En outre, plus la quantité qui tend à s’écouler est considérable, plus le moi a de peine à se livrer à une activité mentale qui, tout l’indique, consiste en un déplacement expérimental de petites quantités (Qή) [pp. 1 et suiv.]. La « réflexion » est une activité du moi qui exige du temps ; elle devient impossible quand le niveau affectif nécessite de grandes quantités. C’est pourquoi lorsqu’il y a affect, nous observons une précipitation et un choix de moyens analogues à ceux que nécessite le processus primaire. Il appartient donc au moi d’empêcher tout déclenchement d’affect qui permettrait alors la production d’un processus primaire. Le meilleur instrument dont il dispose pour ce faire est le mécanisme de l’attention. Si l’investissement générateur de déplaisir était capable d’échapper à l’attention, l’intervention du moi serait trop tardive. C’est là justement ce qui arrive dans le cas du proton pseudos hystérique. L’attention se concentre sur des perceptions généralement susceptibles de déclencher du déplaisir. Mais ici c’est une trace mnémonique et non une perception qui, inopinément, provoque ce déplaisir et le moi le découvre trop tard. C’est parce qu’il ne s’y attendait pas qu’il a laissé se dérouler un processus primaire. Les souvenirs peuvent cependant en d’autres circonstances encore déclencher du déplaisir. Le fait est certes tout à fait normal lorsqu’il s’agit de souvenirs récents. Quand un traumatisme (un incident pénible) se produit pour la première fois, à une époque où le moi est déjà formé – car les tout premiers traumatismes échappent entièrement au moi – il y a production de déplaisir ; mais le moi est déjà l’œuvre et crée alors des investissements latéraux. Quand ensuite, un investissement de la trace mnémonique se produit, le déplaisir se renouvelle, mais les frayages du moi existent déjà et l’expérience montre que ce second déclenchement de déplaisir diminue, jusqu’au moment où, après plusieurs répétitions, il n’est plus qu’un signal d’une intensité que le moi est capable de supporter. L’essentiel est donc que lors du premier déclenchement de déplaisir, il y ait inhibition du moi afin que le processus ne s’effectue pas à la façon d’une expérience affective primaire « posthume ». Et pourtant, justement ce qui se produit lorsque, comme dans le cas du proton pseudos hystérique, le déclenchement de déplaisir est occasionné par un souvenir. Par là se trouve confirmée l’importance d’une des conditions nécessaires que nous a fait connaître l’expérience clinique, à savoir que la date tardive de la puberté rend possible la production de processus primaires posthumes. 46 Après les Études sur l’hystérie, Freud a rarement utilisé dans ce sens le terme de « symbole ». 47 Pour les processus primaires, voir pp. 1 et suiv. 48 Freud ne s’est plus servi de cet exemple dans ses œuvres publiées. 49 Freud, dans ses découvertes ultérieures relatives à la sexualité infantile et à l’importance de celle-ci, n’a pas complètement abandonné ce point de vue et a mis en lumière l’investissement régressif des matériaux infantiles, lors de la puberté. 50 [Ce processus est plus longuement décrit dans la IIIe Partie de ce travail].
Troisième partie. E ssai d’exposé de processus ψ normaux 5 octobre 1895 I. Il serait sans doute possible de donner une explication mécanique de ce que nous appelons « processus secondaire » en nous basant sur les effets qu’exerce un groupe de neurones à investissement constant (le moi) sur d’autres neurones à investissements changeants. Essayons d’abord de donner de ces phénomènes une description psychologique. D’une part, nous avons le moi, d’autre part W (les perceptions), c’est-à-dire, en des investissements venus de φ (du monde extérieur). Il nous reste à découvrir le mécanisme grâce auquel le moi se conforme aux perceptions tout en agissant sur elles. D’après moi, ce mécanisme dépend du fait que, conformément à mes hypothèses, toute perception excite immanquablement ω 51 , c’est-à-dire transmet les indices de qualité 52 . Plus exactement, la perception suscite en W la conscience (la conscience d’une qualité) et la décharge de cette excitation perceptive fournit en ψ un renseignement qui constitue, en fait, un indice de qualité. Je suggère donc que ce sont ces indications de qualité qui, dans une perception, intéressent ψ [v. p. 1 ]. C’est là, semble-t-il, ce qui constitue le mécanisme de l’attention psychique 53 . Il me semble difficile de donner une explication mécanique (automatique) de son origine. Je crois donc qu’elle est biologiquement déterminée, c’est-à-dire qu’elle a subsisté au cours de l’évolution psychique, parce que tout autre comportement de ψ était exclu étant donné le déplaisir qu’il créait. L’attention psychique a pour effet d’investir des neurones déjà investis par la perception. Cet état d’attention trouve son prototype dans « l’expérience de la satisfaction » (p. 1 ) (qui joue un rôle si important dans l’évolution) et dans les répétitions de cette satisfaction – les états d’aspiration ardente qui ont fourni les états de désir et d’espoir. J’ai déjà montré (Ire Partie, chapitres 18 et 19) que ces états impliquent la justification biologique de la pensée tout entière. Dans de semblables états, la situation psychique peut se décrire de la façon suivante : une aspiration ardente crée dans le moi une certaine tension et, par suite, un investissement de la représentation de l’objet aimé (représentation de désir). L’expérience biologique nous enseigne qu’il ne faut pas que cette représentation soit investie au point de la faire prendre pour une perception. La décharge doit être différée jusqu’au moment où les renseignements relatifs à la qualité prouvent bien que l’investissement est d’ordre perceptif. Quand une perception identique ou semblable à l’idée de désir se produit, elle trouve ses neurones préinvestis par le désir, c’est-à-dire que tous – ou certains d’entre eux – sont investis d’après le degré de concordance de la représentation avec la perception. La différence entre l’idée et la perception déclenche le processus mental qui s’achève lorsque les investissements perceptifs en excédent ont réussi à découvrir la voie où ils se confondent avec les investissements idéatifs. C’est à une identité que l’on aboutit alors 54 . Il y a attention quand s’établit une situation d’expectation, même en ce qui concerne certaines perceptions qui ne concordent pas même partiellement avec les investissements de désir. Il est devenu important, en effet, d’envoyer un investissement vers toutes les perceptions. L’attention trouve une justification biologique. Il s’agit seulement de faire savoir au moi quelle sorte d’investissement il doit établir, décision qui dépend des informations de qualité. On peut étudier, avec plus de précision encore, l’instauration de l’ attitude psychique [appelée attention]. Au début, il semble que le moi y soit mal préparé. Un investissement perceptif s’est produit, suivi d’une annonce de qualité. Le frayage étroit entre ces deux informations augmente davantage encore l’investissement perceptif et l’attention, dès lors investie, s’attache aux neurones perceptifs.
Un investissement perceptif s’est produit, suivi d’une annonce de qualité. Le frayage étroit entre ces deux informations augmente davantage encore l’investissement perceptif et l’attention, dès lors investie, s’attache aux neurones perceptifs. La perception suivante du même objet aura pour effet (d’après la deuxième loi qui régit les associations) de réaliser un investissement plus poussé de l’objet perçu et ce n’est que cette dernière perception qui va trouver son utilisation psychique. (Cette partie de notre exposé nous amène déjà à une très importante conclusion. Le premier en date des investissements perceptifs n’est pas fort intense et ne comporte qu’une faible quantité (Q) ; la seconde fois, le pré-investissement ψ étant, établi, la quantité est plus considérable. Mais alors l’attention n’implique aucun changement intrinsèque dans le jugement que l’on porte sur les attributs quantitatifs de l’objet. Par conséquent, la quantité externe (Q) des objets ne peut s’exprimer en ψ par une quantité psychique ( Qή ) [voir p. 1 ]. La quantité psychique (Qή) a une signification tout à fait différente et qui n’est pas représentée dans la réalité ; la quantité externe (Q) se manifeste en ψ par quelque chose de différent, par la complexité des investissements. C’est de cette façon que la quantité externe (Q) est maintenue hors de ψ [p. 1 ].) L’exposé suivant est plus satisfaisant encore. D’après l’expérience biologique, nous savons que l’attention se porte constamment sur les indices de qualité. Ceux-ci se produisent dans les neurones déjà investis. Ainsi renforcés, les indices de qualité deviennent capables, grâce à leur frayage, d’augmenter les investissements perceptifs. Et le moi a appris à pousser ses investissements d’attention dans la voie associative menant des indices de qualité à la perception. C’est de cette façon que le moi devient capable d’investir justement les vraies perceptions ou ce qui les entoure. Et, en admettant que c’est la même quantité (Qή) venant du moi qui s’écoule le long du frayage en allant des informations de qualité à la perception, nous aurons trouvé l’explication mécanique (automatique) des investissements de l’attention. L’attention abandonne donc les indices de qualité pour se tourner vers les neurones perceptifs qui, dès lors, sont surinvestis. Supposons que, pour une raison quelconque, le mécanisme de l’attention cesse de fonctionner. En ce cas, les neurones perceptifs ne subiront pas l’investissement ψ et la quantité (Q), qui les a atteints, va être transmise (uniquement par association) en suivant les meilleurs frayages et dans la mesure où les relations entre les résistances et l’importance de l’investissement perceptif le permettront. Ce passage de quantité sera probablement de courte durée puisque la quantité (Q) va se partager et devenir, dans l’un des neurones voisins, trop faible pour se répandre davantage. Le trajet des quantités liées à la perception (Wq) peut ensuite, selon les circonstances, soit attirer l’attention, soit passer inaperçu. En ce dernier cas, il va aboutir, sans avoir été observé, dans l’investissement de certains neurones avoisinants dont nous ignorons le destin ultérieur. C’est là le sort réservé à toute perception qui n’a pas éveillé l’attention et le fait se reproduit quotidiennement un nombre incalculable de fois 55 . Comme le montrera l’analyse du processus de l’attention, le trajet suivi ne peut être long, ce qui nous amène à en inférer une faiblesse des quantités (Wq) liées à la perception. Mais une fois que le système W a reçu un investissement d’attention, plusieurs faits peuvent se produire ; notons surtout deux situations : celle de la pensée banale et celle de la pensée uniquement observante. C’est ce dernier cas qui pourrait paraître le plus simple. Il correspondrait à l’état d’un chercheur qui, ayant perçu quelque chose, se demande : « Que signifie cela ? Où cela va-t-il me mener ? » C’est là ce qui se passe, mais afin de ne rien compliquer, il faut que je substitue maintenant à l’investissement perceptif complexe celui d’un seul neurone. Le neurone perceptif se trouve surinvesti.
Où cela va-t-il me mener ? » C’est là ce qui se passe, mais afin de ne rien compliquer, il faut que je substitue maintenant à l’investissement perceptif complexe celui d’un seul neurone. Le neurone perceptif se trouve surinvesti. La quantité fournie par l’addition des quantités extérieures et psychiques (Q et Qή) s’écoule le long des meilleurs frayages et va traverser un certain nombre de barrières, suivant la résistance et la quantité en jeu. D’autres neurones associés seront investis, mais certaines barrières ne pourront être franchies, parce que la fraction qui les atteint ne peut dépasser leur niveau 56 . Il est certain qu’un plus grand nombre de neurones – et de neurones plus éloignés – ne seront investis que lorsque le processus associatif se réalise sans participation de l’attention. Mais, en ce cas, le courant va ici aussi prendre fin dans un ou plusieurs investissements terminaux. Grâce à l’attention, ce ne sera pas une perception qui se produira mais plusieurs investissements mnémoniques apparaîtront, associativement liés au neurone initial. Pour simplifier, supposons qu’il ne s’agisse que d’une unique image mnémonique. Si celle-ci pouvait se trouver à nouveau investie à partir de ψ (par de l’attention), le jeu se répéterait et la quantité (Q) recommencerait à s’écouler et investirait (ferait resurgir) une image mnémonique nouvelle le long des meilleures voies de frayage. Mais la pensée observante tend évidemment à très bien connaître les voies menant le plus loin possible à partir du système W. Une connaissance approfondie de l’objet perçu s’obtient de cette façon. (Notons que la méthode de pensée ici décrite aboutit à une cognition .) C’est pourquoi il faut, à nouveau, aux images mnémoniques atteintes un investissement ψ. Le jeu d’un certain mécanisme pouvant diriger cet investissement vers les endroits adéquats est également nécessaire. Comment, sans cela, les neurones ψ présents dans le moi connaîtraient-ils la direction que l’investissement devrait prendre ? Un mécanisme d’attention, semblable à celui que nous avons décrit plus haut [p. 1 ] présuppose ici encore la présence d’indices de qualité. Ceux-ci apparaissent-ils au cours des associations ? Nous ne le croyons pas. Toutefois, ils peuvent se produire grâce au jeu du mécanisme suivant : les indices de qualité ne sont généralement fournis que par une perception. Il s’agit donc d’obtenir celle-ci grâce au passage d’une quantité (Qή). Si, au simple passage, s’ajoutait une décharge liée au passage de la quantité (Qή), cette décharge, comme n’importe quel autre mouvement, serait ressentie. Après tout, les annonces de qualité ne sont-elles pas elles-mêmes des annonces de décharge ? (Peut-être verrons-nous par la suite quelle en est l’espèce.) Il peut cependant arriver que, durant le passage d’une quantité (Q), un neurone moteur soit investi pour ensuite décharger une quantité (Qή ) et fournir une indication de qualité. Mais il s’agit d’obtenir de tous les investissements qu’ils donnent lieu à de semblables décharges. Mais tous les neurones ne sont pas moteurs, c’est pourquoi ils doivent être accompagnés de neurones moteurs pour s’engager sur une voie sûre. C’est ce que les associations verbales permettent de réaliser. Elles consistent en une liaison des neurones avec les neurones servant aux images auditives et sont elles-mêmes très étroitement associées aux images verbales motrices. Ces dernières associations ont sur d’autres l’avantage de posséder deux particularités : elles sont circonscrites (c’est-à-dire en nombre restreint) et exclusives, passent de l’image auditive à l’image verbale et de là à une décharge. Si donc les images mnémoniques sont constituées de telle sorte qu’un courant dérivé aboutisse aux images auditives et verbales motrices, alors l’investissement des images mnémoniques s’accompagne d’annonces de décharge qui sont des indices de qualité, en même temps que des indices de souvenir conscient. Si, alors, le moi préinvestit ces images verbales, comme il a déjà préinvesti les images d’une décharge de perceptions, il crée un mécanisme capable de diriger l’investissement vers les souvenirs qui émergent durant le passage de la quantité (Qή) 57 .
Si donc les images mnémoniques sont constituées de telle sorte qu’un courant dérivé aboutisse aux images auditives et verbales motrices, alors l’investissement des images mnémoniques s’accompagne d’annonces de décharge qui sont des indices de qualité, en même temps que des indices de souvenir conscient. Si, alors, le moi préinvestit ces images verbales, comme il a déjà préinvesti les images d’une décharge de perceptions, il crée un mécanisme capable de diriger l’investissement vers les souvenirs qui émergent durant le passage de la quantité (Qή) 57 . Nous avons ici affaire à la pensée consciente observante. Non seulement les associations verbales rendent possible la connaissance, mais encore elles réalisent autre chose de très important. Les frayages entre neurones ψ constituent, nous le savons, la « mémoire » – la représentation de toutes les influences exercées sur par le monde extérieur. Mais le moi investit lui aussi les neurones et suscite des courants qui ne manquent certes pas de laisser des traces sous la forme de frayages. Or ψ ne possède aucun moyen d’établir une distinction entre ces traces (les résultats des processus cogitatifs) et les résultats de processus perceptifs. Il doit être possible de reconnaître et de reproduire les processus perceptifs grâce à leur association avec les décharges de la perception ; mais les frayages produits par la pensée ne laissent derrière eux que leurs effets et non la mémoire. Un frayage de pensée peut, tout aussi bien, se réaliser par un unique processus intense que par dix processus moins impressionnants. Or, les indices de décharges par la voie du langage peuvent servir à pallier cette insuffisance. Ils portent les processus cogitatifs sur le plan même des processus perceptifs en leur conférant une réalité et en rendant possible leur souvenir (voir p. 1 ). Il convient de considérer le développement biologique de ces très importantes associations verbales. L’innervation du langage est, originellement, une décharge qui se réalise au bénéfice de ψ, comme par une sorte de soupape de sûreté servant à régler les oscillations de la quantité (Qή) ; c’est une partie de la voie aboutissant aux modifications internes, seul moyen de déversement tant que l’action spécifique n’est pas encore connue [p. 1 ]. Cette voie acquiert une fonction secondaire, elle doit attirer l’attention d’une personne secourable (qui est ordinairement l’objet désiré) sur les besoins et la détresse de l’enfant. Par ce moyen, qui va s’intégrer dans l’action spécifique, l’entente avec autrui se trouve assurée. Nous avons pu voir déjà (pp. 1 et 1 ) qu’au moment où s’installe la fonction du jugement, les perceptions éveillent l’intérêt par suite de leur connexion possible avec l’objet désiré. Leurs complexes se trouvent ainsi divisés en une fraction non assimilable (l’« objet ») et une autre fraction révélée au moi par sa propre expérience (les « propriétés », ou activités de l’objet). C’est à cette opération qu’on donne le nom de compréhension. Elle a avec l’expression verbale deux points de contact : il y a, en premier lieu, des objets (des perceptions) qui font crier parce qu’ils provoquent une souffrance. C’est un fait d’une extrême importance de voir que cette association d’un son (donnant également lieu aux images motrices des mouvements du sujet lui-même) avec une perception qui est déjà elle-même un complexe, puisse augmenter le caractère « hostile » de l’objet et servir à diriger l’attention vers une perception. Nos propres cris confèrent son caractère à l’objet, alors qu’autrement, et à cause de la souffrance, nous ne pourrions en avoir aucune notion qualitativement claire. Cette association fournit donc le moyen de rendre conscients des souvenirs pénibles et d’attirer sur eux l’attention : la première catégorie des souvenirs conscients se trouve par là créée 58 . De là il ne reste que peu de pas à faire pour découvrir le langage. Il existe une seconde catégorie d’objets émettant constamment certains bruits, c’est-à-dire des objets dans le complexe perceptif desquels un son joue quelque rôle.
De là il ne reste que peu de pas à faire pour découvrir le langage. Il existe une seconde catégorie d’objets émettant constamment certains bruits, c’est-à-dire des objets dans le complexe perceptif desquels un son joue quelque rôle. Par suite d’une tendance à imiter qui surgit pendant le processus du jugement [p. 1 ], il devient possible de trouver une annonce d’un mouvement [exécuté par soi-même] relié à cette image auditive. La série de souvenirs dont nous parlons ici peut, par là, elle aussi devenir consciente. Il faut ensuite associer les sons volontairement émis aux perceptions. Ceci fait, les souvenirs qui surgissent au moment où le sujet observe les indications sonores de décharge, deviennent conscients comme des perceptions et peuvent être investis à partir de ψ. Nous avons ainsi découvert ce qui caractérise le processus de la pensée cognitive, le fait que l’attention s’applique dès le début aux annonces de décharge de la pensée, c’est-à-dire aux signes du langage. On sait que ce que nous appelons « pensée consciente » s’accompagne d’une légère dépense motrice 59 . Le courant associatif d’une quantité (Q) peut se poursuivre pendant un temps indéfini, généralement jusqu’au moment où les éléments associatifs terminaux « tout à fait connus » sont atteints. La fixation de la voie et de ses points terminaux constitue la « reconnaissance » de ce qui a peut-être été une perception nouvelle. Nous aimerions maintenant posséder un renseignement d’ordre quantitatif sur le processus de cognition. Par comparaison avec ce qui se produit dans un processus associatif simple, on découvre, en pareil cas, que la perception se trouve surinvestie. Le processus lui-même consiste en un déplacement de quantités (Qή) que règle une association avec les indices de qualité. À chaque point d’arrêt, l’investissement ψ est renouvelé et, finalement, une décharge venant des neurones moteurs de la voie verbale se réalise. Demandons-nous maintenant si, au cours de ce processus, le moi perd une quantité (Qή ) considérable ou si la dépense en activité cogitative est relativement faible. Un fait va nous suggérer notre réponse : le courant des innervations verbales est évidemment très faible au cours du processus de la pensée. Pas plus que nous ne nous mouvons réellement lorsque nous nous représentons une image motrice, nous ne parlons réellement en pensée. Mais la différence entre imaginer et se mouvoir n’est que d’ordre quantitatif, comme l’expérience de la « lecture des pensées » nous l’a appris. Lorsque nous réfléchissons profondément, il peut nous arriver de parler à haute voix. Mais comment de si faibles décharges arrivent-elles à se produire, puisque, après tout, les petites quantités (Qή) ne s’écoulent pas et que les grandes ont leur niveau abaissé en masse 60 par les neurones moteurs ? Il semble probable que les quantités en jeu dans le déplacement qui s’effectue pendant le processus cogitatif ne sont pas considérables, car la dépense de grandes quantités (Qή) signifierait, en premier lieu, une perte pour le moi et les pertes que subit le moi doivent être aussi petites que possible. La quantité (Qή), en effet, doit être employée à l’« action spécifique », laquelle est fort exigeante (p. 1 ). En second lieu, une grande quantité (Qή ) passerait simultanément par plusieurs voies associatives, ce qui priverait de temps l’investissement cogitatif et provoquerait une dépense considérable. Il en résulte que les quantités (Q) qui s’écoulent durant le processus mental doivent sans nul doute être faibles. Quoi qu’il en soit, la perception et la mémoire se trouvent nécessairement, suivant nos hypothèses, surinvesties au cours du processus cogitatif et sont plus intenses que dans une simple perception. En outre, les degrés d’attention sont d’intensité variable, ce qui ne peut s’expliquer que par une variation du degré de renforcement des quantités investissantes (Qή). Il s’ensuit que la difficulté de poursuivre [c’est-à-dire d’observer] ce processus devrait être proportionnelle à l’attention, supposition que son caractère inadéquat ne permet pas de retenir.
En outre, les degrés d’attention sont d’intensité variable, ce qui ne peut s’expliquer que par une variation du degré de renforcement des quantités investissantes (Qή). Il s’ensuit que la difficulté de poursuivre [c’est-à-dire d’observer] ce processus devrait être proportionnelle à l’attention, supposition que son caractère inadéquat ne permet pas de retenir. Nous sommes donc en face de deux faits d’aspect contradictoires : un puissant investissement et un faible déplacement. Si nous désirons les mettre en harmonie, nous sommes obligés de revenir à l’hypothèse de ce qu’on pourrait appeler un état lié des neurones 61 , état qui, malgré un investissement marqué ne laisse passer qu’un faible courant. Cette hypothèse apparaîtra sans doute plus plausible si l’on considère que les investissements environnants agissent sur les courants neuroniques. Or, le moi lui-même est une masse de neurones de ce genre qui maintiennent leurs investissements (je veux dire qui se trouvent liés), ce fait ne résultant évidemment que de l’influence qu’ils exercent les uns sur les autres. Nous pouvons ainsi imaginer qu’un neurone perceptif investi d’attention est, de ce fait, passagèrement englobé dans le moi et se voit alors soumis au même enchaînement de sa quantité (Qή) que les autres neurones du moi. Quand l’investissement augmente, la quantité (Q) du courant peut être diminuée et non pas nécessairement accrue. Peut-être avons-nous le droit de supposer que, par suite de cette fixation, la quantité extérieure (Q) arrive à librement s’écouler, tandis que l’investissement en attention reste lié, état de choses qui, cela va de soi, n’est pas forcément permanent. Ainsi le processus cogitatif se caractériserait , au point de vue mécanique , par cet état lié où un fort investissement se trouve combiné avec un faible courant. Il est possible que, dans certains autres processus, le courant soit parallèle à l’investissement – dans les processus à décharge non entravée. J’espère que l’hypothèse d’un état lié de ce genre sera soutenable au point de vue mécanique. J’aimerais toutefois en éclairer un peu les conséquences psychologiques. Au premier abord, deux contradictions internes semblent s’y opposer. Si nous admettons que dans l’état « lié », seules de faibles quantités (Q) restent à déplacer lors d’un semblable investissement, comment expliquer l’englobement de nouveaux neurones, c’est-à-dire le trajet de grandes quantités (Q) au travers de ceux-ci ? Et en dehors même de cette difficulté, comment se figurer la façon dont un moi ainsi composé a pu se développer ? Nous nous trouvons soudain en face du plus obscur des problèmes, celui de la formation du moi, c’est-à-dire d’un complexe de neurones solidement attachés à leurs investissements et qui constituent ainsi, pour de courtes périodes de temps, un complexe à niveau constant 62 . La façon la plus instructive d’aborder ce problème est de l’étudier du point de vue génétique. Le moi est originellement constitué par des neurones nucléaires [p. 1 ] qui reçoivent par les voies de conduction [p. 1 ] des quantités endogènes (Qή) dont ils se déchargent au moyen d’une transformation interne. « L’expérience de la satisfaction » [p. 1 ] provoque l’association de ce noyau avec une perception (image du désir) et l’annonce d’un mouvement (élément réflexe de l’action spécifique) [p. 1 ]. L’éducation et le développement de ce moi originel se produisent dans des états où il y a répétition du besoin : les états d’expectation. Le moi apprend d’abord à ne pas investir les images motrices [avec la décharge consécutive] tant que certaines conditions ne se trouvent pas encore établies du côté de la perception. Il apprend ensuite à ne pas investir non plus les représentations de désir au-dessus d’un certain degré parce que, sans cela, il deviendrait la proie d’une erreur hallucinatoire. S’il respecte ces deux restrictions et porte son attention sur les perceptions nouvelles, il pourra espérer obtenir la satisfaction souhaitée.
Il apprend ensuite à ne pas investir non plus les représentations de désir au-dessus d’un certain degré parce que, sans cela, il deviendrait la proie d’une erreur hallucinatoire. S’il respecte ces deux restrictions et porte son attention sur les perceptions nouvelles, il pourra espérer obtenir la satisfaction souhaitée. Il est évident que les limitations qui empêchent le moi d’investir au-dessus d’un certain degré l’image d’un désir et l’image motrice sont causes d’une accumulation de quantités (Qή) dans le moi et l’obligent, semble-t-il, à transférer, dans certaines limites, ses quantités (Qή) aux neurones accessibles. Les neurones nucléaires surinvestis aboutissent finalement aux voies de conduction appartenant à l’intérieur du corps et qui, étant sans cesse remplies d’une quantité (Qή) [p. 1 ] se sont perméabilisées. Comme les neurones nucléaires sont des prolongations de ces voies de conduction, ils doivent aussi demeurer remplis d’une quantité (Qή). Cette dernière s’écoule proportionnellement aux résistances qu’elle rencontre sur son parcours, jusqu’au moment où les résistances suivantes deviennent plus considérables que la fraction de quantité (Qή) mise à la disposition du courant. Mais alors, tout l’investissement se trouve en état d’équilibre, retenu d’une part par les deux limites imposées à la motilité et au désir, d’autre part, par la résistance qu’opposent les neurones les plus externes, et, du côté interne par la pression constante des voies de conduction. À l’intérieur de la structure du moi, l’investissement n’est jamais également réparti et ne nécessite qu’une égalité proportionnelle, c’est-à-dire en rapport avec les frayages [voir p. 1 ]. Lorsque le niveau de l’investissement dans le noyau du moi s’élève, le moi devient capable d’étendre son champ (d’action) ; lorsqu’il baisse, le moi se rétrécit concentriquement. Une fois que le moi a atteint un certain niveau et une certaine extension, aucun obstacle ne s’oppose plus aux déplacements qui se produisent dans la région de ses investissements. Reste à savoir maintenant d’où émanent les deux limitations qui assurent au niveau du moi sa constance et, en particulier, d’où provient cette limitation des images motrices, qui empêche la décharge. Nous nous trouvons ici-devant un problème décisif dont dépend la compréhension de toute l’organisation. La seule chose que nous puissions dire est qu’à l’époque où ces limitations n’existaient pas encore et où la décharge motrice se réalisait dès l’apparition du désir, le plaisir escompté ne se produisait pas et la production continuée de stimuli endogènes provoquait, en fin de compte, du déplaisir. Seul ce risque de déplaisir lié à une décharge prématurée peut correspondre aux limitations que nous étudions. Au cours du développement, les frayages assument une partie de la tâche [qui consiste à établir lesdites limitations]. Mais un fait demeure : la quantité (Qή) dans le moi n’investit pas immédiatement les images motrices. Si, en effet, l’investissement s’effectuait sur-le-champ, c’est le déplaisir qui surgirait. Tout ce que j’ai qualifié d’« acquisition biologique » du système neuronique est, je crois, représenté par une menace de déplaisir de ce genre. Grâce à celle-ci les neurones capables de produire un déplaisir ne se trouvent pas investis. C’est ce qui constitue la défense primaire , conséquence bien compréhensible d’une tendance originelle du système neuronique [pp. 1 et 1 ]. Le déplaisir reste la seule mesure éducative. Mais comment donner une explication d’ordre mécanique de la défense primaire – du non-investissement dû à une menace de déplaisir ? C’est là, je le confesse, une question à laquelle je ne saurais répondre. Désormais je ne chercherai plus à trouver une explication mécanique de ces lois biologiques et me déclarerai satisfait si j’arrive à donner de ce développement une description claire et fidèle.
C’est là, je le confesse, une question à laquelle je ne saurais répondre. Désormais je ne chercherai plus à trouver une explication mécanique de ces lois biologiques et me déclarerai satisfait si j’arrive à donner de ce développement une description claire et fidèle. Il existe, sans aucun doute, une seconde loi biologique, dérivée du processus d’expectation, et suivant laquelle l’attention se porte sur les indices de qualité (parce qu’ils appartiennent à des perceptions capables de susciter quelque satisfaction) et l’individu passe de ces indices de qualité à la perception surgie. En bref, le mécanisme de l’attention doit son origine à une loi biologique de ce genre qui règle le déplacement des investissements du moi 63 . Peut-être nous objectera-t-on qu’un mécanisme comme celui-là, opérant grâce aux indices de qualité, est bien inutile. Le moi, dira-t-on, peut bien avoir biologiquement appris de lui-même, pendant ses états d’expectation, à investir le domaine perceptif au lieu de n’y être amené que par l’intermédiaire des indices de qualité. Mais deux raisons peuvent justifier le mécanisme de l’attention : 1° La sphère des indices de décharge venant du système W (ω) est, de toute évidence, plus petite et comprend moins de neurones que la sphère des perceptions, c’est-à-dire de l’ensemble du pallium de ψ lié aux organes sensoriels. En conséquence, le moi fait une énorme économie en investissant non la perception mais bien la décharge ; 2° Les indices de décharge ou de qualité constituent avant tout des indices de réalité, permettant une différenciation entre les investissements de perceptions réelles et celles des désirs. Nous voyons ainsi l’impossibilité de se passer du mécanisme de l’attention, grâce auquel, dans chaque cas, le moi investit les neurones dans lesquels un investissement est déjà apparu. Nous pouvons ainsi énoncer, de la façon suivante, par rapport au moi, la loi biologique de l’attention : Quand surgit un indice de réalité, l’investissement perceptif alors présent doit être surinvesti. Telle est la seconde loi biologique, la première étant celle de la défense primaire. II. Ce que nous venons de dire nous fournit quelques indications générales pour une présentation mécanique, du genre de cette première indication selon laquelle les quantités extérieures ne peuvent être figurées par Qή (quantités psychiques). La description du moi et de ses variations, telle que nous l’avons donnée, nous montre que le niveau [de l’investissement] n’a, lui non plus, aucun rapport avec le monde extérieur et que s’il venait à être relevé ou abaissé, ce fait ne saurait normalement rien changer à l’image du monde extérieur. Étant donné que cette représentation s’est établie d’après les frayages, il faut en conclure que les variations générales du niveau n’ont aucune action sur ces derniers. Nous avons déjà fait mention d’un second principe [p. 1 ], à savoir que les petites quantités sont plus aisément déplaçables quand le niveau est élevé que lorsqu’il est bas. Ce sont là quelques points à retenir si nous voulons tenter de décrire les mouvements neuroniques caractéristiques dont nous n’avons encore qu’une faible idée. Revenons à la description des processus mentaux d’observation ou de cognition. Ils diffèrent des processus d’expectation en ce qu’ici les perceptions n’intéressent pas les investissements de désir. Ici l’attention du moi se trouve attirée par les premiers indices de réalité vers la sphère de perception à investir. Le courant d’associations de la quantité (Q) apportée [par les perceptions] passe à travers des neurones préinvestis et Qφ (c’est-à-dire la quantité appartenant aux neurones φ et qui se déplace [le long de ces neurones] est chaque fois remise en liberté. C’est pendant ce trajet des associations que les indices de qualité (du langage) sont créés. Le courant d’associations devient ainsi conscient et capable de se reproduire. Une fois de plus nous pourrons nous interroger sur le profit à tirer des indices de qualité. Leur seul effet, dira-t-on, est d’inciter le moi à envoyer un investissement à l’endroit où surgit un autre investissement au cours des associations.
Une fois de plus nous pourrons nous interroger sur le profit à tirer des indices de qualité. Leur seul effet, dira-t-on, est d’inciter le moi à envoyer un investissement à l’endroit où surgit un autre investissement au cours des associations. Mais ce n’est pas eux qui fournissent ces quantités investissantes (Qή), tout au plus y apportent-ils leur contribution. Et s’il en est bien ainsi, le moi est en mesure de faire voyager, sans leur concours, son investissement le long du courant de quantité (Q). C’est là, sans aucun doute, ce qui se produit, seulement il n’en reste pas moins utile de tenir compte des indices de qualité. Il convient de souligner que la loi biologique de l’attention (citée p. 1 ) découle de la perception et ne s’applique d’abord qu’aux indices de réalité. Les indices de décharge par la voie verbale sont, eux aussi, dans un certain sens, des indices de réalité , de réalité de pensée et non de réalité extérieure 64 , mais aucune loi biologique de cette espèce n’a été établie dans le cas de ces indices de réalité cogitative, étant donné que nul déplaisir ne menace, de façon certaine, les infractions éventuelles. Le déplaisir que peut provoquer un défaut de cognition n’est pas aussi intense que celui qui découle d’une ignorance du monde extérieur, bien que les deux cas soient au fond semblables. Il existe réellement une sorte de processus mental d’observation au cours duquel les indices de qualité font défaut ou ne surgissent que d’une façon sporadique. Le processus de la pensée devient possible du fait que le moi suit automatiquement, avec ses investissements, le courant des associations. Ce genre de processus, nullement anormal, est de loin le plus fréquent et constitue notre mode de penser habituel, inconscient mais avec, parfois, une irruption d’idées dans le conscient, c’est ce qu’on peut qualifier de pensée consciente nantie de chaînons intermédiaires inconscients mais capables de devenir conscients 65 . Quoi qu’il en soit les indices de qualité ont pour la pensée une indiscutable valeur. En premier lieu, ils renforcent les indices de qualité perçus, les investissements dans la chaîne des associations et assurent le fonctionnement de l’attention automatique qui – nous ne savons comment – se trouve évidemment lié à l’apparition de ces investissements. En outre – et ce point semble plus important encore – l’attention qui se porte sur les indices de qualité garantit l’impartialité au cours des associations. C’est pour le moi une tâche ardue, en effet, que de se maintenir entièrement dans la « recherche pure ». Le moi reste presque toujours pourvu d’investissements en désirs et en buts, dont la présence durant les « recherches » ne laisse pas que d’influer, comme nous le verrons plus loin (pp. 1 et suiv.), sur le cours des associations et fausse la connaissance des perceptions. Or, la protection la plus efficace contre ces erreurs de pensée se trouve mise en œuvre quand le moi dirige une quantité (Qή), normalement mobile, vers une région incapable de produire (c’est-à-dire de provoquer) pareille déviation du cours des associations. Un seul moyen efficace existe : l’attention doit se diriger vers les indications de qualité, celles-ci ne constituant pas des représentations de but. Bien au contraire, leur investissement confère une grande importance au cours des associations en s’ajoutant à la quantité investissante. Donc la pensée comportant un investissement d’indications de la réalité cogitative ou d’indications verbales est la forme la plus haute et la plus sûre du processus mental de cognition. Nous savons que la production d’indications de la pensée a une incontestable valeur. Il nous est donc permis d’espérer découvrir quelque moyen de l’assurer. Les indications de la pensée, en effet, contrairement à celles de la réalité, n’apparaissent pas spontanément, sans la participation de ψ. L’observation montre que ces moyens n’ont pas dans tous les processus cogitatifs, une efficacité égale à celle dont ils témoignent dans les processus de recherches.
Les indications de la pensée, en effet, contrairement à celles de la réalité, n’apparaissent pas spontanément, sans la participation de ψ. L’observation montre que ces moyens n’ont pas dans tous les processus cogitatifs, une efficacité égale à celle dont ils témoignent dans les processus de recherches. Pour que les indications de la pensée surgissent, il faut absolument qu’elles soient investies d’attention et, dans ce dernier cas, elles apparaissent en vertu d’une loi suivant laquelle la conduction s’avère meilleure entre deux neurones liés et simultanément investis. Néanmoins, l’« attrait » que suscite le préinvestissement des indices de pensée n’est pourvu du pouvoir de lutter contre d’autres influences que dans une certaine mesure. C’est ainsi, par exemple, que n’importe quel investissement (de but ou affectif) dans le voisinage du courant d’associations concurrence le préinvestissement de l’attention et tend à rendre inconscient ce courant. L’expérience montre aussi que le même effet se produit quand les quantités en jeu au cours des associations sont considérables, parce qu’alors elles le grossissent et, par conséquent, l’accélèrent. On entend fréquemment dire qu’une chose est arrivée si vite qu’on ne l’a même pas remarquée – ce qui est parfaitement exact ; chacun sait aussi que les affects sont capables de perturber la survenance des indications de la pensée. Tout ceci nous amène à adopter une nouvelle proposition relative à la représentation mécanique des processus psychiques, à savoir que le cours des associations lorsqu’il n’est pas affecté par le niveau [de l’investissement] peut être modifié par l’importance de la quantité affluente (Q) [p. 1 ]. D’une façon générale, une grande quantité (Q) choisit dans le réseau des frayages une voie différente de celle qu’emprunte une quantité faible. Il n’est pas difficile, semble-t-il, d’illustrer ce fait. Il y a, pour toute barrière, un certain seuil au-delà duquel la quantité (Q) – et, à plus forte raison, aucune fraction de cette quantité – n’arrive à passer. Quand une quantité (Q) est trop faible, elle se répartit le long de deux autres voies aux frayages appropriés. Lors d’un renforcement de quantité (Q), la première voie offre le passage et assure, en outre, la transmission de fractions de celle-ci ; de plus, les investissements qui se trouvent au-delà des limites devenues franchissables, peuvent alors être perçus. Mais un autre facteur acquiert parfois aussi de l’importance. On peut admettre que les voies traversant les neurones ne sont pas toutes également réceptives à une certaine quantité (Q) et nous dirons de cette différence qu’elle constitue « la largeur de la voie ». Cette largeur est elle-même indépendante de la résistance, car cette dernière peut être modifiée par la quantité qui s’écoule (Abq) 66 , tandis que la largeur, elle, reste constante. Supposons maintenant que, durant l’augmentation de la quantité (Q), une voie s’ouvre dont la largeur puisse être perçue, nous voyons alors que l’écoulement de la quantité (Q) est parfois fondamentalement modifié par la quantité (Q) affluente. L’expérience quotidienne semble confirmer cette conclusion. Ainsi l’apparition des indications de la pensée semble être liée au passage de quantités (Q) faibles. N’en concluons pas que d’autres passages doivent nécessairement demeurer inconscients – puisque l’état conscient peut être provoqué autrement que par la survenue de ces indications. Comment alors se représenter clairement une pensée qui ne devient consciente que par intermittence, par intrusions soudaines dans le conscient (p. 1 ) ? Notre pensée ordinaire, dépourvue de but, bien qu’elle soit accompagnée d’un préinvestissement et d’une attention automatique, n’attribue aucune valeur aux indications de la pensée. De plus, rien ne nous permet de démontrer, en nous fondant sur la biologie, que ces indications soient indispensables dans le processus en question. Et pourtant, elles apparaissent : 1° Quand l’écoulement réalisé sans heurts se termine ou se heurte à quelque obstacle ; et 2° Quand il éveille une représentation qui, pour d’autres raisons, suscite des indications de qualité, c’est-à-dire un état conscient.
De plus, rien ne nous permet de démontrer, en nous fondant sur la biologie, que ces indications soient indispensables dans le processus en question. Et pourtant, elles apparaissent : 1° Quand l’écoulement réalisé sans heurts se termine ou se heurte à quelque obstacle ; et 2° Quand il éveille une représentation qui, pour d’autres raisons, suscite des indications de qualité, c’est-à-dire un état conscient. Mais j’interromps ici cet exposé. III. Évidemment d’autres sortes de processus cogitatifs tendent non pas vers un but désintéressé de cognition, mais vers un but pratique. L’état d’expectation, d’où naît généralement la pensée, nous fournit un exemple de ce deuxième mode de penser. C’est ici sur un désir que se fixe fermement l’intérêt, tandis qu’un second investissement, d’ordre perceptif, surgit et attire l’attention. Mais le but n’est pas de découvrir où il aboutit d’une manière générale, mais bien d’arriver à savoir par quelles voies il conduit à l’activation de l’investissement de désir lequel est, entre-temps, resté lié. Ce genre de processus cogitatif qui est, au point de vue biologique, le plus précoce, peut aisément être représenté suivant nos hypothèses. Supposons que + V figure le désir tout spécialement investi, W la perception à poursuivre, l’effet de la fixation d’attention sera d’abord de faire passer la quantité Qφ (v. p. 1 ) dans le neurone le mieux frayé a ; de là, elle passerait une fois de plus par la meilleure voie, n’était la présence d’investissements latéraux perturbants (p. 1 ). Imaginons trois voies partant de a…, rangées d’après leur degré de frayage, suivant b, c, d. Si d se trouve dans le voisinage de l’investissement de désir + V, il peut en résulter que, malgré les frayages, Qφ ne s’écoulera pas vers c et b, mais vers d et de là vers + V. Ce sera donc la voie W…a…d… + V qui s’avérera celle qu’on recherche. Un principe qui nous est connu de longue date règle ici le jeu [pp. 1 Et suiv.] : l’investissement détourne le frayage, contrariant par là ce dernier. En conséquence, l’investissement latéral peut modifier le courant de la quantité (Qή). Étant donné que les investissements sont modifiables, le moi reste libre de modifier le trajet partant de W pour le diriger vers n’importe quel but investi. En parlant de fixation de but, nous ne pensons pas à quelque fixation uniforme, comme celle qui affecte tout un domaine dans le cas de l’attention. Nous pensons à une charge accentuée s’élevant au-dessus du niveau du moi. Probablement devons-nous aussi admettre que, dans ce mode de pensée avec investissement de but, une quantité (Qή) part aussi en même temps de + V, de telle sorte que tout le cours des associations de W peut être influencé non seulement par + V lui-même, mais encore par les autres points atteints. En pareil cas, cependant, la voie partant de + V est connue et fixée, tandis que celle venant de W… a… reste encore à découvrir. Or comme en réalité, notre moi maintient des investissements de but – et souvent plusieurs à la fois – nous comprenons combien difficiles s’avèrent la poursuite d’une pensée, d’une idée purement cognitive et aussi la possibilité, dans les cas de pensée pratique, de voir celle-ci s’engager dans des voies diverses, à divers moments, en diverses circonstances et chez divers individus. Nous pouvons aussi concevoir les difficultés qui s’opposent à la pensée quand il s’agit de la réflexion pratique ; notre expérience journalière nous les fait connaître. Reprenons notre premier exemple, celui dans lequel le courant Qφ s’écoule naturellement vers b et c, tandis que d se distingue par son lien étroit avec un investissement de but ou les idées qui en découlent. Il peut alors arriver que l’action du frayage en faveur de b … c soit si poussée qu’elle l’emporte de beaucoup sur l’attraction exercée par d… + V.
Reprenons notre premier exemple, celui dans lequel le courant Qφ s’écoule naturellement vers b et c, tandis que d se distingue par son lien étroit avec un investissement de but ou les idées qui en découlent. Il peut alors arriver que l’action du frayage en faveur de b … c soit si poussée qu’elle l’emporte de beaucoup sur l’attraction exercée par d… + V. En dépit de ce fait et pour que le cours des associations puisse être dirigé vers + V il faudrait que l’investissement de + V et des représentations qui en découlent fût encore augmenté ; peut-être conviendrait-il aussi que l’attention qui se porte sur W fût modifiée, afin de pouvoir accéder à un degré supérieur ou moindre de « liaison », ainsi qu’à un niveau de courant plus favorable au trajet de d… + V. L’effort requis pour empêcher la quantité (Q) de s’engager dans les meilleurs frayages et pour l’attirer vers des voies mal frayées mais plus proches du but investi, correspond aux difficultés qui s’opposent à la pensée. Le rôle des indices de qualité diffère peu, dans la pensée pratique de celui qu’ils jouent dans la pensée cognitive. Les indices de qualité assurent et déterminent le cours des associations, sans toutefois lui être absolument indispensables. Si nous remplaçons les représentations et les neurones isolés par des complexes de représentations et de neurones, nous nous trouvons en face d’une complication de la pensée pratique, impossible à représenter. Nous comprenons alors qu’une conclusion rapide est souhaitable en pareils cas [p. 1 ]. Mais en général les indices de qualité n’ont pas tous fait leur apparition et leur survenue a plutôt pour effet de ralentir et de compliquer le cours des associations. Là où le trajet d’une perception particulière vers un investissement de but particulier s’est répété et est devenu stéréotypé du fait des frayages mnémoniques, les indices de qualité surgissent rarement. Le but de la pensée pratique est l’identité, c’est-à-dire la pénétration de l’investissement déplacé Qφ dans l’investissement de désir qui, lui s’est fermement maintenu. Au point de vue purement biologique, le résultat est de mettre fin à la nécessité de penser. En revanche, une totale innervation des images motrices touchées au cours du passage [de la quantité] devient possible, ces images constituant alors une partie autorisée et accessoire de « l’action spécifique ». Or, durant le passage, l’investissement des dites images ne se réalisait que par suite d’une « liaison » et le processus cogitatif se trouvait déclenché par une perception (W) qui ne représentait qu’une image mnémonique. Il en résulte que tout ce processus est capable de se détacher à la fois de l’expectation et de la réalité et qu’il peut aller vers une identité sans subir de modification. Ainsi, partant d’une simple représentation et même après avoir été complété, il n’aboutit pas à l’acte, mais à une production de connaissance pratique utilisable le cas échéant. L’expérience montre, en effet, que mieux vaut être toujours prêt à mettre en branle ce processus cogitatif d’ordre pratique, sans attendre que la réalité vienne en imposer le déclenchement. Le moment est venu de restreindre la portée d’un exposé que j’ai fait (p. 1 ) et d’après lequel seuls les indices de qualité rendraient possible le souvenir d’un processus cogitatif, parce que s’il en était autrement, ses traces ne sauraient être distinguées des traces laissées par les frayages perceptifs. Il reste vrai qu’un souvenir réel ne doit vraiment pas être modifié par les réflexions qu’il inspire. Mais il est indéniable, d’autre part, que le fait de réfléchir à quelque chose laisse des traces extrêmement marquées sur les réflexions ultérieures concernant le même sujet et nous nous demanderons si seule la pensée qui s’accompagne d’indices de qualité et d’états conscients peut aboutir à de pareils résultats. Sans doute existe-t-il des frayages de pensée encore que les frayages associatifs primitifs doivent subsister. Cependant, comme il ne peut y avoir qu’une sorte de frayage, on est amené à présumer l’incompatibilité de ces deux conclusions.
Sans doute existe-t-il des frayages de pensée encore que les frayages associatifs primitifs doivent subsister. Cependant, comme il ne peut y avoir qu’une sorte de frayage, on est amené à présumer l’incompatibilité de ces deux conclusions. Quoi qu’il en soit, il est sans doute possible de les faire concorder et de les expliquer en rappelant que les frayages de pensée n’ont pu prendre naissance ni se faire sentir que lorsque le niveau [de l’investissement] était élevé ; les frayages associatifs, eux, ont été créés lors de passages complets ou primaires de quantités, pour ne réapparaître qu’au moment où se trouvent rétablies les conditions nécessaires à un libre passage 67 . On ne saurait nier l’action possible des frayages de pensée sur les frayages associatifs. Nous arrivons ici à découvrir une autre particularité du mouvement neuronique inconnu. La mémoire est faite de frayages. Une élévation du niveau [de l’investissement] ne les modifie pas, bien que certains frayages ne fonctionnent qu’à un niveau déterminé. La direction dans laquelle s’engage la quantité n’est pas tout d’abord modifiée par un changement de niveau, mais, par contre, la quantité du courant [p. 1 ] et les investissements latéraux la modifient certainement. Quand le niveau est élevé, les petites quantités (Q) se déplacent plus aisément. À côté de la pensée cognitive et de la pensée pratique, nous distinguons une pensée reproductive ou mnémonique qui se confond partiellement avec la pensée pratique sans l’englober tout à fait. La remémoration est une condition préalable de tout essai de pensée critique. Elle suit à rebours jusqu’à la perception elle-même la voie qu’a empruntée un processus cogitatif donné et cela sans but (contrairement à la pensée pratique), mais en utilisant dans une large mesure les indices de qualité. Au cours de ce trajet inversé, le processus se heurte à des chaînons intermédiaires, restés jusque-là inconscients et qui n’ont laissé aucun indice de qualité. Toutefois, ces derniers apparaissent après coup. Nous en déduisons que le passage de la pensée en soi et dépourvu d’indices de qualités, laisse derrière lui certaines traces. En certains cas pourtant, il semble que nous ne puissions supposer la présence de traces abandonnées par une chaîne de pensées que parce que leurs points de départ et d’arrivée sont donnés par les indices de qualité. En tout cas, la reproductibilité des processus cogitatifs s’étend bien au-delà de leurs indices de qualité ; ils sont capables de devenir conscients après coup, bien que, peut-être, le résultat qu’ils fournissent laisse derrière eux, bien plus souvent que les stades intermédiaires, certaines traces. Au cours des pensées – qu’elles soient cognitives, critiques ou pratiques – des incidents de toutes sortes, dignes d’être relatés, peuvent se produire. La pensée est capable d’aboutir à un déplaisir ou à une contradiction. Envisageons le cas où une pensée d’ordre pratique, accompagnée d’une fixation de but, entraîne la production d’un déplaisir. L’expérience la plus banale nous enseigne qu’un fait de ce genre gêne le processus cogitatif. Comment cela peut-il se produire ? Lorsqu’un souvenir engendre quelque déplaisir c’est, en général, parce que la perception correspondante a provoqué, au moment où elle s’est produite, un sentiment désagréable, donc qu’elle se trouve liée à quelque pénible incident [p. 1 ]. Des perceptions de ce genre accaparent, nous le savons, l’attention, tout en suscitant moins d’indices de leur propre qualité que d’indices qualitatifs de la réaction provocante ; elles s’associent à leurs propres manifestations émotives et défensives. Si nous étudions le destin de semblables perceptions une fois qu’elles se sont muées en images mnémoniques, nous remarquons que leurs premières répétitions continuent à engendrer le même émoi aussi bien que le même déplaisir jusqu’à ce que, le temps aidant, elles finissent par perdre cette propriété. Elles subissent, en même temps, un autre changement.
Si nous étudions le destin de semblables perceptions une fois qu’elles se sont muées en images mnémoniques, nous remarquons que leurs premières répétitions continuent à engendrer le même émoi aussi bien que le même déplaisir jusqu’à ce que, le temps aidant, elles finissent par perdre cette propriété. Elles subissent, en même temps, un autre changement. Au début, elles conservent les particularités des qualités sensorielles, mais en perdant leur capacité de susciter des affects, elles perdent également leurs qualités sensorielles et finissent par ressembler aux autres images mnémoniques. Quand une chaîne de pensée se heurte à une image mnémonique encore « indomptée », des indices de qualité (souvent d’ordre sensoriel) surgissent en même temps que des impressions déplaisantes et des tendances à la décharge dont la combinaison caractérise un affect particulier. La chaîne des pensées se rompt alors. Que deviennent, une fois « domptés » les souvenirs générateurs d’affects ? Nous ne pouvons supposer que le « temps » puisse affaiblir leur faculté d’engendrer des émotions puisque, normalement, ce facteur contribue plutôt à renforcer une association. Il doit certainement arriver quelque chose pendant le « temps » où se produisent ces répétitions, quelque chose qui entraîne la « soumission » de souvenirs et qui ne peut être que leur subjugation par le moi ou par ses investissements. Si cette réaction s’effectue, en ce cas, plus lentement que de coutume, nous en découvrons le motif particulier dans l’origine de souvenirs capables de susciter l’affect. Constituant les traces d’incidents pénibles, ils ont été investis (conformément à notre hypothèse sur la souffrance) d’une quantité (Qφ) trop considérable et ont acquis un frayage excessif aboutissant à une production de déplaisir et d’affect. C’est pourquoi il leur faut, provenant du moi, une très forte « liaison » souvent répétée, pour que ce frayage aboutissant à un déplaisir puisse être contrebalancé. Le fait que les souvenirs conservent aussi longtemps un caractère hallucinatoire exige aussi une explication dont notre conception de l’hallucination pourra tirer grand profit. Tout permet de supposer que cette faculté de créer des hallucinations – de même que la possibilité pour la mémoire d’engendrer des affects – indiquent que l’investissement du moi n’exerce encore nulle influence sur le souvenir et que les méthodes primaires de décharge et le processus total ou primaire [p. 1 ] restent prédominants. Nous devons nécessairement supposer que, dans les états hallucinatoires, la quantité (Q) reflue vers φ et en même temps vers W (ω) ; un neurone lié ne permet pas la production d’un tel reflux. Demandons-nous ensuite si c’est bien la quantité excessive d’investissement du souvenir qui rend possible le reflux. Toutefois, rappelons-nous que cette si grande quantité (Q) n’est présente que la première fois, au moment où l’incident réel, générateur de souffrance s’est produit. Lors de la répétition, nous n’avons plus affaire qu’à un investissement mnémonique d’intensité ordinaire, qui parvient néanmoins à provoquer une hallucination et du déplaisir. Il s’ensuit que s’il en est bien ainsi, c’est à cause d’un frayage d’une inhabituelle importance. Il faut en conclure qu’une quantité φ ordinaire suffit à provoquer un reflux et une décharge ; l’effet inhibant des liens avec le moi acquiert ainsi de l’importance. Il devient enfin possible d’investir le souvenir douloureux de manière à empêcher désormais les reflux et à diminuer considérablement une production de déplaisir. Le souvenir a été « maîtrisé » et cela grâce à un frayage cogitatif assez puissant pour avoir un effet permanent et pour agir comme une inhibition lors de toute réapparition du souvenir. La résistance de la voie menant à une production de déplaisir augmente progressivement par suite du défaut d’usage, ces frayages étant soumis au déclin (c’est-à-dire à l’oubli). C’est à ce moment seulement que le souvenir se mue en souvenir maîtrisé semblable à tous les autres. Il semble pourtant que ce processus de domination d’un souvenir laisse après soi des séquelles permanentes dans le processus cogitatif.
C’est à ce moment seulement que le souvenir se mue en souvenir maîtrisé semblable à tous les autres. Il semble pourtant que ce processus de domination d’un souvenir laisse après soi des séquelles permanentes dans le processus cogitatif. Auparavant, le cours des idées s’interrompait à chaque réactivation du souvenir chargé de déplaisir. On voit maintenant apparaître une tendance à entraver le cours des pensées, dès que le souvenir « dompté » est ranimé et que le déplaisir apparaît. La pensée pratique utilise, bien à propos, cette tendance car aucun élément intermédiaire susceptible de faire surgir du déplaisir, ne se trouve sur la voie recherchée menant vers une identité avec l’investissement de désir. Une « défense primaire de la pensée » se trouve ainsi créée. Elle va prendre, dans la pensée pratique, toute production de déplaisir pour un avertissement, un signal d’avoir à abandonner une certaine voie. Il faut que l’investissement de l’attention se porte ailleurs 68 . Là encore le déplaisir règle l’afflux de la quantité (Qή) conformément à la première loi biologique (p. 1 ). On peut se demander pour quelle raison cette défense de la pensée ne s’est pas dirigée contre les souvenirs encore chargés d’affectivité. Il est probable que la deuxième loi biologique [p. 1 ] s’y est opposée, puisqu’elle a besoin de l’attention dès qu’il y a un indice de réalité. En outre, le souvenir encore « indompté » continue à être capable de renforcer la production de vrais indices de qualité. Les deux règles, on le voit, s’accordent bien. Il est intéressant d’observer la façon dont la pensée pratique se conforme à la règle biologique de défense. Dans la pensée théorique (cognitive et critique), la règle est négligée, ce qui est fort compréhensible, puisque dans toute pensée tendant vers un but, il s’agit de découvrir une certaine voie. Les voies auxquelles s’attache du déplaisir peuvent être exclues. La pensée théorique, au contraire, doit pouvoir suivre toutes les voies. IV. Demandons-nous maintenant comment peut se produire une erreur durant le passage de la pensée. Mais d’abord qu’appelle-t-on erreur ? Étudions de plus près le processus cogitatif. La pensée pratique où il a pris naissance reste aussi son but final. Toutes les autres sortes de pensées en découlent. Il y a un avantage certain à ce que la conduction de la pensée, telle qu’elle se produit dans la pensée pratique, s’effectue tout de suite, sans attendre qu’un état d’expectation se soit instauré et cela pour deux raisons : 1° Parce qu’il y a gain de temps pour arriver à l’acte spécifique et 2° Parce que l’expectation est loin de favoriser particulièrement la pensée. L’importance de la vitesse durant le court intervalle entre la perception et l’acte s’explique quand nous voyons avec quelle rapidité les perceptions se succèdent. Lorsque le processus cogitatif se prolonge trop, le résultat est inutilisable. C’est pour cette raison que nous « préméditons ». Le début des processus cogitatifs dérivant de la pensée pratique se découvre dans la formation du jugement. Le moi y parvient en utilisant une découverte faite dans son organisation, en constatant (ce que nous avons indiqué déjà [pp. 1 et 1 ]) que les investissements perceptifs coïncident en partie avec des nouvelles émanant du propre corps du sujet. C’est de cette façon que les complexes de perception se divisent en une fraction constante incomprise, l’objet, et une autre fraction changeante compréhensible – les attributs ou les mouvements de cet objet. Le « complexe de l’objet » réapparaît toujours accompagné de divers « complexes d’attributs », il devient donc possible de tracer à la pensée des voies qui, partant de ces deux sortes de complexes, aboutissent à l’état souhaité de « l’objet », cela d’une façon, pour ainsi dire, généralement valable et qui ne dépend pas de la perception réelle à ce moment-là. Ainsi le travail de la pensée, qui s’accompagne d’un jugement et non de complexes perceptifs isolés et non ordonnés, constitue une importante économie.
Le « complexe de l’objet » réapparaît toujours accompagné de divers « complexes d’attributs », il devient donc possible de tracer à la pensée des voies qui, partant de ces deux sortes de complexes, aboutissent à l’état souhaité de « l’objet », cela d’une façon, pour ainsi dire, généralement valable et qui ne dépend pas de la perception réelle à ce moment-là. Ainsi le travail de la pensée, qui s’accompagne d’un jugement et non de complexes perceptifs isolés et non ordonnés, constitue une importante économie. Laissons de côté la question de savoir si l’unité psychologique ainsi obtenue se trouve, elle aussi, représentée, dans la chaîne des pensées, par une unité neuronique correspondante (en dehors de l’unité que représentent les images verbales). Des erreurs sont toujours possibles dans la formation d’un jugement. Les complexes d’objets (ou de mouvements) ne sont, en effet, jamais parfaitement identiques et, parmi leurs éléments dissemblables, certains peuvent, s’ils sont négligés, troubler l’aboutissement à la réalité. Ces imperfections découlent d’une tendance (dont nous-mêmes d’ailleurs faisons preuve ici) à substituer un neurone unique au complexe – ce qui est déterminé par l’immense complexité des matériaux. Ce sont des erreurs de jugement dues à des prémisses erronées. Une autre cause d’erreur tient au fait que la perception des objets réels n’a pas été totale parce qu’ils se trouvaient au-delà des limites de nos sens. Il s’agit d’erreurs par ignorance, d’erreurs que nul être humain ne saurait éviter. Mais dans d’autres cas, certains investissements psychiques préalables défectueux peuvent se produire (lorsque le moi ne prête pas attention aux perceptions). En pareil cas, nous pouvons aboutir à des perceptions inexactes et à des chaînes de pensées incomplètes. Il s’agit alors d’ erreurs dues à une insuffisante attention. Si nous prenons maintenant, comme matériaux des processus cogitatifs, les complexes jugés et bien ordonnés et non pas les plus simples, l’occasion nous sera fournie de réduire le processus cogitatif lui-même. S’il arrive, en effet, que la voie menant de la perception à l’identité avec l’investissement de désir, a passé au travers d’une image de mouvement M, il est biologiquement certain qu’une fois l’identité obtenue, cet M se trouvera pleinement innervé. La simultanéité de la perception et de M produira un frayage important entre les deux et la perception suivante va susciter M sans intervention de la suite des idées. (Tout cela présuppose évidemment la possibilité d’établir, à tout moment, un lien entre deux investissements.) La connexion entre les pensées dont l’établissement exigea originellement tant d’efforts est devenue, par suite d’investissement total et simultané, un important frayage. La seule question qui se pose à propos de ce dernier est de savoir s’il suit toujours la voie découverte en premier lieu ou s’il peut fournir une ligne de connexion plus directe. Cette dernière possibilité semble à la fois plus probable et mieux appropriée, parce que, de cette façon, il n’est plus indispensable de fixer à la pensée des voies qui doivent rester libres pour les connexions les plus variées. Lorsque la voie primitive est abandonnée, nous devons nous attendre à voir disparaître son frayage et le résultat sera mieux fixé par une connexion directe. Nous ignorons d’ailleurs où doit se situer le point de départ de la nouvelle voie. Si les investissements W et M étaient tous deux associés à un troisième, le problème serait plus facilement résolu. On peut également souligner l’importance de la fraction du processus cogitatif qui va de la perception à l’identité en passant par une image motrice. Le résultat en est semblable dans les cas où l’attention fixe l’image motrice et l’associe aux perceptions – celles-ci ayant elles-mêmes été fixées une fois de plus. Là encore, ce frayage de la pensée se rétablit dès qu’une occasion réelle s’en présente. Dans ce genre d’activité mentale, les possibilités d’erreur ne sont pas évidentes au premier abord.
Là encore, ce frayage de la pensée se rétablit dès qu’une occasion réelle s’en présente. Dans ce genre d’activité mentale, les possibilités d’erreur ne sont pas évidentes au premier abord. Mais il est certain que la pensée s’engage parfois dans une mauvaise voie et que des mouvements inutiles peuvent être exécutés, bien, qu’après tout, dans le cas d’une pensée pratique, le choix ne dépende que d’expériences susceptibles d’être reproduites. À mesure que s’accroît le nombre des souvenirs, de nouvelles voies de déplacements se créent sans cesse. C’est pourquoi il est avantageux de suivre jusqu’au bout les diverses perceptions afin de découvrir la voie la plus favorable. Telle est la tâche de la pensée cognitive qui apparaît ainsi comme une préparation à la pensée pratique, bien qu’en fait elle ne se soit développée qu’à partir de celle-ci et à une époque tardive. Les résultats en sont utiles à plus d’une espèce d’investissement de désir. Les erreurs qui affectent la pensée cognitive paraissent évidentes. Elles sont dues à une partialité qui se fait jour quand les investissements de but n’ont pu être évités, imputables aussi au caractère d’inachèvement qui persiste, jusqu’au moment où toutes es voies ont été explorées. Ici l’apparition simultanée d’indices de qualité constitue évidemment un énorme avantage. Lorsque ces processus cogitatifs ont été choisis et intégrés dans un état d’expectation, il devient possible à toutes les associations, et ceci depuis le début jusqu’à la fin, de passer par la voie des indices de qualité et sans traverser toute l’étendue des pensées ; peu importe que la série des qualités corresponde complètement à celle des idées. Dans la pensée théorique, le déplaisir ne joue aucun rôle, c’est pourquoi elle peut se poursuivre même quand le souvenir est « dompté ». Nous examinerons aussi un autre genre de pensée : la pensée critique ou contrôlante. Elle entre en jeu lorsque, malgré une stricte obéissance aux règles, l’état d’expectation, suivi de l’action spécifique, aboutit non à quelque satisfaction, mais à du déplaisir. La pensée critique, sans tendre vers un but pratique, en procédant comme par plaisir, cherche, en faisant appel à tous les indices de qualité, à renouveler tout le passage de la quantité (Qή) 69 afin de déceler quelque erreur intellectuelle ou quelque défaut psychologique. Cette pensée est d’ordre cognitif, s’exerce sur un objet donné, c’est-à-dire sur une chaîne de représentations. Nous savons déjà en quoi ils consistent [les défauts psychologiques ?]. Mais qu’appelle-t-on erreurs de logique ? Pour les décrire brièvement nous dirons que ces erreurs consistent en une négligence des lois biologiques qui commandent les séries de pensées. Ces lois nous font connaître sur quoi doit chaque fois se porter l’attention et à quel moment il convient que le processus cogitatif s’arrête. Elles sont protégées par les risques de déplaisir ; c’est l’expérience qui les a fait naître et elles peuvent se muer directement en lois logiques (ce qu’il conviendra d’exposer en détail). Ainsi le déplaisir intellectuel d’une contradiction, qui fait stopper la pensée contrôlante, n’est autre chose que le déplaisir amassé en vue d’une défense des lois biologiques et déclenché par un processus cogitatif erroné. L’existence de ces lois biologiques se démontre, en fait, par le sentiment de déplaisir que suscitent les erreurs logiques 70 . Il faut concevoir l’action comme un investissement total à la fois des images motrices portées au premier plan durant le processus cogitatif et aussi, peut-être, des images motrices comprises dans l’élément volontaire de l’acte spécifique (dans les cas où nous avons affaire à un état expectatif). Il y a ici renoncement à l’état « lié » et abandon des investissements de l’attention. En ce qui concerne l’abandon de l’état « lié », il s’agit, sans aucun doute, d’une baisse, impossible à arrêter, du niveau, dans le moi, lors du premier passage de la quantité venant des neurones moteurs. Il ne faut pas s’attendre à une décharge totale du moi par certains actes isolés, mais seulement par des actes comportant une satisfaction quasi totale.
En ce qui concerne l’abandon de l’état « lié », il s’agit, sans aucun doute, d’une baisse, impossible à arrêter, du niveau, dans le moi, lors du premier passage de la quantité venant des neurones moteurs. Il ne faut pas s’attendre à une décharge totale du moi par certains actes isolés, mais seulement par des actes comportant une satisfaction quasi totale. Il est instructif de constater que l’acte s’effectue non en suivant à rebours la voie qu’ont empruntée les images motrices, mais par la traversée de voies motrices spéciales. C’est pourquoi aussi l’affect, attaché au mouvement, n’est pas forcément celui qu’on désirait, celui qui se produirait s’il s’agissait simplement d’une inversion de la voie originelle. Pendant l’action, une nouvelle comparaison entre les annonces des mouvements qui vont être effectués et les mouvements préinvestis doit s’établir. Il faut aussi que les innervations rectificatives soient excitées pour que l’identité puisse être acquise. Nous voyons ici se répéter un cas semblable à celui des perceptions, toutefois avec une moindre diversité, une vitesse accrue et une décharge toujours totale, ce qui ne saurait être le cas quand il s’agit de perceptions. L’analogie que l’on observe entre la pensée pratique et l’action efficace mérite, malgré tout, d’être notée. Elle nous montre que les images motrices sont sensorielles. Mais un fait mérite surtout d’attirer l’attention : dans le cas d’un acte, les voies traversées sont nouvelles ; il ne s’agit plus d’une simple rétrogradation dans les voies anciennes, ce qui semble prouver que la ligne de conduction des éléments neuroniques est bien fixée. Il est donc possible que le mouvement neuronique ait dans les deux cas des caractéristiques différentes. Les images motrices sont des perceptions et, à ce titre, possèdent naturellement des qualités et suscitent l’état conscient. On ne saurait non plus contester le fait qu’elles attirent sur elles-mêmes une attention marquée. Toutefois, leurs qualités sont peu impressionnantes et sans doute moins variées que celles du monde extérieur. Elles ne s’associent pas non plus à des images verbales, mais trouvent plutôt leur emploi partiel dans ces associations. Rappelons-nous cependant qu’elles n’émanent pas d’organes sensoriels hautement organisés, mais que leur qualité est, sans aucun doute, monotone [v. pp. 1 et 1 ]. 51 Le système W. 52 Dans l’édition allemande de 1950 on trouve, par suite d’une erreur, le mot « quantité ». 53 Le rôle attribué à l’attention dans cet exposé explique pourquoi Freud s’en est écarté dans ses travaux ultérieurs. Il insiste déjà, dans L’Interprétation des rêves (p. 517 de la trad. franç.) sur le fait que « les activités de pensées les plus compliquées peuvent se produire sans que le conscient y prenne part » et que « la prise de conscience dépend de l’orientation d’une certaine fonction psychique, l’attention ». Voir aussi plus loin, p. 1 . 54 Voir à ce sujet L’Interprétation des rêves (p. 512 de la trad. franç.) où, après avoir parlé de la relation entre perception et réalisation du désir, Freud ajoute : « Cette première activité psychique tend donc à une identité de perception , c’est-à-dire à la répétition de la perception à laquelle se trouve lié l’apaisement du besoin. » L’Esquisse présente cette idée sous une forme plus détaillée. Freud y essaie de montrer que la pensée et l’épreuve de réalité proviennent d’une tension à laquelle l’enfant se trouve soumis lorsqu’il attend une satisfaction. Voir aussi p. 1 et suiv. 55 Ce qui suit est en contradiction avec les vues ultérieures de Freud (déjà exposées dans L’Interprétation des rêves) où il traite de l’importance des processus psychiques préconscients. Voir aussi pp. 1 Et suiv. 56 [Neuf mots ont été omis dans l’édition allemande de 1950.]
Voir aussi pp. 1 Et suiv. 56 [Neuf mots ont été omis dans l’édition allemande de 1950.] 57 Dans L’Interprétation des rêves, Freud écrit : « Pour donner une qualité à ces processus (de pensée), l’homme les associe à des souvenirs de mots. » Dans ses travaux postérieurs, Freud a ainsi formulé sa pensée : « La représentation consciente englobe la représentation objectale plus la représentation verbale correspondante, tandis que la représentation inconsciente n’est que la représentation objectale seule » (p. 156, Métapsychologie (l’Inconscient)). 58 Voici comment on peut traduire ce passage en employant la terminologie ultérieure de Freud : les frustrations subies dans la première enfance contribuent en général beaucoup au développement du sens de la réalité. Elles fournissent, en particulier, à l’enfant une raison de reconnaître, d’identifier, la personne qui s’occupe de lui et qui lui procure à la fois satisfaction et frustration. 59 La pensée « est essentiellement une sorte d’action expérimentale qui s’accompagne d’un déplacement de faibles quantités d’investissement avec faible dépense (décharge) » (Formulations des deux principes du fonctionnement mental, 1911 b). 60 En français dans le texte. 61 [La distinction établie entre énergie psychique « liée » ou « statique » d’une part, et énergie « libre » ou « mobile » d’autre part, constitue l’un des concepts fondamentaux de Freud. Il y revient dans ses travaux ultérieurs. Par exemple dans L’Interprétation des rêves, chap. VII (E), il attribue cette distinction à Breuer qui en avait parlé dans la IIe Partie de sa Contribution théorique aux Études sur l’hystérie, ouvrage paru quelques mois avant que Freud n’écrivît l’Esquisse (1895).] 62 [Voir pp. 1 et suiv.] 63 Freud a continué à exposer ces idées (1911 b ) en attribuant à l’attention la tâche « d’explorer périodiquement le monde extérieur pour que les faits qui s’y déroulent soient déjà connus au cas où une nécessité interne impérieuse viendrait à surgir ». 64 [Freud a maintes fois souligné, dans ses travaux ultérieurs, cette distinction (voir par exemple les dernières pages de L’Interprétation des rêves ).] 65 Première description par Freud des processus cogitatifs préconscients. 66 En allemand « Ablaufquantität ». 67 Le mot « umgebenden » (environnant) a été imprimé par erreur dans l’édition allemande de 1950 au lieu du mot « ungebunden » (non lié, libre). 68 V. L’Interprétation des rêves (p. 512 de la trad. franç.) où Freud écrit : « D’autre part, on voit aisément que le principe du désagréable, qui par ailleurs offre à la pensée des points d’appui importants, la gêne dans sa poursuite de l’identité. La tendance de la pensée doit donc être de s’affranchir toujours davantage de la régularisation exclusive par le principe du désagréable et de réduire le développement du désagréable à un minimum utilisé comme signal. » 69 Dans l’édition allemande de 1950 le mot qualité se trouve, par erreur, à la place du mot quantité. 70 Dans L’Interprétation des rêves, Freud n’a fait qu’effleurer en passant cette question. Il écrit (p. 425 de la trad. franç.) : « Notre pensée de veille (pensée préconsciente) se comporte à l’égard des éléments fournis par la perception exactement comme la fonction que nous venons d’étudier vis-à-vis du contenu des rêves. Elle met de l’ordre, introduit des relations, apporte une cohésion intelligible conforme à notre attente. »
Annexes I. Bibliographie des œuvres de Freud citées dans cet ouvrage 1877 a) Über den Ursprung der hinteren Nervenwurzeln im Rückenmarke von Ammocoetes (Petromyzon Planeri), Sitzb. k. Akad. Wissensch., Vienne, III, 75. 1878 a) Über Spinalganglien und Rückenmark des Petromyzon, Sitzb. k. Akad. Wissensch., Vienne, Math. Naturwiss. Kl., III, 78. 1884 a) Ein Fall von Himblütung mit indirekten basalen Herdsymptomen bei Scorbut, Wiener med. Wochenschr., n° 9. 1884 d) Eine neue Methode zum Studium des Faserverlaufes im Centralnerven-system, Archiv., Anat. Physiol., Anat. Abt. 1884 e) Über Coca, Centralbl. ges. Therapie, 2, 289. 1885 a) Beitrag zur Kenntniss der Cocawirkung, Wiener med. Wochenschr., 35, n° 5. 1885 c) Ein Fall von Muskelatrophie mit ausgebreiteten Sensibilitâtsstorungen (Syringomyelie), Wiener med. Wochenschrift, 35, n°8 13 et 14. 1885 d) Zur Kenntniss der Olivenzwischenschicht, Neurol. Centralblatt, 4, n° 12. 1886 a) Akute multiple Neuritis der spinalen und Himnerven, Wiener med. Wo chenschr., 36, n° 6. 1886 b) Über die Beziehung des Strickkörpers zum Hinterstrang und Hinterstrangskem nebst Bemerkungen über zwei Felder der Oblongata, Neurol. Centralbl., 5, n° 6. 1886 c) Über den Ursprung des Nervus acusticus, Monatschr. Ohrenheilk, Neue Folge, 20, n° 8. 1886 e) Beobachtung einer hochgradigen Hemianästhesie bei einem hysterichen Manne (Beiträge zur Kasuistik der Hysterie I), Wiener med. Wochenschrift, 36, n° 49. 1886 f) Übersetzung mit Vorwort und Anmerkungen zu Charcot, Leçons sur les maladies du système nerveux, t. III, Paris, 1887. 1887 d) Bemerkungen über Cocainsucht und Cocainfurcht, mit Beziehung auf einen Vortrag W. A. Hammond’s, Wiener med. Wochenschr., 37, n° 28. 1888 a) Über Hemianopsie im frühesten Kindesalter, Wiener med. Wochenschr., 38, n° 32. 1888 b) Aphasie, Gehim und Hysterie, in Villaret’s, Handwörterbuch der gesamte Medizin, I, Stuttgart. 1888-9. Traduction avec avant-propos et notes de l’ouvrage de Bernheim, De la suggestion et de ses applications à la thérapeutique, Paris, 1886. 1891 a) En collab. avec Rie : Klinische Studie über die halbseitige Cerebrallähmung der Kinder, III ; Beiträge zur Kinderheilkunde, Kassowitz, Vienne. 1891 b) Zur Auffassung der Aphasien, Vienne. 1891 c) Kinderlàhmung und Lähmung, in Villaret’s, Handwörterbuch der ges. Medizin, 2, Stuttgart. 1892 a) Traduction de Hypnotisme, suggestion, psychothérapie : études nouvelles, de Bernheim, Paris, 1891. 1892-3 a) Traduction avec préface et notes des Leçons du mardi (1887-8) de Charcot, Paris, 1888. 1892-3 b) Ein Fall von hysterischer Heilung nebst Bemerkungen über die Entstehung hysterischer Symptöme durch den « Gegenwillen », Ges. W. I. 1893 a) En collab. avec J. Breuer : Über den psychischen Mechanismus hysterischer Phänomene : Vorläufige Mitteilung, G. W. I. Trad. franç. : Du mécanisme psychique des phénomènes hystériques, trad. Anne Berman, P. U. F., Paris, 1956. 1893 b) Zur Kenntniss der cerebralen Diplegien des Kindersalters (im Anschbuss an die Little’sche Krankheit, III, suite des Beiträge zur Kinderheilkunde, éd. Kassowitz, Vienne. 1893 c) Quelques considérations pour une étude comparative des paralysies motrices organiques et hystériques, Ges. W. I. 1893 f) Charcot, Ges. W. I. 1893 g ) Über ein Symptom, das häufig die Enuresis nocturna der Kinder begleitet, Neurol. Gentralblatt, 12, n° 21. 1894 a) Die Abwehr-Neuropsychosen, G. W. I. 1895 b) Über die Berechtigung, von der Neurasthenie einen bestimmten Symptomenkomplex als « Angsneurose » abzutrennen, Ges. W. I. 1895 c) Obsessions et phobies, G. W. I. 1895 d) En collab. avec J. Breuer : Studien über Hysterie, Vienne, G. W. I., trad. Études sur l’hystérie, P. U. F., 2e éd., 1967. 1895 e) Über die Bemhardt’sche Sensibilitätsstorung am Oberschenkel, Neurol. Centralbl., 14, n° 11. 1895 f) Zur Kritik der Angstneurose, G. W. I. 1895 g ) Über Hysterie, v. Wienerklin. Rundschau, 9, n° 42-44. 1896 a) L’hérédité et l’étiologie des névroses, G. W. I. 1896 b) Weitere Bemerkungen über die Abwehr-Neuropsychosen, G. W. I. 1896 c) Zur Ätiologie der Hysterie, G. W. I. 1897 a) Die infantile Cerebrallähmung, 9, IIe Partie de la Spezielle Pathologie und Therapie de Nothnagel, Vienne.
1897 a) Die infantile Cerebrallähmung, 9, IIe Partie de la Spezielle Pathologie und Therapie de Nothnagel, Vienne. 1897 b) Inhaltsangaben der wissenschaftlichen Arbeiten des Privatdozenten Dr Sigm. Freud (1877-1897), Vienne, G. W. I. 1898 a) Die Sexualität in der Ätiologie der Neurosen, G. W. I. 1898 b) Zum psychischen Mechanismus der Vergesslichkeit, G. W. I. 1899 a) Über Deckerinnerungen, G. W. I. 1900 a) Die Traumdeutung, G. W., 2-3. L’Interprétation des rêves, trad. Meyerson, P. U. F., nouv. éd., Paris, 1967. 1901 a) Über den Traum, Wiesbaden, G. W., 2-3. 1901 b) Zur Psychopathologie des Alltagslebens, Berlin, 1904, G. W., 4. Psychopathologie de la vie quotidienne, trad. S. Jankélévitch, Payot, Paris, 1922. 1905 c) Der Witz und seine Beziehung zum Unbewussten, Vienne, G. W., 6. Le mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient, trad. Marie Bonaparte et M. Nathan, Gallimard, Paris, 1930. 1905 d) Drei Abhandlungen zur Sexualtheorie, Vienne, G. W., 5. Trois essais sur la théorie de la sexualité, trad. Reverchon, Gallimard, Paris, 1923. 1905 e) Bruchstück einer Hysterie-Analyse, G. W., 5. Fragment d’une analyse d’hystérie (Dora) in Cinq psychanalyses, trad. Marie Bonaparte et R. Lœwen-stein, P. U. F., 3e éd., 1967. 1907 a) Der Wahn und die Traume in W. Jensens « Gradiva », G. W., 7. Délite et rêves dans un ouvrage littéraire : « La Gradiva » de Jensen, trad. Marie Bonaparte, Gallimard, Paris, 1931. 1908 d) Die « kulturelle » Sexualmoral und die moderne Nervosität, G. W., 7. 1908 e) Der Dichter und das Phantasieren, G. W., 7. 1909 b) Analyse der Phobie eines fünfjährigen Knaben. G. W., 8. Analyse d’une phobie chez un petit garçon de 5 ans, in Cinq psychanalyses, trad. Marie Bonaparte et R. Lœwenstein, P. U. F., 3e éd., 1967. 1909 d) Bemerkungen über einen Fall von Zwangsneurose, G. W., 8. Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle, in Cinq psychanalyses, P. U. F., 3e éd., 1967. 1910 g ) Zur Selbtsmord-Diskussion, G. W., 8. 1911 b) Formulierung über die zwei Prinzipien des psychischen Geschehens, G. W., 8. 1911 c) Psychoanalytische Bemerkungen über einen autobiographisch beschriebenen Fall von Paranoia, G. W., 8. Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa, in Cinq psychanalyses, trad. Marie Bonaparte et R. Lœwenstein, P. U. F., 3e éd., 1967. 1912 d) Über die allgemeinste Erniedrigung des Liebeslebens, G. W., 8. 1912-13. Totem und Tabu, G. W., 10. Totem et Tabou, trad. S. Jankélévitch, Payot, Paris, 1924. 1913 i) Die Disposition zur Zwangsneurose, G. W., 8. La prédisposition à la névrose obsessionnelle, trad. Pichon et Hcesli, Revue française de Psychanalyse, vol. III, 1929. 1914 d) Geschichte der psychoanalytischen Bewegung, G. W., 10. 1915 d) Die Verdrängung, G. W., 10. Le refoulement in Métapsychologie, trad. Marie Bonaparte et Anne Berman, Gallimard, Paris, 1940. 1915 e) Das Unbewusste, G. W., 10. L’inconscient in Métapsychologie, trad. Marie Bonaparte et Anne Berman, Gallimard, Paris, 1940. 1917 d) Metapsychologische Ergânzung zur Traumlehre, G. W., 10. Complément métapsychologique à la doctrine des rêves in Métapsychologie, trad. Marie Bonaparte et Anne Berman, Gallimard, Paris, 1940. 1917 e) Trauer und Melancholie, G. W., 10. Deuil et mélancolie, in Métapsychologie, trad. Marie Bonaparte et Anne Berman, Gallimard, Paris, 1940. 1919 e) Ein Kind wird geschlagen, G. W., 12. Un enfant est battu, trad. H. Hœsli, in Revue française de Psychanalyse, VI, 1933. 1920 g ) Jenseits des Lustprinzips, G. W., 13. Au-delà du principe de plaisir, in Essais de psychanalyse, trad. Jankélévitch, Payot, Paris, 1927. 1922 a) Traum und Telepathie, G. W., 13. 1923 b) Das Ich und das Es, G. W., 13. Le Moi et le Ça, in Essais de psychanalyse, trad. S. Jankélévitch, Payot, Paris, 1927. 1924 d) Der Untergang des Œdipuskomplexes, G. W., 13. Le déclin du complexe d’Œdipe, trad. Anne Berman, Revue française de Psychanalyse, VII, 1934. 1925 a) Notiz über den « Wunderblock », G. W., 14. 1925 d) Selbstdarstellung, G. W., 14. Ma Vie et la Psychanalyse, trad. Marie Bonaparte, Gallimard, Paris, 1930. 1925 g ) Josef Breuer, G. W., 14. 1925 h) Die Vemeinung, G. W., 14. 1926 c) Bemerkung zu E.
W., 14. 1926 c) Bemerkung zu E. Pickworth Faarow’s « Eine Kindheitserinnerung aus dem 6 Lebensmonat », G. W., 14. 1926 d) Hemmung, Symptom und Angst, G. W., 13. Inhibition, symptôme et angoisse, trad. Jury et Fraenkel, P. U. F., 2e éd., 1968. 1928 b) Dostojewski und die Vatertotung, G. W., 14. 1930 a) Das Unbehagen in der Kultur, G. W., 14. Malaise dans la civilisation, trad. Ch. et I. Odier, Denoël & Steele, Paris, 1934. 1930 e) Ansprache im Frankfurter Gœthe-Haus, G. W., 14. 1933 b) Warum Krieg ?, G. W., 16. Pourquoi la guerre ? édité par le Comité permanent des Lettres et des Arts de la Société des Nations, 1933. 1935 b) Die Feinheit einer Fehlhandlung, G. W., 16. 1936 a) Brief an Romain Rolland : Eine Erinnerungsstörung auf der Akropolis, G. W., 16. 1937 c) Die endliche und die unendliche Analyse, G. W., 16. Analyse terminée et analyse interminable, trad. Anne Berman, Revue française de Psychanalyse, 1939. 1937 d) Konstruktionen in der Analyse, G. W., 16. 1939 a) Der Mann Moses und die monotheistische Religion, G. W., 16. Moïse et le monothéisme, trad. Anne Berman, Gallimard, Paris, 1948. 1940 d) En collab. avec Breuer : Zur Theorie des hysterischen Anfall, G. W., 17. 1941 a) Brief an Josef Breuer, G. W., 17. 1941 b) Notiz III, G. W., 17. 1941 c) Eine erfüllte Traumahnung, G. W., 17. 1941 e) Ansprache an die Mitglieder des Vereins B’Nai B’rith, G. W., 17. 1941 f) Ergebnisse, G. W., 17. II. Index bibliographique des œuvres citées autres que celles de freud Abraham, Karl. (1912) Ansätze zur psychoanalytischen Erforschung und Behandlung des manischdepressiven Irreseins und verwandter Zustände, Zbl. Psychoanal., 2, 302 (92) [1]. Abrahamsen, D. (1946) The Mind and Death of a Genius, New York (37). Aelby, J. (1928) Die Fliess’sche Periodenlehre im Lichte biologischer und mathematischer Kritik (6, 36). Baldwin, J. M. (1895) Mental Development in the Child and the Race, New York (202). Beard, G. M. (1881) American Nervousness, its Causes and Consequences, New York. — (1886) Sexual Neurasthenia, nervous exhaustion, its hygiene, causes, symptoms and treatment, New York (203). Bernfeld, S. (1944) Freud’s earliest Theories and the School of Helmholtz, Psychoanal. Quart., 13, 341. — (1946) An unknown biographical Fragment by Freud, American Imago, 4, n° 1 (27, 210, 249). — (1949) Freud’s scientific Beginnings, American Imago, 6, n° 3 (305). — (1951) Sigmund Freud, M. D., 1882-1885, Int. J. psychoanal., 14, n° 3. [1] Les nombres entre parenthèses placés après les références renvoient aux pages de la présente édition. Bernfeld, S. et C. (1944) Freud’s early Childhood, Bull. Menninger Clin., 8, n° 4 (27). — (1952) Freud’s first Years in Practice, 18-1887, Bull. Menttinger Clin., 16, n° 2 (17, 18). Bernfeld, S. C. (1952) Discussion of Buxbaum, Freud’s Dream Interprétation in the Light of his Letters to Fliess, Bull. Menninger Clin., 16, n° 2 (31). Bernheim, S. (1886) De la suggestion et de ses applications à la thérapeutique, Paris (2e éd., 1887) (15, 52, 53). — (1891) Hypnotisme, suggestion, psychothérapie. Études nouvelles, Paris (15, 49). Blau, A. (1946) The Master Hand, American Orthopsychiatric Association, Res. Mon., n° 5, New York (214). Bleuler, E. (1913) Der Sexualwiderstand, Jb. Psychoanal. Psychopath. Forsch., 5, 442. Brun, R. (1936) Sigmund Freud’s Leistungen auf dem Gebiet der organischen Neurologie, Schvieiz. Arch. Neurol. und Psychiatrie, 37 (15, 52, 56). Bunker, H. A. (1930) Symposium on Neurasthenia, from Beard to Freud, a brief History of the Concept of Neurasthenia, Médical Rev. of Rev., N. Y., 36, n° 3. Buxbaum, E. (1951) Freud’s Dream Interprétation in the Light of his Letters to Fliess, Bull. Menninger Clin., 15, n° 6 (31). Charcot, J. M. (1886) Leçons sur les maladies du système nerveux, t. III, Paris, 1887 (13, 15, 51). — (1888) Leçons du mardi à la Salpêtrière, Paris (15, 16, 18, 20, 48). Denker, A. et Kahler, O. (1928) Handbuch der Hais-, Nasen-, und Ohren-Heilkunde, Vienne (3, 6). Dorer, M. (1932) Die historische Grundlagen der Psychoanalyse, Leipzig (42). Eisler, K. R. (1951) An unknown Autobiographical Letter by Freud and a short Comment, Int. J. psychoanal., 22, n° 4.
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Wschr., 47 (6, 69). Kris, E. (1940) On Inspiration, Int. J. psychoanal., 20, réédité in Psychoanalytic Explorations in Art, N. Y., 1952 (273). — (1946) Review of F. J. Hoffmann’s Freudianism and the literary Mind, Psychoanal. Quart., 15, réédité en 1952. — (1947) The Nature and Validation of Psychoanalytic Propositions, Freedom and Expérience. Essays in Honour of Horace Kallen (41, 42), N. Y. et London. — (1950 a) The Significance of Freud’s earliest Discoveries, Int. J. psychoanal., 29, n° 1 et 2 (26). — (1950 b) On preconscious Mental Processes, Psychoanal. Quart., publié par S. Lorand, 1951 ; in Psychoanalytic Explorations in Art, N. Y., 1952. Également une version un peu modifiée in Organization and Pathology of Thought, publié par D. Rapaport, N. Y., 1952. — (1951) The Development of Ego-Psychology, Samiksa, 5, n° 3. Kroell, H. (1900) Der Aufbau der menschlichen Seele, eine psychologische Skisse, Leipzig. Laistner, S. L. (1889) Das Rätsel der Sphinx. Grundzüge der Mythenforschung, 2 vol., Berlin (295). Lipps, T. (1883) Grundtaschen des Seelenlebens, Bonn (231, 237). — (1898) Komik und Humor in Beiträge zur Âsthetik , Hamburg (231). Lowenfeld, S. L. (1895) Über die Verknüpfung neurasthenischer und Hysterisch Symptôme in Anfallsform nebst Bemerkungen über die Freudsche Angstneurose, Münchner med. Wschr., n° 13 (31, 32). Marshall, H. R. (1894) Pain, Pleasure and Aesthetics, London. — (1895) Aesthetic Principles, London et New York. Maylan, C. (1930) Freuds tragischer Komplex, Munich (30). Merlan, P. (1945) Brentano and Freud, J. Hist. Ideas, 6, n° 3 (305). Pfenning, A. R. (1906) Wilhelm Fliess und seine Nachentdecker : Otto Weininger und H. Swoboda, Berlin (37, 214). Preyer, A. (1884) Die chronische nervöse oder reflektorische Diarrhöe (Diarrhoea Chronica Nervosa). Ein Beitrag zur Lehre der Darmerkrankungen, Bâle (68). — (1888) Die reizbare Blase oder idiopathische Blasenreizung. Ihre Ursachen, Diagnose und Behandlungen. Eine Studie aus der Praxis, Stuttgart (68). — (1889 a) Der Urin bei Neurosen. Sammlung klinischer Vorträge in Verbindung mit Deutschen Klinikern, R. von Volkmann, 2, n° 131, 12e série, Leipzig (68). — (1889 b ) Asthma und Geschlechtskrankheiten (Asthma sexuale). Berliner Klinik, Sammlung kliniker Vorträge, Berlin (68). — (1891) Die Neurose der Prostata. Berliner Klinik, Sammlung klinischer Vorträge, Berlin (68). — (1893) Die nervösen Affektionen des Darmes bei der Neurasthenie des männlichen Geschlechtes (Darmneurasthenie) Wiener Klinik. Vorträge aus der gesamten praktischen Heilkunde, I, Vienne (68). — Der unvollständige Beischlaf (Congressus Interruptus, Onanismus Conjugalis) und seine Folgen beim männlichcn Geschlechte, Eine Studie aus der Praxis (61). Rank, O. (1909) Der Mythus von der Geburt des Helden, Leipzig et Vienne (182). Riebold, G. (1942) Einblick in den periodischen Ablauf des Lebens mit besonderer Berücksichtigung des Menstruationsvorgangs, Stuttgart (6, 36). Saaler, B. (1914) Die Fliess’sche Periodizitätslehre und ihre Bedeutung für die Sexualbiologie, Z. Psychoanal. Psychother., 4 (214). Sachs, Hanns. (1945) Freud, Master and Friend, London (210). Sachs, Heinrich. (1893) Vorträge über Bau und Tätigkeit des Grosshirns und die Lehre von der Aphasie und Seelenkrankheit, Breslau (120). Schilder, P. (1942) Mind, Perception and Thought, New York (349). Sluder, Greenfield. (1927) Nasal Neurology, Headaches and Eye Disorders, Saint-Louis (3). Spitta, W. (1892) Die Schlafund Traumzustände der menschlichen Seele, Tübingen (250) Swoboda, H. (1906) Die gemeinnützige Forschung und der eigennützige Forscher, Vienne (37). Van der Heide, C. (1952) Discussion of Buxbaum (1951), Bulletin Menninger Clin., 16, n° 2 (31). Villaret, A. (1888) Handwôrterbuch der gesamten Medizin, I, Stuttgart. — (1892) Ibid., 2 (15, 48, 52). Weininger, O. (1902) Geschlecht und Charakter, Vienne (37). Wittels, F. (1924) Sigmund Freud, der Mann, die Lehre, die Schule, Vienne (10, 30). III. Index général A A (Mme) : 47-8. Abraham, K. (1912) « Ansatze » : 92. abréaction : 57, 58, 273. absurde (rêve) : 256, 266, 271. Achensee : 35, 289 (n.), 299 (n.). acte sexuel : 117, 257, 353.
Achensee : 35, 289 (n.), 299 (n.). acte sexuel : 117, 257, 353. action : 395 ; spécifique et théorie des neurones : 317-18, 336-37. 344 » 347, 376. 378, 388, 392, 396. activité et passivité (sexuelles) : 132, 202. admission dans le conscient (voir aussi refoulement) : 134, 136, 154. adolescence et hystérie : 367. Adriatique : 224, 233. affect : 206-7, 362, 366-67 ; et refoulement : 61, 73, 77-8, 81-2, 91 (n. 5) ; et névroses : 98, 101-102,129-130, 135 5 et conversion : 73, 74-78, 133 ; et déplacement : 77, 102 ; et perturbation des processus mentaux : 316-318, 385, 389 ; dans le rêve : 256, 356 ; en termes de théorie neuronique : 338-9, 352, 388-390, 395 ; sexuel : 77-78, 82-83, 123-124, 363. agnosis : 15 (n. 4). agoraphobie : 64, 71,161,175,182, 364. agressivité chez les enfants : 191 (n. 1). Aïeule (de Grillparzer) : 198. alcoolisme (v. aussi dipsomanie) : 101, 211. AJLCUIN (dans La femme-juge de C. F. Meyer) : 227-28. aliénation primaire : 270. allo-érotisme : 270. ambiguïté verbale : 212. amentia hallucinatoire (v. aussi états confusionnels) : 130. Am Hintmelsthor (par C. F. Meyer) : 219. Amilcar : 269. amnésie (v. aussi oubli) : 24, 218, 243 » 361. Ancône : 190. Andréas Hofer (par Julius Mosen) : 232. anesthésie sexuelle : 59, 65, 72, 81-82, 91-92, 95-96, 201, 206, 241-42 ; hystérique : 17, 96, 165, 201 ; chez l’homme : 96. angoisse (v. anxiété) (rêves d’) : 185 (n. 2), 221, 225, 295. animaux : et théorie de la périodicité de Fliess : 5 ; sexualité chez les : 164, 205. Annibal : 209, 269. anomalies morales : 206. anorexie nerveuse (v. aussi appétit, perte d') : 93, 95, 228. Antée : 277. anticonceptionnelles (mesures) : 50, 63-64-65, 70 (n.). antisémitisme (v. aussi juifs) : 8, 30 (n. 3), ni (n. 1), 177 (n. 3), 217 (n. 6). anxiété névrotique (v. aussi peur, peur nocturne, phobies) : et théorie des neurones : 115 ; cas : 87 » 100, 172, 236-237, 247, 364-5 ; coït interrompu (en tant que source d’) : 50, 61 (n. 3), 62-66, 71-72, 78, 80-81, 88, 149 (n.), 176 ; dans la névrose obsessionnelle : 132 ; dans la mélancolie : 93,95, 96 ; dans la neurasthénie : 21, 47, 85, 143, 158, 207 ; à propos des voyages : 190, 194, 210, 253, 272 ; étiologie sexuelle (de l’) : 10, 20-21, 32, 59-60, 64-65, 77-85, 131, 141, 149 (n.), 160, 184, 203 (n.), 205-206. anxiété (accès d’) : 64-65, 71-72, 80-81, 87-88, 149 (n.). apathie : 87, 89-90. aphasie (v. aussi aphonie) : 15-16, 52 (n. 1), 56, 76, 154. aphonie : 290. appareil psychique : 9, 23, 40-41, 153-59, 162, 177, 210, 267, 309-310, 318 (n.), 354 (n – 2). appétit (perte d’) (v. aussi anorexie) : 71, 89. Aquilée : 224. archéologie : 8, 160, 203, 223. argent et bonheur : 216 ; équivalent des fèces : 166,212. Armada : 190, 235. art : 162 (n. 4). artério-sclérose : 21. arythmie : 75. Asdrubal : 269. asexualité : 79. Assise : 190. association (d’idées) : et fonction du langage : 15 (n. 4), 126, 375-376 ; dans les rêves : 354, 357-358 ; suivant la théorie des neurones : 96, 154-155, 337, 343, 347, 350-351, 354-355, 353-379 ; libres : 99 (n.), 383 (n. 1). association verbale : 241. Astarté : 167. asthme (nasal) : 3 (n. 2). astronomie (périodicité et) : 5-6. Athènes : 27. Atresia hymenalis : 243. attention : 115, 126-127, 130, 137, I47 ; (suivant la théorie des neurones) : 342-343, 352-354, 368-374, 385, 388, 391-396. attitudes passionnelles (dans l’hystérie) : 18 (n. 3). auditives : hallucinations : 135-136, 177 ; images : 375-378 ; stimuli et fantasmes : 180, 218. Aussee : 26,148,150,178,182,186, 189-190, 201, 222, 227, 229-230-231, 237. auto-analyse : 208. auto-érotisme (v. aussi masturbation) : 29-30, 241 (n. 3), 270. auto-suggestion : 86. avortement : 212. Axenstein : 51. axone ou cylindre axe : 218-219. B Bade : 150. Baginsky, Adolph : 13. bain de siège : 50. barrières (de contact et neuroniques) : 318-322, 324-327, 329, 334-338, 341-342, 354, 373-74, 380, 385. Bartholomâe : 256. Basedow, J. : 143-Beard, George M. (v. aussi Bibliographie II) : 203. Bellevue : 109-110, 266, 275, 277, 283, 286. Berchtesgaden : 250, 252-53-54, 256-264, 266. Berlin IX : 2, 8, 37, 55, 178, 189, 240, 253, 261, 271, 274, 285. Berlin et Vienne (parallèle) : 8, 19*
240, 253, 261, 271, 274, 285. Berlin et Vienne (parallèle) : 8, 19* 53. 120, 245 (n.) ; voyage de Freud à : 13, 55, 110 (n. i), 179, 192 (n. 2), 236, 282, 286, 288 (n.). Berlin (Société de Physique de) : 19. Bernays, Emmeline (belle-mère de Freud) : 231, 294. Bernays, Minna (belle-sœur de Freud) : 119,179,193,250,252-53. 278, 281, 294. Bernfeld, S. (v. Bibliographie II) : 16, 19. Bernhardt : 106. Bernheim, S. (v. aussi Bibl. II) : 17, 53, 107 (n. 1). bilatéralisme : 214 (n. 2). Billroth, Theodor : 74. biologiques (facteurs et théorie des neurones) : 23, 38, 115, 218, 231 (n. 2), 322-326, 331. 340, 343-347. 353. 355. 371-372. 381-382, 386-387, 392-396. biologiques (théories de Fliess) (v. Fliess, Wilhelm). bisexualité : 5, 34-38, 39 (n. 1), 158, 214 (n. 2), 215, 219, 257, 288 (n.), 290, 297, 299. Bismarck : 217 (n. 7). Bizet : 123. B’nai B’rith Society : 211 (n. 1), 278 (n.). Bôcklin : 172, 285, 305. Bondy, M. et Mme (beaux-parents de Fliess) : 57. Bondy, Ida (v. Ida Fliess). bonheur : réalisation tardive d’un désir : 216. Bosnie : 235. Botticelli, Sandro : 235. Bottom (dans Songe d’une nuit d’été ) : 184. Brandès, Georg : 280. Breslau : 169, 210-211, 214 (n. 2), 215, 217, 284, 288 (n.). Breuer, Josef (v. aussi Bibl. I) : 15, 70, 73. 75. 99.103,107-108, 119, 120 (n. 1), 217, 284, 292 ; et Fliess : 6-7 ; sa collaboration avec Freud : 9-10, 15-19, 22, 39, 57. 61, 70 (n. 1), 74, 86, 138 (n. 1), 379 (n. 1) ; fin de sa collaboration avec Freud : 9-10, 58 (n. 2), 316 (n. 1). Brücke, Emst : 13,19,22,309 (n. 1). Budapest : 89, 169. Burckhardt, J. L. : 244, 246,273. Burckhardt, Max : 273, 281. Butler, Samuel : 15 (n. 1). C Ça, le : 197 (n. 1), 205 (n. 1), 277 (n. 2). cachexie : 20. Cagliostr J. B. : 166. calculs en rêve : 256. cancer (peur du) : 71. Candide (de Volt.) : 159. caractère régressif du rêve : 207, 356, 357. 358. Carmen (de Bizet) : 123. Carso : 224. Cas : Mme A… : 47*54 î Mme D… : 296, 301-303 ; M. D… : 91 ; Dora : 289-290 ; Emma : 364-366 ; M. V. F… : 89 ; Mme P. J… : 122-125 ; M. K… : 87 ; Katharina : 25 (n.) ; Mme E. V. N… : 17 (n. 4) ; Anna O… : 9, 16 ; Elis V. R… : 12 ; Dr Z… : 90. cathartique (traitement) : 9, 16, 65 (n. 2). Carlsbad : 161 (n. 1), 255, 278. censure : 213. cérébrale : diplégie : 14 ; paralysie infantile : 14. cérémonial (obsession) : 133-134. Charcot, J.-M. (v. aussi Bibl. II) : 15-16. 53 » 57 (n. 3) » 70, 76, 107 (n. 1), 161 ; influence de… sur Freud : 13, 17 (n. 1), 20 (n. i), 40 (n. 1), 48 (n. 3)> 51, 53 » 69 (n. 2). Chérubin (in Les noces de Figaro) : 123. Chiavenna : 230. chiffres, déterminés par l’inconscient : 260 et (n. 2). Chine : 234. chrétien-social (parti) : m (n. 1). Christine (dans Le page de Gus-tave-Adolphe , de Meyer) : 226. Chrobak, Rudolf : 50, 124. chronologiques : déplacements : 133-140, 135, 181 ; facteurs et choix des névroses : 207, 270. civilisation et instinct : 186. Claudius (dans Hamlet) : 198. claustrophobie : 64. clonique (spasme) : 47, 71, 105. « clownisme » : 161. cocaïne : 2. cognition (suivant la théorie des neurones) : 346-350, 375-377 » 382-383, 386-388, 392, 394-395- colttts interruptus : et migraines : 103 ; et angoisses névrotiques : 50, 61 (n. 3), 61-65, 70-71 » 78, 80-81, 83, 88, 149 (n.), 176 ; et anesthésie : 72, 82, 95. coltus reservatus : 59, 81. complexe d’Œdipe : 26 (n. 2), 30, 182 (n. 2), 184 (n. 1), 191 (n. 1 et 3) » 197 » 203. compromis (formation de) : 133, 135-137 » 147 » 160, 174, 246 (n.), 268. compulsions (v. aussi névr. obs., actes obsédants) : 73, 133-134 » 157-158,198, 206, 212, 316, 361- 365. conception : 4, 107. conflits (et étiologie des névroses) : 77. confusionnel (état) (v. aussi amenda) : 98, 101-102, 130, 163. conscient (état) : 53 (n.), 132, 147, 153 (n. 4), 160,181,212,322 (n.) ; refoulement : 191, 300, 361, 362 ; et rêves : 354-358 ; suivant théorie des neurones : 115, 127, 144 » 154-155 » 327-332 ; suivant les vues de Lipp : 231 (n.), 232-233, 237-constance (principe de) : 9, 79-80, 120, 122, 127, 130. contagion, peur de la : 87, 88. contes de fées : 188, 210 (n. 3), 286, 295- continence : 81-82, 91, 83-84, 149 (n.).
295- continence : 81-82, 91, 83-84, 149 (n.). contradiction (suivant théorie des neurones) : 389, 395. contraires, assemblages des : 248. conversion hystér. : 9, 33, 73, 76, 85, 101, 146, 316. coprophagie : 169. coq et poule (histoire du… et de la…) : 250. crainte (de la folie) : 123, 124. critique (pensée) : 392, 394. croyance : 136, 184, 350, 355. culpabilité (sentiment de) : 113, 121, 130, 132-133 » 152, 175 » 194 » 227, 270-271. D D…, cas de Mme : 296, 301-303. D… » cas de M. : 91. David, Jacob-Julian : 259, 263. décharge neuronique : 126-127, 316-317 » 321 » 325 » 331 » 336-339 » 342 » 351 » 376-378, 379 » 382, 393 ; sexuelle : 33, 82-84, 91 (n. 5), 95 » 103, 137 » 149 (n.), 201, 366-368. défense (v. aussi refoulement) : et anesthésie sexuelle : 95-96 ; et étiologie des névroses : 21, 77,83-84,102,108,146-147, 156-157, 176, 185 J fantasmes et : 173, 180-181, 188 ; hystérique : 9, 17 (n. 1), 58 (n. 1), 102, 130, 137, 146, 173, 191 J suivant la théorie des neurones : 23, 115, 126, 339-340, 342-343, 363, 368, 381, 389, 391 ; névroses de : 125-126, 129-137, 142, 158 ; normale : 130, 149 (n.), 156 ; paranoïaque : 98-102, 126, 135-136,146,167-168,173 ; perversion et : 157, 191. défloration (fantasmes de) : 247. déformation (dans formation des fantasmes) : 173, 180, 188 ; (dans formation des symptômes) : 133, 135. dégénérescence : 77, 79, 88, 164, 200. dégoût : 95, 131, 169, 206-207. délire : 166-167, 191, 213 ; idées délirantes (v. idée de persécution) : 98, 101-102, 133, 183. démence précoce : 164. démences paranoïdes : 98 (n. 1). déplacement et formation des symptômes : 134-135, 137, 181, 269, 362-363 ; dans les rêves : 358-361 j d’énergie psychique : 231 (n.), 232. déplaisir (v. aussi souffrance) : 129-136, 148, 156-159, 206 ; suivant la théorie des neurones : 127-128, 338-344, 347, 350, 362, 363, 377, 381, 383, 389-392, 394-395-dépression (v. aussi mélancolie) : 59, 87, 9i (n. 5) ; périodique : 59, 65, 89, 91 (n. 5). désir (d’être malade) (v. aussi gain secondaire de la maladie) : 176, 188, 195 ; états de désir et théorie des neurones : 338, 339-340, 342-349, 372, 380-384, 386-387, 392-393-caractère hallucinatoire du… : 338, 343, 344 (n. 1), 380 ; réalisation de et statues pria-piques : 223 ; en rêves : m, 171, 176-177, 185,188, 218, 246, 248, 252, 356-357 5 dans mythes et le folklore : 210 (n. 3) ; dans fantasmes : 210 (n. 3), 247, 272 ; dans les symptômes : 185, 242-243, 246-247. deuil : 91 (n. 5), 93. Deuticke, Franz : 143, 250, 255. Deutsche Rundschau : 236. développement (facteurs du) : 38, 204 (n. 4). diable : 165-166. diplégie : 14, 76. dipsomanie (v. aussi alcoolisme) : 142, 163-164. dissociation de la personnalité : 165. Divaca : 224. Don Juan (Mozart) : 179 (n. 1), 296. Dora (le cas de) : 289. doute : 186. doute névrotique (folie du doute) : 64, 81, 133-134. Dragon (caverne du) : 253. Dresde : 170, 288 (n.). Dreyfus, l’affaire : 8, 217 (n. 6). Du Bois-Reymond, Emil : 19. dysménorrhée : 4. dyspepsie : 62, 71, 78, 89-90. dyspnée : 74, 84, 149 (n.). E E. M… (le cas de) : 116 (n. 2), 166, 213-214, 271, 274-275 » 277 » 281. égoïsme des rêves : 261. ejaculatio praecox : 78, 81, 91. électrique (diagnostic) : 12. électrothérapie : 48, 50. Ellis Havelock (v. aussi Bibl. II) : 241. Emilia Galotti (de Lessing) : 98 (n. 2). Emma (cas d’) : 364-366. Empereur Charles (dans La femme-juge de C. F. Meyer) : 228. Empereur (le nouveau vêtement de 1’) : 188. endopsychiques (mythes) (v. mythes) : 210. énergie : déplacée : 231 ; psychique : 9, 23, 130, 134, 328 (n. 1) ; « liée » et « libre » : 83, 95, 115, 127-128, 351, 379, 390-391 » 395Î investie (v. investissement), enfance (impressions) : 162, 170, 191, 212, 218. Enfer (de Dante) : 225. énurésie : 73 » 237, 353. épilepsie : 33, 149 (n.), 163, 237. érogènes (zones) : 30, 157 (n. 5), 159, 164, 205-206, 290. érotisme oral : 163, 205, 207, 290. erreurs : 232, 235, 269, 392-395 ; logique, suivant la théorie des neurones : 395. états confusionnels (v. aussi amenda) : 98, 101, 130, 163. Evans, Sir Arthur : 8, 296 (n.). excitation : excessive dans névroses : 97, 137 ; □euronique (v. aussi décharge neuronique) : 316-321, 323- 324 ; sexuelle : 21, 33, 72 (n.), 77, 14 S. FREUD
S. FREUD 79, 82-85, 88, 90, 93-98, 149 (n.), 201, 206, 237 ; somme d’ : 18, 79, 120 (n. 1), 332, 334-335-exhibitionnisme infantile : 188 ; en rêves : 183, 188, 270. Exner, Sigm. von (v. aussi Bibl. II) : 19, 304-305. F F…, M. von : 89. facteurs toxiques (de étiologie des névroses) : 21, 33, 41, 62, 104, 141 » 143. faim : 82, 272, 317 » 336 » 353 ; dans les rêves : 258. famille (roman familial) : 168, 182, 198, 227-228. fantasme : de désir : 210 (n. 3), 247,272 ; infantile : 30, 194 (n. 1), 201 ; masturbatoire : 175 ; paranoïaque : 181. Farrow, Dr Pickworth (v. aussi Bibl. II) : 268 (n. 1). fatigue : 32, 91 » 104 » 148. Faust (Gœthe) : 58 (n. 1), 162,200, 210,217 (n. 5), 237,267,289 (n. 2). Fechner, G. T. : 217 (n. 3), 331 (n. 1), 267. femmes : agoraphobie chez les : 161 ; et névroses : 60, 63-66, 80-83, 96, 136-137, 158 ; bisexualité chez les : 180, 199, 214 (n. 1), 215, 269 ; et retour d’âge : 77 (n. 1) ; théories de Fliess relatives aux : 5, m, 150, 158 ; identification avec les servantes : 175 j neurasthénie chez les : 60, 63, 66 ; passivité chez les : 132, 136 ; sexualité chez les : 60, 63, 66, 80-83, 9i (n – 5), 96, 100, 149 (n.). fixation : 24, 147 (n. 1), 163 (n.), 175-176. Fliess, Conrad (fils de Fliess) : 273, 279, 286. Fliess, Ida (femme de Fliess) : 61, 70, 109, 142, 190, 209, 226, 231, 289 ; et le rêve de la villa Secemo : 172 ; et les enfants : 129, 139, 236 ; et son mariage : 7, 59 (n. 1), 253. Fliess, Mme (mère de Fliess) : 275, 279. Fliess, Pauline (fille de Fliess) : 232, 233, 236, 237, 266, 272, 279- Fliess, Robert-Wilhelm (fils de Fliess) : 1, 37. 125, 129, 138, 150, 219, 222, 237, 261, 288 ; le rêve de la viande rôtie ou grillée : 258, 261. Fliess, Wilhelm (v. aussi Bibl. II) : et le rêve de l’injection d’Emma : 357-358 ; théories biologiques de : 2, 4, 6 (n.), 20, 35, 36-37, 41, 186, 251, 262, 279, 290, 297, 298-299 ; caractère de : 2, 11, 38 (n. 2) ; rêve à propos de la Science des rêves : 218 ; éloignement de Freud : 9, 20, 34-38, 41, 142 (n. 2), 210 (n. 2), 214 (n. 2), 288, 296, 298-299 ; lettres à Freud : viii ; publications de : 281, 283, 294 » 297, 300 ; relations avec Freud : 2, 6-11, 20, 23-24, 31-33 » 55 » 187-188, 194 (n. 1), 221, 241- 242, 244, 262, 265, 275, 279-280, 291-292, 297-300 ; collaboration éventuelle avec Freud : 69-70, 297 ; théorie de l’angoisse : 33, 149 (n.) ; et théorie de la bisexualité : 5 » 34-38, 157 (n. 5). 214 (n. 2), 215, 219, 288, 297, 299 » théorie de la périodicité : 4-6, 31-34, 36-37 » 141 » 158, 160 (n. 2), 186, 242, 288 (n.), 299 ; théorie du réflexe nasal : 3-5, 6 (n. 1), 20, 33, 66, 72, 75, 107, ni, 118, 127-128, 138, 139, 294 (n. 2), 300 ; théorie de la chimie sexuelle : 118. folie du doute : 64, 81, 133-134. fonction primaire du système neuronique : 317, 320-321 (n.), 323, 326-327, 331- fonction secondaire du système neuronique : 317-318, 323, 341, 352-353. formation des symptômes : 132, 149, 173-174 » 180-181, 184-185. formation réactionnelle : 204 (n. 4). Frankl-Hochwart : 169. frayage (des barrières de contact) : 318-319 » 324, 326-327, 329 » 335 » 336-341 » 381-382, 387, 388, 391, 393-394- Freud, Alex (frère de) : 109, ni, 223-224, 259 (n.), 260, 297. Freud, Alla (fille de) : 115, 117, 121, 138, 201, 230, 243, 253, 256, 258. Freud, Amalie (mère de) : 28, 53, 194, 196-197. Freud, Anna (sœur de) : 196. Freud, Emmanuel (beau-frère de) : 28, 148, 285. Freud, Emst (fils de) : 250, 259. Freud, Jacob (père de) : 28, 150, 193-194 ; mort de : 49, 245. Freud, Jean-Martin (fils de) : 178, 204, 221, 231,248, 253,256,272, 295. Freud, John (neveu de) : 28, 194. Freud, Julius (frère de) : 194. Freud, Martha (femme de) : 112, 178, 190,193, 231, 233, 253, 276, 287 ; et la famille Fliess : 49, 57, 129 ; naissance des enfants : 49, 56, 109, 119, 121, 138 ; rêve de Lisel à propos de : 184 ; rêves de F… (relatif à Martha) : 195, 217 ; santé de : 86, 239, 243, 276 ; mariage de : 272. Freud, Mathilde (fille de) : 48-50, 53 (n. 2), 54, 86, 114, 138, 178, 182, 231, 239, 250, 257, 272, 281. Freud, Pauline (nièce de) : 28,109, 272. Freud, Philipp (demi-frère de) : 28, 196-197. Freud, Rosa (sœur de) : 144. Freud, Sam (neveu de) : 285. Freud, Sigmund (v. aussi Bibl.
Freud, Sam (neveu de) : 285. Freud, Sigmund (v. aussi Bibl. I) apprentissage profess. : n-16 ; auto-analyse : 26-27, 34, 38, 165 (n. 2), 186 (n. 2), 189, 191 (n. 1), 193-199,205,207- 208, 210 (n. 2), 217, 240- 241, 354 (n. 2), 356 (n.) ; candidature au professorat : 8, 39, 168-169,170 (n. 3), 177, 186, 217, 267, 303-306 ; enfance et jeunesse : 28, 194-195 ; en tant que fumeur : 74-76, 108, 114, 118, 278 ; états névrotiques : 34, 75, 186-188, 194, 209, 265, 275, 277 ; goût de F… : pour l’anthropologie : 165, 168 ; pour l’archéologie : 8, 160, 203, 223, 244, 250, 254, 258, 272, 274, 289, 296, 298 ; pour l’art : 190, 235 ; pour la littérature : 8, 12, 114, 140, 184, 198, 219, 227-230, 240, 275 ; intérêt pour : la musique : 211, 296 ; la politique : ni, 118 ; Sigmund (mariage de) : 7, 14 ; et la neurologie : 6, 12-24, 53, 57 (n. 3), 73 ; nostalgie de l’Italie : 8, 160, 172, 189-190, 209, 223, 239, 245, 248-249, 250, 261, 272, 282, 285, 291, 293, 298, 304 ; relations avec Fliess : (v. Fliess) ; voyage (anxiété) : 190, 194, 210, 253 ; voyages : 222-223, 230, 233, 236, 294-295, 298. Freud, Sophia (fille de) : 144. Freud, nurse des enfants de : 260. Freud, nurse de : 28, 29 (n. 1), 194-199, 217. frigidité : 59, 65, 72, 81, 92, 95-96. fuero : 156 (n.). Fulda, Ludwig : 188 (n. 2), 220. G gains secondaires de la maladie : 176, 188, 195, 208 (n. 3). gastralgie : 2, 4, 33. Gattl, Dr : 178, 189, 236, 249, 292. gaucher : 214. Gegenwart : 272. Gibraltar : 241. Gœthe : 58 (n. 1), 153, 162, 184, 195,200,210,217 (n. 5), 237 (n.), 254, 267 (n. 2), 289. Gomperz, Dr H. : 271. Gomperz, Elise : 305. Gomperz, Theodor : 305. gonorrhée : 60, 66, 237. Gorizia : 223. Gradiva (de Jensbn) : 184 (n. 4), 229 (n. 3). Grado : 224, 233. Grillparzer, Franz : 198 (n.). grossesse : 50, 104, 140, 197 (n.), 247 ; peur de la : 72, 80. Gustave-Adolphe (le page de), par C. F. Meyer : 226. H hallucinations : 102, 127, 135, 162 (n. 1) ; accès : 18 (n. 3 ) ; activation des images verbales : 155 j auditives : 135-136, 177 ; caractère hallucinatoire des rêves : 18 (n. 3), 355 » 390-391 ; caractère hallucinatoire des désirs : 338, 343-344, 344 (n.), 380 ; confusion : 98, 101-102 163. Hamlet : 30, 192, 198, 203, 220. Harden, Maximilien : 217 (n. 7). Head, Henry : 291. Heilige, Der (de C. F. Meyer) : 240. Helmholtz, H. : 7, 19, 22. hémianesthésie dans l’hystérie : 17. hémianopsis : 14. Henri le Vert, de Keller : 140. Herbart, J.-F. : 42. hérédité (facteurs héréditaires) : 32, 59 » 61, 64-65, 77 » 87-89, 93, 130, 164, 192. herpes zoster : 291, 300. Hirschbühel : 253. Histoire de la civilisation grecque (de Burckhardt) : 244. Hochzeit des Mônchs, die (par C. F. Meyer) : 229. homme (anesthésie chez 1’) : 96 ; névrose d’angoisse chez 1’ : 64, 80, 82, 84, 149 (n.) ; bisexualité chez 1’ : 5, 150, 158, 215 ; retour d’âge chez 1’ : 77 (n. 1), hystérie chez 1’ : 16, 17, 117, 136, 137, 161, 163, 167 ; migraines chez 1’ : 104 ; neurasthénie chez 1’ : 59, 62, 64, 66 ; pédérastie : 180 ; sexualité chez 1’ : 62, 91 (n. 5), 95-96, 131-132, 207. Hutten’s letzte Tage (de C. F. Meyer) : 240, 247. hydrothérapie : 51. hyperémie : 50. hyperesthésie : 70 (n. 1), 118. hypertonie : 73 (n. 1). hypnoldes (états dans l’hystérie) : 9, 58 (n. 2). hypnoses : 17, 41, 49, 53 (n. 2), 99, 107 (n. 1), 243, 282 (n. 1), 354. hypocondrie : 47, 64, 65, 75 » 90, 101, 133-hypospermie : 60. hystérie : et choix de la névrose : 202, 207, 270 ; et masturbation : 206,211-212, 367 ; et mécanismes de défense : 102, 115, 129-130, 136-137 » 145-146,157-158, 363-369 ; et situation œdipienne : 168, 198, 228 ; et rêves : 216, 241 ; et théorie des neurones : 128, 313 5 et traumatisme sexuel : 18 (n. 3), 61-62, 70 (n. 1), 112-113, 136-137, 145-146, 157- 158, 173 J conflit toujours à la base de 1’ : 121 ; curabilité de 1’ : 144, 195 ; étiologie sexuelle de 1’ : 61, 63-64, 78, 201, 290 ; féminine due au coït interrompu : 71-72, 80, 137 ; féminine due à l’impuissance de l’homme : 63 ; dans Hamlet : 198 ; masculine : 16-17, 117, 136-137 » 161, 164, 167 ; négatif de la perversion : 158-
63-64, 78, 201, 290 ; féminine due au coït interrompu : 71-72, 80, 137 ; féminine due à l’impuissance de l’homme : 63 ; dans Hamlet : 198 ; masculine : 16-17, 117, 136-137 » 161, 164, 167 ; négatif de la perversion : 158- 159. 167 » 191 ; origine infantile de 1’ : 24, 141 (n. 3), 146, 149, 157 ; recherches de Freud relatives au problème de 1’ : 9-10, 12, 15-17,57-59,69,85-86,125-126,193,221-222,232,310 ; somatique : 146. traumatique : 18 (n. 3), 61, 70 (n. 1). I idées « antithétiques » ou antagonistes : 64, 132, 137. idées délirantes : 98-102, 116, 133- 134, 136, 167, 246. idée fixe : 70 (n. 1). idées « limites > : 137. idées obsessionnelles : 98,121,183, 187, 212, 233, 316. idées en tant qu’auto-reproches : 121, 132, 133, 135. identification : 176, 185, 204 (n. 4), 270 ; avec les domestiques : 175 ; hystérique : 183 ; avec les parents : 175,183,243 ; avec les prostituées : 160. Ile des Morts de Bôcklin : 285. Ilios (par H. Schliemann) : 250. images motrices : 337, 346, 350, 375-377, 380-381, 387-388, 392-393, 395-396. impuissance : 59-63, 78, 81, 84, 87-88, 142 (n. 1) ; dans l’alcoolisme : 101 ; chez l’homme, provoquant l’angoisse chez la femme : 63, 81 ; mélancolie et : 96, 243. inceste : 185-186, 227-228. inertie (principe d’) : 316-317, 331, 353- infantile : caractère de la résistance : 200 ; désir : 216, 218, 227, 377 (n. 1) ; fantasme : 25, 30, 191 (n. 1), 198, 200 ; sexualité : 24-26, 29-30, 130, 149 (n.), 192 (n. 1), 206-207, 229-230, 366 (n.). inhibition dans le moi : 342-346, 355, 358, 391. Innsbruck : 226, 230, 287-288. insomnie : 71, 87, 90, 172. instincts : et théorie des neurones : 336 ; et civilisation : 186. Interlaken : 247. interprét. des rêves : 25, 28, 30, 37, 144, 193, 196, 200, 217-219, 225-226, 261, 271 (n. 1), 276, 306. inversion sexuelle chez les femmes : 180, 290. investissement (de l’énergie psychique) (v. aussi excitation) : 23, 126, 154-155, 318, 321, 331-334, 337-358, 361-362, 366 (n.), 368-376, 379-395. Irma : 357. Itzig, le cavalier du dimanche : 229. J Jackson, Hughlings (v. aussi Bibl. II) : 15 (n. 4). Jacobsen : 114. jalousie : chez les alcooliques : 101 ; du père : 198 ; d’un enfant plus jeune : 194. Janet, P. (v. aussi Bibl. II) : 70. Janus : 254. Jérusalem (de Werther) : 184. Jérusalem, W. (v. aussi Bibl. II) : 107 (n. 1). jeu : 164, 212 (n. 1). Jobsiade (de K. A. Kortum) : 217 (n. 2). Jonas : 276 ; « Oncle Jonas » : 252, 258, 263-264. Joseph II, empereur d’Autriche : 14 (n. 1). Juan, Don : 100. jugement (v. aussi pensée critique) : 107, 302-306, 376, 392-393. juifs (v. aussi antisémitisme) : 8, 187 » 193 (n.), 211, 278, 282. Jules César (Shakespeare) : 106. Jungfrau, la : 247. K K…, M. (le cas de) : 87-88. K…, professeur d’histoire de Freud : 197. Kahlenberg : 267. Kassowitz, Max : 13, 239, 250. Kastner, Lotte : 184. Katharina (cas de) : 25 (n.). Kaufmann, Rudolf : 103. Keller, Gottfried : 140. Képler, J. : 6 (n. 1). Kipling, Rudyard : 7. Kleinpaul : 211. Knaus (v. aussi Bibl. II) : 70 (n. 1). Knôpfmacher, W. : 13 (n. 3). Knossos : 8, 296. Kobenzl : 266. Koko (dans Le Mikado) : 234. Koller, Karl : 3 (n. 1), 229. KOniggriitz (bataille de) : 229. KOnigsee, le : 253, 256. Kônigstein, Hans : 284. Kônigstein, Leopold : 17. Kortum, Karl Arnold : 217 (n. 2). Krafft-Ebing, R. von : 10, 148 (n. 1), 162, 168, 170, 305. Krœll : 286. L, lacune dans le psychisme : 137. Laerte : 198. langage (voir aussi aphasie, aphonie et théorie des neurones) : 375-377, 383-384 J fonction du : 15-16 ; dans les rêves : 256. latence (période de) : 145 (n. 2). Lauenburg, le duc de (dans Le page de Gustave-Adolphe de C. F. Meyer) : 227. Leipzig : 194, 210. Léonard de Vinci : 238. Leporello (dans Don Juan) : 179 (n. 1). Leprese : 230. Lessing, G. E. : 98 (n. 2). libido : et angoisse : 21, 17 (n. 1), 83, 84, 88, 141 (n. 4), 142 (n. 1), 185, 204 (n. 4), 207 ; développement de la : 25, 30, 163 (n.), 170 (n. 1), 204 (n. 4), 205-207 ; in conscienta : 185 ; et névroses de défense : 132, 133-134,147, 176,185,208 ; perte de – dans la mélancolie : 91 (n. 5), 93, 96-97. Lippo, Theodor (v. aussi Bibl. II) : 231 (n.), 232-233. Lisel (nurse des enfants de Freud) : 184. Louise, dans le cas de M. E. : 166.
Louise, dans le cas de M. E. : 166. lourdeurs de tête : 71, 87, 89. Lôwenfeld, Ludwig (v. aussi Bibl. II) : 31-33, 106, ni-112, 142, 149, 280, 285. Lôwy, Emmanuel : 203. Lueger, Dr Karl : m (n. 1), 118, 225. M M…, général E. : 260 (n. 2). Mach : 286. Maîtres Chanteurs de Nuremberg : 211. Makamen des Hariri (de Rückert) : 115 (n. 2). Maliens maleficorum : 167. Maloja : 230. Manchester : 148, 194, 285. manie : 79, 97. Mannesmann : 253. Marbach : 269. marche (difficulté de la) : 236-237. Marie, P. : 48. Marxow, Emst von Fleischl (v. aussi Bibl. II) : 19. masturbation (v. aussi auto-érotisme) : et étiologie des névroses : 62-63, 65-66, 78, 81, 84, 87-90, 92, 94, 300 (n. 3) ; et fantasmes : 173 ; et hystérie : 201, 206, 367 ; « mentale » : 61 ; par une autre personne : 60, 65 ; symptômes substitués à la : 201, 246-247. Maupassant, Guy de : 53. maux de tête hystériques : 242. méfiance à l’égard des chefs et des monarques : 183. mégalomanie : 101, 102, 136, 168. mélancolie (v. aussi dépression) : 65, 77, 79, 82, 87-97, 133, 136, 148, 183, 185, 243 ; cyclique : 93 ; hystérique : 242-243. mémoire : et étiologie des névroses : 64, 148 (n. 1), 173-174, 176, 180-181, 191, 207 ; caractère hallucinatoire de la : 18 (n. 3), 355, 390 ; et conscience, exclusives l’une de l’autre : 154, 322 (n.) ; et fantasmes : 173-174, 180, 184, 188, 315 (n. 2) ; problème de la : 110 ; et refoulement : 99, 113, 130, 145, 156-157, 206, 362-363, 369 ; dans les rêves : 357, 367. Mendel, G. : 106, 138. Ménière (syndrome de) : 2, 68. ménopause : 27 (n. 1), 142 (n. 1). mensonge, premier m. hystérique : 367-369. menstruation : et bisexualité : 150 ; et migraine : 104, 128-129 ; et périodicité : 4-5, 6 (n. 1), 69 (n. 4), 140-144, 149 (n. 1) ; et saignement de nez : 3, 33. Méphistophélès (dans Faust ) : 210 (n. 1). mère : désirs de mort contre la : 184, 228 ; désir d’aller dans son lit : 159 ; identification avec la : 182. métapsychologie : 23, 79 (n. 2), 143, 193 218, 255. Meyer, C. P. : 7,12,219,226,229-230, 240, 247, 275. Meynert, Theodor : 13, 16-17, 17 (n. 3), 5i, 54, 56, 91 (n. 3), 319 (n.). Michel-Ange : 204 (n. 4). Midas : 212. migraine : 91, 104, m-112, 114, 118, 126, 128-129 ; de Freud : 265, 276. Mikado, Le (de S. Gilbert) : 234- Mill, John Stuart : 305 (n. 2). Minos : 296. Moebins, P. J. : 91, 101. moi : et défense : 100, 102, 129-130, 132, 133-134, 136, 185, 362-363, 368-369 ; psychologie du moi : 18 (n. 1), 21-22, 29, 137 (n. 2), 155 (n.) ; subjugation : 133, 136-137, 163 ; suivant la théorie des neurones : 22-23, 79, 3io, 340-352, 354-355, 362-364, 368-384, 390-392, 395. Moll : 205. Moloch : 167. Monakow, Von : 15 (n. 4). moralité : 131, 135, 146, I59> 182, 204 (n. 4), 206, 336. mort : peur de la : 71, 95, 245 ; imitée dans le spasme hystérique : 170 ; désir de (dirigé contre les parents) : 183, 228, 271 ; désir de (par les domestiques contre leur patronne) : 184. Mosen, Julius : 232. motricité : paralysie pendant le sommeil : 353 » 356 ; phénomènes et théorie des neurones : 315, 316, 327-332, 335-337, 344, 350-351, 355, 375, 392-393, 395-Mouraviev, comte : 234 (n.). mouvements : inhibés dans le rêve : 183. Mozart : 123 (n.), 179 (n.), 296. Müller, Johannes : 19. Münchner Allgemeine Zeitung : 289. Münchner Medizinische Wochenschrift : 106. Munich : 86, 138, 237, 295. mythes : 168, 210 (n. 3), 295 ; endopsychiques : 210. N N…, Frau Emmy v. (cas de) : 17 (n. 4). Nancy : 17, 33 (n. 2). Nansen, F. : 231. Naples : 160, 190. Nazis : 7. Nestroy, J. : 299, 304. Neue Freie Presse : 292. neurasthénie : cérébrale : 49-50 ; étiologie sexuelle de la : 59-64, 67, 7i, 77-78,103-104, 300 ; chez les femmes : 60, 63, 66 ; chez les hommes : 60, 62-63, 66 ; et mélancolie : 89, 92, 94 ; et névrose d’angoisse : 21, 48, 81, 84-85, 143, 158, 207 ; et théorie de Beard : 203 (n. 1) ; et suivant théorie des neurones : 97, 114-115. neurones : théorie des : 23, 41, 97, 110, 115, 126-127, 144, 154-155, 309, 310, 315-396. neurones : clefs : 339, 342, 351 ; 9 (perméables) : 126-127, 320, 322-336, 337-338, 351-352, 353-356, 358, 372, 383, 386- 387, 390-391 ; (rétenseurs) : 319-346, 349, 351-356, 358, 362, 365-366, 370, 373, 375-376, 378, 382, 384 ;
(rétenseurs) : 319-346, 349, 351-356, 358, 362, 365-366, 370, 373, 375-376, 378, 382, 384 ; to (perceptifs) : 126-128, 154-155, 309, 315 (n. 1), 328-332, 337, 338, 343-347, 353-354, 355-356, 368-383, 386-387. névralgie : 2, 4, 104-105, 128. névroses : étiologie sexuelle des : 3, 10, 21-24, 31-34, 48 (n. 3), 50 (n. 1), 59, 177 Pass., 191- 192, 201, 206-207, 218, 242, 267-274 ; rapport des rêves avec les : 30, 148, 175-176, 241, 246, 289-290, 353-354, 356, 364 ; réflexes nasaux : 3, 20, 36 (n.), 57,66-70,107,128-129,276 ; et théorie des neurones : 127, 359-369. névrose obsessionnelle : allo-érotisme de la : 270 ; choix : 130, 146, 168, 202, 204 (n. 4), 207, 270 ; curabilité de la : 144 ; défense, comme mode pathologique de : 98, 129-130, 132-138, 146, 157, 173-174, 364 ; étiologie sexuelle de la : 73, 78-79, 131-138, 173-174 ; professionnelle : 65 ; rapport avec le plaisir lors de la première expérience sexuelle : n 3-114, 116,148-152, 310 ; représentation verbale dans la : 212 ; substitution dans la : 100-101, 123, 131-132, 137, 163, 316, 361, 363 ; traumatique : 74. nez (voir aussi névrose, réflexes nasaux) : et migraine : 104-105, 128-129 ; en rapport avec organes génitaux : 4, 33, 36, 68, 294 (n. 2), 300 ; saignement de nez et menstruation : 3-5, 33. Noces de Figaro (Mozart) : 123 (n.). Nothnagel, Pr : 14, 106, 116, 168, 305. nourrisson : le sein et le : 346, 353. nudité (rêves de) : 183, 188, 270. Nuremberg : 171, 190, 214 (n. 2), 223, 288 (n.). O O…, Anna, cas de : 9-10, 16. Obéron : 184. Obertressen : 150, 229. obsession : actes obsessionnels (v. aussi compulsion) : 81, 200 ; cérémoniaux : 133 ; déplacement : 181 ; rumination : 133. odorat (sens de 1’) : 128-129, 164- 165, 205-206. Œdipe Roi (de Sophocle) : 198, 203, 220. Ophélie : 198. Oppenheim, E. : 159 (n.). organes génitaux : et angoisse : 80 ; et évolution de la libido : 206-207 ; équivalence avec le nez : 4, 33, 36, 68, 294 (n. 2), 300 ; équivalence avec la tête : 242. orgasme : 123-124, 243. Orvieto : 235. oubli : motivé : 34 ; de noms : 232, 235, 269. P P… (Mme G.) : 122. palpitations : 84, 87, 149 (n.). paralysie : des aliénés (P. G.) : 20, 77 ; cérébrale unilatérale : 14 ; hystérique : 20, 48 (n. 3), 52, 54, 67, 69-70, 120 ; infantile : 14, 52 (n. 2), 58, 106, iio-ni, 114, 115 ; localisée (dans la migraine) : 104. paranoïa : délires dans la : 99-101, 167, 173, 181, 183, 198, 227-228 ; distinguée de la névrose : 24, 181, 184, 207, 270 ; hallucinations auditives dans la : 101, 177 ; en tant que mode pathologique de défense : 98-103, 126 ; modification du moi dans la : 185, 270-271 ; « psychose d’obstination » : 102. parathimie : 91 (n. 5). Paris : 13, 16, 20, 48, 70,245 (n. 6), 265. Paschkis, Dr : 91 (n. 2), 106, 148. passivité sexuelle : 96, 132, 137, 163, 180 (n. 1), 202. pédérastie : 180. PÉGASE : 14, 151. pénis : comparé avec le balai des sorcières : 166 ; sur les statues priapiques d’A-quilée : 223. pensée : critique : 392-394 ; défensive : 391-392 ; d’identité : 347, 349, 372, 383-384, 387 » 391, 393, 395- 396 ; intérêt : 352. perception (v. aussi neurones perceptifs) : d’autrui : 376-377 ; et épreuve de la réalité : 343-346 ; suivant la théorie des neu rones : 23, 115, 154-155 ; système de : 153 (n. 4), 154- 155, 158, 310, 322 (n.), 329 (n. 2). père : personnage du : 27, 168, 172, 175, 183-184, 187, 198, 228, 243 ; séduction par le : 25, 159, 172-173, 191. périodes : du mouvement neuronique : 329-330. périodicité : des accès d’anxiété : 149 (n.) ; coït : 149 ; et migraines : 103-104, 149 (n.) ; et théorie de Fliess (v. Fliess) ; et théorie de Swoboda : 37, 288 (n.). persécution (délires de) : 99, 100-101, 135, 183. perversions : 61 (n. 3), 91, 131, 148 (n.), 157-158, 161, 163-164, 167, 174, 185-186, 188, 191, 196, 205, 270 ; chez les enfants : 227-228. Pescara (de C. F. Meyer) : 240. pétromyzon : 13. peur (v. aussi angoisse, peurs nocturnes, phobies) : des accidents de chemin de fer : 190, 194, 210, 253, 272 ; du cancer : 71, 87, 89 ; de la contagion : 87, 89 ; de la folie : 122, 124 ; de l’inondation : 237 ; de la mort : 71, 75, 245 ; de la prostitution : 175 ; du sang : 234 ; de sortir seule : 175 ; des tendances homicides : 117 ;
des accidents de chemin de fer : 190, 194, 210, 253, 272 ; du cancer : 71, 87, 89 ; de la contagion : 87, 89 ; de la folie : 122, 124 ; de l’inondation : 237 ; de la mort : 71, 75, 245 ; de la prostitution : 175 ; du sang : 234 ; de sortir seule : 175 ; des tendances homicides : 117 ; de tomber par la fenêtre : 160-161. Pfenning, Rich. : 37. phase sadique anale : 165 (n. 2), 167 (n. 2). phobies (v. aussi anxiété, peur, peurs nocturnes) : 60, 81, m, 149 (n.), 160,181,210 (n. 2), 228. phosphènes : 90. phylogenèse : 202 (n.). Pickworth-Farrow, Dr (v. aussi Bibl. II) : 208 (n. 1). plaisanterie, dans le rêve : 264. Platon : 241. poésie et névrose : 184. « Pompe à plaisir » : 117. Pompéi : 160, 172. Posen : 187. possession (théorie médiévale de la) : 165-166. Prague : 162, 166, 170, 209. préconscient (système) : 154, 158, 159, 181, 185, 273 (n. 3), 374 (n. 1), 383 (n. 2), 395 (n. 1). prémonition (rêves de) : 269. Preyer, A. (voir aussi Bibl. II) : 61 (n. 3). Priape : 223. procédé de pression sur le front : 123-125. processus cogitatifs : inconscients : 370 (n. 3) ; et refoulement : 134-137, 145, 147, 156, 361-362 ; suivant théorie des neurones : 22-23, H5, 310, 345-352, 372. 374-379, 382-445 ; troublé par les affects : 367- 368. processus mentaux inconscients : 127 (n.), 147, 188, 264, 290,299 ; et théorie des neurones : 126, 327-328, 356-357, 366, 376 (n.), 384-386, 389 ; opinion de Jérusalem sur : 107 (n. 1) ; opinion de Lipp sur : 231 (n. 2), 233-processus primaire : 115,212 (n. 2), 214 (n. 1), 264 (n. 4) ; suivant la théorie des neurones : 342-345, 347, 349-353, 355-356, 361, 363, 367- 369, 390. processus secondaire : 115 ; suivant la théorie des neurones : 342-345, 347, 350-352, 358, 370. projection : 98 (n. 1), 99-100, 102-103, 135-136. prostituée (identification avec) : 160-161, 182. prostitution (peur de la) : 175. proton pseudos (ier mensonge) : 363-369. prudes (anxiété des) : 81, 83. psychologie mécanistique : 42, 330-331. psychonévroses (voir névroses), psychoses (voir aussi démence, manie, mélancolie, paranoïa, schizophrénie) : 20, 79, 101-102, 148, 163-165, 172-173, 191 ; hystérique : 101-102, 163-164. puberté : développement différent de la — chez l’homme et la femme : 206 ; incidents sexuels précoces revécus à la : 24, 112, 130, 141 (n. 3), 145-146, 157 (n. 3), 244, 350, 364-366 ; neurasthénie de la : 62, 65 ; psychose à la : 164 ; retard de la : 366, 369. Puck : 177. pudeur : 131,133-134,206,236-237. punition et honte : 185, 227-229, 246. Q qualité : et l’épreuve de la réalité : 343-344 ; problème de la : 110, 237, 315 (n. 2), 327-334 ; et les processus normaux : 370-373, 375, 381-383, 386, 387-389, 391, 394, 396 ; dans les rêves : 355-356 ; et la souffrance : 338 ; et la théorie nasale de Fliess : 128-129. quantité : 22,77,106,126-127,148, 315-396. Q et Q’n (distinction entre) : 315 (n. 1). R R…, Elisabeth von (cas de) : 12. Raymond : 76. réalité : épreuve de la : 343-345, 347, 349-352, 372 (n.) ; pas d’indice de la R. dans l’inconscient : 191 ; principe : 23, 115, 246, 336 (n.), 377 (n. 1), 382-383 ; psychique différente de la matérielle : 383. Rébecca : 193. refoulement : et bisexualité : 35, 180, 199, 207, 215, 297, 299 ; et désir de mort : 183 ; détermination sexuelle du : 115, I3I-I37, 141, 145,156-157, 161, 179, 182,205-206 ; époque du r. et choix de la névrose : 168, 207 ; et fantasmes : 185, 188 ; dans l’inconscient : 181 ; et névroses de défense : 99- ioo, 116, 130-134,141, 145- 146, 148 (n.), 156-157, 161, 173, 200, 206-207, 255 ; et oubli des noms : 232, 235 ; problème du : 112, 150, 191, 205 ; et retrait de croyance : 184 ; et rêves : 246, 254 ; suivant théorie de Fliess : 33, 35, 41 ; suivant théorie des neurones : 126, 309, 340, 361-364, 366-367. régression : 176, 204 (n. 4), 207, 270, 366 (n.). Reichenau : 55, 86, 90, 109. relations objectales : 204 (n. 4), 336 (n.). résistance : à l’analyse : 28, 41, 135, 200, 202, 334 (n. 2) ; fonction de la : 17, 143 (n. 1), 179, 362 ; caractère infantile de la : 200- 201, 202 ; neuronique (v. barrières de contact), retour d’âge : chez les femmes : 77 (n. 1), 142 (n. 1) ; chez les hommes : 77 (n. 1), 141-142. revanche : 227-228, 271. rêves innocents : 256.
chez les femmes : 77 (n. 1), 142 (n. 1) ; chez les hommes : 77 (n. 1), 141-142. revanche : 227-228, 271. rêves innocents : 256. Richterin, Die (de C. F. Meyer) : 227-228. Rie, Oscar : 14, 58 (n. 1), 272. Riebold, Georg (v. aussi Bibl. II) : 16 (n. 2). Rieger, C. : 152. Riemerlehen : 256. Rolland, Romain : 27. Rome : 39, 203, 209, 239, 245, 248-249, 255, 261, 276, 278, 282, 291, 298, 304, 306. Roscher, W. H. : 295 (n. 1). Rückert, F. : 115 (n. 2). rumination mentale : 134. Russie : 233-234. S Sachs, Heinrich (v. aussi Bibl. II) : 120 (n. 1). sadisme : 165 (n. 2), 167 (n. 2). sainteté : 185-186. Saint-Pétersbourg : 233 (n.). saleté équivalent de l’avarice : 212. Salpêtrière : 13, 53 (n. 2). Salzbourg : 56, 253, 258, 296. sanglots hystériques : 159. satisfaction (épreuve de la s., suivant la théorie des neurones) : 336-338, 339-342, 344 (n. 1), 348, 352, 356, 362, 370-372, 376 (n.), 380 (n.), 394 (n.). Schalk, Frau Hofkapellmeister, 288 (n.). Schiller, F. : 106, 269. schizophrénie : 270 (n. 2). Schliemann, H. : 282, 272. Schweninger, Dr : 217. sclérose en plaques : 48. scotome : 90. scrupulosité : 132. séduction (v. aussi traumatisme sexuel) : 24-25, 29, 67 (n. 2), 87, 99, 117, 161, 166, 170 (n. 1 et n. 2), 191, 227-228, 237. sénilité : 77, 84, 87. servantes : 175, 184, 228. sexualité, suivant la théorie des neurones : 317, 336, 338, 362, 363, 365-366. Shakespeare : 7 ; Hamleî : 30, 192, 198, 203, 220 ; Henri IV, Ire Partie : 245 ; Jules César : 106 ; Songe d’une nuit d’été : 184. Sibérie : 334. Signorelli, Luca : 235-236. Simmel, E. : 210 (n. 2). Simplicissimus : 263. sirocco et migraine : 104. sommation : étiologie : 32, 103. neuronique : 335. sommeil : comme symptôme hystérique : 159 5 suivant la théorie des neurones : 353, 355 5 problème du : 110, 255 ; désir de : 251, 255. somnambulisme : 150, 170. sorcellerie : 165-167. souffrance (voir aussi déplaisir) : 97, 175, 335, 338-339, 342, 347 ; suivant la théorie des neurones : 326-327, 332, 348, 352, 362, 368-369, 377, 389-391- souvenir-écran : 26, 29 (n. 1), 197 (n.), 241 (n. 1), 249 (n.). spasmes toniques : 170. station debout : 165 (n. 1), 204 (n. 4), 205. stérilité : 60, 66, 159. stimuli sensoriels : 127, 129, 221, 225, 316-317, 325-326, 333, 340, 353 J auditifs : 181, 218 ; externes (exogènes) : 127-129, 317, 320 (n.), 323-325, 330, 332-333, 353 J internes (endogènes) : 127-129, 317, 320 (n.), 323-325, 332-334, 336, 339, 380 ; olfactifs : 128-129 î visuels : 218. Strümpell, L. : 138-139. subjugation du moi : 137. sublimation : 174. substance sexuelle : 79, 104, 113. substitution (mécanisme de la) : 100, 123, 132, 137, 164, 316, 361-363. surhomme : 186. surmenage : 60, 62. surmoi : 176 (n. 1), 246 (n.). Swoboda, Hermann (v. aussi Bibl. II) : 37, 288 (n. 1). symboles : 160 (n. 4), 197 (n.), 241 (n. 1), 361-362, 365-366. symbolisation hystérique : 361,363. syphilis : 48, 66. système inconscient : 147 (n. 2), 154-155,158, 161, 181-182, 185, 19I, 210. T tabès : 48, 236. Taine : 139. Talisman, Der (de Fulda) : 188, 220. Technique psa : 18, 29, 41, 179 (n. 3), 282 (n. 1). Teleky, Dora : 284. Temps : déplacement dans le : 133,135, 181 ; facteurs du t. et choix de la névrose : 207, 270. Tenorio (Don Juan) : 100. tension : 82-85, 91 (n. 5), 93 (u – 2), 94-96, 134, 137, 149 (n.). terminologie psa : 42. tétées : 23, 344 (n.), 346, 353-théorie psa, son évolution : v, VI, 1, 19, 21, 22-23, 30, 40-41. thrombose : 105. Thumsee : 296-297. thyroïde (glande) : 141. tic convulsif : 163. Tirano : 230. toux nerveuse : 290. trafio : 235, 287. transfert : 30 (n. 3), 41, 282 et 282 (n. 1). transpiration : 247. Trasimène (lac de) : 209. traumatisme sexuel (v. aussi séduction) : apparent, révélé par des fantasmes : 29-30, 165 (n. 1), 170 (n. 1), 170 (n. 2), 173, 174 (n. 3), 191-192 ; chez adultes : 59, 63 ; dans l’enfance : 24-26, 60, 65, 112-113, 117, 129-137, 141, 145-147, 148 (n.), 156-163, 174, 270, 369. travail intellectuel et neurasthénie : 62. tremblement : 243. Troie : 250, 272. tuberculose : 245. tumeurs et migraines : 104. Twain, Mark : 218. U, V, W, Y, Z, Umschau, l' : 284. Van der Leyen, Friedrich : 295 (n. 1). Vasari, G. : 204 (n. 4). Venise : 109, 171, 174, 190. Vérone : 223.
Venise : 109, 171, 174, 190. Vérone : 223. vertige : 47, 64, 71, 149 (n. 1), 159. vie à l’état de veille comparée aux rêves : 246, 352-353, 354-357, 395 (n.). Vienne : accueil réservé aux travaux de Freud à V. : 272, 373 (n. 2), 281 ; comparée à Berlin : 8, 53, 120, 245 5 Freud à : 13, 58, 90 (n. 2), 91, 112, 150, 192 (n. 2), 193 ; aversion de Freud à l’égard de : 235, 271, 277-282 ; politique sociale à : 111 (n. 1), 175 (n. 1), 225 ; science à : 6-7, 13, 16-17, 19, 51, 107, 162 (n. 3), 292-293 ; visites de Fliess à Vienne : 7, 19, 55, 59, 80 (n.), 222, 288 ; visiteurs à Vienne : 203, 218 (n. 1), 259. Virgile : 153 (n. 2). virginité : 67, 81, 83. vol ou flottement dans les airs et accès hystériques : 166. volonté : 336, 353. vomissements hystériques : 247. Wagner, Richard : 211. Weininger, Otto (v. aussi Bibl. II) : 37, 214 (n. 2), 288 (n.). Wernicke, Karl : 56, 120, 152, 236, 290. Wickmann, M. : 253. Wien, la (rivière) : 237. Wiener Fremdenblatt : 276. Wiener Zeitung : 303, 305. Wiesbaden : 67 (n. 4). Würzburg : 152. yeux, irritabilité dans un cas d’hypocondrie : 90 ; en rapport avec migraine : 104. Z… D r, le cas du : 90. Zeit, die : 273, 274, 281. Zeus : 296. Zola, Émile : 8, 217. zoophilie : 164.